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Publié par Edouard Boulogne

La deuxième photo est particulièrement savoureuse.
La deuxième photo est particulièrement savoureuse.

La deuxième photo est particulièrement savoureuse.

 

Le « populisme » est un terme vague dont se servent le plus souvent les plus ignares et les plus ignorants des journalistes du net. Il désigne souvent dans leurs esprits embrumés "l'extrême droite" de leurs fantasmes, (où leurs désirs pour les plus pervers), le fascisme italien des années 1330 ou pis, le nazisme.
D'où notre titre un peu provocateur : l'extrême gauche allemande va t-elle se convertir au populisme ? dies illa dies irae. (ci-contre le dies irae du requiem de Verdi pour les amateurs de belle et grande musique qui ne regretteront pas le détour : Le dies irae est une représentation musicale de la fin du monde : https://www.youtube.com/watch?v=I_rVtFUkMus ).

Redescendons maintenant au commentaire de l'actualité pour lequel j'ai eu recours à l'aide du grand Giuseppe Verdi.

Ces jours derniers les « grands » medias nous ont abreuvé du spectacle des réactions, notamment à Chebniz (en Allemagne ! Le cadre se prête aux excès interprétatifs de toutes sortes) de l'exaspération de larges masses populaires du fait des exactions d'immigrants appelés par l'erreur de madame Merkel qui les avait appelé à se ruer vers le grand pays d'outre-Rhin.

Le nazisme serait-il de retour. Ils l'affirment en vouant aux gémonies tous ceux qui croient plutôt à d'instinctifs réflexes d'autodéfense d'un peuple encore réactif.

Or s'agit-il d'un retour de la bête immonde ? Emmanuel Macron a beau parler de la contagion dans toute l'Europe de l'affreuse maladie qu'est la lèpre (tout opposant à la politique irréfléchie de l'immigration à tout crin serait donc un lépreux, moralement parlant. On ne saurait être plus aimable), il en est qui commencent à douter de la validité du procédé de la moralisation des campagnes immigrationnistes pour gagner des élections, là où il s'agit moins de morale que de sociologie.

Et les sceptiques ne se trouvent pas seulement à la droite de l'échiquier politique. Il s'en trouve ailleurs et même à l'extrême gauche (en Allemagne !). Comme quoi tout arrive. C'est ainsi que l'on peut voir le leader de l'extrême gauche Allemande, Sahra Wagenknecht ,oser l'impensable.

Avec son mouvement «Aufstehen», Sahra Wagenknecht veut bousculer le paysage poli­tique allemand et reconquérir les électeurs des classes populaires séduits par l'AfD.

 

Cette dame expose son projet, né après l'échec de la gauche aux élections législatives de septembre 2017, projet qui était en gestation depuis plusieurs mois. Après les manifestations et des affrontements à Chemnitz, où l'extrême droite a battu le pavé, Sahra Wagenknecht assure que l'alerte est donnée. «Chemnitz montre que nous avons urgemment besoin d'un renouveau, déclare-t-elle. Si nous ne faisons rien, ce pays sera méconnaissable dans cinq ou dix ans», ajoute-t-elle en s'inquiétant du climat «de rudesse» et «d'agressivité» dans la société allemande: «Nous vivons une profonde crise démocratique», dit-elle. (Voir l'article du Figaro : http://premium.lefigaro.fr/international/2018/09/04/01003-20180904ARTFIG00284-l-egerie-de-l-extreme-gauche-allemande-debout-contre-les-migrants.php#figp-author ).

Elle reste cependant isolée, son parti n'ayant encore que 100000  membres, dans toute l'Allemagne. En tirera t-on la leçon en France ?

Nos leaders d'opinion feraient bien de lire la décisive analyse du sociologue Mathieu Bock-Coté.

 

Mathieu Bock-Côté : «Oui, les européennes seront un référendum sur l'immigration»

 

 

CHRONIQUE - Pour le sociologue québécois, l'enjeu majeur pour la droite française est de traduire politiquement l'instinct de conservation du peuple.

