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Publié par Edouard Boulogne

En quoi le ralentissement durable de la croissance française est-il inquiétant pour la Guadeloupe ?

( Voici une rubrique du Scrutateur, qui doit vous intéresser. Elle ne fait pas double emploi avec les commentaires d'articles. Ceux-ci, en augmentation lente, mais constante, est faite de vos réactions aux articles.

« La voix des lecteurs »vous donne la parole, la possibilité d'enrichir notre blog de vos idées, réflexions, poèmes, réactions propres à l'actualité en général.

Bien entendu je ne publierai que ce qui ne s'en prend pas, éventuellement, aux personnes, au-dessous de la ceinture comme on dit.

Les articles signés seront plus particulièrement bien venus. Mais il y a, je le sais d'excellentes raisons, qui ne relèvent pas de la couardise, mais plutôt de ce qu'on appelle le devoir de réserve, à l'anonymat, ou au pseudonyme. Ces articles seront pris en compte. Mais il faudra, que je puisse identifier les expéditeurs de façon précise. Ma discrétion à leur égard étant assurée.

Maintenant, chers lecteurs, à vous de jouer.

 

Edouard Boulogne) .

 

PS : Les propos de lecteurs, n'expriment pas toujours le point de vue du Scrutateur. Ils s'expriment librement. Le Scrutateur n'intervient que pour écarter les attaques qui viseraient des hommes et des femmes, de façon insultante, «  au-dessous de la ceinture » comme on dit.

 

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En quoi le ralentissement durable de la croissance française est-il inquiétant pour la Guadeloupe ?

La révision en nette baisse des espoirs de croissance annoncée aujourd'hui par l'Insee impose désormais à la France, pour réduire son déficit et sa dette publique colossale , des efforts supplémentaires qui à leur tour vont freiner l'activité du pays et augmenter le chômage, estiment des économistes.

Alors que la croissance en France marque le pas au début de cette décennie, il y aura immanquablement des conséquences pour la Guadeloupe.

Une activité économique réduite entraînant mécaniquement une baisse des revenus des ménages et des entreprises et donc des recettes fiscales, les Français vont bientôt devoir mettre la main à la poche si la France veut tenir ses engagements de réduction drastique de ses déficits. Et pourtant on a l'impression que les guadeloupéens ne sont pas sensibilisés à cette problématique de décroissance et encore moins aux effets pervers sur le futur niveau de vie. Alors que faire sinon dégager au plus vite les priorités mutuelles entre la France hexagonale et la Guadeloupe , pour éviter de nourrir les antagonismes. Cela s'avère aujourd'hui indispensable. En effet , l'appel à la grève du premier février par l'ensemble des organisations syndicales de Guadeloupe l’a amplement démontré : le ressentiment, les antagonismes et les colères à l’œuvre depuis la crise sociale de 2009 sont toujours en embuscade, prêts à être exploités par ceux qui  souhaitent en réalité fracturer, ébranler et détruire l’édifice de la départementalisation .

Pour certains comme les dirigeants de l'ugtg «La seule voie pour que la Guadeloupe se développe et cesse d'être une colonie  passe par l’indépendance». Et pourtant, faire ainsi abstraction de la réalité actuelle de la Guadeloupe, c'est oublier qu'une large classe moyenne a pu émerger dans ce pays en cinquante ans de départementalisation.

Le rêve de toute une large partie de la société guadeloupéenne a pris corps dans le contexte actuel de départementalisation. Ce rêve des guadeloupéens de la classe moyenne correspondait aux “promesses” suivantes : si tu fais des études, tu auras un emploi stable et plutôt bien rémunéré avec 40% de vie chère avec une progression continue de tes revenus. Vers la trentaine, tu pourras devenir propriétaire de ton logement, un appartement dans une  ville ou bien une maison dans une campagne résidentielle. Tu auras accès à tout le confort moderne, tu auras une, voire deux voitures, tu pourras remplir ton caddie dans les hypermarchés chaque samedi, manger de la viande à tous les repas, accéder à la société de consommation et de loisirs, et partir en vacances en avion en France ou en croisière à l'étranger . À partir de la quarantaine, tu pourras même devenir propriétaire d'un appartement en France, d’une résidence secondaire dans les zones touristiques à Saint François, à Sainte Anne ou au moule . Puis tu pourras partir en retraite assez jeune et en bonne santé avec un montant de pension plutôt confortable. Parallèlement, tu bénéficieras d’une protection sociale étendue, tes enfants pourront accéder à l’enseignement supérieur en France et à l'étranger et être dans une logique d’ascension sociale.

