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Publié par Edouard Boulogne

Usine pharmaceutique en Chine.

Usine pharmaceutique en Chine.

Cinquante ans d'abandon à l'utopie mondialiste nous ont conduit à la situation dramatique où nous nous trouvons aujourd'hui en France et en Occident. Tout cela est le fruit de la soumission de la pensée des élites à des idéologies mensongères, telle le libéralisme radical, telle l'illusion de la « bonté naturelle » de l'homme seulement entravée, disent ces prêtres du matérialisme intégral, par les particularismes nationaux soi-disant sommets de l'égoïsme.

Il se trouve que seules les élites européennes (d'ailleurs en voie de déchristianisation rapide, donc coupées de leurs racines spirituelles) ont cru à ces fadaises, le dernier des chefs d'Etat chrétien, et donc réaliste, ayant été le général de Gaulle.

Si, la France, l'Allemagne, entre autres, qui furent les champions de la production de médicaments et d'équipements médicaux, entre autres choses, se trouvent en état de pénurie grave c'est à l'idéologie fumeuse dont je parlais qu'ils le doivent.

L'article ci-dessous de Laure Mandeville l'explique clairement. (Le Scrutateur).

Quand l’Occident renonçait à produire ses propres médicaments.

 

( )https://www.lefigaro.fr/international/quand-l-occident-renoncait-a-produire-ses-propres-medicaments-20200413

 

RÉCIT - Dans les années 1990, l’industrie pharmaceutique a délocalisé la plus grande partie de cette activité en Chine. Avec l’épidémie de coronavirus, le réveil est douloureux.

 

Notre santé dépend largement de la Chine. Cette réalité a fait sursauter les citoyens d’Occident, qui, avec la crise du coronavirus, ont découvert des chiffres que les experts connaissaient déjà partiellement, mais que la plupart d’entre nous ignoraient: en moins de trente ans, l’ensemble des pays du monde, Amérique et Europe en tête, ont abandonné une large part de leur souveraineté en matière de médicaments et d’équipements médicaux au profit d’une Chine devenue l’usine de production de plus de 80 % des principes actifs utilisés par l’industrie pharmaceutique, d’une part encore plus écrasante des matières premières qui constituent ces ingrédients actifs (entre 80 et 90 %) et d’une part substantielle de la production de médicaments dits «finis»!

À lire aussi : La fiabilité bien trop aléatoire des éventuels «passeports immunitaires»

La Chine produit ainsi, par exemple, 97 % des matières premières et des substances chimiques nécessaires à la production des antibiotiques génériques consommés aux États-Unis, pourtant adversaire géopolitique déclaré. L’Inde, autre gros producteur, a certes été elle aussi un grand bénéficiaire de la délocalisation des industries occidentales. Mais elle n’échappe pas à la dépendance aux principes actifs et «aux matières premières chinoises», à environ 80 % elle aussi. «Toutes les routes mènent à la Chine», résume pour Le Figaro la spécialiste Rosemary Gibson.

Un voile de mystère à l’heure du «marché global»

Il plane toujours un flou artistique surprenant sur les statistiques d’un secteur pharmaceutique habitué, selon Gibson, à entourer ses chaînes de production d’un voile de mystère à l’heure du «marché global». Mais la pénurie globale de médicaments vitaux qui se dessine, alors que de nombreuses usines chinoises ont dû être mises à l’arrêt, pousse nos gouvernants pris en défaut à réclamer des comptes plus précis. D’Emmanuel Macron à Donald Trump, en passant par Vladimir Poutine, le nouveau mot d’ordre semble souvent le même: battre le rappel des industries chimiques et pharmaceutiques nationales. Et commencer à réfléchir à une diversification et à un rapatriement des lignes de production vitales.

À l’Académie nationale de pharmacie de France, cela fait dix ans que l’on tire les sonnettes d’alarme pour alerter sur la perte de souveraineté engendrée par une dépendance excessive à la Chine et à l’Inde, nous raconte Bruno Bonnemain, président d’un groupe de travail sur les ruptures d’approvisionnement. Dès 2011, explique-t-il, l’organisation s’est mobilisée auprès des autorités de santé. «Pour 86 % des hôpitaux en Europe, la question des pénuries est devenue un sujet de préoccupation quotidien. Les principales classes impactées sont (…) les anti-infectieux et les anticancéreux, suivis de près par des médicaments d’urgence-réanimation, médicaments de cardiologie et les anesthésiques», met en garde un rapport de l’Académie. La hausse des besoins des pays émergents producteurs a rendu la demande globale difficile à satisfaire.

