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Publié par Edouard Boulogne

La salle du jeu de paume à Versailles. Aujourd'hui.

La salle du jeu de paume à Versailles. Aujourd'hui.

La voici donc publiée cette lettre aux Français annoncée par le président de la République pour tenter de sortir de la crise où se trouve plongée la France par suite de trente années de politique molle, erratique, conforme aux idéologies pernicieuses dans lesquelles nagent malaisément les peuples d'occident et où M. Macron a joué sa partie avec beaucoup de maladresse. LES peuples, car la France n'est pas la seule à souffrir, différente seulement dans sa manière de réagir, tumultueuse, conforme au tempérament de son peuple. Peuple d'origines gauloises comme a dit imprudemment, non sans provocation inutile, M. Macron lui-même.

L'impulsion initiale est venue des « gilets jaunes », non de « petits blancs », comme le disent non sans témérité des intellectuels (un B-H Lévy, par exemple) révélant la vaniteuse idée qu'ils se font d'eux-mêmes. Cette impulsion a été relayée, et récupérée, hélas par toute une tourbe de casseurs et de blackblocks, les mêmes qui avaient après 1789, entraînée la France dans la catastrophe révolutionnaire qui avait causé le début de sa décadence.

Il faut noter aujourd'hui qu'une majorité de Français, nullement partisans du pire, et du Grand Soir, conserve une sympathie réelle pour l'initiale du mouvement. C'est la raison pour laquelle E. Macron a du transiger et imaginer cette « solution » du grand débat qu'il lance avec la lettre inaugurale.

S'il n'y avait qu'Emmanuel Macron, je me joindrais volontiers au « mouvement » en cours.

Mais je souhaite que l'appel au débat serve à remettre la France en marche, dans un sens différent de celle imaginée par les hommes du pouvoir depuis deux ans.

Exiger en effet la démission immédiate du président de la République est une erreur dangereuse, dont les conséquences seraient catastrophiques.

Pour plusieurs raisons :

  1. Elle instaurerait l'habitude de paralyser le pays à chaque dissentiment d'une partie de la population, minoritaire, ou même majoritaire. A quoi bon dès lors d'élire un président de la République si c'est pour bloquer son action au gré des humeurs variables de l'opinion publique. Ceci est une question de fond.

  2. ) De façon plus conjoncturelle, et très pratique, imaginons Macron démissionnaire, ou démissionné, par qui, les uns et les autres le remplaceraient-ils ? Qui d'un peu raisonnable peut dire quel parti, quel chef de parti serait en mesure actuellement de rallier une large majorité, et même une majorité courte, pour gouverner la France ?

C'est ce qui m'incite à regretter le tourbillon de propos décousus, violents, haineux et irréfléchi qui émane des milieux politiques et des « réseaux sociaux » qui se présentent souvent comme des « consciences » dont les « lumières » ne sont pas évidentes pour qui prend le temps de la réflexion.

En ce qui me concerne je prends le débat comme un palliatif provisoire à un marasme évident et dangereux.

Il est souhaitable que l'on y participe, que l'on y dise clairement ce que l'on pense, ce que l'on souhaite, ce que l'on voudrait.

Et que le gouvernement se garde de tricher avec l'expression de la colère populaire.

Et puis, ce temps permettra de préparer la succession d'Emmanuel Macron, dès 2022.

Je le rappelle, pour les gens distraits : je n'ai pas voté pour M. Macron en 2017. J'avais voté « blanc ». Je ne suis pas pour l'idéologie qu'il incarne, et qui fait des ravages ailleurs, également, par exemple au Québec avec au pouvoir M.Trudeau, ami de Macron sur le plan idéologique. Mais j'essaye de réfléchir, et de tempérer mes humeurs.

Croire qu'écarter Macron par la force remettrait en marche la France anémiée que nous ont légué ses prédécesseurs est une niaiserie.

Je reviendrai dans de prochains articles sur le détail de la lettre présidentielle, pour en juger et voir ce qui peut s'y trouver d'acceptable ou non.

Le Scrutateur.

 

 

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castets 15/01/2019 11:48

Bonjour Mr Boulogne,
Bien vu... Ce qui me désole dans notre démocratie assise sur des sables mouvants, c'est que le système s'étiole. Le Parlement n'est pas efficace et joue plutôt les suiveurs car muselé et devancé par une presse enfiévrée et porteuse des messages de minorités qui finissent par imposer des diktats à la majorité silencieuse qui l'a bien cherché ! Cf les abstentions croissantes à toutes les consultations depuis 1958. Comme la nature a horreur du vide, la parole est aux plus bruyants équipés des porte voix médiatiques. Par ailleurs les réseaux sociaux réactifs mais pas forcément raisonnables entraînent des réactions à chaud préjudiciables au long terme et à la réflexion nécessaire pour régler au fond chaque problème.
Ma seule doléance avant les condoléances serait que le bons sens paysan regagne du terrain...
Le gratuit est hors de prix, et la multiplication des pains à crédit devrait être bannie du système financier.
Au vu des événements récents, mon optimisme devient très modéré et doute : de la moralité, de l'éducation et de la raison de mes concitoyens.
Faudra-t-il une marche arrière historique pour recaler les bulles ; il serait dommageable que seul un conflit majeur, quel qu'en soit la forme, puisse y parvenir .
Je reste très réservé sur le résultat de la compilation, même éclairée du fatras des cahiers de doléances... que de temps perdu !
Bonne journée, Cdlt Cjj.

dach 14/01/2019 22:56

Toujours aussi claire et modéré. Je suis sur la même longueur d'onde. En ce moment la France est gérée et non dirigée; cela devient inquiétant et fait le jeu du R N . La décision de Mariani qui n'était pas écouté continue de semer le trouble et la défiance des hommes politiques. Ils font le bonheur des humoristes.