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Publié par Edouard Boulogne

Ultra marins, ultra marrants. Humour noir ? Essayez, lisez. Drôle, roboratif, et thérapeuthique … ( pour décoincés ).

 

Il y aura bientôt deux siècles que l'esclavage a été aboli aux Antilles. Nos îles gardent de cette époque des souvenirs pas très drôles. Mais il en est sorti une culture, la créolité, qui n'est pas étrangère à la culture française, qui s'ajoutent aux cultures bretonnes, normande, alsacienne, occitanes etc, pour constituer la civilisation française, Une, et diverses, ce qui en fait la beauté, le charme, la grandeur.

Mais il y a les politiciens, du moins certains, ( car il y aussi, comme partout les névrosés, inconsolables d'évoluer parmi des gens qui s'assument, sourient, sont bien dans leurs peaux de nègres, de métis, d'indiens, de blancs créoles ou de békés, et n'ont de cesse de vouloir contaminer les autres ) ne pensent qu'à exploiter des douleurs passées pour s'assurer le vote de ceux dont ils auront captés ( de captiver ) les suffrages pour n'en tenir aucun compte après l'accession au pouvoir.

L'expérience nous montre que ces messieurs sont fortement implantés dans de grands médias, notamment télévisés.

Nous entrons dans le mois de mai, spécialisé depuis des lustres dans la tentative d'emprise psychique.

Mais, quand je dis que nous entrons en mai, je commet une erreur. Car Nous n'avons pas quitté le joli mois de mai depuis des années. Il suffit pour s'en rendre compte de se remémorer les programmes de RFO, d'abord, et depuis quelques années Guadeloupe 1ère, digne fille de sa mère.

Le peuple répond à l'occupation politico-névrotique par le dédain et le silence. Le silence de la mer.

Il ne faut pas toutefois négliger le pouvoir de nuisance des paranoïaques . Les individus, comme les peuples sont fragiles. Il y a des techniques de subversion psychique. N'importe qui, personne, ou masse peut être déséquilibré, phagocité, marabouté par des spécialistes de la manipulation.

Il faut donc penser à mettre en œuvre des services de prophylaxie ( Prophylaxie :

Ensemble des mesures et précautions à prendre pour prévenir les maladies. )

Parmi ces mesures je pense à l'humour, notamment à l'humour noir. Un humour que pratique avec beaucoup de talent un Français noir d'origine africaine ).

J'ai choisi pour vous, lecteurs, un extrait de sa Bible de l'humour noir.

Lisez. C'est beau comme l'intelligence.

 

Le Scrutateur.

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Une jeune femme antillaise invite son nouveau copain blanc à dîner chez elle. — Tu aimes manger épicé ? lui demande-t-elle.

  • Oui, mais pas en même temps.

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Ultramarins, ultramarrants, voilà un jeu de mots dont je ne suis pas peu fier !

Un jeu de mot, certes, mais comment qualifier ces habitants d’outre-mer autrement? Avec le lourd passé qu’ils traînent; avec l’insistance de tous à les y reléguer de façon systématique; pour leur survie, les ultramarins se doivent d’être marrants, des marrants extra-large, donc ultramarrants. Tout le monde le sait, nos Antillais et autres Réunionnais ou Guyanais sont très drôles. Pour preuve, voici une conversation entendue dans un restaurant de Fort-de-France :

Un client, touriste, s’adresse à un serveur :

Garçon, avez-vous des cuisses de grenouilles ?

Non monsieur, répond l’interpellé. Ce sont mes rhumatismes, un héri­tage qui date de l’esclavage.

Et si vous interpellez un garçon de café à Pointe-à-Pitre, il s’en ira bougonnant avec votre commande: «Il me donne des ordres comme si j’étais encore un esclave ! » Ils sont vraiment très drôles !

Après avoir parlé des Noirs américains, après avoir donné une place particulière aux Sud-Africains, je sais quelle volée j’aurais prise si je n’avais trouvé un petit coin dans le paradis de l’humour à ces autres peuples qui ont beaucoup souffert. Je suis d’autant plus à l’aise pour le faire qu’ils ont ouvert la marche. En effet, les Antillais, qui font figure de précurseurs, ont rassemblé des blagues ethniques dans des recueils généralement peu présents dans les publications. Ils ont décidé­ment beaucoup d’humour ces ultramarins!

