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Publié par Edouard Boulogne

Une lectrice, madame Chantal Etzol, commente les propos de Christine Angot et des invités de Laurent Ruquier dans l'émission contestée On n'est pas couché.

L'article d'hier du Scrutateur sur l'esclavage d'autrefois (du XIV ème au XIX ème siècle, seul pris en compte par la loi dite Taubira dans les Amériques : http://www.lescrutateur.com/2019/06/deportes-africains-de-jadis-et-juifs-extermines.comment-sans-s-en-douter-le-diable-a-porte-pierre.html ) a suscité un remrquable commentaire de madame Chantal Etzol. Je le transcris ici en article à part entière. (Le Scrutateur).

 

 

Madame Angot fait amende honorable…
Va-t-elle, ainsi que la clique à la solde de l’animateur Laurent Ruquier, payer des réparations ? Et à qui ?

Pour conserver son auditoire de « on n’est pas couché », Madame Angot se trouve obligée de faire amende honorable devant trois « notoriétés » du monde noir. Mea culpa ?
Je constate toutefois que certains ont droit à la parole plus longtemps que d’autres pour exprimer leur point de vue et développer leurs arguments. L’historien moins que le généticien ou le chantre de l’antiracisme.

Peut-être parce ce que tente de développer M Régent remet en question la ritournelle habituelle sur la responsabilité des blancs, seuls esclavagistes des noirs ; et spécialement ceux des Antilles françaises.
Problématique : L’esclavage était-il voulu et organisé au départ par la France et ses rois ?
Réponse de l’historien : « L’esclavage s’est développé dans les colonies françaises, alors qu’il était INTERDIT dans le Royaume de France depuis 1315. […] D’ailleurs un esclave qui venait dans le Royaume de France, s’il s’adressait à un tribunal, il pouvait devenir libre ; et souvent les tribunaux les reconnaissaient comme libres ».

Autre problème : Qui organisait la traite ?
Réponse de M. Régent : « Les bénéficiaires de ce système… l’ont mis en place dans le cadre de compagnies PRIVEES.
Les personnes qui en bénéficiaient (remarque en commentaire : à titre personnel) étaient des négociants, des maîtres français, étaient une part de la population française.
[…] Ce n’est pas LA France qui a réduit en esclavage L’AFRIQUE.
[…] Ce n’est pas une histoire noirs contre blancs. »
Ainsi M. Régent reconnait autant ses ancêtres esclaves noirs antillais que « libres » blancs corréziens.

Ce que la problématique ignore :
Que se passa-t-il à la Libération de l’esclavage ?
En 1794, près des 2/3 des esclaves furent libérés et des noms attribués pour rendre leur dignité à des Hommes réduits à l’anonymat par leurs frères africains, lors de leur capture.
Si, fréquemment, des noms communs furent utilisés directement, après inversion des syllabes ou des lettres d’un mot, par l’état civil, des maîtres soucieux du respect de leurs esclaves, pour exprimer l’estime qu’ils leurs portaient, n’hésitèrent pas à leur faire le don de leur nom de famille personnel.

Quelle conséquence dans notre société guadeloupéenne aujourd’hui ?
Selon Madame Angot, l’infidélité de l’Homme antillais est une conséquence directe de l’esclavage, par le déni du père biologique (l’enfant n’appartenant qu’au maître et reconnu comme descendant uniquement de la mère)
L’infidélité masculine serait-elle une conséquence fâcheuse de la période esclavagiste, comme l’affirme l’écri-vaine… Ou de la polygamie coutumière des sociétés africaines originelles des esclaves ?

Je regrette que sur ce point, l’avis de M. Régent n’ait pas été plus fréquemment sollicité.
N’est pas historien qui veut et à « ON n’est pas couché », ON préfère le politiquement-correct à l’analyse nuancée des réalités passées, pour ne pas prendre en considération L’ESCLAVAGE D’AUJOURD’HUI, entre noirs comme au Soudan, ou les maîtres sont musulmans et les captifs, les vendus y compris les enfants, sont CHRETIENS .

Bon appétit messieurs !!!

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Claude HOUEL 12/06/2019 00:49

On peut avoir une vision constructive de cette rencontre improbable
En effet , contrairement à ce que l’on pouvait redouter,le débat a été digne de la part de Messieurs Regent, Romana et même Sopo, pour une fois, par forcement de celle de Ruquier et Angot.
Dommage qu’il ait eu lieu dans cette émission là et que la Christine Angot y ait été conviée après ses sorties inacceptables de la part d’une spécialiste des scandales. Antenne 2 l’avait virée de l’émission et la revoilà . Les bobos parisiens ne lâchent pas facilement leurs idoles.
Il faut effectivement que les publics non-avertis entendent et comprennent l’Histoire avant de porter jugement sur nos sociétés créoles complexes.
Le problème est de ne pas laisser la parole seulement à ceux qui sont engagés , politiquement dans l’utilisation tronquée de l’Histoire .
Oui il est indispensable que la Métropole comprennent les Outremers d’aujourd’hui à travers le filtre d’un passé très douloureux, à condition d’en connaître toutes les facettes.
On peut supposer que le citoyen métropolitain soit ouvert à cette démarche mais il ne le sera jamais si on lui impose les pré-requis de la repentance , porte ouverte aux utopiques réparations.
De ce point de vue il est dommage que Frédéric Régent soit resté bien timide sur une partie fondamentale des débuts de la colonisation aux Antilles Françaises, qu’il développe par ailleurs de manière remarquable dans son dernier ouvrage sur les maîtres de la Guadeloupe, qu’il est indispensable de lire.
On y apprend par exemple que les débuts de l’esclavage ont connu, à côté de la servitude africaine, une servitude européenne, majoritaire dans un premier temps,à travers les engagés, qui n’en était pas éloignée dans ses aspects sinon juridiques, du moins pratiques dans leur application brutale.
De la même manière il met en avant l’existence, dès les premières années de la colonisation, d’unions mixtes et de petits planteurs africains ou métis libres qui deviendront, eux aussi maîtres et possesseurs d’esclaves.
Il y dit aussi que la mention de couleur et les préjugés de race ne vont s’installer que progressivement avec le développement des habitations,des besoins de main d’œuvre et des alliances matrimoniales.
Cela n’enlève strictement rien à la souffrance de la masse d’esclaves qui ne doit pas être comparée ou minimisée, de façon concurrentielle, à la manière d’une pseudo romancière en mal de scandale.
Mais cela doit être également dit pour que les générations actuelles, dans nos îles comme en Métropole, puissent sereinement se comprendre et se retrouver au sein de la République.
C’est la raison pour laquelle ce genre de rencontres doit être proposé au plus grand nombre à travers les médias classiques à la condition formelle qu’il y ait possibilité de débat contradictoire.