Vulnérabilité stratégique

S’y ajoutent des problèmes fréquents de mises à l’arrêt d’usines pour des raisons climatiques, environnementales, techniques ou sociales. Sans parler des scandales liés à la qualité des médicaments, comme celui de l’héparine, un fluidifiant sanguin, importé de Chine, qui a provoqué la mort de 81 personnes aux États-Unis. «Personne n’a réagi à nos rappels à l’ordre quand il était encore temps», regrette Bruno Bonnemain, constatant qu’aujourd’hui, «l’Europe ne produit par exemple plus un gramme de paracétamol». Le gouvernement est resté largement passif, se bornant à créer «un groupe de travail» au ministère de la Santé.

À lire aussi : Pénurie de médicaments: «Nous n’avons que 15 jours de visibilité pour certains produits»

Dans les années 1980, l’Europe conserve encore une industrie pharmaceutique puissante. Quelque 80 % des principes actifs sont produits chez nous, et 20 % à l’étranger. Trente ans plus tard, les chiffres sont inversés. «Le grand basculement a commencé dans les années 1990, raconte Bonnemain, puis s’est accéléré au début des années 2000, quand les entreprises ont décidé de délocaliser massivement pour des raisons de coût de main-d’œuvre et de règles environnementales.»

Le schéma initial consistait à tout produire sur le même lieu. Mais avec la concurrence des génériques produits dans les pays en développement, le secteur pharmaceutique en vient à sous-traiter à la fois la production de matières premières, des principes actifs et dans bien des cas le médicament lui-même. C’est l’heure de la globalisation dite «win-win», qui permet aux uns de décoller et aux autres de produire à bas prix. «La grande erreur de nos gouvernements a été de ne plus considérer les médicaments comme des produits stratégiques. En privilégiant le critère du coût, on a laissé les entreprises faire n’importe quoi. Il y a eu un abandon de souveraineté», décrypte sans fard cet ancien pharmacien industriel.

On a trop négligé la chimie organique.

Il fut un temps, où l’Allemagne, et non la Chine, était appelée l’usine pharmaceutique et chimique du monde. Mais l’historique de la délocalisation massive que brosse le professeur Stefan Laufer, qui fut président de l’Association nationale des pharmaciens allemands jusqu’en décembre 2019, est presque un «copier-coller» de l’analyse de Bruno Bonnemain. Même déclin amorcé au tournant des années 1990, même délocalisation massive vers l’Asie, et notamment la Chine, depuis dix ans. «Sous la pression des agences d’assurances de santé allemandes, les médicaments sont devenus un produit dont le critère essentiel était le prix et non la qualité», résume Laufer. Il insiste sur l’aspect environnemental, qui a joué un rôle majeur dans la délocalisation de la chimie organique, au profit d’une industrie biologique pharmaceutique novatrice, très développée outre-Rhin. «On a trop négligé la chimie organique».

Surtout, «on a surestimé la valeur du marché global, en estimant qu’il n’y avait pas besoin de penser indépendance locale puisque le marché répondrait toujours présent! C’était une illusion. Il n’y a pas de marché global! Chacun a fermé ses frontières et se bat pour récupérer des masques et des médicaments!», poursuit le professeur de Tübingen. Comme Bonnemain, Laufer avait tiré les sonnettes d’alarme dès 2012. L’armée allemande avait aussi donné de la voix pour souligner la vulnérabilité stratégique. «On est allé au Bundestag. Les rapports se sont accumulés. Tout le monde s’en fichait», se souvient Laufer… Très engagée sur ce dossier, l’élue de Brême, Claudia Bernhard, membre de Die Linke, explique «l’absence de réaction des pouvoirs publics par l’influence du lobby pharmaceutique» sur les caisses d’assurance chargées de passer contrat directement avec les producteurs de médicaments. «Je regrette l’absence d’action du gouvernement central, qui a laissé cette dépendance s’installer. La dernière usine de fabrication d’antibiotiques a fermé en 2017 en Allemagne. L’État doit se réengager dans la reconstruction d’une nouvelle industrie pharmaceutique, et sur le retour d’une production de principes actifs. C’est plus facile à dire qu’à faire, mais la crise ne nous laisse pas le choix, c’est une question de vie ou de mort», explique-t-elle, se réjouissant que les ministres de la Santé des Länder allemands aient formulé une proposition en ce sens.

Réveil douloureux

En Russie, nous raconte le consultant de l’agence d’information RNC Pharma, Nikolaï Bespalov, «une délocalisation semblable à ce qui s’est passé en Occident s’est produite après la fin de l’URSS, créant une forte dépendance à la Chine et à l’Inde» pour les principes actifs, et les matières premières (entre 50 et 70 %). «L’inquiétude est donc réelle», malgré l’existence de stocks. Depuis 2010, un effort de relocalisation de la production s’est toutefois engagé et le gouvernement a décidé fin février d’accélérer cette mobilisation du secteur chimique et pharmaceutique.

