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Publié par Edouard Boulogne

Ghislaine Abraham ( Tatie ) a quitté cette terre de granit, comme disait St-Exupéry dans Le petit prince.

Madame Ghislaine ABRAHAM nous a quitté. C'était une amie, et je peux confirmer tout ce que dit l'article de France-Antilles qu'on lira ci-dessous. Elle était tout ce qu'il en est dit plus bas. J'ajouterai qu'elle était une joie de vivre, et qui communiquait cette joie. Une providence aussi pour les pauvres, dans tous les sens du terme, donc également pour ceux, sans souci financier particulier mais qui, parfois pliait sous le poids de chagrins d'une autre nature.

L'on retrouvait son influence sur ses enfants, que je connais, y compris celle qui fut ma collègue et qui enseigne les sciences économiques.

Au revoir Tatie, comme l'appelait tout un chacun dont certains peut-être ne savaient pas son nom d'état-civil. La cérémonie religieuse de l'enterrement aura lieu cet après midi vendredi 27 juin, 15h30, à la cathédrale St-Pierre et St-Paul de Pointe-à-Pitre.

 

Le Scrutateur.

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A 85 ans, la commerçante de la rue Barbès a tiré sa révérence laissant en larmes ses enfants, ses proches mais aussi tous ceux qui défilaient dans son magasin, tous ceux qui ont bénéficié de sa générosité d'âme.

Pointe-à-Pitre a perdu lundi, un de ses piliers. Qui dans la Ville mais aussi dans la Guadeloupe ne connaît pas Gishlaine Abraham, la propriétaire du magasin Chez Tatie, rue Barbès ? Pour beaucoup, elle était Tatie mercerie, la commerçante au grand coeur.

« En tant que Pointois, nous l'avons tous connu et c'était une figure emblématique de la ville. Ce genre de personnalité qui fait la fierté de toute une cité, voire de tout un pays. Qui marque par sa générosité, sa sagesse de nombreuses générations » , écrit le restaurateur Samuel Damo sur un réseau social.

Des propos qui traduisent le sentiment de tous ceux qui ont côtoyé cette commerçante. Née dans la Ville, il y a 85 ans, elle avait ouvert son magasin dans les années 1950. Jeune mariée - elle n'avait que 17 ans et son mari 19 ans - il lui fallait trouver une activité pour nourrir sa famille car très vite elle est tombée enceinte. « Elle était bonne à l'école et nourrissait le rêve de faire des études de médecine. Mais à l'époque, il était difficile pour une jeune fille de quitter sa famille pour partir vivre dans l'Hexagone » , raconte Colette, sa fille. D'une voix douce, elle explique que sa mère, quand elle a eu l'opportunité d'ouvrir ,son magasin n'avait pas de grands moyens. « Elle nous disait qu'au début, elle n'avait pas de stock, qu'elle n'avait pas grand chose à vendre. Elle rangeait à l'intérieur des boîtes vides pour faire comme si. Elle cousait pendant des nuits entières pour proposer des pièces à la vente » . Puis, elle a acheté une échoppe qui fermait définitivement ses portes, une petite machine pour couvrir des boutons. Et petit à petit, sa mercerie a pris forme et Mme Abraham - comme beaucoup l'appelaient - a gagné une large clientèle. Certes, elle avait le sens du commerce mais surtout ses clients appréciaient sa générosité de coeur. Elle était à l'écoute de tous et tentait de soigner l'âme de tous ceux qui se confiaient à elle. Elle n'avait pas besoin de les connaître, qu'importe qui ils étaient, elle était la tatie de tous, d'où d'ailleurs le nom de son magasin. Quelles écoles, quels groupes de carnaval, quelles associations n'ont pas bénéficié de son aide. « Maman n'a jamais refusé d'aider quelqu'un. Parfois à la maison, nous nous moquions un peu d'elle » , poursuit Colette. Cette générosité d'âme, elle le doit à sa foi en Dieu. Un enseignement transmis par sa mère Marie Fadoul, née Sarkis. Cette dernière faisait partie des premiers libanais arrivés en Guadeloupe dans les années 1870. C'était une femme pieuse qui a organisé les premiers pélerinages dans l'archipel et a posé la première pierre de l'église du Sacré-Coeur.

C'est dans cette foi en dieu qu'elle a élevé Gishlaine et toute sa fatrie. Ils étaient quatre frères et soeurs dont soeur Marie-Michelle, qui a été enseignante et directrice de l'établissement catholique de Versailles à Basse-Terre.

Gishlaine Abraham était connue de nombreuses communautés religieuses dans le monde. S'il lui arrivait de voyager, d'aller rendre visite à quatre de ses petits enfants installés au Liban après le décès de leur père (le fils de Gishlaine), elle ne chérissait qu'un seul pays la Guadeloupe. « Je suis contente qu'elle soit morte chez elle, dans son pays. C'était son voeu le plus cher » .

 

http://www.guadeloupe.franceantilles.fr/actualite/vielocale/gishlaine-abraham-laisse-une-grande-famille-en-pleurs-496186.php

 

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