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Publié par Edouard Boulogne

Pourquoi pas de grand débat en Guadeloupe ? Le point de vue désabusé du psychologue Raphael Spéronnel dans Le Courrier de la Guadeloupe.

Pour des raisons différentes, la morosité règne en Guadeloupe comme en métropole. Le numéro 235 de l'hebdomadaire Le Courrier de la Guadeloupe publie plusieurs articles intéressants sr la question. J'en ai retenu un : une interview du psychologue Raphaèl Speronel. ( LS). 

 

 

I, PERSONNE N'Y CROIT PLUS

uW/cs, la transition écologique, la démocratie et la citoyenneté. Les sondages et l'histoire montrent que ce moyen

« CEUX D'EN BAS TOLÉRERONT DE MOINS EN MOINS LINIQUITÉ »

 

\ mhaël Spéronel est ' psychologue. Il a eu \ . 'nnaître des révoltes îles locales et a contri- . à résoudre des conflits aux. Il explique au i -■der de Guadeloupe les -L-quences du désintérêt r le débat national.

i Guadeloupéens bou- it le grand débat natio- L Quelles peuvent être conséquences ?

phaël Spéronel : Nous ne ons dresser les consé- r.ces qu’après avoir

. sé la situation. 11 y a : crise de la représentais politique et un rejet eûtes. C’est vrai au ni- ._ national. C’est pire au eau local. La légitimité gouvernants n’est plus nnue. La situation est . re plus catastrophique ...adeloupe. Nous avons . LKP. Pour nous les Gi- - a unes c’est du déjà-vu, a ■ écu. Nous sommes en -'.ce sur l’Hexagone. La •< du LKP nous a permis de purger notre malaise. Cette purge nous a permis d’acter l’impuissance de la gouvernance. Nous sommes passés à une autre phase. Aujourd’hui, c’est sauve-qui- peut. Chacun essaie de se débrouiller. Personne ne croit plus en l’Etat, les élus, ni le gouvernement. A pareille époque de l’année, le baume, le pansement de la population c’est le carnaval. Elle accorde à cette respiration une telle importance qu’il ne peut y avoir place pour aucun débat.

Lorsqu’on déserte le débat on ne peut plus rien réclamer ensuite...

Le raisonnement paraît logique. Sauf, qu’ici, il est inopérant. Nous vivons dans l’injustice sociale et dans l’iniquité. Une société régulée s’inquiète de savoir si la justice est dite. Or, en Guadeloupe souvent elle n’est pas dite. Lorsqu’elle l’est, elle n’est pas reconnue comme valeur juste. Résultat : les gens n’attendent plus rien des mécanismes officiels de la société. En revanche, ceux d’en bas tolèrent et toléreront de moins en moins l’iniquité. Ils n’acceptent plus que certains deviennent de plus en plus riches quand eux ne peuvent pas boucler leurs fins de mois.

Nous aurions pourtant des choses à dire...

Les gens vous répondront à quoi cela sert-il ? Débattre, nous avons déjà donné. Le centre n’a jamais voulu reconnaître un minimum de souveraineté à ce territoire. Je ne parle pas de statut ou d’indépendance. J’appartiens à la nation française. Je parle de choses simples. L’autonomie alimentaire, la possibilité de choisir notre développement économique et social, nos choix d’aménagement...

Cela ne doit-il pas venir d’abord de nous ?

Vrai. Nous sommes sûrement dans la pire époque en ce qui concerne le personnel politique. Mais le reste des élites est tout aussi défaillant, voire médiocre. Lorsqu’il y a défection au sommet, le peuple prend la main. C’est ce qui se passe aujourd’hui.

Si du point de vue des crises sociales nous sommes en avance sur l’Hexagone, nos contributions pourraient apporter quelque chose sur le plan national ?

Le centre n’admet jamais les solutions venues de la périphérie. Surtout si cette périphérie c’est l’Outre-mer. Or ce centre est condamné à terme. Le système occidental gigote afin de ne pas sombrer. Il a depuis longtemps amorcé son déclin.

LE COURRIER DE GUADELOUPE PROPOS RECUEILLIS PAR PIERRE-EDOUARD PICORD

 

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Ch.Etzol 05/02/2019 02:49

"Il est battu par les flots, mais ne sombre pas"

Plutôt qu'une respiration, le carnaval ressemblerait davantage à une plongée en apnée qui, passée la Toussaint, réveille les défilés de rue, à chaque fin de semaine et jusque tard dans la nuit. Pitié pour les citoyens qui tenteraient vainement de se reposer !

Nul doute par contre que le centre parisien saura regonfler le moral des troupes avec la fondation pour la mémoire de l'esclavage, agrémentée à la sauce Ayrault.
Lancée un jour de commémoration par l'inénarrable prédécesseur, pour faire dans l'air du temps (et glaner quelques votes?), la montagne avait, jusqu'ici, accouché d'une souris.

Le successeur reprend alors, à son compte, la "géniale idée" . 2300 milliards de dettes mais là, on trouvera les fonds: le cochon de citoyen paiera...et la périphérie ultramarine applaudira.
"Un nul trouve toujours un plus nul qui l'annule" avait ainsi intitulé LS, mais ce serait plutôt le cumul, dans l'absence de couilles (oups, pardon aux raffinés lecteurs du scrutateur), pour l'instant.
Seul problème de ce bateau occidental qui, bien que censé sombrer, attire toujours davantage de "boat people" quittant leurs richesses pour nos déserts, leurs paradis pour nos ténèbres qu'ils éclairent de leurs lumières, leur entre-soi pour notre racisme qu'ils vitupèrent, leur modestie (Vous avez dit Sheik Anta Diop?) pour notre prétention qu'ils morigènent et dont ils nous réclament réparation.
Que serions-nous sans vous, qui vinrent à notre rencontre
Que cette heure arrêtée au cadran de la montre ?
N'avons nous d'ailleurs jamais existé, sans vous?

Connaissez-vous ces vers que nous apprenions, jadis :
"Plus me plaît le séjour qu'ont bâti nos aïeux
Que des palais romains le front audacieux"

Ou bien encore ceux de Milly ou la Terre natale :

" Bientôt peut-être... ! Ecarte, ô mon Dieu ! ce présage !
Bientôt un étranger, inconnu du village,
Viendra, l'or à la main, s'emparer de ces lieux
Qu'habite encor pour nous l'ombre de nos aïeux;
Et d'où nos souvenirs des berceaux et des tombes
S'enfuiront à sa voix, comme un nid de colombes
Dont la hache a fauché l'arbre dans les forêts,
Et qui ne savent plus où se poser après !
A de Lamartine

Ecarte, ô mon Dieu ce présage !