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Publié par Edouard Boulogne

La Tribune économique de Jean Marie NOL : Guadeloupe  de l’urgence de comprendre et préparer  déjà l avenir.

La Tribune économique de Jean Marie NOL : Guadeloupe, de l’urgence de comprendre et préparer déjà l avenir 

Pour rembourser toute cette dette du coronavirus , le FMI suggère qu’on prenne 10% de l’Epargne de tout le monde ! 

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Nous ne  soupçonnons pas encore ce qui nous attend bientôt avec cette crise économique et sociale à venir.

La récession qui s’annonce n’est comparable à aucune autre connue car elle additionne un choc sur l’offre et un autre sur la demande. Des TPE, PME, PMI et de grands groupes vont réduire leur charge salariale et de fait leurs effectifs et d’autres vont tirer le rideau. Des emplois vont être détruits pour longtemps. 

Tout cela va engendrer des troubles sociaux, manifestations violentes, révoltes, voire révolution…voici le scénario de sortie de crise d'après covid 19 qui se profile dans le monde. Les risques d'effondrement de la société, mis sous le boisseau par les mesures de confinement adoptées dans la majorité des pays du monde, pourraient de nouveau faire irruption dans le paysage. La semaine dernière,   le Fonds monétaire international (FMI), a mis en garde contre les effets de la récession qui se profile :« Si cette crise est mal gérée et que des citoyens estiment que leur gouvernement n'a pas fait assez pour les aider, des troubles sociaux pourraient émerger ». Il est très probable que l'économie mondiale connaisse cette année sa pire récession depuis la Grande Dépression, qui dépassera celle observée pendant la crise financière mondiale", résume le FMI. "Le 'Grand Confinement', comme on pourrait l'appeler, devrait amputer fortement la croissance mondiale." Le scénario le plus optimiste du Fonds Monetaire International (FMI) estime que la pandémie du coronavirus devrait amputer l'activité économique mondiale de 9.000 milliards de dollars (8.200 milliards d'euros environ) sur deux ans, l'équivalent des produits intérieurs bruts (PIB) combinés de l'Allemagne et du Japon. De nombreux secteurs de l’économie sont presque à l’arrêt à cause de l’épidémie de coronavirus, et donc  à terme, il faudra bien payer une partie de l’addition, alors oui, il y aura sans doute une partie que les citoyens devraient rembourser… Vous savez que le Fonds Monétaire International (FMI) suggère par exemple que pour que l’on rembourser toute cette dette qu’on prenne 10% de l’Epargne de tout le monde ! Des plus riches aux plus pauvres, on prend 10% de leur épargne…

Dès lors, la pauvreté va se renforcer : la banque mondiale annonce une hausse de 4.4 % du taux de pauvreté, passant de 30.3 à 34.7 % de la population totale.

Cela représente 29 millions de personnes qui risquent de grossir les rangs des 189 millions de pauvres déjà reconnus. Le niveau d’extrême pauvreté atteint 12.4 % de la population.

Autant dire que le monde est en train de renouer sur le plan économique et social, avec la période noire des années 1930. Régimes sanitaires sous pression et parfois vacillants, peu ou pas d’aides aux plus démunis, autant d’éléments aggravants et participant d’un pessimisme général. Avant de se transformer en possible crise de la gouvernance. 

Dans ce contexte délétère de crise mondiale, l’après-Covid-19, sera-t-il un monde anxiogène pour les guadeloupéens ?

Quelle serait cette Guadeloupe d'après ? Elle restera tributaire de ce qui se passera ailleurs, sachant que se pose la question de l'avenir de la départementalisation .
Deviendrons-nous des citoyens de seconde zone avec un revenu de base universel ? Adopterons-nous le télétravail régulier ? Allons nous être laminé par la révolution numérique et l'intelligence artificielle ? Serons-nous encore plus arrimés à nos certitudes ? Une poignée de questions parmi toutes celles qui agitent nos esprits en ce moment et que nous abordons sur le prisme de l'anticipation. 
Le nouveau modèle économique que nous préconisons pour la Guadeloupe doit être celui d'une société qui produit sa richesse (PIB) en fonction de ses priorités sociales et non du rendement purement financier

En Guadeloupe , l’État doit nous soutenir, nous accompagner, nous soigner. Certains l’aime et beaucoup le déteste et pourtant on a besoin de lui comme un enfant de son parent. Mais en même temps, on le rend responsable de tous nos maux, on considère qu’il ne nous donne pas assez, qu’il nous empêche, nous sanctionne.
Le coronavirus et les mesures pour l’endiguer changeront-ils quelque chose à nos modes de vie ?  
C’est le grand thème qui s’immisce dans les discussions pré-déconfinement: le coronavirus et les mesures pour l’endiguer changeront-ils quelque chose à nos modes de vie ? Voire révolutionneront-ils notre société créole qui privilégie le confort, le profit, la surconsommation au détriment de l’environnement? La course aux spéculations est lancée, mais une chose est sûre, c'est qu'il est évident que l’État aura pour mission d’intervenir dans la sphère économique. On peut imaginer qu’elle soit vaste et prédominante et nous devons garder à l’esprit que son objectif n’est pas de réduire la sphère de l’initiative mais au contraire, qu’elle propose un accompagnement dans un champ d’action ample par une protection effective pour tous dans le cadre des droits essentiels à la personne humaine. 
En parallèle, un désordre profond naît si l’action requise de l’État est défaillante. Alors je me dis qu’on a beaucoup de chance. On vit dans un pays qui a des ressources, de l’intelligence, des universités Antilles et Guyane . L’accès à l’éducation est gratuit, l’accès aux soins aussi. On a une politique sociale extrêmement développée.  Une protection assurée contre les aléas de la vie par l'intermédiaire du modèle social français, le plus protecteur au monde.

On a tellement d’atouts d'être français, mais on critique à tout va la France  ! 

On devrait être moins pessimistes, moins râleurs, diffuser un peu plus de compréhension collective . Les guadeloupéens se plaignent la bouche pleine. Il y a de nombreux pays dans notre environnement géographique où la visibilité ne dépasse pas une semaine, où les gens sont obligés d’avoir à mendier l'aide internationale . On attend trop de papa France , l’Elysée, le gouvernement. 
Parmi les projections, on entend aussi bien parler de l'impuissance des élus locaux que du rôle contrôleur de l'Etat. Ce phénomène  cristallise les oppositions entre guadeloupéens .  En Guadeloupe, on encourage le doute, la critique. Si on discute ensemble pendant un dîner et que vous exprimez votre point de vue sur un sujet, la première réaction –surtout en présence d’autres personnes– va être de chercher à remettre en cause ce que vous dites, de trouver la faille, vérifier que c’est assis sur une bonne théorie, plutôt que d’essayer d’adhérer.

Il y a encore beaucoup trop de  gens qui se plaignent en Guadeloupe , d’autres qui ne se plaignent jamais, et toutes sortes de cas de figures entre ces deux pôles. On se plaint pour signifier que quelque chose ne va pas. C’est utile, oui, mais ça peut devenir improductif quand on en fait une habitude stérile.

"A pa sa ka plenn plis ka soufè plis."

Ce n'est pas celui qui se plaint le plus qui souffre le plus.Les plaintes ne sont pas proportionnelles aux souffrances.

Jean marie Nol économiste 


 

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