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Publié par Edouard Boulogne

Le coronavirus risque de faire de l'économie des Antilles un champ de ruines, par Jean-Marie NOL.
Le coronavirus risque de faire de l'économie des Antilles un champ de ruines, par Jean-Marie NOL.

Avec la pandémie du coronavirus, nous sommes confrontés à une crise mondiale. Tout est arrêté, partout en même temps. En quelques semaines, le coronavirus et le confinement de millions de personnes qu’il a entraîné ont presque anéanti l’économie mondiale, au point que les économistes s’attendent à la récession la plus violente de l’histoire moderne, peut-être pire que pendant la Grande Dépression de 1929 . Avec cette crise du coronavirus, il s’agit du troisième et du plus grand choc économique, financier et social du XXIe siècle et il exige que l’on doit changer quelque chose de notre modèle économique et social actuel , c’est maintenant qu’il faut penser aux efforts qu’il faudra faire demain pour redresser autant que faire se peut une économie déjà passablement sinistrée !

Lire aussi : Coronavirus : des pertes faramineuses pour l’économie française

Comme beaucoup d’autres régions, la Guadeloupe et la Martinique se battent pour échapper au naufrage de leur économie . Le tourisme, qui représente 8 % du PIB, est anéanti. Hôtels vides, restaurants fermés, locations estivales annulées: tout espoir de rebond est reporté aux calandres grecques . L’ aéroport est en voie d’être fermé et le secteur aérien et maritime régional est à genoux. Le secteur du spectacle, y compris les productions d’artistes locaux , et le sport ont mis la clé sous la porte. La Guadeloupe et la Martinique confinées encaissent en silence une crise sans précédent… Alors que reste-t-il sinon le modèle social français, mais se pose la question de savoir pour combien de temps encore ?…
L’économie Antillaise va souffrir « pour des années » et il est « irréaliste de penser » qu’elle va rebondir rapidement, avertit un responsable économique qui au surplus enfonce le clou en déclarant que les mentalités vont devoir évoluer et que le comportement changer aux Antilles parce que les gens auront moins d’argent avec la remise en cause probable des acquis sociaux . L’épidémie de coronavirus fait planer beaucoup d’incertitudes sur l’évolution des prix, entre risques de dépression économique et de déflation si la demande s’écroule durablement, mais avec certaines pressions inflationnistes , si l’on assiste à des pénuries, etc. Préparons-nous à une contraction générale de l’activité économique. En effet nous allons tout droit vers un scénario noir pour l’économie de la Guadeloupe et la Martinique : l’économie tourne seulement à 10% avec un secteur productif à la peine – en particulier le secteur du bâtiment – et une économie de services largement à l’arrêt. L’absence de moteurs économiques, comme celui du tourisme ou d’une grande partie des services marchands, qui représentent plus des trois quarts du PIB de la Guadeloupe et de la Martinique , entraîne une perte d’activités d’environ 85%. Malgré les promesses de soutien de l’État, l’économie de la Guadeloupe et de la Martinique n’en sortira donc pas indemne et le retour à la normale ne se fera pas à court terme. À plus ou moins brève échéance, nous allons assister à des dépôts de bilan de par de nombreux secteurs d’activité . À un moment ou un autre l’État devra renflouer les entreprises et même les collectivités locales devront faire de même pour leurs cantines et leurs centres d’action sociale . Quant aux sociétés privées, l’État devra arbitrer entre les aider jusqu’à une éventuelle reprise , ou les laisser déposer le bilan avec tous les effets collatéraux imaginables.

Parallèlement, de nombreux secteurs sont sinistrés : le secteur touristique, l’hôtellerie, les restaurants, les guides touristiques , les cinémas, le monde du spectacle, les parcs , les zoos … Les agriculteurs sont également en souffrance. Les produits conditionnés l’emportent sur les produits frais

Pour comprendre la généralisation de la crise à toute l’économie de la Guadeloupe et la Martinique , il suffit de prendre l’exemple des commerces fermés. Si le commerçant ne paie pas son loyer, le bailleur pourrait-il ne pas rembourser le prêt qui lui a permis d’acquérir le bien loué ? Qu’en sera-t-il des primes d’assurances ? Qu’en sera-t-il des échéances bancaires ? Qu’en sera-t-il de la bulle immobilière latente qui risque d’exploser ? Progressivement, d’opérateur économique en agent économique, les impayés vont se propager, et le circuit économique risque d’être complétement bloqué, tant qu’une reprise de l’activité n’apparaît pas.

Bref si l’épisode d’épidémie dure , alors il faut s’attendre à ce qu’il cause des dégâts irrémédiables à l’économie. Si elle se prolonge, des choses se casseront, des entreprises feront faillite, et le redémarrage serait beaucoup plus lent. Un cycle de faillites affecterait inévitablement l’emploi et donc la consommation, moteur indispensable à toute reprise de l’économie Antillaise .
De nombreuses petites et moyennes entreprises vont faire faillite, de nombreux épargnants ou possédants vont s’appauvrir… C’est là exactement la situation que nous avons analysé dans nos différents articles…. En ce qui me concerne, j’avais prévu le choc économique et social à venir, donc par voie de conséquence j’ai toujours estimé qu’on allait se diriger vers un nouveau modèle économique et social. L’Etat va agir pour limiter les dégâts, mais c’est au risque de provoquer, dans un second temps, une crise budgétaire qui influera sur la capacité financière des collectivités locales. C’est à l’Etat de jouer maintenant et c’est la mort annoncée de la décentralisation et ne parlons même pas de l’autonomie prônée par des élus qui aura droit à un enterrement de première classe…. En fait, la crise sanitaire puis économique et sociale risque également de provoquer une crise politique. 

Tout est dit, alors que ceux qui persistent dans leur schizophrénie anti Etat français , prennent garde car à vouloir trop avoir raison sur l’adversité, l’on perd tout. Ne jouons pas avec le feu, car à la réalité ça va nous péter à la figure au sens propre comme au sens figuré..….!

A pa jwèt ka touné, sé van. Ce n’est pas la girouette qui tourne, c’est le vent. Il ne faut pas se fier aux apparences.

A pa lè ou fen pou mété manjé si difé…


 

Jean-Marie Nol économiste

 

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pierre 08/05/2020 23:25

Le pire n'est pas à venir ...en Guadeloupe ! si chacun se réinvente pour s'adapter aux évènements futurs. il faudra aussi que nos élus réinventent ce qui a fait notre force: le travail pour tous, la cohésion familiale et l'amour du pays ! ces 3 fondamentaux manquent cruellement !
Quand au virus,les forces célestes de vérités d'amour et de vie vont nous en débarasser mais il faut avoir ...la force de la foi.

xam cirederf 04/04/2020 13:57

Il ne faut pas seulement chercher à "profiter" des circonstances les plus malheureuses, pour se croire un meilleur défenseur de la vie économique, sociale ou politique de nos régions ultra marines, il convient de réfléchir avec intelligence- M. NOL veut le faire comprendre à nos politiciens- et de mettre en oeuvre des actions compatibles et nécessaires à NOS CONTREES sans vouloir inventer ce que l'on ne peut faire en terme de capacités techniques et surtout en terme de gestion économique.
Une constante , bien choisir celles et ceux à qui l'on confie le soin de nous représenter.....