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Publié par Edouard Boulogne

1) Fête à la plage en Guadeloupe. Pour que ne passe pas le temps des fêtes, réfléchir aux conditions de la prospérité. 2)     Plat créole un jour de fête. Pour les crabes ce sont les délices de Capoue des autres. t

1) Fête à la plage en Guadeloupe. Pour que ne passe pas le temps des fêtes, réfléchir aux conditions de la prospérité. 2) Plat créole un jour de fête. Pour les crabes ce sont les délices de Capoue des autres. t

Qui sait ce que l'on doit entendre par les délices de Capoue ? ... Décryptage !


 

La ville italienne Capoue accueillit en 215 avant JC les troupes d’Hannibal. Il venait de reprendre celle-ci, qui était connue pour la facilité de la vie et les multiples plaisirs auxquels on pouvait s’adonner. Après une longue période de repos dans cette ville, les Carthaginois perdirent l’habitude du combat et ne tardèrent pas à être battus par les Romains qui, en guise de vengeance, rasèrent Capoue. On dit qu’une personne "s’endort dans les délices de Capoue" lorsqu’elle a tendance à se laisser bercer par une vie trop facile et sans contrainte.

C'est désormais le cas d'espèces que vit concrètement la France et par voie de conséquence la Martinique et la Guadeloupe . Trop de laisser aller et trop de profusion dans la critique et la polémique de la part des Français de l'Hexagone et des Antillais . Désormais, une judiciarisation de la vie politique est en cours. « Mise en danger de la vie d’autrui », « homicide involontaire », « non-assistance à personne en danger »… Au total, 63 plaintes visant des membres du gouvernement, pour dénoncer leur gestion de la crise sanitaire, ont été déposées jusqu’ici auprès de la Cour de Justice de la République. Face à la sur-information et à la montée en puissance du rôle des réseaux sociaux dans l’information des citoyens , se pose la question de la réinvention du débat public. C'est devenu une litote que de dire que les Français se plaignent beaucoup trop et abusent de la critique et la polémique. Face  à l’épreuve commune du coronavirus, le pays des "gaulois réfractaires " comme le dit Emmanuel Macron, se montre le plus pessimiste, le plus anxieux, le plus mécontent, le plus défiant, le plus incrédule, le plus critique vis-à-vis du pouvoir en place. Un sociologue français fait en ce sens une analyse pertinente que nous partageons et que nous livrons ici-même à nos lecteurs pour une meilleure compréhension des enjeux. 
"  En Europe, devant la crise sanitaire, économique et sociale, on voit partout jouer un réflexe d’unité autour de l’exécutif, quelle que soit sa couleur, voire sa valeur. Ici, c’est au contraire un réflexe de polémiques et de division qui se déclenche irrésistiblement. Pourtant, la situation sanitaire n’est pas pire qu’en Italie, en Espagne ou au Royaume-Uni et les choix qui ont été faits ne sont pas plus mauvais. Or, c’est dans l’Hexagone que se déclenche une sorte de motion de censure populaire. Il y a bel et bien une exception française.

Emmanuel Macron et le gouvernement ont naturellement commis des erreurs. D’ailleurs, beaucoup d’exécutifs ont tâtonné, trébuché, expérimenté, corrigé le tir. Beaucoup se sont contredits, ont fait machine arrière, ont été pris au dépourvu, comment en serait-il autrement face à une pandémie et à un virus dont on ignorait tout ? Maladroits, forcément maladroits. D’autres ont eu plus de chance parce que le coronavirus les a épargnés ou effleurés. Quelques-uns, comme l’Allemagne, étaient mieux préparés, mieux équipés, mieux organisés. Emmanuel Macron et Edouard Philippe ont dû faire face à une situation violente avec des instruments inadaptés. Ils ont fait ensuite de leur mieux, grâce surtout à l’engagement exceptionnel des soignants, à la solidité de quelques filières d’approvisionnement et à la robustesse de la plupart des services publics. Reste qu’à propos des masques et des tests, ils ont joué avec la vérité, varié de doctrine dans le sillage des spécialistes, dissimulé la situation. D’où une méfiance intense au sein d’un pays incrédule. "

En réalité, il y a bien plus de cheveux blancs à se faire maintenant en France sur le plan économique que sur le plan sanitaire. 

