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Publié par Edouard Boulogne

Le mythe de Sisyphe et l'Afrique, où tout est toujours à recommencer.

Les dieux mythiques de l''antiquité gréco-romaine, ne plaisantaient pas. Quand une divinité secondaire, ou un être humain, fut-il géant, piétinait leurs plate-bandes, les conséquences étaient catastrophiques. L'écrivain Albert Camus, à partir d'une ancienne légende écrivit un essai intitulé Le mythe de Sisyphe. Sisyphe fut un de ces insolents. Il avait voulu imiter le tonnerre de Zeus et fut puni en étant condamné à rouler sans cesse un rocher, qui au haut d'une pente retombait toujours.

C'est cette légende qui me revenant en mémoire m'a inspiré le titre de cet article de Bernard Lugan, un spécialiste de l'Afrique. ( LS ).

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"Alors qu’ils sont inscrits dans la longue durée, les conflits africains sont paradoxalement analysés à travers une trilogie idéologique étroitement contemporaine : « déficit de développement », absence de « bonne gouvernance » et manque de démocratie.

Prisonniers de ces trois concepts européocentrés, journalistes et « experts » sont incapables de prendre la véritable mesure des crises africaines. Emblématiques à cet égard, les exemples de l’Ituri et du Mali sont étudiés dans ce numéro de l’Afrique Réelle.

En Ituri, le 13 juillet 2018, l’ONU a dénoncé des « violences barbares » commises, entre autres, par les miliciens Lendu. Quinze ans après l’opération française Artemis (juin à septembre 2003), en dépit de la présence de plusieurs milliers de casques bleus, et après les procès devant la CPI de La Haye de chefs miliciens impliqués dans les massacres des années 2000, tout a donc recommencé…

Comment aurait-il d’ailleurs pu en être autrement quand les tueries inter-ethniques y sont d’abord la reprise de mouvements précoloniaux ? La lutte pour les richesses naturelles n’est en effet pas la cause des actuels massacres, mais un facteur aggravant se surimposant à la longue durée historique régionale.

Voilà donc pourquoi aucun intervenant extérieur ne pourra régler la question de l’Ituri puisque c'est celle des relations séculaires entre les Lendu, les Héma, les Alur et les Bira. Voilà également pourquoi le « remède » électoral y sera sans effet.

Au Mali, les jihadistes ont perdu leurs sanctuaires sous les coups de boutoir de l’armée française. Contraints de réduire leurs capacités d’action, pourchassés nuit et jour et incapables de lancer des opérations coordonnées d’ampleur notable, il ne leur reste plus que le terrorisme. Ayant échoué à constituer un califat régional, eux qui voulaient dépasser les ethnies, sont tout au contraire contraints d’enraciner leur survie sur elles. Mais, ce faisant, ils ont réveillé les chaînes de solidarités et d’inimitiés séculaires dont ils se trouvent désormais prisonniers…

A supposer que les jihadistes soient définitivement éliminés, aucune paix durable ne sera pour autant instaurée au Mali puisque le problème de fond, celui de l’incompatibilité nord-sud, n’y sera pas réglé. Tous semblent avoir oublié qu’en 2012, c’est en effet sur la permanence de l’irrédentisme touareg que s’est opportunément greffé l’islamo-jihadisme.

En Ituri comme au Mali et en bien d’autres parties de l’Afrique, les interventions étrangères sont sans issue. Parce qu'elles ne sont pas en mesure de régler la question de la cohabitation de populations que tout sépare  et qui sont condamnées à vivre ensemble dans des Etats artificiels. Elles peuvent donc éteindre des incendies, mais, comme elles sont incapables de s'attaquer à leurs causes, tout est donc toujours à recommencer..."

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Ch.Etzol 11/08/2018 10:22

Pour être le plus bref possible, parce que ce n'est pas évident, l'affirmation de l'absurde fleure bon la théorie du nombril .
Comme la théorie de l'œil contre celle de l'Esprit, dans la querelle aux pré-formationnistes : même si la représentation d'un enfant complet, dans l'un ou l'autre des gamètes, était erronnée, ils avaient raison d'affirmer, devant un tel degré de perfection de l'oeuf, que la matière n'avait pas pu s'organiser si bien toute seule, par elle-même, en quelque sorte.