Outre-Atlantique, le réveil est particulièrement douloureux pour une Amérique qui considérait le «marché global» comme une vache sacrée. Certes, depuis 2016, l’Administration Trump avait déjà remis au goût du jour le protectionnisme et instillé du rapport de force dans la relation avec la Chine, notamment pour la grande bataille de la 5G. Mais avec le coronavirus, les Américains réalisent à quel point ils sont dépendants de leur grand adversaire pour leur santé. S’ils conservent une production de principes actifs, ainsi que des usines de production de médicaments sous label, la Chine s’est imposée en puissance dominante sur le marché américain des matières premières et des principes actifs pour génériques, ainsi que sur le marché des antibiotiques génériques, une situation qui crée une grande vulnérabilité stratégique.

Si vous êtes chinois et que vous voulez nous détruire, vous arrêtez tout simplement de nous envoyer des antibiotiques.

L’économiste en chef Gary Cohn, à la Maison-Blanche

Dans un rapport du Conseil pour les relations extérieures, le chercheur Yang Zong Yuhan évoque une conversation à la Maison-Blanche rapportée par le journaliste Bob Woodward, dans laquelle l’économiste en chef Gary Cohn met en garde contre une guerre commerciale au motif que les Chinois pourraient répliquer avec l’arme des antibiotiques, vu qu’ils fournissent 97 % de la consommation américaine: «Si vous êtes chinois et que vous voulez nous détruire, vous arrêtez tout simplement de nous envoyer des antibiotiques», avertit-il alors.

Une prise de conscience que le coronavirus a évidemment accélérée, note la chercheuse de l’Institut Hastings Rosemary Gibson. Une déclaration de l’agence officielle chinoise Xinhua, datée du 4 mars, qui envisage un scénario d’arrêt des exportations chinoises de médicaments a été très mal prise à Washington. Un tel arrêt «plongerait les États-Unis dans un océan de coronavirus», avait noté Xinhua. Du coup, dans la communauté stratégique, l’idée d’un découplage économique avec la Chine émerge en force. Au Congrès, un projet de législation visant à encourager le rapatriement de certaines lignes de production de médicaments a été introduit par un groupe d’élus démocrates et républicains. Tous les spécialistes du dossier notent toutefois les difficultés de la relocalisation en termes de délais, de coût, de savoir-faire à recréer. Laufer reste sceptique à long terme. «Cela prendra des années, les processus en chimie fine sont très complexes, surtout qu’il faudra inventer des technologies propres, pour respecter les normes vertes», note Bonnemain, estimant que «cela devra évidemment se faire en étroite coordination au niveau européen, car chacun ne pourra pas tout produire chez lui». «Tout cela suppose un véritable changement philosophique», dit-il.

 

 

 

 

 

 

 

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C
Là ,c'est un bel "ACTE UNIQUE"européen! Bravo! Vive le mondialisme! De quoi contenter les lumières d'Adam Smith sur la "Richesse des Nations"

Voilà comment, prédit cet évangéliste du libéralisme, " l'homme se trouve conduit par une main invisible à remplir une fin qui n'entre nullement dans ses intentions ".
Le système économique libéral (à outrance), fondé sur l'appât du gain et la consommation à tous crins, serait pourtant capable de s'auto-organiser et de s'auto-réguler ?

Là, l'homme européen a la fin qu'il a cherchée : tout délocaliser et consommer max, pour produire plus, à peu de frais.
Quand l'appât du gain l'emporte sur l'intérêt de la Nation... G7,G20, j'ai le monde!

La catastrophe climatique étant à nos portes (taux de Co2, réchauffement, pluies acides, COP 20, 30 ou 40,etc), il était plus urgent de construire des moulins à vent que de se soucier de maintenir un tissu industriel digne de ce nom en France, susceptible de fournir du travail à un pays miné par le chomâge,au système économique détruit par la concurrence déloyale de pays à moindre coûts salariaux.
Les circonstances illustrent, par le cas particulier des industries pharmaceutique et chimique, la perte de souveraineté sur notre production nationale et notre dépendance croissante de l'étranger.

A quoi bon ergoter et nous rebattre les oreilles sur les modalités de sortie du confinement, l'inapplicable distanciation sociale,ou le port, obligatoire ou pas, du masque lorsque le coq est entièrement plumé et déplumé, à force de flux tendus et d'équilibre du marché.
Ce virus est un révélateur, véritable test d'identification de la pénurie d'une vision à long terme pour la France et l'organisation qui en découle;seulement la gestion à la petite semaine d'une start-up.
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