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Publié par Edouard Boulogne

Sibeth N'Diaye sur son chemin de croix ?
Sibeth N'Diaye sur son chemin de croix ?
Sibeth N'Diaye sur son chemin de croix ?

Il y a quelques jours, sur facebook j'ai pris la défense de Sibeth N'Diaye. Pourtant cette jeune femme est membre d'un gouvernement que je n'estime pas beaucoup, pour parler « soft ». Toutefois j'essaye de réfléchir en homme de droite que je suis, et donc de ne pas dire n'importe quoi, même contre mes adversaires. (Sur ce que j'écrivais sur facebook Cliquer ICI : https://www.facebook.com/photo.php?fbid=3211851618846670&set=a.173756742656188&type=3&theater ).

Sur les motivations de Sibeth, cette française de fraîche date je m'étais interrogé. Evidemment, pensè-je, le désir de promotion (d'assimilation) ? Peut-être. Mais je n'ai pas pour habitude de prendre mes désirs pour la réalité. D'autant que Macron ne semble pas inspiré par la politique d'assimilation qui est, à ses yeux, du « monde d'avant », dans sa terminologie. Or toute personne disposant d'une carte d'identité nationale peut être dite « française ». Mais française de papier, seulement.

Ne chicanons pas. La promotion de madame N'Diaye a été rapide, mais juridiquement incontestable. Dont acte. Devenue ministre elle s'est vue promue à un poste qui certes n'est pas régalien, mais qui est important au siècle de la « surinformation » et des réseaux sociaux, et qui la destinait à un destin de martyr, comme St-Sébastien.

Et son martyr (sans exagérer tout de même!) s'est produit. Voici Sibeth promue en victime expiatoire de tous les péchés de M. Emmanuel Macron.

La polémique contre elle dépasse parfois les limites du bon goût, même chez quelques-uns de mes amis, le plus souvent jeunes.

Restons-en à nos positions d'opposants à la politique gouvernementale, sans tomber dans des excès qui divisent (même entre nous). C'est ce qu'à compris Tugdual Denis dans l'excellent journal de droite qu'est Valeurs Actuelles. (Le Scrutateur).

 

Le chemin de croix de Sibeth Ndiaye. (par Tugdual Denis)


 

(https://www.valeursactuelles.com/clubvaleurs/politique/le-chemin-de-croix-de-sibeth-ndiaye-118775 ).


 

En difficulté dans sa fonction de porte-parole du gouvernement au début de la crise sanitaire, l'ancienne conseillère d'Emmanuel Macron paye une personnalité entière, mais aussi les projections que ses propres amis placent en elle. Confidences.

«Le monde n'avait jamais imaginé une crise systémique qui touche l'ensemble de la planète». Sibeth Ndiaye parle - aussi - comme ça. La quadragénaire aux coiffures parfois excentriques, aux tenues bariolées et au langage pas toujours châtié vaut sans doute mieux que les caricatures qu'elle s'impose.

Elevée dans la culture de la langue française

Depuis le début de la crise du coronavirus, la porte-parole du gouvernement concentre sur sa personne les défauts structurels de la Macronie : trop sûre d'elle, trop relâchée, trop gâtée, pas assez concernée. Et pourtant, la concernant, il lui suffirait de ne pas forcer le trait pour se retrouver. Fille d'un homme politique sénégalais proche du président Abdoulaye Wade et d'une haute magistrate, elle a été élevée dans un culte de la langue française qu'on n'a même plus en métropole.

« Dans ma grammaire, il fallait lire Verlaine, assure-t-elle. Quand je suis arrivée en France à 16 ans, j'utilisais un langage très soutenu, façon Maupassant. Je me sentais parfois en décalage avec mes camarades de classe. » Enfant, son éducation familiale repose sur les standards exigeants d'un autre temps que ceux du monde contemporain adepte du relâchement. En atterrissant à Paris, elle découvre qu'au très chic lycée Montaigne comme dans le foyer de jeunes filles de la rue de Vaugirard, tenu par des moniales de la Visitation, on n'utilise pas exactement les mêmes mots qu'à la maison. Elle se dit très mimétique ? Elle embrasse alors une forme de conformisme de l'époque : la jeune fille veut ressembler à cette génération de Français qui abusent d'anglicismes et du verlan. « Je me considère comme une millennial , je m'adapte en permanence », se définit celle qui veut pouvoir se dire qu'elle n'a pas que vécu dans les grandes maisons de Dakar. Elle passera dix ans en Seine-Saint-Denis, de 2006 à 2016, au début de son mariage.