Explosion du chômage partiel, plan d'urgence historique à 110 milliards d'euros, dette cumulée en 2020 à 115 % voire peut-être à 140% du PIB... En France, comme partout ailleurs, le coronavirus met l'économie à genoux.

Dans ce contexte, une fois l'urgence passée, beaucoup craignent que la potion du désendettement soit amère à avaler.

En effet, le PIB français pourrait diminuer de 8 % en 2020, et provoquerait une situation comparable à celle de la grande dépression de 1933. Face à cela, politiques et entreprises espèrent que la coopération européenne aidera la France à sortir de cette crise. Mais la réalité c'est que le redressement économique sera long, difficile, coûteux  et périlleux ....Car la crise couve en Europe avec l'Allemagne.  La semaine dernière, la Cour suprême allemande a lâché une petite bombe en critiquant vertement la politique d’aide de la Banque centrale européenne à la zone euro, via le rachat massif de dette publique. En réponse, la Commission européenne a évoqué ce dimanche une possible procédure en justice contre l’ Allemagne. Cette polémique pourrait menacer le plan de soutien européen pour faire face au coronavirus, et plus globalement, l’ensemble du cadre juridique de l’Union européenne. 

Franchement pour les Français, s’ils veulent conserver leur niveau de vie à la sortie de cette crise, il va falloir travailler plus et polémiquer beaucoup moins s'ils veulent faire mentir Edouard Philippe qui a affirmé jeudi à l'occasion de sa présentation détaillée du plan de déconfinement que la France, «une fois la crise sanitaire passée, répondra à la crise économique et à l'appauvrissement général qui va intervenir».

Comprendre le scénario de la crise de la dette qui se profile aux Antilles !

La crise économique est d'ores et déjà à nos portes avec bientôt son lot de faillites d'entreprises et de chômeurs. Alors, dans les jours et les mois qui viennent, que risque-t-il de se passer pour l'économie française, et plus spécifiquement pour la Martinique et la Guadeloupe ?

De nombreux économistes pensent que l'on  pourrait en effet avoir affaire en France hexagonale à un scénario d'une « courbe en V », c’est-à-dire une forte chute de l'économie qui est suivi d’un rebond important, effaçant ainsi les conséquences les plus graves de la crise dite du coronavirus . Mais pour ce qui concerne la Martinique et la Guadeloupe, on pourrait à l'inverse imaginer une courbe en L : chute brutale mais brève de l'économie avec une diminution du produit intérieur brut (PIB) d'environ 7% et stagnation tout en bas. La projection est difficile, mais nous pouvons déjà dire que ce sera une crise économique doublée d'une crise de la dette et faire le point sur les éléments à notre disposition pour mieux appréhender ce scénario en L.

D'abord sur le plan économique nous assistons actuellement en Martinique et Guadeloupe à la conjonction d’un double choc. D’un côté de nombreuses entreprises ne peuvent plus produire (-90% dans l’hôtellerie restauration, 89% dans le bâtiment par exemple), c’est le choc de l’offre. De l’autre, la consommation des ménages est à l’arrêt sauf pour les biens de première nécessité, c’est le choc de la demande. 
Depuis le 17 mars, selon l'INSEE, une baisse de 27% de l'activité économique est observée en Guadeloupe. Quatre secteurs sont principalement frappés.

