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Publié par Edouard Boulogne

« Dire que Joséphine incarne le “sauveur blanc” serait un peu tiré par les cheveux » selon l'historien Frédéric Régent.

Tout est prétexte à utiliser les thèmes de l'esclavage, ou d'un supposé « racisme » que certains obsédés prétendent voir partout, chez les autres, en évitant soigneusement de ce que l'on appelait jadis l'examen de conscience, qui les aurait contraint à plus de modestie et de prudence.

Ainsi, même un feuilleton populaire a servi récemment, aux touilleurs de bile noire, de prétexte a déverser leur fiel sur les écrans TV et les réseaux sociaux spécialisés dans la vaporisation des mauvaises odeurs.

Heureusement que des personnalités, notamment antillaises, par exemple Babette de Rozières, et l'historien Frédéric Régent avec le talent et l'esprit de mesure qu'on lui connait, sont intervenues pour remettre les pendules à l'heure. (LS).

 

La diffusion d’un épisode de Joséphine, ange gardien abordant l’esclavage lundi soir sur TF1 a fait l’objet d’une vive polémique sur les réseaux sociaux. Le  Conseil représentatif des associations noires de France (CRAN) a salué la démarche de DEMD Productions qui vise à vulgariser l’histoire de la traite négrière, alors que des personnalités publiques telle que l’animatrice de télévision Babette de Rozières, a exprimé son désaccord.


 

Frédéric Régent, Maître de conférences en Histoire Moderne à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, décortique pour 20 Minutes les conséquences actuelles de ce pan sensible de l’Histoire sur les afro descendants.

Sur les réseaux sociaux, de nombreux utilisateurs ont trouvé le registre comique et léger de la production inapproprié pour traiter l’esclavage. Cela vous semble-t-il justifié ?

Je pense qu’à partir du moment où l’on n’est pas dans la négation, on peut traiter de tous les sujets avec humour. Une œuvre de fiction a toute liberté de reconstruire le passé. Il faut tout de même faire des remarques sur quelques erreurs historiques manifestes bien que le téléfilm soit globalement bien documenté. Pour exemple, dans une scène, une guide décrit la vie sur la plantation en indiquant que l’on ne connaît pas le nom des esclaves, que tous les registres ont brûlé. C’est l’inverse, tous ces documents existent.

On observe une vive désapprobation de personnes noires dans les médias et sur les réseaux sociaux quand d’autres au contraire encouragent ce film. Comment expliquez-vous cette fracture au sein d’une même communauté ?

Selon moi, beaucoup de personnes perçoivent les difficultés du présent (inégalités, discriminations…) comme héritées du passé. C’est un phénomène de reproduction sociale. Les gens ont le sentiment que s’ils ne sont pas satisfaits par leur position actuelle dans la société c’est à cause du passé. On observe chez ces personnes une vision manichéenne du passé. Les réactions à fleur de peau sont cependant normales. Cette histoire a été peu enseignée et le processus des résultats de la recherche reste long.

Qu’en est-il de l’incarnation du complexe du « sauveur blanc » par le personnage de Joséphine ? Qu’une femme blanche délivre un couple noir de la servitude n’est-il pas une cristallisation du mythe du blanc gentil qui sauve les pauvres noirs ?

Dire que Joséphine incarne le « sauveur blanc » serait un peu tiré par les cheveux. Il s’agit d’une fiction et sauver les hommes est la mission de l’héroïne du téléfilm. J’ai trouvé l’intervention des enfants dans l’intrigue très positive. Elle permet de sensibiliser les jeunes téléspectateurs à la question de la réalité historique. D’autant plus qu’il est vrai que les enfants des esclaves domestiques étaient à la fois serviteurs et compagnons de jeu des enfants des maîtres.

 

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castets 31/08/2019 07:07

Bonjour Mr Boulogne,
Est-il vraiment politiquement incorrect de traiter aussi de cet esclavage moderne que les mêmes médias taisent et glissent honteusement sous le tapis !

A voir les élucubrations psychologiques liées au traitement de l'esclavage dans le milieu médiatique, bientôt deux siècles après son abolition ; il est aisément loisible d'imaginer les retombées psychiatriques sur les descendants des personnes issues du "progrès sociétal " découlant de la future GPA officielle.

Ce monde soi disant moderne, traîne plus de paradoxes historiques et de faux culs que de vrais orientations pour le bien de l'humanité et un apaisement souhaité.

Si la fin de l'Homme se rapproche selon les témoins de Jéhovah et les Ecolos, je n'ai aucune inquiétude pour la planète qui s'en remettra facilement sans nous.

Bonne journée, Cdlt Cjj