La formule s'impose de plus en plus: les élections européennes de juin 2019 prendront la forme d'un «référendum sur l'immigration» qui pourrait accélérer la recomposition de l'espace politique européen. C'est ce que semblent souhaiter, chacun à sa manière, Emmanuel Macron, en croisade contre la «lèpre populiste» et désireux de mater les nations dissidentes d'Europe de l'Est et Matteo Salvini, qui entend reconstituer la frontière européenne et en finir avec l'immigration massive. Les deux se méprisent ouvertement et rêvent manifestement de s'affronter. Depuis quelques décennies, la politique européenne contenait la délibération politique à l'intérieur du consensus progressiste. Cette fois, deux imaginaires distincts s'affronteront. La politique se délivre du corset gestionnaire et redevient passionnelle.

Si certains médias s'entêtent à faire passer Salvini pour un infréquentable absolu, il faut surtout convenir que le leader italien est parvenu à faire passer la droite populiste de la fonction tribunicienne à la fonction gouvernementale, et cela, au cœur d'un des grands pays de l'UE. Plus encore, elle parvient à faire alliance avec la droite conservatrice, comme en témoigne son pacte avec la Hongrie de Viktor Orban. Il se pourrait bien, après un certain temps, que ces deux familles politiques, n'en fassent plus qu'une, dans la mesure où le populisme européen est souvent un conservatisme qui a trop longtemps baigné dans une culture d'opposition. Les deux forces, malgré des sensibilités distinctes, s'accordent généralement autour d'un programme commun: défense de la souveraineté nationale et populaire, critique de l'immigration massive et du gouvernement des juges, célébration des racines chrétiennes de l'Europe.

La renaissance conservatrice qui partout se laisse deviner trouvera-t-elle en 2019 une traduction politique ?

Nul besoin d'apprécier les leaders hongrois et italien, dont les excès sont indéniables et plus que regrettables, pour constater qu'ils concrétisent une vieille idée que l'on ne parvenait plus à prendre au sérieux: celle d'une autre politique, rompant avec le dogme immigrationniste et plus largement, avec la mystique droit-de-l'hommiste qui l'enrobe. La renaissance conservatrice qui partout se laisse deviner trouvera-t-elle en 2019 une traduction politique? Certains diront que la recomposition politique est une vieille lune. Le système électoral européen a souvent favorisé la poussée de forces protestataires, mais souvent, elles refluaient lorsque le scrutin redevenait national, comme si les élections européennes avaient pour vocation de susciter des jacqueries électorales pour mieux les neutraliser à une échelle où elles ne portent pas vraiment à conséquence.

Mais c'est une nouvelle époque qui se dessine, avec ses enjeux spécifiques, qui désarçonnent les partis traditionnels. Il est de plus en plus difficile de faire croire que l'âge diversitaire est paisible. L'image d'une immigration massive mais bienfaitrice ne tient plus, quand on pense non seulement à l'insécurité qui s'est installée partout sur le Vieux Continent, mais à des images comme celles de la pénétration agressive de colonnes de migrants, comme on l'a vu à Ceuta. On ne pourra pas toujours faire croire que le viol des frontières est sans conséquence. De même, l'aventure estivale de l'Aquarius a illustré de manière pathétique l'impuissance de l'Europe et sa soumission au chantage humanitaire. À travers cela, d'une vague à l'autre, qu'elle soit «légale» ou «illégale», l'immigration de masse transforme démographiquement la civilisation européenne et pose ouvertement la question de sa survie.

De grandes catégories sociales hantées par l'insécurité culturelle semblent au seuil de l'insurrection civique. La décomposition anthropologique de sociétés hantées par des tensions identitaires de plus en plus vives bouleverse la dynamique politique. C'est un instinct de conservation qui se réanime et le politiquement correct parvient de moins en moins bien à l'inhiber en l'assimilant au repli sur soi ou au racisme, ou pire encore, en mobilisant contre lui la mémoire de la Seconde Guerre mondiale, en laissant croire que les démons sortis des entrailles de l'Europe au siècle dernier seraient de retour et pousseraient les peuples vers la pente fatale de la régression ethnique. Plus encore, cette instrumentalisation malsaine du souvenir des horreurs du dernier siècle rend inintelligible une situation historique inédite, dans laquelle la pensée politique ne devrait pas voir l'éternel retour du même.

