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Publié par Edouard Boulogne

Vers une reconfiguration totale de l'économie et du secteur bancaire en Guadeloupe ? Par Jean-Marie NOL

( Voici une rubrique du Scrutateur, qui doit vous intéresser. Elle ne fait pas double emploi avec les commentaires d'articles. Ceux-ci, en augmentation lente, mais constante, est faite de vos réactions aux articles.

« La voix des lecteurs »vous donne la parole, la possibilité d'enrichir notre blog de vos idées, réflexions, poèmes, réactions propres à l'actualité en général.

Bien entendu je ne publierai que ce qui ne s'en prend pas, éventuellement, aux personnes, au-dessous de la ceinture comme on dit.

Les articles signés seront plus particulièrement bien venus. Mais il y a, je le sais d'excellentes raisons, qui ne relèvent pas de la couardise, mais plutôt de ce qu'on appelle le devoir de réserve, à l'anonymat, ou au pseudonyme. Ces articles seront pris en compte. Mais il faudra, que je puisse identifier les expéditeurs de façon précise. Ma discrétion à leur égard étant assurée.

Maintenant, chers lecteurs, à vous de jouer.

 

Edouard Boulogne) .

 

PS : Les propos de lecteurs, n'expriment pas toujours le point de vue du Scrutateur. Ils s'expriment librement. Le Scrutateur n'intervient que pour écarter les attaques qui viseraient des hommes et des femmes, de façon insultante, «  au-dessous de la ceinture » comme on dit.

 

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Vers une reconfiguration totale de l'économie et du secteur bancaire en Guadeloupe ?

La banque est désormais à la croisée des chemins, car « La nécessité nous délivre de l’embarras du choix » disait Vauvenargues.

La  refondation de l'économie et par voie de conséquence du secteur bancaire en Guadeloupe semble tenir de cet adage. D’une part, la conjoncture commande de repenser le plan d’action lancé en 2015 par l'autorité bancaire représentée par l’IEDOM , qui se fondait sur l'insuffisante rentabilité de certains réseaux bancaires installés sur la place de Guadeloupe . D’autre part, l’accroissement des contraintes imposées aux banques – et singulièrement aux banques locales qui sont des succursales de grandes banques nationales – par la réglementation  va mécaniquement et sans doute durablement limiter leur capacité de prêt. Or, il semble évident que les besoins de financements du marché guadeloupéen vont diminuer à un rythme soutenu dans un avenir proche, afin de coller à la réalité d'un marché en décroissance. Nous l'avons déjà dit et répété à satiété que la croissance est inéluctablement vouée à chuter en Guadeloupe dans les prochaines années. A terme, il s'agira d’assurer  l’adaptation de la banque traditionnelle à la nouvelle économie de la Guadeloupe qui sera restructurée par le numérique et l'intelligence artificielle , de la mutation de la société (appauvrissement de la classe moyenne et chute de la consommation) et des infrastructures , au vieillissement de la population et à la révolution digitale (le nombre de commerces traditionnels et de supermarchés sera divisé par deux dans la décennie) . Alors,  quelle banque pour la Guadeloupe en 2030 ?

Le moment est venu d'engager une réflexion prospective sur l'avenir de la banque en Guadeloupe , au moins à l'horizon d'une dizaine d'années. Dans quel environnement évoluera-t-elle alors ? Quelles options s'ouvriront à elle ? À quels objectifs répondra-t-elle ? Et au final de compte, combien de banques seront présentes sur le marché guadeloupéen en 2030 ? 
C'est à ce type d'interrogations que répond brièvement cet article. Le secteur bancaire est aujourd'hui en Guadeloupe un secteur économique d'importance, car il accompagne le développement rapide de la consommation locale, qui est le moteur de l'économie guadeloupéenne . Il s'est développé au xixe siècle sous la forme du Crédit foncier colonial puis de la future Banque de la Guadeloupe. Depuis , l'évolution du secteur bancaire est patente avec pas moins de 6 établissements bancaires et 2 établissements financiers. Alors à quoi ressemblera le secteur bancaire  en Guadeloupe dans 10 ans ? Difficile de le prédire alors même que les services financiers n’ont pas encore connu de réelle disruption en Guadeloupe , à l’instar de la France hexagonale . Néanmoins, une chose est certaine : la capacité des acteurs - banques traditionnelles, comme nouveaux entrants - à intégrer les nouvelles technologies, à répondre aux attentes des consommateurs et à créer de nouveaux services seront les clés de la construction de la banque de demain.