.Le tourisme est le plus sinistré avec -90% d'activité pour l'hébergement-restauration, le COVID 19 est arivé en fin de pic tourististique. Autres domaines touchés :
> - le commerce : - 47%
> - la construction : - 75%
> - le transport : - 59%
> Pour l'aérien, c'est quasi nul. 
> Toutefois, l'industrie agro-alimentaire a été moins impactée, répondant aux besoins essentiels de consommation.
> L'activité globalement ralentie, voire à l'arrêt : Un peu plus de 6000 établissements ont déposé une demande d'activité partielle pour 38710 salariés, soit 50% du privé. Et il faut surtout noter que que près de la moitié des 48000 entreprises de Guadeloupe ont sollicité un prêt garanti par l'état (PGE) .
> Pour la Martinique, n'ayant pas de chiffres à notre disposition, l'on peut supputer que la situation est sensiblement identique en ce qui a trait aux fondamentaux. 
> C’est donc une situation inédite à laquelle nous faisons face, et que les chefs d'entreprises Antillais avec leur gestion à flux tendu, n’avaient pas anticipé. Et pour cause, l'activité des entreprises se déploie dans un environnement protégé c'est à dire dans le cadre d'une économie sous cloche. De fait, les effets de la crise du coronavirus seront atténués et ce même si l'on peut vraisemblablement miser sur une explosion du chômage dans les mois et les années qui viennent.

Les Antillais ne veulent pas voir la réalité économique en face. C'est ce déni de réalité qui les empêchent de se rendre compte qu'ils sont les derniers enfants gâtés de la France et de l'Europe.
> Mais nonobstant l'importance de l'épargne en Martinique et Guadeloupe , cela risque de ne plus durer justement à cause de la crise de la dette. 
> Plus les Antillais tarderont à agir, plus leur modèle de la départementalisation aura de chance d'exploser. Et surtout le temps ne travaille pas en notre faveur, d'autant que notre malheur risque de survenir par des causes plus culturelles qu’économiques.
> On ne peut pas conserver un marché du travail qui ne fonctionne que pour favoriser les chômeurs et les emplois précaires.
> Dans le malheur, il y a décidément une spécificité créole , un lourd malaise . Celui-ci prend parfois des formes paradoxales. Les élus en Martinique et Guadeloupe ont récemment protesté parce qu’on ne leur confiait pas assez de responsabilités (c’était vrai), puis parce qu’on leur en confiait trop. (cf l'affaire de la réouverture des écoles). La priorité de la santé sur l’économie a été exigée, puis maintenant contestée. Nous ne sommes pas le pays de Descartes, nous sommes le pays de kompé zamba et kompé lapin . Nous n’aimons pas les pouvoirs, aucun pouvoir et en particulier pas le pouvoir politique. Nous n’aimons pas être gouvernés, ni semoncés, moins encore bousculés et sûrement pas dupés. Le citoyen des Antilles françaises est le plus critique de France - Et c'est déjà un défaut des Français dans leur ensemble - mais aussi le moins gouvernable. Ici, la contestation est devenu un rite et le rejet de «la France d’en haut», une religion séculière.

Mais tout ceci à nos yeux n'est que de l'esbroufe et cette posture risque de mettre à mal à terme le pays Martinique et Guadeloupe . Nous privilégions la forme et l'émotion au détriment du fond. C'est là une vision à courte vue. Aussi, les choses doivent changer, et pour ce faire, il faut rapidement s'inspirer d'un autre modèle culturel, économique et social pour arriver à redynamiser l'économie après la crise et stimuler enfin l'esprit d'entreprise et mobiliser l'épargne en direction d'une économie de production exogène. Nous en avons la possibilité, mais pour autant nous devons retrouver cette ambition du travailler plus et du goût de l'effort.

Avec une certaine faculté de résilience et une incontestable capacité d'adaptation, les atouts du peuple sont incontestables mais les hommes politiques sont nos meilleurs ennemis en nous berçant d'illusions et en étant incapables de nous révéler la vérité sur ce que l'avenir nous réserve . La Martinique et la Guadeloupe n'ont encore rien vu de ce qui les attendent demain, car la crise du Covid-19 conduira à un appauvrissement général et accouchera d'une génération sacrifiée .