En découvrant le livre de Michaël Arnolin, j’ai été très heureux de voir qu’il exis­tait une compilation de blagues sur les Antillais intitulée Rire: le miracle antillais. C’était la première fois que je voyais dans le monde francophone un livre de ce type, c’est-à-dire consacré à des blagues sur un groupe négroïde. J’étais ravi que l’auteur n’ait pas présenté son œuvre sous une approche colorielle. Il présente les blagues ethniques, les blagues antillaises au même titre qu’il y a des blagues corses, marseillaises ou belges. L’Antillais se positionne selon une logique régionale, dans une France des régions.

L’Antillais peut donc désormais rire de ses travers réels ou des stigmatisations plus ou moins racistes, réminiscences d’un passé de servitude et de ségrégation. Les Antillais seraient fainéants, susceptibles, maris infidèles, femmes marabouteuses. Je me réjouis donc de l’initiative de Michaël Arnolin. La charmante comédienne martiniquaise Souriante, Adèle adopte la même démarche dans son one-woman show « Marie-Thérèse Barnabé, négresse de France ». Je dis bravo. Je me réjouis aussi du film La Première Étoile, comédie réalisée par Lucien Jean-Baptiste en 2009, qui a été un succès au box-office. Cette fable légère et humoristique raconte l’escapade touristique d’une famille antillaise sur les pistes de ski. Les lieux communs sont colossaux et les ficelles grosses comme les câbles du viaduc de Millau. Mais on rigole bien et on se félicite que l’histoire n’isole pas l’Antillais dans une espèce de ghetto scénique comme l’ont fait d’autres films du type Antilles sur Seine ou Black micmac . Alors, j’exulte. L’Antillais invite ses frères français de toutes les régions, et les autres, à rire avec lui. Comme le fait Michaël Arnolin dans son livre dont voici un extrait :

 

En Martinique, une postière interpelle son patron :

Monsieur le directeur, mon salaire n’est pas en rapport avec mes capacités !

Je le sais bien, madame, mais nous ne pouvons tout de même pas vous laisser crever de faim !

C’est dit. Si on l’admet, on peut dire comme Guerlain que l’on ne sait pas si les Antillais «ont toujours tellement travaillé, mais enfin ...» Les propos du vieil homme ont soulevé un tollé. Je ne doute pas que dans ce concert de récrimina-tions, il y ait eu des voix sincères. Mais je sais aussi que certains professionnels de l’antiracisme ont saisi cette occasion unique et inespérée - un Blanc vieux et riche qui se gausse des pauvres Noirs, anciens esclaves, anciens colonisés, tués à la tâche - pour enfourcher leur cheval de bataille sur lequel Waterloo, la guerre de Cent Ans et la guerre du Péloponnèse occupent la même place que la guerre des boutons et celle des polochons.

 

Quant à nos amis antillais, ils n’en ont cure. Ils savent depuis bien longtemps rire d’eux-mêmes autant que se moquer des autres. Dans les nombreuses blagues qui circulent sur les ultramarins, vous en verrez de bien bonnes que les Antillais se font entre eux. Les habitants des Saintes sont les Belges des Guadeloupéens et vice versa. Les blagues ne sont pas toutes originales, comme partout. Il y a en effet des détournements de blagues belges ou juives. Et nous découvrons que les blagues sont universelles et quelles peuvent s’adapter à diverses situations et à divers peuples.

 

Gaston Kelman.

 Il s’agit de deux filins qui mettent en scène des Noirs de France comme s’ils vivaient en vase clos. On peut ne pas être d’accord avec mon analyse, mais je pense que les situations décrites dans ces deux films sont trop caricaturales.

 En octobre 2010, sur France 2, Guerlain avait déclaré: «Pour une fois, je me suis mis à travailler comme un nègre. Je ne sais pas si les nègres ont toujours tellement travaillé, mais enfin... »

Ultra marins, ultra marrants. Humour noir ? Essayez, lisez. Drôle, roboratif, et thérapeuthique … ( pour décoincés ).
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Marceau Tise 07/05/2018 20:55

En voilà un terrain... glissant, Édouard. Personnellement, je préfère l'humour volontaire des gens qui ont de l'esprit au comique involontaire d'intellectuels - très approximatifs - qui veulent imposer leur esprit, ce à quoi ils arrivent parce qu'on ne contrarie pas comme ça n'importe qui, à plus forte raison quand leurs textes parfois pas très éclairés d'intelligence sont imprégnés de contexte... sensible. La sensibilité, c'est la clé du monde d'aujourd'hui. De là tous les malheurs du monde, tout le monde n'étant pas... sensible de la même manière à ce qui est sensé faire rire.