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Publié par Edouard Boulogne

France Antilles se meurt, et après ? Par Jean-Marie NOL.

"L'Avenir de France-Antilles se jouera dans les 30 prochains jours" c'est le directeur général de France Antilles qui lance, ce dernier samedi, ce cri d'alerte,dans une adresse à la population des Antilles et de la Guyane. Nous notons que le texte lui-même, remarquablement argumenté laisse peu de place à une sortie de crise positive. S'agissant des difficultés de la presse quotidienne , le message du directeur général de France Antilles laisse toutefois percer quelques inquiétudes pour l'avenir des médias de la presse écrite qui existent encore dans les trois départements Antillo-guyanais . Et cela pour plusieurs raisons, la première étant qu'aucun journal quotidien n'a plus été rentable depuis l'invention de la radio, puis de la télévision et enfin de l'Internet. Et cette longue déchéance de France Antilles du fait entre autres de la révolution numérique n'est que le début d'une longue série d'entreprises commerciales amenés à disparaître dans la décennie actuelle. Alors, Il est plus que temps de  se projeter  vers l'avenir pour ne pas, dans quelques années, n'avoir plus que « nos yeux pour pleurer ».
Avec la révolution numérique, la plupart des secteurs aux Antilles perdraient des emplois, excepté l’éducation, la santé, et l’environnement. Le numérique et la robotisation vont toucher « les classes moyennes, y compris les classes moyennes supérieures ». La brutalité de la mutation à venir est sans commune mesure.

Les défis posés à notre modèle social sont donc immenses. D’autant que la classe moyenne des services représente le « cœur de la démocratie ». Si on ne fait rien, la défiance envers les élites va encore augmenter, avec des impacts politiques graves. Le numérique a déjà remis en cause en France hexagonale le modèle de la presse et de la musique, voire maintenant de la banque et bientôt des hypermarchés . On fait comme s’il s’agissait de cas isolés. Il n’y a aucun débat politique sur le sujet, alors qu’il faudrait anticiper, qualifier, dire la vérité… Il faut créer un électrochoc dans l’opinion dès maintenant, expliquer qu’un grand nombre de métiers seront potentiellement touchés.
https://www.madinin-art.net/internet-un-danger-potentiel-pour-la-guadeloupe-et-la-martinique/
«Le numérique et la robotisation pourraient être aux cols blancs ce que la mondialisation fut aux cols bleus». «Elle va toucher les classes moyennes de Guadeloupe et de la Martinique , y compris les classes moyennes supérieures. C’est-à-dire certaines professions intellectuelles, dont on va pouvoir automatiser certaines tâches, comme les comptables, les juristes, les journalistes… La machine saura faire sans l’homme à très court terme.»

Quelques secteurs seraient épargnés. Pour la santé, et l’éducation, aucune perte d’emploi ne serait à déplorer à cause des robots. L’environnement, la relation clients et les nouvelles technologies devraient encore mieux s’en sortir puisque des postes seraient créés dans ces domaines. A contrario, le tourisme, le bâtiment, l’industrie, l’agriculture,la grande distribution, l’administration publique, et le service aux entreprises devraient être particulièrement touchés.Résultat, sans une action urgente et ciblée dès aujourd'hui pour gérer cette transition à moyen terme et créer une main d'oeuvre avec des compétences pour l'avenir, les Antilles devront faire face à un chômage en hausse constante et à des inégalités en forte croissance . Et le changement ne serait pas anodin d’un point de vue social :  Des milliers d’emplois sont menacés à bref délai .

Il faut arrêter de tergiverser et prendre acte que nous ne pouvons plus faire reposer la croissance, le progrès, notre avenir sur les contingences du passé. La révolution robotique et singulièrement numérique qui nous attend va remplacer en Guadeloupe et Martinique près de la moitié de la population active par des machines en vingt ans. Digitalisation, numérique, Intelligence artificielle, nanotechnologies, impression 3D et objets connectés vont bouleverser l’économie.  Un bouleversement potentiellement catastrophique. Non pas que je doute du mécanisme de la destruction créatrice de l’économiste Shumpeter et de la capacité intellectuelle d’adaptation et d’innovation de nos concitoyens Antillais, mais je doute de la capacité de notre société à encaisser un bouleversement aussi brutal sans basculer dans l’hystérie syndicale, et transformer le rêve de « l’égalité réelle » en cauchemar avant qu’il n’ait le temps de se réaliser. Reste à former dès à présent les travailleurs et les étudiants pour qu’ils puissent occuper les nouveaux emplois de demain.