Gérer son épargne et ses placements en temps réel grâce à son smartphone ou son assistant virtuel, faire ses achats en magasin sans passer par une caisse, se rendre dans son agence bancaire digne d’un concept store avec un showroom 3.0… Ceci n’est qu’une illustration, déjà bien réelle, du monde de demain, un monde qui aura franchi un pas de plus dans la digitalisation et l’ultra personnalisation. Et la banque aussi va bientôt changer de visage en Guadeloupe et le secteur dans son ensemble connaître une autre configuration . Les banques ont devant elles l’opportunité de développer de nouveaux services, non bancaires, et ainsi de continuer à accroître leurs revenus dans un environnement devenu de plus en plus concurrentiel. Cette nouvelle banque sera devenue une entreprise universelle : elle vendra toujours des produits bancaires , mais ceux-ci ne constitueront sans doute plus que l’ossature des nombreux services complémentaires qu’elle commercialisera.

En conséquence , et compte tenu de l’ampleur des changements , nous allons passer de 6 établissements bancaires exerçant actuellement en Guadeloupe à plus que 3 à la fin de la décennie actuelle. Seuls devraient continuer à exister le crédit agricole, le groupe caisse d'épargne et la banque postale. Les autres banques de la place comme LCL , bred, société générale, crédit mutuel, devraient se faire absorber ou remplacer par des néo banques, car la nouvelle réalité du marché moins orientée vers la consommation mais plus en direction des activités productives et touristiques imposera une taille critique pour maintenir une certaine rentabilité et  rester compétitive face aux nouveaux entrants sur le marché guadeloupéen comme les GAFA et autres banques à distance qui ne tarderont certainement pas à partir à la conquête du marché guadeloupéen de manière à capter l’ensemble des services financiers y compris l'assurance , au-delà des seuls paiements alors même qu’elles ne sont pas soumises aux mêmes contraintes réglementaires. 

D'ailleurs, pour étayer notre analyse,  le CEO de Goldman Sachs vient de dire que 80% des banques auront disparu ou seront devenues anecdotiques d’ici 2030.

Les prochaines années vont être critiques pour la transformation de la banque en Guadeloupe. Le visage de la banque va radicalement changer, car en réalité il n'y aura plus de limite dans les produits et services que la banque peut vendre, mais une stratégie de développement horizontal.  Dans un proche avenir, la Banque devrait faire la même chose que ces opérateurs télécom, distributeurs ou moteurs de recherche qui se sont lancés dans la vente de produits bancaires ! Dans un monde où le supermarché 3.0 utilise la réalité virtuelle pour permettre à ses clients de faire leurs courses depuis leur canapé, où Carrefour présente certains produits grâce à des hologrammes, où l’utilisation des données personnelles n’a jamais été aussi intensive et où l’intelligence artificielle se présente comme la quatrième révolution industrielle, le paysage de la distribution des services financiers va muter en profondeur. La pression technologique, conjuguée à une évolution des besoins de clients actuels vers plus d’autonomie, de personnalisation, de simplicité et d’expertise, poursuivra la remise en cause des modalités actuelles de la distribution des services financiers en Guadeloupe à horizon 2030.

Le futur se joue maintenant, comme nous l'avons déjà moult fois explicité dans nos articles. Alors dans ce contexte “Serons-nous capables de choisir les éléments de la technologie qui améliorent la qualité de vie et d'éviter ceux qui la détériorent ?”.
Quoique ce soit l'issue envisagée pour la banque en Guadeloupe , une mutation en profondeur est à prévoir. Dès lors, anticiper l’arrivée de ces nouveaux enjeux est une obligation pour tout acteur qui souhaite s’inscrire durablement sur le marché des services financiers. Trouver des réponses à ces défis de demain sera très rapidement une nécessité.

Jean marie Nol économiste

 

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