Il paraîtrait que quand elle parle avec Dominique Bussereau, ancien ministre et président de l'Assemblée des départements de France, Sibeth Ndiaye adopte soudain le champ lexical de la IVe République. La question est : comment parle-t-elle quand elle n'imite personne ? « Au début, raconte-t- elle, les gens se demandaient si j'étais la fille de Bokassa ou une jeune femme de banlieue. »

De l'ombre à la lumière

Avec Valeurs actuelles , les rapports ont toujours été limpides : nous ne sommes pas sa came mais elle considère comme inconcevable de ne pas nous parler pour cause de divergences idéologiques. Elle était contre le fait qu'Emmanuel Macron puisse nous accorder un entretien dans son avion (Valeurs actuelles du 31 octobre 2019), au retour de La Réunion. Mais pour que les liens entre l'Élysée et la presse conservatrice soient maintenus en bonne et due forme.

Quand nous allons la visiter, dans son bureau boisé du rez-de-chaussée de l'hôtel de Rothelin-Charolais, rue de Grenelle, c'est toujours le même scénario : rendez-vous facile à prendre, convivialité, langue déliée. Dans les atmosphères informelles, qui se plaindrait de l'absence d'excès de conventions ? Elle rit à nos blagues, nous repartons presque bons ennemis que nous ne sommes pas.

Sa vie professionnelle a basculé deux fois. La première, en passant de l'ombre à la lumière. Côté invisible : conseillère presse d'Emmanuel Macron au ministère de l'Économie, de l'Industrie et du Numérique, vigie de la campagne présidentielle, conseillère à l'Élysée, puis directrice de la communication du Palais. Côté projecteurs, sa nomination, le 31 mars 2019, comme secrétaire d'État porte-parole du gouvernement d'Édouard Philippe. Des jobs similaires sur le fond, mais qui changent tout dans la forme, puisqu'elle joue désormais à visage découvert.

Deuxième bascule : découvrir la gestion d'une crise majeure, systémique, sanitaire, technique, gigantesque. Dans la séquence, il n'y a plus de place pour les omissions involontaires, les métaphores hasardeuses, l'humour mal placé ou l'imprécision. Deux épisodes, à la fin du mois de mars, ne resteront pas parmi les plus positifs dans sa biographie et lui vaudront une avalanche de commentaires négatifs. Le 20 mars, pour commencer, alors que la France réclame des masques, elle affirme, bravache mais maladroite : « Vous savez quoi ? Moi, je ne sais pas utiliser un masque. Je pourrais dire : “Je suis ministre, je mets un masque.” Mais en fait, je ne sais pas l'utiliser. » Deuxième bourde, plus dommageable encore, quand, le 25 mars, à l'issue d'un Conseil des ministres, elle attaque les enseignants en cherchant à défendre le ministre de l'Agriculture et de l'Alimentation, Didier Guillaume : « Nous n'entendons pas demander à un enseignant qui aujourd'hui ne travaille pas, compte tenu de la fermeture des écoles, de traverser la France entière pour aller récolter des fraises gariguette. »

Porte-parole du gouvernement: un métier impossible ?

La suite ? « Ça a été dur… » Conseillère, elle se voyait dire à son patron : “Ne regardez pas les réseaux sociaux, ça va passer. ” Elle tente de ne pas regarder, mais il y aura toujours un ami ou un membre de la famille pour dire : “Tu as vu ce qui circule ?” Cette fois, c'est son tour de faire l'objet de la curée. Elle se console en trouvant des excuses conjoncturelles comme : « Quand on est porte-parole, on cristallise l'état de l'opinion. Pour moi se surajoute une chose particulière : je suis une femme black. » Bon, elle jure pourtant que la France n'est pas raciste. On en est assez convaincu aussi. Et la ficelle serait trop facile.

