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Publié par Edouard Boulogne

Cardinal Barbarin, un ténor controversé, selon le journal La Croix.

Une chose m'étonne (« au sens classique » comme disaient les anciens profs de lettres, c'est-à-dire « me stupéfie ») dans les commentaires de tous niveaux qui fleurissent sur les « affaires » qui affectent, au plan des mœurs, l'Eglise catholique (affaires dites de pédophilie, ou d'abus perpétrés par des prêtres sur certaines religieuses), une chose donc m'étonne c'est la feinte indignation des dénonciateurs.

Indignation feinte disais-je car enfin les dénonciateurs, comme je le rappelais il y a quelques jours ici-même sont les partisans de l'amoralité, et les disciples réels de la camarilla anticléricale qui ces jours-ci klaxonnent autour des errements de certains clergimen avec parfois une vraie férocité, mais toujours une hypocrisie de mauvais aloi (voir : http://www.lescrutateur.com/2019/02/le-film-grace-a-dieu-de-francois-ozon-est-une-manipulation-grossiere.html ).

Trouverais-je, a contrario, des excuses aux prêtres coupables des errements évoqués ?

On peut toujours trouver des excuses dans certains cas individuels de gens exceptionnellement, ou habituellement déboussolés. Comment, dans le cas contraire, expliquer en pays civilisés l'existence de tribunaux pour épargner aux victimes de leurs passions de toutes sortes l'arbitraire extrême du jugement public, comme il se manifeste parfois dans la colère des « braves gens » (évoqués par Brassens), en place publique, c'est-à-dire de la lapidation « pure » et simple, et parfois pas seulement symbolique.

Une dame « morale » qui m'a déjà téléphoné déjà trois fois, et longuement, pour clamer sa haine du père Preynat, au nom de la morale, me convainc de la nécessité pour chacun, et d'abord pour les catholiques de prendre du champ et de rejeter la pierre qu'ils auraient déjà ramassée.

Mais il est vrai, aussi, qu'il ne s'agit pas de cas individuels de gens déboussolés, mais de prêtres et même de hiérarques haut-placés de la religion catholique. (je me restreins au catholicisme, et ne détournerai pas le problème sur d'autres religions ou institutions – sportives, culturelles, même familiales,etc – qui sont aussi concernées, mais dont, curieusement on ne parle pas). Il s'agit de personnes cultivées placées à des postes de responsabilités qui n'ont pas été surprises par hasard dans une quelconque sacristie à la tentation démoniaque.

Ces actes doivent être punis, canoniquement par l'Eglise, et judiciairement par les autorités civiles compétentes. Il est certain que l'Eglise a trop tardé à porter le bistouri où il fallait et quand il fallait. L'explication est à chercher dans un esprit de corps que l'on peut comprendre, comme il existe dans une famille quand l'un des siens a plongé dans d'affreuses ténèbres.

Hélas! cet esprit de corps s'est avéré une erreur, et pis encore, une faute.
Les « égarés » l'étaient-ils tous ? Ou bien cherchaient t-ils seulement un bunker protecteur ? Avaient-ils encore la foi ? Comme le dit la supérieure Angélique de St-Jean, dans la pièce Port-Royal de Montherlant, à une jeune novice qui doutait de la sincérité foi d'un évêque parisien de l'époque  : « Hélas ! Mon enfant il y en a qui sont comme cela (athées) et qui méritent surtout d'être plaints ».

Il y aurait beaucoup d'autres chose à dire mais que je reporte à un autre article pour ne pas trop alourdir cette présentation.

Deux remarques encore : 1) Ce n'est pas la première fois que l'Eglise catholique passe par de telles tempêtes. Le Christ les avaient préfigurés dans la parabole de la tempête sur le lac de Tibériade.

2) Ma deuxième remarque s'adresse aux indignés (ées). Elle rappelle cet autre passage des Evangiles où le Christ sauve une pauvre femme adultère de la lapidation par les « gens bien ». « Que celui qui n'a jamais péché, lui jette la première pierre! Et ils s'en allèrent tous, en commençant par les plus anciens ». (Le Scrutateur).

 

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Cardinal Barbarin, un ténor controversé

 

(https://www.la-croix.com/Religion/demission-dun-cardinal-audacieux-2019-03-07-1201007223?utm_source=Newsletter&utm_medium=e-mail&utm_content=20190308&utm_campaign=NEWSLETTER__CRX_JOUR_EDITO&PMID=c14975335b8bc0537b55cb39d83f3170&_ope=eyJndWlkIjoiYzE0OTc1MzM1YjhiYzA1MzdiNTVjYjM5ZDgzZjMxNzAifQ%3D%3D )

 

 

Jugé audacieux et zélé sur le plan pastoral, le cardinal Philippe Barbarin n’a cessé de vouloir porter la voix de l’Église dans la société.

Ses prises de position, notamment sur le « mariage pour tous », lui ont toutefois valu de solides inimitiés en même temps qu’elles créaient certaines fractures dans un diocèse affaibli par l’affaire Preynat.

 

Le 7 novembre 2018, sur les ondes de Radio Notre-Dame, il disait : « Je demande qu’on me montre en quoi dans ma manière d’agir, il y avait une faute. S’il y en a une, j’assumerai. »

Jeudi 7 mars, à 13 heures, dans une très courte déclaration lue dans les locaux de l’archevêché de Lyon, le cardinal Philippe Barbarin a donc assumé. Condamné quelques heures plus tôt à six mois de prison avec sursis par le tribunal correctionnel de la capitale des Gaules, il a annoncé qu’il allait remettre sa démission au pape François « dans les prochains jours », après avoir « pris acte » de la décision de justice. Il appartiendra au pape d’accepter ou non cette démission.