Cet idéal s’inscrivait dans le cadre d’une société moderne et ouverte au progrès de la départementalisation , mais tout de même influencée par une “matrice culturelle” française , plutôt homogène d’un point de vue culturel où la grande majorité de la population avait le sentiment d’appartenir à une vaste classe moyenne, où le “modèle” dominant il y a encore quelques années restait celui de la famille composée d’un couple hétérosexuel avec deux enfants et où l’objectif global restait celui de la croissance économique avec en toile de fond, une foi assez communément répandue dans  le progrès social.

Aujourd'hui le mythe du progrès universel et d'une politique de redistribution infinie à travers les transferts publics de la départementalisation nous rend aveugle sur les dangers à venir pour notre modèle social . A entendre en effet les réclamations des syndicats , ce qui compte ce n'est pas tant de voir le gâteau grossir que de récupérer pour son compte la plus grosse part quitte à bloquer encore plus le système.  Actuellement pénétré à tort dans la croyance  qu'il y a encore du grain à moudre, on entend les salariés réclamer plus pour leur sécurité de l'emploi, en dénonçant la précarité, la fracture économique, les baisses de pouvoir d'achat, les atteintes sur la santé et l'éducation . Les entreprises ne sont pas en reste, elles évoquent un système fiscal trop rigide qui les empêche de croître sur le territoire de la Guadeloupe . Et au milieu l'État qui pour calmer le jeu alloue successivement, à l'un ou à l'autre, quelques avantages et privilèges. Ainsi est fait notre modèle départemental . Personne n'est coupable à priori ou bien on l'est tous et cela revient finalement au même. Pourra -t-on un jour se défaire de ses mouvements d'humeur d'enfants gâtés d'un système toujours " sous serre " sur le plan économique et social et pourtant déjà virtuellement moribond car il est désormais impossible de renouer avec les  avancées économiques et sociales d'hier . Cette époque est à notre sens révolue, celle où notre génération et celle de nos parents qui ont connu cette période faste où les allocations familiales et sociales coulaient à flots, où le chômage ne concernait que les individus non qualifiés et pas diplômés , où l'on parlait de progrès économique et social et où tous les indicateurs, que ce soit la consommation, l'investissement et les finances publiques des collectivités locales étaient au vert. Cet enchevêtrement de facteurs positifs dans l'économie est devenu aujourd'hui totalement irréalisable en Guadeloupe . Plus personne n'ose évoquer des taux de croissance supérieurs à 5 % et demain renouer avec un tel «dynamisme d'activité» est devenu impensable du fait de la révolution numérique et l'intelligence artificielle . Mais qui le dit ou s'en préoccupe ? Notre statut de pays à croissance infinie dans le cadre de la départementalisation a été apparemment accepté pour longtemps dans l'inconscient collectif. C'est là une erreur à notre sens que nous allons payer très cher, si rien ne bouge en Guadeloupe au niveau des décideurs pour conscientiser la population guadeloupéenne aux nouveaux problèmes économiques et sociaux et enjeux politiques de demain.

Jean marie Nol économiste

 

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Dolto 01/02/2020 19:34

A retenir cet enseignement du dernier sondage Odoxa sur l'état de la France. 77 % des Français considèrent avoir de la défiance pour ce qui concerne l'avenir...... Odoxa

Économie
Baromètre économique de janvier : l’année 2020 démarre très mal.
Les principaux enseignements du dernier sondage Odoxa.
77 %
Effondrement de notre baromètre mensuel du moral économique des Français : -6 points d’indice en un mois et -30 points depuis septembre avec 77% de défiance en l’avenir en janvier 2020
53 %
Plus globalement, les Français tracent de bien sombres perspectives économiques pour l’année 2020, 53% de nos concitoyens pensant que cette année sera une année de plus grandes « difficultés économiques »
77 %
Dans le détail, les Français ne prévoient d’ailleurs que des « catastrophes » pour l’année qui démarre : faible croissance (77% des Français le pronostiquent), hausse des impôts (57%) et pas d’amélioration de leur pouvoir d’achat (77%)