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Publié par Edouard Boulogne

Pascal Bruckner.

Pascal Bruckner.

Il faut que chacun relise (ou lise) le génial roman d'anticipation d'Aldous Huxley Le meilleur des mondes. Meilleur par antiphrase bien entendu. On sait qu'Huxley en homme intelligent, ne croyait pas au progrès indéfini du genre humain grâce à la croissance continue du savoir scientifique.

Dans cette œuvre il imagine la réalisation dans le futur d'un modèle de société où grâce à la consommation obligatoire d'un médicament (une drogue) le soma, les gens ne vieillissent plus, conservent (du moins en apparence) toutes leurs capacités juvéniles, notamment dans le domaine des performances amoureuses, et ne connaissent plus les troubles de l'humanité ancienne (et débile : les Platon, Epictète, Shakespeare, Dostoïevski, etc, !!!) mais une harmonie « intérieure » parfaite, que de mauvais plaisants appelleraient volontiers « hébétude » !

Hélas ! Car la science ne peut pas encore tout, et l'usure, sous les fards de la modernité, s'effectue jusqu'au jour où s'impose, comme dans le film Soleil vert, un suicide assisté, tout en douceur, grâce à la médecine « moderne ».

Le jeunisme de nos sociétés occidentales est le prodrome (entre autres) de la société « parfaite » que décrit Huxley.

Ces jours-ci dans la crise que nous traversons maints signes se manifestent de cette Huxleyisation de nôtre monde. Notamment ces projets révélateurs ( à l'insu de leur vouloir) de nos petits chefs, y compris du fameux « conseil scientifique » qui entoure le président, où il est envisagé un « confinement prolongé » des vieux, des plus de 65 ans.

Les consciences encore libres s'émeuvent à juste titre, dont Pascal Bruckner dans l'article que je vous propose à la lecture. (Le Scrutateur).

 

 

Pascal Bruckner: «Non à l’ehpadisation générale des plus de 65 ans!»

 

https://www.lefigaro.fr/vox/societe/pascal-bruckner-non-a-l-ehpadisation-generale-des-plus-de-65-ans-20200417

 

LE FIGARO. - Que vous inspire la perspective d’un confinement prolongé pour les plus de 65 ans?

Pascal BRUCKNER. - Je ne voudrais pas me transformer en oracle qui pontifie sur tout, statue sur le monde d’après et le monde d’avant, mais sur ce sujet précis je réponds catégoriquement non: le reconfinement des personnes âgées jusqu’en septembre et pourquoi pas Noël est anticonstitutionnel et brise le principe d’égalité. La constitution d’une classe d’âge, coupable d’être née au milieu du XXe siècle, en bouc émissaire de la nation fait partie de ces idées absurdes conçues pour apaiser notre désarroi. En premier lieu, ceux qui la soutiennent sont eux-mêmes chenus, à commencer par le professeur Delfraissy, bientôt 72 ans, hyperactif, et qu’on voit mal renoncer à ses responsabilités. Tous ces médecins prêcheurs et sermonneurs sont les meilleurs ennemis de leurs propres recommandations. De quoi s’agit-il? D’une vieille marotte utilitariste qui consiste pour le bien-être d’une population à sacrifier une partie de ses membres. C’est le fameux dilemme de la barque pleine à ras bord dans une mer déchaînée: qui va-t-on sacrifier pour sauver le reste des passagers? La réclusion générale des séniors jusqu’aux premiers frimas est une façon de leur faire payer les déficiences du système médical: on choisit d’enfermer les aînés jusqu’à nouvel ordre, pour libérer des lits en réanimation. Absurdité: le simple fait qu’ils aient déjà la possibilité de sortir une heure par jour les expose aux aléas du virus. Ou alors il fallait les incarcérer d’emblée.

Dans votre livre Une brève éternité, vous évoquez «l’été indien» qu’est devenue la vieillesse. Avec cette crise, ne veut-on pas faire entrer à l’Ehpad toute une génération qui se sent en pleine forme?

Oui, c’est l’ehpadisation générale des plus de 65 ans. On infantilise les aînés sous couleur de les protéger. On méconnaît les progrès du demi-siècle passé et que nous avons gagné entre vingt et vingt-cinq ans d’espérance de vie en relativement bonne santé. La vieillesse vieillissante a reculé, nous jouissons d’un nouveau printemps en automne et nous avons réussi à repousser l’hiver au plus loin dans les saisons. On nous serine que la mort et la vie sont intimement liées, que nous devons accepter cette loi implacable: certes, mais le génie de la modernité est d’avoir déplacé le curseur et d’avoir retardé l’instant du dénouement. À 60, 70, 80 ans, nous éprouvons la joie absurde d’être encore vivants et actifs à l’âge où nos grands-parents avaient déjà un pied dans la tombe. C’est une saison équivoque entre la grâce et l’effondrement et ce n’est pas rien. La vraie question est: qui est vieux et à quel âge? Un septuagénaire en bonne santé est moins à risque qu’un obèse de 40 ans.

À lire aussi : «La réclusion de tous les seniors jusqu’à une date lointaine? Ce serait inadmissible!»