Une politique de civilisation

Si la formule n'était pas usée, on pourrait dire du conservatisme qu'il est appelé à mener une politique de civilisation, ce qui implique de définir l'Europe non pas comme un ensemble désincarné, technocratique et flou, mais comme une réalité historique vivante. Théoriquement, ce devrait être la vocation de la droite, dans chaque pays, de porter ce projet. Cela implique de tenir compte de la culture politique de chacun. La France n'est pas l'Italie, non plus que l'Autriche. Son histoire est trop singulière pour qu'elle s'imagine transposer chez elle une expérience étrangère.

La droite française doit trouver son propre chemin. Elle a moins avantage à multiplier les combinaisons compliquées pour tenir ensemble toutes ses composantes artificiellement rassemblées depuis trop longtemps qu'à définir une ligne claire explicitant son rapport à la nation, à l'Europe et à l'époque. Trop longtemps, la droite française s'est contentée d'évoluer dans les paramètres de respectabilité fixée par ses adversaires en donnant des gages idéologiques, dans l'espoir de se faire décerner un certificat d'humanisme médiatique récompensant sa docilité. 2019, pourrait ainsi représenter une élection de rupture pour la droite, si elle y voit l'occasion de s'inscrire pleinement dans le nouveau contexte européen.

On devine spontanément le principe fondateur d'une doctrine renouvelée: un pays n'est pas un no man's land désincarné. Il faut que la France reste la France. Un certain souverainisme retrouverait ainsi sa pertinence en reconstituant un pouvoir politique sans lequel rien n'est possible. C'est par exemple au nom de la civilisation européenne et du droit de ses nations à persévérer dans leur être que la droite serait en droit de contester la tutelle idéologique de la Cour européenne des droits de l'homme, devenue le symbole du gouvernement des juges à l'échelle de l'UE. Plus largement, la droite conservatrice devra se réapproprier le principe de la souveraineté populaire, qui n'a rien d'une fantaisie illibérale. C'est la question du régime qui remonte aujourd'hui à la surface".

Puisse la droite française réfléchir à ces analyses rigoureuses s'appuyant sur des faits. La droite réelle, non celle qui a rallié Macron et dont les complices (X. Bertrand etc,) parasitent les LR et leur leader actuel Laurent Vauquiez. Les LR, mais aussi les amis de M. Dupont-Aignan, les gens (ceux qui sont raisonnables) qui se retrouvent au Rassemblement National - Ex FN -. Et même les gens de gauche qui tiendraient compte de l'attitude de l'Allemande Salah Wagenknecht. Mais il ne faut pas trop rêver. La gauche française est aussi irresponsable que celle des années 1930 qui conduisit notre pays à la catastrophe que vous savez.

 

Le Scrutateur.

 

 

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Ch.Etzol 06/09/2018 19:33

An pa li toute... mais qu'est-ce qu'une palinodie ?

Et je pensais aussi ce que pensait Ulysse,
Qu’il n’était rien plus doux que voir encore un jour
Fumer sa cheminée, et après long séjour
Se retrouver au sein de sa terre nourrice.

Je me réjouissais d’être échappé au vice,
Aux Circées d’Italie, aux sirènes d’amour,
Et d’avoir rapporté, en France à mon retour
L’honneur, que l’on s’acquiert d’un fidèle service.

Las, mais après l’ennui de si longue saison,
Mille soucis mordants je trouve en ma maison,
Qui me rongent le cœur sans espoir d’allégeance.

Adieu donques, Dorat, je suis encor romain,
Si l’arc que les neuf Sœurs te mirent en la main
Tu ne me prête ici, pour faire ma vengeance.

— Joachim du Bellay, Les Regrets, CXXX

Il me semble que "tu ne me prête" devrait s'écrire avec un S, mais peut-être est-ce pour la liaison et le nombre de pieds ?
En poésie,Du Bellay comme les autres, estime pouvoir tout se permettre

Dommage qu'au transfert, over-blog n'enregistre ni les couleurs, ni les formes de style, free ou pas .
Encore des "progrès" ?