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Publié par Edouard Boulogne

Gilets jaunes : Nadia Ramassamy: «À La Réunion,  les gens sont pris à la gorge»

Je n'ai pas voté pour Emmanuel Macron, et je persévère dans mon désaccord avec sa politique, pas seulement sur le plan économique et social, mais aussi sur le plan de sa politique étrangère. Par bien des côtés le mouvement dit des « gilets jaunes », jusqu'à maintenant est explicable par de bonnes raisons. On s'est peut-être aperçu de ma relative modération dans les commentaires consacrés à cette « révolte » populaire.

C'est que ce mouvement assez confus dans son organisation peut être récupéré par des extrémistes, en métropole comme en outre-mer. Les événements de la Réunion me donnent raison.

La député LR Nadia Ramassamy dans une interview précise et modérée dans la forme nous apporte quelques éclaircissements. (Le Scrutateur).


 


 

(http://premium.lefigaro.fr/politique/2018/11/20/01002-20181120ARTFIG00314-nadia-ramassamy-la-reunion-les-gens-sont-pris-a-la-gorge.php ).


 

INTERVIEW - La députée de la Réunion souhaite rencontrer le président de la République. Elle dénonce les décisions budgétaires prises par le gouvernement à l'égard de l'Outre-mer.

Nadia Ramassamy est députée apparentée LR de La Réunion et présidente de l'Intergroupe Parlementaire des Outre-mer. Elle réagit aux violences qui frappent l'île, où un couvre-feu a été décrété.


 

LE FIGARO- Un couvre-feu a été mis en place à La Réunion après des casseurs ont pris le relais des «gilets jaunes». Comment expliquez-vous que la tension y soit plus forte qu'en métropole?

NADIA RAMASSAMY - La situation est plus dégradée à La Réunion qu'en métropole parce que le taux de chômage y est bien plus important -autour de 30% - et le taux de pauvreté est de l'ordre de 42%. L'essence qui augmente, c'est la goutte d'eau qui fait déborder le vase. Les Réunionnais qui ont voté pour Emmanuel Macron pensaient qu'il prendrait des mesures de bon sens. Et finalement, ils ont subi une succession de mauvaises décisions qui aggravent les choses.

Lesquelles?

Comme il n'y a pas d'emplois, les contrats aidés comptent énormément à La Réunion. Or, le gouvernement a préféré s'en détourner pour opter pour des formations. Lesquelles ne débouchent jamais sur l'emploi, du fait de la situation économique difficile. En plus de ce qui pénalise déjà tous les Français -taxes sur l'essence, CSG qui augmente- les Outre-mer voient certaines compensations remises en cause. Comme l'abattement fiscal de 30% sur l'impôt sur le revenu dont le plafond a été rogné, la suppression de la TVA non-perçue récupérable, ou encore la taxation du rhum qui a été augmentée. Comme on l'a vu avec le Document de politique transversale, La Réunion va perdre 500 millions d'euros de crédit de paiement alors que nous sommes parmi les territoires les plus pauvres de France. Ajoutez à cela les taxes sur l'essence, c'est grave, les gens sont pris à la gorge.

Que réclamez-vous pour apaiser la situation?

Le couvre-feu est une bonne mesure pour contrer les casseurs. Les gens ont peur de sortir, les commerçants d'être pillés. Je le dis tout en soutenant le mouvement initial des gilets jaunes, qui était pacifique. Leur colère, comme celles des autres partout en France, je la comprends. Ces manifestations peuvent faire comprendre au gouvernement et à la ministre des Outre-mer que notre île a des spécificités qu'il faut prendre en compte. Je demande également un rendez-vous au président de la République pour lui rappeler l'urgence d'une loi Outre-mer. Il faut des solutions pérennes et durables. Cela passera par la mise en place d'une large concertation, réunissant les élus locaux et les autorités administratives locales.


 

 

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