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Publié par Edouard Boulogne

Le clan Boutlefika.

Le clan Boutlefika.

Une analyse de Bernard Lugan, africaniste connu, et directeur de la revue l'Afrique réelle.

 

 

Charles Maurras disait de la République qu’elle gouverne mal mais qu’elle se défend bien. L’on peut dire la même chose d’un régime algérien aux abois qui vient de tenter une ultime manœuvre pour prolonger sa survie.

Car, en somme, ce qu’ont obtenu les millions d’Algériens qui manifestaient contre un cinquième mandat d’Abdelaziz Bouteflika, c’est tout simplement le prolongement de son quatrième… Avec un report des élections et un régime maître du temps qui va désormais utiliser toutes ses courroies de transmission pour embrouiller la situation, diviser les contestataires et tenter toutes les provocations. Y compris celles qui pourraient conduire à un bain de sang afin de lui permettre d’apparaître comme le garant de la stabilité.


La manœuvre réussira-t-elle ? Il est permis d’en douter car la ficelle est bien grosse. L’opinion algérienne n’est pas dupe et elle n’a plus peur ; d’autant plus que la police a déjà largement fraternisé avec la foule. Quant à l’armée, elle n’est plus le bloc monolithique des décennies passées et, à force de vouloir « finasser », le vieux général Gaïd Saleh  a fini par en perdre le contrôle. Désormais, en son sein, la nouvelle génération n’en peut plus du « chibanisme » ancré sur les références à une histoire que tous savent être fabriquée.


En définitive  cet ultime coup de poker du régime pourrait bien au contraire précipiter sa chute avec une épuration totale du système FLN et de ses prébendiers.

L’Algérie qui vient de sauter de l’avion avec un parachute en torche se demande si le ventral va s’ouvrir…


Bernard Lugan

 

Bernartd Lugan parle de « chibanisme », un terme peu connu dont voici une définition : « On les appelle les chibanis. Ces petits vieux (littéralement cheveux blancs en arabe dialectal) représentent environ 235 000 personnes, majoritairement des hommes âgés de plus de 65 ans. Ils ont quitté l’Algérie, le Maroc et la Tunisie alors qu’ils étaient de jeunes adultes, voire adolescents pour certains, dans l’espoir de construire un avenir meilleur en France. Arrivés durant les Trente Glorieuses pour reconstruire un pays meurtri par la Seconde Guerre mondiale, ils ont passé toute leur vie à travailler. Aujourd’hui à la retraite, ces "invisibles", ces "sans-voix" n’ont pas retrouvé leur terre natale. Un choix pour certains, une obligation pour d’autres ».

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castets 13/03/2019 06:45

Bonjour Mr Boulogne,
" Belle aventure de 57 ans", pour en arriver là... Les accords d'Evian font pschittttt ! La génération Coca Cola devrait pouvoir faire mieux malgré la chute vertigineuse des Recettes .
Souhaitons pour enrayer les migrations que ce printemps, qui ne se nomme, pas ramène le beau temps sur les deux rives de la grande bleue.
Bonne journée, Cdlt Cjj