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Publié par Edouard Boulogne

La Guadeloupe face au énième projet de changement statutaire, par Pierre-Edouard PICORD.

Les lecteurs du Scrutateur connaissent notre opposition au changement de statut pour la Guadeloupe, déjà retoqué en 2003, par près de 74% de la population. Récemment le président de la collectivité régionale, Ary Chalus, généralement plus sage, probablement piqué par une guêpe vénéneuse, avait semblé se ruer sans réfléchir sur ce chemin miné.

Dans son journal Le Courrier de la Guadeloupe, Pierre-Edouard PICORD consacre un éditorial à cette question, (en page 3) et en page 10, trois articles qui méritent d'être lus. Monsieur Chalus, sans doute, parce qu'il a senti que l'accueil de la population à son « idée » était plutôt frais, serait en évolution intelligente.

Un numéro de Courrier de la Guadeloupe à lire et à conserver en archives.

 

Le Scrutateur.

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ÉDITO : CHICHE, ORGANISONS UN RÉFÉRENDUM

 

 

Ary Chalus a livré ses attentes à Gua­deloupe 1 ère samedi dernier. Il a appelé de ses vœux une assemblée unique. Le président de Région a estimé que si la Guadeloupe avait fait déjà ce choix, elle ne serait pas confrontée à la crise de l'eau (sic). Fort de ce signal, le lende­main dimanche, l'expert ès évolution institutionnelle maison de Guadeloupe Ire, en toute objectivité, est venu dire tout le bien qu'il pensait de cette initiative. Propos d'ensemble : la Martinique s'est dotée d'une assemblée unique. Elle se porte beaucoup mieux que la Guadeloupe (re sic). La loi Notré, répu­tée régler tous les problèmes lors de la campagne des régionales de 2015, est devenue obsolète. L'enchevêtrement des compétences des deux assem­blées pose toujours problème, etc. Mar­di 9 octobre, Olivier Serva membre de la majorité régionale prend le contre-pied de son président. « Nous n'avons pas été élus sur ce programme » entonne le député de la 1ère circonscription. « Ce n'est pas une priorité », poursuit-il. On pourrait ajouter que ce n’est pas non plus la panacée. Autrement dit, l'as­semblée unique ne réglera pas tous les maux. Jeudi 11 octobre, le quotidien de la place fait état du rétropédalage d’Ary Chalus.

 

L'annonce était un pétard mouillé. L'indispensable assemblée unique, solu­tion à tous les problèmes, au final, n’avait rien d'urgent. 2021 serait une échéance bien assez convenable. Et soudain, il devient urgent de se hâter... avec len­teur. Au-delà du bien-fondé ou pas d’un changement institution­nel, la séquence à laquelle les Guadeloupéens ont eu droit, a quelque chose de surréaliste. Le marronnier de l'évolution institution­nelle est toujours utilisé comme leurre par une partie de la classe politique. Il suffit qu'elle soit convaincue d'un malaise persistant dans la population pour actionner ce cache-misère usé. Ces politiques expliquent que si cela va mal, s’ils n’y arrivent pas, c'est parce qu'ils ne disposent pas de pouvoirs suf­fisants. L'ennui, c’est que, jusqu’à preuve du contraire, la population n'accorde au­cun crédit à ce discours. Il est vrai que depuis quelque temps, se diffuse une musique lancinante selon laquelle sur la question institutionnelle, l'opinion aurait changé. Eh bien chiche. Organisons un référendum.

 

LE COURRIER DE GUADELOUPE

PIERRE-EDOUARD PICORD

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Nos politiques s’ennuient : contemplant le vide de leurs boites à idées, ils s'empressent de parer au plus pressé, au plus facile, à la première sottise venue pourvu qu’elle prenne de la place, qu’elle retienne l'attention et occupe le débat. Récemment le President Macron s’est même illustré en décidant d’un trait de - de quoi, au fait ? - la suppression l’ecusson-emblème de la Martinique sous un prétexte on ne put plus farfelu, puisque le motif invoqué n’a probablement jamais existé. En tes résumé, plus ses bagages sont encombrants, plus l’homme se croit important. Espérons donc que la population est moins bête que ses élus, et qu’elle en élira d’autres la prochaine fois, puisqu’il faut du changement ; puisqu’il faut que ça évolue.
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