Dans un entretien à La Croix en mai 2016, François avait assuré l’archevêque de Lyon de son soutien. « D’après les éléments dont je dispose, je crois qu’à Lyon le cardinal Barbarin a pris les mesures qui s’imposaient, qu’il a bien pris les choses en main. C’est un courageux, un créatif, un missionnaire. Nous devons maintenant attendre la suite de la procédure devant la justice civile », avait-il affirmé.

Le cardinal Barbarin a redit jeudi 7 mars « toute (sa) compassion pour les victimes ». Faut-il lire dans ces mots sa volonté d’atténuer le tenace malentendu qui perdure depuis des années entre lui et les anciens scouts abusés par le père Bernard Preynat, entre 1970 et 1980 ? Malentendu, dont il disait souffrir, et qui avait atteint son apogée en avril 2016 lors d’une conférence de presse à Lourdes. « La majorité des faits, grâce à Dieu, sont prescrits », avait-il lâché, avant de se reprendre.

Un marathonien qui est aussi un fonceur

La maladresse aura deux effets douloureux. Elle accrédite la thèse que l’épiscopat est réticent à ouvrir les vieux dossiers, alors que l’Église dit avoir compris la souffrance des victimes. Elle accentue la différence de jugement que portent sur l’ancien évêque de Moulins (1998-2002) partisans et détracteurs d’un homme à l’intelligence aiguisée, mais dont la pensée rapide ne s’accommode pas toujours de précautions oratoires, notamment en public.

Homme d’action, le cardinal Barbarin est de ceux dont il faut suivre le rythme. En privé, ses anciens collaborateurs racontent combien il était aussi stimulant qu’éprouvant de travailler à ses côtés. Un double malaise cardiaque intervenu à Cayenne avant les Journées mondiales de la jeunesse, au Brésil en juillet 2013, et nécessitant son hospitalisation en Martinique, ne le conduira à s’économiser qu’un bref moment. « Tintinophile », marathonien, le cardinal Barbarin est aussi un fonceur qui a du mal à se freiner. On le dit visionnaire, d’autres le jugent autoritaire.

« J’ai toujours eu beaucoup d’estime pour le cardinal, mais il a quand même commis beaucoup de maladresses. C’est un homme passionné et imprévisible, car parfois trop spontané », résume François Lagnau, 63 ans, professeur de lettres à la retraite, laïc engagé au sein du diocèse de Lyon.

Entreprenant et inventif

Arrivé entre Rhône et Saône en 2002, à 51 ans, le natif de Rabat, ordonné en décembre 1977 pour le diocèse de Créteil, aura très vite imposé son style. Entreprenant, inventif sur le plan pastoral, ce cinquième d’une famille de onze enfants multiplie les initiatives, sans chercher le consensus. Ses déboires judiciaires aiguiseront les fractures au sein d’un clergé divisé. La pétition lancée par le père Pierre Vignon, en août 2018, pour réclamer sa démission alourdira encore le climat dans le diocèse.

Créé cardinal le 21 octobre 2003 par Jean-Paul II, Philippe Barbarin ne s’est jamais enfermé à l’archevêché. Marqué à jamais par ses quatre années de prêtre Fidei Donum à Madagascar (1994-1998), il avait élargi les horizons de son diocèse aux chrétiens d’Orient dont il était un fidèle défenseur. En 2014, alors que Daech étend son emprise sur l’Irak, il n’hésite pas à se rendre sur place auprès des chrétiens d’Erbil.

Porte-drapeau d’une génération de catholiques qui revendique d’affirmer ses convictions dans la société, cet homme, au contact direct et au tutoiement facile, tisse des liens et des réseaux. Aussi bien dans le monde économique et politique – son amitié avec le maire de la ville Gérard Collomb est de notoriété publique – que dans le domaine du dialogue interreligieux : le 10 décembre 2007, Kamel Kabtane, recteur de la Grande Mosquée de Lyon, lui remet les insignes d’officier de l’ordre national du Mérite en s’exclamant : « Monseigneur, vous êtes un frère ! »

« Enraciné dans la prière et la confiance en Dieu »

Le primat des Gaules acquiert une dimension nationale. Sa voix porte, non sans provoquer des crispations chez ses frères évêques, qui ne verront jamais en lui un potentiel président de la Conférence des évêques de France. Trop clivant, lâchent la plupart d’entre eux, sous le sceau de l’anonymat.

L’opposition qu’il mène envers la loi sur le « mariage pour tous » va cristalliser ces tensions et lui valoir de solides inimitiés, en particulier au gouvernement. Battant le pavé au milieu des manifestants, il ne mâche pas ses mots contre ce qu’il considère comme un changement de civilisation. Jusqu’à envisager des conséquences terribles – « Après, ils vont vouloir faire des couples à trois ou à quatre… Un jour peut-être, je ne sais pas quoi, l’interdiction de l’inceste tombera », explique-t-il le 24 octobre 2012 sur RCF.

Il déclenche un tollé, et là encore, admet une maladresse mais dit avoir exprimé une conviction guidée par sa foi. « C’est un pasteur et un serviteur, explique Étienne Piquet-Gauthier, directeur de la Fondation Saint-Irénée. En conscience, il est à l’aise avec son “seul juge”, comme il dit. Par son enracinement dans la prière et sa confiance en Dieu, c’est pour moi un modèle. »

« Son expression favorite, c’est “Je suis dans la main du Seigneur”, ajoute ce proche. Toutes les décisions lourdes, il les prend face au Saint Sacrement. »

Bruno Bouvet (avec Mélinée Le Priol)

 

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