Le risque n’est-il pas d’ôter des raisons de vivre à toute une population qu’on voudrait pourtant protéger?

Vieillir, c’est entrer dans le temps court, déployer des avenirs brefs. Chaque jour est le premier jour du reste de notre vie, comme disent les Anglo-Saxons, et ce reliquat se contracte à mesure que l’on avance dans le temps. Prendre de l’âge, c’est entrer dans l’ordre du calcul: tout nous est compté, chaque heure qui passe amenuise les options. Sacrifier un printemps, un été, c’est pour beaucoup d’hommes et de femmes piétiner des saisons qui ne reviendront peut-être jamais. Cette rupture du lien entre les générations peut faire mourir les gens de chagrin, relancer les maladies latentes, tout cela au nom du rêve sordide de voir s’éclipser une classe parasite pour laisser la place aux plus verts. Tout le monde dans les jeunes générations n’a pas envie de balancer parents et grands-parents par-dessus bord. Vivre, c’est toujours vivre au milieu des autres: un invisible cordon ombilical nous relie à eux - même s’il s’agit simplement de faire des courses et de voir nos frères humains autour de nous, de les saluer. Pouvoir embrasser un être cher, regarder ses proches, déambuler dans la cité est un facteur de rajeunissement du cœur et de l’âme aussi fort que les médicaments. On peut imaginer un déconfinement au cas par cas selon l’état de santé de chacun ou d’entourer chaque sortie de précautions pour les plus faibles mais on ne peut pas ne pas envisager le déconfinement pour tous.

Beaucoup ont célébré dans la crise actuelle un pacte des générations, où l’habituel jeunisme de notre société a cédé le pas au souci des «aînés». Mais le déconfinement ne risque-t-il d’engager une guerre des générations plus vivace que jamais?

On est dans un cas spécifique d’âgisme, de discrimination des individus selon leur date de naissance. Mais ce «mort aux croulants» pour raisons sanitaires est une consolation illusoire: c’est de la recherche et de la production d’équipements médicaux que dépend l’issue de la crise, non de la relégation d’une partie de la société. Pour agir sur le monde, il faut entrelacer sans fin les générations par les liens de l’amitié, de l’intérêt, de la conversation. À ce propos, il est une personne que cette mesure pénaliserait par-dessus tout: la première dame, âgée de 67 ans. Il faut sauver d’urgence le soldat Brigitte!

 

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Livia 18/04/2020 11:27

Je ne crois pas que les gouvernements "jeunes", veuillent protéger les "vieux" de plus de 65 ans, ils coûtent et ne rapportent rien, alors si le corona les emporte, c'est du bénéf!

Ch.Etzol 18/04/2020 00:53

Hélas! Dans Soleil vert, ils étaient même "écolo", puisque la chair était "recyclée en nourriture pour les vivants... C'est bien d'étendre la culture de mort qu'il s'agit, contre laquelle réagit aujourd'hui Jean- Frédéric Poisson, Président du Parti Chrétien Démocrate :

Madame, Monsieur,

La crise sanitaire que nous traversons ne peut justifier toutes les dérives mortifères. Au-delà de son amateurisme et de son manque d’anticipation, le Gouvernement profite de la période de confinement pour étendre encore davantage la culture de mort dans notre pays. Je tenais à vous en alerter !

Olivier Véran, Ministre de la Santé, a déclaré qu’il y avait en France « une réduction inquiétante du recours à l'IVG », et ajoute qu’'il est « hors de question que l'épidémie de Covid-19 restreigne le droit à l'avortement dans notre pays ». En d’autres termes, le Ministre veut s’assurer que l’avortement de masse et la destruction de vies humaines puissent continuer… C’est incompréhensible ! C’est un scandale ! C’est irresponsable !

Comment peut-on tenir de tels propos au moment où toute la France est mobilisée pour sauver des vies humaines des ravages du Covid-19 ?

Profitant de la crise et de l’inattention des Français légitimement préoccupés par la situation et ses conséquences, le Gouvernement vient de décréter, discrètement et sournoisement, un élargissement de l’avortement en étendant l’IVG médicamenteuse à domicile de 7 à 9 semaines (Arrêté Ministériel publié au Journal Officiel du 15 avril 2020).

Nous le dénonçons fortement, d’autant qu’aucun débat public ou parlementaire n’a eu lieu. Ce rallongement du délai d’avortement est d’autant plus grave qu’il représente un surcroît de danger vital pour la mère également.

Nous ne pouvons passer cela sous silence, a fortiori dans cette période de crise sanitaire du Coronavirus où les tentations et risques de dérives euthanasiques dans nos EHPAD commencent à poindre.

Il y a danger ! Le PCD est le seul mouvement politique à défendre la Vie avec constance et cohérence ! Aidez-nous à avoir une voix plus forte pour dénoncer avec fracas les multiples attaques contre le respect de la Vie ! Nous y travaillerons sans relâche dans les prochaines semaines.

Comptez sur le Parti Chrétien-Démocrate pour ne rien lâcher et continuer à dénoncer avec force les attaques contre le respect de la vie et de la dignité humaine !