Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Pages

Archives

Publié par Edouard Boulogne

L'adieu à l'homme libre - Faits divers en Guadeloupe, selon la formule de France-Antilles : Les obsèques de Jean Laguère

Il y a plus d'une dizaine de jours que Jean Laguère est décédé. J'ai négligé d'en rendre compte fidèle à mon principe : « plutôt garder le silence sur les défunts qui ne me semblent pas mériter humainement qu'on en parle, sauf si, par ailleurs ils avaient fait montre de qualités politiques exceptionnelles ». J'ai gardé donc un silence qui me paraissait de bon aloi.

L'article de France-Antilles de ce matin me suggère toutefois de sortir de ma réserve charitable.

Il (cet article) est curieusement intitulé « L'adieu à l'homme libre » curieusement rangé sous la rubrique « Faits divers en Guadeloupe », tout en comparant M. Laguerre (par la voix de son fils) dans la saga bien connue d'Hugo, à Jean Valjean (sic!), à Javert (aah ? resic!), à Gavroche ( sic, sic, sic!!!), va tout de même à l'essentiel en disant :

 

« Samedi matin, ceux qui voulaient rendre un dernier hommage à Jean Laguerre se sont réunis au crématorium de Blanchet. L'ancien maire de Goyave, mort le 13 avril, est parti en « homme libre » — comme il se définissait lui-même — au cours d'une simple cérémonie civile. Cette liberté, Jean Laguerre l'a donc assumée jusqu'au bout, comme il en a assumé les conséquences. Sa vie — ses vies, disent certains — est difficile à qualifier, un peu comme une vie buissonnière, qui l'a amené à prendre des chemins divers, voire différents, pour ne pas dire opposés. Enseignant, puis policier très compétent dans les années 1970 à 1980 — « un mélange de Colombo et de Shaft », d'après sa sœur Michèle — révoqué pour son engagement indépendantiste, intellectuel brillant, mais faisant le choix de l'agriculture, puis élu politique, proche de Lucette Michaux-Chevry… Il semble difficile de trouver un fil conducteur à cette existence » (sic).

 

Je n'en dirai pas davantage, me référant à un autre poète, lucide et pénétrant : « A voir ce que l'on fut sur terre, et ce qu'on laisse, seul le silence est grand, tout le reste est faiblesse"

Le lecteur pourra lire l'ensemble de l'article nécrologique en se référant au lien ci-dessous. (LS).

 

https://www.guadeloupe.franceantilles.fr/imprimer.php

 

 

 

 

 

 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

EVA 29/04/2019 20:29

Je ne connaissais M. Laguerre que comme un homme politique en Guadeloupe, plus particulièrement à Goyave et dans l'entourage de Mme Michaux- Chevry.

La phrase citée par LS est extraite des "Destinées", oeuvre d'un poète d'autrefois, des XXVIIIe et XIXe siècles, mais encore apprécié, on l'espère de quelques-uns.

L'exigence perdue, de notre société du XXe siècle, embaume encore les derniers vers du poème " La Mort du Loup "

Si tu peux, fais que ton âme arrive,
A force de rester studieuse et pensive,
Jusqu’à ce haut degré de stoïque fierté
Où, naissant dans les bois, j’ai tout d’abord monté.
Gémir, pleurer, prier est également lâche.
Fais énergiquement ta longue et lourde tâche
Dans la voie où le Sort a voulu t’appeler,
Puis après, comme moi, souffre et meurs sans parler.

Alfred de VIGNY

Pas de dérobade, toujours l'appel vers les cimes ! Mais toujours si difficile...

Edouard Boulogne 29/04/2019 23:26

Et toujours si difficile! M. Laguerre a t-il su atteindre ce haut degré de stoïque fierté?