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Publié par Edouard Boulogne

Et si demain, d'aventure, on changeait tout en Guadeloupe ? Par Jean-Marie NOL

Il ne s'agit pas de transformer les institutions pour changer d'avenir, mais encore faut-il pouvoir transcender le passé de la Guadeloupe . L’urgence est d’anticiper dès aujourd’hui la société que nous voulons pour demain !... Pourquoi parlons nous d'urgence et d'anticipation ? Tout simplement parce que très bientôt les stupéfiants progrès de l’intelligence artificielle vont confronter la société guadeloupéenne à un terrible défi. Une récente étude d’IBM laisse penser que l’intelligence artificielle pourrait remplacer des millions de travailleurs à travers le monde : 120 millions de chômeurs dans les 3 ans qui viennent pour être exact. Dans la décennie qui vient, robots et ordinateurs intelligents vont générer un chômage sans précédent. ( https://www.lemondeinformatique.fr/actualites/lire-l-ia-devrait-detruire-120-millions-d-emplois-d-ici-3-ans-740801.html). Nul doute que la Guadeloupe sera impactée tôt ou tard !
Le changement en Guadeloupe est de fait inévitable. Comment faire alors ? Aujourd'hui , l’esprit se révolte contre le sort qui est promis à l’homme avec les dangers de la révolution numérique et l'intelligence artificielle . Crise sociale, crise financière, crise écologique, crise démocratique… dans tous ces domaines, nos sociétés approchent d’un point de rupture, d’un point de non-retour avec la révolution technologique et numérique . Après plus de 30 ans de progrès inhérent à la départementalisation , nous arrivons à un moment crucial. Tout se passe en Guadeloupe comme si une petite oligarchie intéressée seulement par son pouvoir à court terme, dans tous les domaines sociaux-politiques et économiques, n'avait pas pris la dimension des enjeux de l’avenir du pays Guadeloupe . Serons-nous la première génération qui, non seulement devrait renoncer au progrès social mais aussi accepter sans réagir d’aller vers un «suicide» collectif ? Dans ce contexte qui nous pousse à l’inquiétude, il me semble essentiel de ne pas oublier que l’avenir de notre société réside dans ses enfants, que les malheurs de ces derniers exposés dès demain à la révolution numérique et l'intelligence artificielle sont et seront nos malheurs. Nos systèmes de pensée, trop rigides et souvent guerriers, n’ont pas encore permis de réaliser cette « métamorphose » de la société, des pratiques, des comportements, des organisations, de l’économie ou du social.
Alors que le monde peut sembler morose, que l’avenir est incertain, que de la peur naissent les mouvements de haine , de radicalisation sociale , et de repli sur soi, nous nous devons de réagir et sortir de notre torpeur actuelle . Une véritable évolution exige un changement rapide de mentalité. Sans doute ne sommes-nous, d’ailleurs, qu’au début des mauvaises surprises avec nos élites dont le regard est tourné vers le passé. Obnubilés par l’histoire de l’esclavage et du colonialisme , incapables de penser une transformation de la société de départementalisation, ou juste ignorants, les intellectuels se font discrets sur les problématiques actuelles de la société Antillaise . Face aux bouleversements de l’époque, la responsabilité de l’intellectuel est de ne pas se taire . Il doit aider à comprendre l’avenir et non susciter la nostalgie ou la haine du passé . La Guadeloupe est déjà fragile du point de vue économique et social compte tenu de l’état dégradé des finances de la France, et ainsi c'est tout le bas de la société Antillaise qui est en train de pourrir parce qu’on ne peut plus faire de politique keynésienne de relance… Comment peut- t– on croire que l’avenir réside dans la recherche et la perpétuation des souvenirs du passé , quand tout prophétise avec la révolution numérique et l'intelligence artificielle plus (+) de chômage, plus d’injustice sociale, plus de pauvreté , plus de violence, pour demain ?
Alors que les enjeux planétaires sont de plus en plus complexes, l’époque où nous pouvions entièrement compter sur nos intellectuels pour éclairer l’avenir est quasiment révolue , et ce alors même que l’urgence, dans un premier temps, est d’éveiller les consciences des guadeloupéens . Si les intellectuels médiatiques n’ont pas grand-chose à dire, c’est parce que la plupart d’entre eux continuent de raisonner avec des catégories et des schèmes issues du milieu du vingtième siècle . Le noeud du problème est le manque actuel de vision qui s’avère être un frein à l’engagement . Nous avons affaire à des intellectuels prisonniers de schémas de pensée qui les rendent peu aptes à penser la nouveauté !
Face à l’incapacité des politiques de tous bords d’anticiper et de s’adapter aux changements qui s’annoncent, l’objectif de l’intellectuel Antillais devrait être d’inspirer hors de toute idéologie ou dogmatisme, un nouveau modèle de société , qui permette de faire face ensemble aux grands enjeux de la globalisation et de la civilisation numérique.
Un modèle pérenne, et qui donne envie aux jeunes générations de guadeloupéens de vivre et désirer demain.


Jean Marie Nol

 

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