Alors elle poursuit : « Pour les extrêmes, je suis un prolongement de Macron. Et quand tu n'aimes pas Macron, automatiquement, tu n'aimes pas Ndiaye. » Plus convaincant. Christophe Castaner lui a envoyé des messages de soutien : « Moi aussi j'ai mangé », lui a dit le ministre de l'Intérieur, notamment pincé pour s'être laissé aller en boîte de nuit.

Exercerait-elle un métier impossible ? Arnaud Beuron, conseiller de Laurent Wauquiez qui a été lui-même porte-parole de gouvernement, ne l'enfonce pas. « Son job est hypercompliqué. Seuls les spécialistes devraient pouvoir s'exprimer. Le problème n'est donc pas tant elle mais la stratégie décidée plus haut qu'elle. » La “plume” Sylvain Fort, qui a côtoyé Sibeth pendant la campagne, fustige l'époque : « Dans l'exercice contemporain du porte-parolat, il y a un problème : le contenant tue le contenu. Les formats, tels qu'un compte rendu de Conseil des ministres ou un entretien matinal sur une chaîne d'infos, sont hyperdatés. »

Si Sibeth Ndiaye a été recrutée parce qu'elle détonne, pourquoi s'obstiner à lui faire faire des choses si conventionnelles ?

L'intéressée, elle, plaide l'amendement : « Comme à chaque crise, j'ai fait évoluer ma façon d'être “porte-parole”. La gravité de certains sujets exige de la sobriété. » Sur les professeurs, elle reconnaît « un exemple maladroitement choisi ». Les masques ? « Porte-parole, il faut aussi savoir le prendre au sens littéral du terme : je n'ai pas à avoir d'opinion personnelle sur ce qu'il faut faire d'un point de vue sanitaire. »

Un soldat du macronisme

Dans une période aussi singulière que celle que nous vivons, le Premier ministre, Édouard Philippe, est de ceux qui estiment qu'il faut effectivement savoir adopter un ton particulier. Il est capable par ailleurs de déceler la bonne volonté, ou l'opiniâtreté, chez sa secrétaire d'État. Il demeure néanmoins un hiatus : si Sibeth Ndiaye a été recrutée parce qu'elle détonne, pourquoi s'obstiner à lui faire faire des choses si conventionnelles ? À elle de trancher entre le statutaire et le disruptif. Elle refuse de choisir et juge la fonction plus que jamais nécessaire : « Il y a, de nos jours, une “infodémie”, une obésité de l'information. Il y a besoin de gens qui émettent de la parole. »

Pour l'instant plutôt dans le wagon de queue du train de ce gouvernement à deux vitesses, Sibeth Ndiaye mise sur son côté studieux pour remonter la pente. Dans des réunions où d'autres ministres peuvent avoir les yeux rivés sur leur smartphone, elle prend des notes sur son Moleskine. Sa cave en est remplie jusqu'à déborder. La fille d'un père musulman et d'une mère catholique, devenue athée après s'être crue agnostique, ne revendique qu'une seule croyance : la politique. Elle n'a pas d'agenda caché, ne préempte pas d'espace, ne revendique pas autre chose que le macronisme, se voit soldat et cela explique de temps en temps des sorties mal calibrées : elle se défend sans lever la tête. Persuadée qu'avec son jeune président dont elle est l'une des amies, la France vit un tournant dans sa relation au capitalisme, au libéralisme et à mondialisation. Quitte à omettre qu'il lui faut aussi entamer son virage personnel.


 

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Livia 11/05/2020 21:12

Je dois avouer que je m'en fiche complètement des états d'âme de cette personne qui a l'air d'une incompétence notoire!
Elle n'est pas à plaindre d'ailleurs, elle s'en met plein les poches au poste qu'elle occupe, il n'y à qu'à voir comment sa garde robe a évoluer!