Jean marie Nol

 

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Claude HOUEL 01/10/2019 16:09

Avant de condamner France Antilles et sans porter de jugement de valeur : Comment se fait-il qu'une bonne partie de la presse métropolitaine soit subventionnée par l'Etat, donc nos impôts,mais pas le presse des DOM ?
Cela est d'autant plus scandaleux que parmi les titres subventionnés certains appartiennent à de grands groupes et sont bénéficiaires,ce qui revient à dire que les subventions vont conforter les bénéfices distribués.
C'est plus que discriminatoire.
Concernant le joyeux monde robotisé qu'on nous propose : Dans des territoires ou le moindre petit orage nous prive d'électricité pendant plusieurs heures on va vers des paralysies difficiles.
Dans des territoires ou le réseau de communication filaire ou satellite est de moins en moins opérationnel les futurs robots risquent de ne rester que des tas de ferraille.

Ch Etzol 30/09/2019 23:46

Dire que les difficultés de Frances-Antilles, et d'autres médias, sont liés à la désaffection consécutive au développement internet, parait un peu rapide et simpliste. il faut avoir le courage de se remettre en cause, de s'interroger sur la valeur du journal, la qualité de l'information apportée et la soumission d'un trop grand nombre à la propagande du "politiquement correct, en lieu et place d'un véritable débat. Fut un temps où d'aucun évoquait "fwans-manti"...

Lorsqu'une revue propose à ses lecteurs des articles de réflexion, ceux- ci sont toujours prêts à l'abonnement, y compris sur internet comme le proposent déjà un certain nombre.
Et dans tous les corps de métier, l'ordinateur est un moyen pratique pour suppléer à des tâches répétitives et fastidieuses. Il ne remplace pas l'Homme.

Il faut regretter également un engouement pour le "tout beau, tout nouveau" et une exploitation commerciale, avec à la clé une publicité mensongère, sur la capacité réelle du tout connecté à remplacer la gestion humaine (et même à "pallier " en quelque sorte nos insuffisances humaines). Tout cela s'avère bien souvent artificiel et décevant, malgré tout le tapage médiatique, entr'autre dans l'enseignement. C'est à ce moment que les plus "in", les plus "dans le mouvement", les plus "mode" se font piéger et , pardonnez l'expression, se laissent "bouffer".

Un outil probable, mais certainement pas la panacée. Après, il en va de même que pour le téléphone portable : le meilleur comme le pire, l'usage qu'on en fait dépendant d'abord de l'intégrité morale de celui qui s'en sert.

Dolto 02/10/2019 22:28

L'analyse qui tend à dire que les nouvelles technologies et internet sont en grande partie responsable de la descente aux enfers de France Antilles n'est ni rapide et encore moins simpliste. A preuve, Nonobstant le problème de la ligne éditoriale du journal en question, on note bien que la problématique est générale à l'ensemble de la presse quotidienne régionale en France.
Dans les années 50, la France comptait plus de 175 quotidiens régionaux. En quelques décennies, leur nombre a été divisé par trois. Le pays compte désormais 55 titres dont le tirage total avoisine les 5 millions d’exemplaires. La diffusion payée de la presse régionale et départementale n’en finit plus de dégringoler. En 1996, c’est-à-dire à l’époque pré-Internet, quelque 5,7 millions d’exemplaires étaient diffusés quotidiennement. L’an passé, ce chiffre est pour la première fois passé sous la barre symbolique des 4 millions d’exemplaires, à 3,8 millions. Côté rédaction, la situation n’est pas plus reluisante. Plus de 100 agences locales de presse quotidienne régionale ont fermé en dix ans et le nombre de cartes de presse a diminué de près de 10 %. Dernier indicateur clé, et non des moindres, la PQR souffre de la baisse de la publicité sur ses éditions papier, en moyenne les journaux ont perdu 8 % de chiffre d’affaires par an, selon l’association l’Alliance de la presse [...source le nouvel économiste ]