Pourquoi nous disons cela et mettons en garde contre les délices de Capoue ?

Tout simplement parce que les entreprises ayant le plus grand mal à faire face aux remboursements des emprunts contractés vont devoir licencier pour survivre à la crise. Les entreprises vont certainement s’endetter très fortement pour faire face à cette crise. Ne pouvant s’endetter indéfiniment, elles auront des difficultés pour contracter des emprunts par la suite qui leur aurait été nécessaire pour investir dans leur outil de travail. L’investissement est considéré, dans le mode de production capitaliste, comme un déterminant clé du niveau d’emploi. Les entreprises voyant leur capacité d’investissement diminuée, l’on devrait voir une hausse mécanique du chômage.
> Dans ce contexte, l’objectif de l'Etat est d’agir sur les ménages en maintenant une partie de leurs revenus et d’agir sur les entreprises en leur évitant la faillite à court terme. Pour ce faire l'Etat a recours à des mesures multiples, avec soit des dépenses directes (chômage partiel, fonds de solidarité, dépenses de santé), soit des reports de charges ou des prêts aux entreprises. Mais, à court terme, cela a la même finalité, le recours à un endettement non anticipé pour faire face à ces dépenses. Autrement dit, les dépenses de l’État s’accroissent, pendant que les revenus (TVA, charge, etc.) diminuent, ce qui va creuser le déficit (c’est-à-dire la différence entre les revenus et les dépenses). Celui-ci est estimé, pour le moment, à 9% en 2020. 
> Comme nous pouvons le voir, parmi les principales dispositions prises par l'Etat pour faire face à cette crise, le recours à l’endettement figure en position de choix. En 2008, une crise de l’endettement privé était devenue une crise de l’endettement publique, il s’agit maintenant pour l'Etat de maintenir un système économique à l’arrêt en ayant recours à l’emprunt. Et il en va désormais de même en Martinique et Guadeloupe pour les collectivités locales. Il a déjà été annoncé à plusieurs reprises que ces emprunts devront être remboursés coûte que coûte, laissant penser que, une fois le plus gros de la crise passée , l’austérité s’installera à nouveau dans nos quotidiens. En effet, pour rembourser ses dettes, l’Etat et les collectivités locales devront s’imposer une « politique de rigueur », un régime d'austérité  : réduction des aides sociales, réduction du nombre de fonctionnaires, hausse des impôts, etc…

Nous allons payer très cher les dommages collatéraux de la crise mondiale qui s'est propagée en France, car avec cette dette publique abyssale, le modèle économique et social de la France peut être voué à l'implosion, si nos dirigeants s'avèrent incapables de réformer un Etat-providence généreux mais financé à crédit. 
> Si l'on aime la Martinique et la Guadeloupe et si l'on a envie de les réformer, il faut savoir abandonner les délices de Capoue. 
> Car la vérité que les Antilles, et presque tout l'Outre-Mer, doivent regarder en face est que l'assistanat y est moins dénoncé que l'exploitation ; les délices de Capoue des aides publiques ne soulèvent que peu de critiques même si l'on sait que cette situation ne peut perdurer dans le contexte de la prochaine crise financière et économique de la dette publique. 
> A ne point anticiper, plus dure sera la chute pour la Guadeloupe !

"Anni pran douvan avan douvan pran'w."

Prends les devants avant que les devants ne te prennent.Il faut savoir anticiper et et prendre les choses en main avant que d'être surpris et de subir.


 


 

Jean-Marie Nol économiste

 

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dach 15/05/2020 15:53

Excellente analyse. Quant à l'assistanat c'est la mort programmée des gens que l'on encourage dans la paresse; c'est aussi la lâcheté des politiques qui bercent le peuple d'illusions. Ce système gagne maintenant la métropole avec une immigration incontrôlée à qui l'on octroie des aides dépassant les revenus des personnes ayant travaillé toute leur vie pour avoir une retraite de misère