Il y fallait un PLAN originel, porté par un MESSAGE, dont ils étaient sûrs (pas une hypothèse, une certitude). Il y manquait les moyens techniques de prouver son existence chez les DEUX parents,[homme et femme, il les créa] à tous les St Thomas, Apôtre de la seule Terre.
Watson et Crick isoleront plus tard la chaine d'ADN, support de seulement quatre "lettres" ou bases,dont la séquence (l'ORDRE d'enchainement) constitue des messages, multiples et variés à l'infini. Toujours copiés, jamais égalés ! Les apprentis sorciers préfèrent la manipulation à la Création, ex - nihilo…: "Pas le moindre petit morceau de mouche ou de vermisseau"? XXI siècle
Pour du néant, c'est du néant.

Le Théo-rie du nombril, du " Pourquoi vous allez chercher LA-HAUT, puisque vous avez MOI ?"
Mais MOI, c'est petit. On s'y sent à l'étroit et on en a vite fait le tour. Alors on tourne en rond, dans des raisonnements dont les prémisses fausses, sont affirmées là, bizarrement, sans exigence de démonstration. C'est l'Ourobouros… ou le Sssssserpent qui se mord la queue.
Pauvre Eve.
Puisque nôtre ROI du ciel est mort, le ciel est vide, il reste la Liberté. Oui, mais de QUOI ?
"La Liberté qui est tout, n'est rien hors des rigueurs de l'obéissance" M. de St Pierre

Le seul vrai "Acte Gratuit", don qui donne sens, même au mal et qui sauve, est la CROIX.
Encore y faut-il une bonne dose d'Amour, dont UN SEUL a la mesure, la totalité et espère le nôtre en retour. Un Vrai Feed-Back : Nourrir et non Mourir, en retour ! Rétro - contrôle vaut mieux que révolte.

Prière conseillée : "Demandez et vous serez exaucés"
La où le péché abonde, la Grâce surabonde ...

A. K/arénine 11/08/2018 00:03

Introït :

Ainsi, toujours poussés vers de nouveaux rivages,
Dans la nuit éternelle emportés sans retour,
Ne pourrons-nous jamais, sur l'océan des âges,
Jeter l'ancre un seul jour?

Ô lac ! Rochers muets ! Grottes ! Forêt obscure !
Vous, que le temps épargne ou qu’il peut rajeunir,
Gardez de cette nuit, gardez, belle nature,
Au moins le souvenir !
A.de Lamartine

Version créôle ? Offertoire

Jeanne était au pain sec dans le cabinet noir,
Pour un crime quelconque et, manquant au devoir,
J'allai voir la proscrite en pleine forfaiture,
Et lui glissai dans l'ombre un pot de confiture,

Contraire aux lois. Tous ceux sur qui, dans ma cité,
Repose le salut de la société,
S'indignèrent, et Jeanne a dit d'une voix douce :
- Je ne toucherai plus mon nez avec mon pouce ;
Je ne me ferai plus griffer par le minet.

Mais on s'est récrié : - Cette enfant vous connaît ;
Elle sait à quel point vous êtes faible et lâche.
Elle vous voit toujours rire quand on se fâche.

Pas de gouvernement possible. À chaque instant
L'ordre est troublé par vous ; le pouvoir se détend :
Plus de règle. L'enfant n'a plus rien qui l'arrête.
Vous démolissez tout. - Et j'ai baissé la tête.

Et j'ai dit : - Je n'ai rien à répondre à cela,
J'ai tort. Oui, c'est avec ces indulgences-là
Qu'on a toujours conduit les peuples à leur perte.

Qu'on me mette au pain sec. - Vous le méritez, certes,
On vous y mettra. - Jeanne alors, dans son coin noir,
M'a dit tout bas, levant ses yeux si beaux à voir,
Pleins de l'autorité des douces créatures :

- Eh bien, moi, je t'irai porter des confitures.

V. Hugo

Ite Missa est ?

Quant à ma mise en page,
A la vigie épiée,
D'une plume d'orage
Les pieds seront comptés.

Plus on l'étale, moins on en a...C'est comme la confiture !
Au commentaire porté dans la fenêtre Ad Hoc,
LS a l'avantage sur le Gérimadhoc, (aye mandé Hugo ka ki Gérimadeh )
Italiques et autres artifices d'écriture !!!

A DEGUSTER AVEC MODERATION : Maj. est tout ce qui reste …

Un peu trop long, peut-être? Comme pour un pied - de - Nez !