Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Pages

Archives

Publié par Edouard Boulogne

SARGASSES :  L'appel des maires au gouvernement. Le silence fracassant du ministre de l 'écologie Nicolas Hulot.
SARGASSES :  L'appel des maires au gouvernement. Le silence fracassant du ministre de l 'écologie Nicolas Hulot.

Le problème posé par le déversement massif et quotidien des varechs, nommés aussi sargasses sur les côtes guadeloupéennes, notamment, posent des problèmes chaque jour plus compliqués, et qui dépassent les moyens des collectivités locales.

Les maires de Guadeloupe réunis ont publié la lettre ci-dessous, qui apparaît justifiée vu l'ampleur du phénomène, et que les autorités parisiennes n'ont pas encore pris conscience de sa gravité.

On peut à cet égard noter que la seule ministre des DROM, malgré sa bonne volonté, ne suffit pas à la tache, et qu'un ministre d'Etat comme Nicolas Hulot semble se désintéresser de la question. Un ministre purement décoratif mais qui fait la preuve de son insuffisance.

( LS ) .

____________________________________

 

Communiqué des maires de la Guadeloupe.

 

Monsieur le Président de la République, Monsieur le Premier Ministre,

Écoles fermées sur une partie du territoire,

Population gazée par des effluves d’ammoniac et de sulfure d’hydrogène,

Mobilité impossible pour une partie de la population,

Centres-bourgs sinistrés, appareillages électroniques détériorés, désastre économique, 

Socioprofessionnels dans la détresse,

Cela relève-t-il de la responsabilité de l’État ou bien la population de la Guadeloupe doit-elle se résigner à être abandonnée à son triste sort avec des moyens dérisoires ?

Nous vous demandons des réponses à la hauteur de la situation et de la responsabilité de l’État.

Considérant

  1. 1)  Que depuis 2011 les côtes de Guadeloupe connaissent un échouage massif d’algues brunes dites « sargasses », dont l’ampleur en 2018 s’avère exceptionnelle ;

  2. 2)  Qu’au regard de la gravité de la situation, l’intervention de l’État s’est avérée insuffisamment proportionnée alors même que sa responsabilité au regard des traités internationaux en matière de pollution est engagée ;

  3. 3)  La nécessité d’appliquer le principe de précaution conformément à l’article 7 de la Convention de Carthagène et sa transcription en droit français consacrée par la juridiction administrative ;

  4. 4)  La situation sanitaire exceptionnelle dont la gravité s’exacerbe dans un contexte de prise en charge sanitaire déjà dégradé ;

  5. 5)  Les incidences désastreuses sur les plans sanitaire, économique et social générées par cette situation d’exception ;

Nous déclarons,

  1. Qu’il est de la responsabilité de l’État de prévenir la pollution par les sargasses sur son territoire et d’éradiquer immédiatement cette dernière. En conséquence, l’intervention des collectivités locales ne saurait être qu’un accompagnement de l’État et non l’inverse ;

  2. Que l’État reconnaisse et prenne en compte la situation sanitaire alarmante dans un contexte exceptionnel ;

  3. Exiger de l’État le remboursement intégral et rétroactif de toutes les dépenses engagées par nos collectivités dans le cadre d'un fonds dédié ;

  4. Que nous maires, nous nous engageons de manière solidaire à assigner l’État, si cet appel que nous lançons, n’est pas suivi par une réponse rapide que la population attend et un engagement formel de ce dernier, à assumer pleinement ses responsabilités.

 

 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article

Léon Dupan 30/05/2018 22:55

Une nouvelle version du "Silence de la mer", sans doute. À moins que ce ne soit une nouvelle version des "Vacances de Monsieur Hulot". Ah ! si le regretté Jacques Tati avait mis en scènee "Le cinéma de Monsieur Hulot", sans doute nous aurait-il préparé à l'attitude de notre actuel ministre, qui, lorsqu'aucune caméra n'est dressée pour relayer son image se cache plus qu'il ne se montre.

Xam Cirederf 14/05/2018 18:06

Les pollutions des côtes et des plages.
Bien sur le problème n'est pas récent, pour preuve des Elus Communistes en 1993 avaient eux aussi pris la peine d'interpeller l'Etat. Mais sans doute leur action est demeurée sans suite. Mais pourquoi nos édiles locaux, parmi lesquels quelques successeurs de ce PCF sont en service, n'essaient ils pas de rechercher le soutien de leurs "camarades"? Ont ils la même réaction " Cé tan nou, cé pa ta yo""... Lisons alors
La pollution des côtes et des plages n'est pas fatale
Jeudi, 30 Décembre, 1993
L'Humanité
Une délégation communiste s'est entretenue avec les élus de communes du Finistère dont les plages sont interdites. Elle a rendu publiques dix propositions pour la sauvegarde du littoral.
Correspondance particulière.
LES détonateurs dispersés aujourd'hui de la pointe de Bretagne à la frontière espagnole ont été repérés pour la première fois sur la magnifique plage de sable fin qui va d'Audierne (Finistère) à la pointe de la Torche. C'est là, à Tréguennec, que s'est rendue hier une délégation du PCF conduite par Sylvie Meyer, député au Parlement européen, responsable nationale à l'environnement, Piero Rainero, membre du Comité central, responsable national aux affaires maritimes, et Daniel Maloisel, maire adjoint de Brest.
Le maire communiste de Tréguennec, Emile Bargain, l'adjoint au maire de Guilvinec, Jean-Louis Guiziou, et une dizaine d'élus du pays bigouden et des ports (Lesconil, Plobannelec) ont accueilli la délégation et lui ont exprimé leur inquiétude. «Notre commune a 300 habitants en hiver mais l'été, nous accueillons 2.000 personnes sur nos 4 kilomètres de front de mer. Deux campings accueillent à la belle saison les amoureux de la mer et du funboard. Nous avons peur des retombées négatives sur le tourisme», a déclaré Emile Bargain, pour qui l'Etat doit prendre ses responsabilités. Une discussion s'engage alors entre journalistes, élus et responsables communistes, autour des dix propositions du PCF (voir encadré ci-joint). «Ces propositions, souligne Piero Rainero, ont été élaborées aussi bien avec des syndicalistes que des inspecteurs de la navigation, des commandants de pétroliers ou de cargos.» Sylvie Meyer souligne les contradictions entre les grandes déclarations du ministre sur la protection de la mer et la pratique sur le terrain. «Il y a de plus en plus de pavillons de complaisance ou de complaisance bis, dont se servent même des sociétés nationales. Ces bateaux, avec leurs équipages sous-payés, non formés, sont les premiers responsables des accidents en mer... La dégradation de la sécurité, c'est aussi moins de douaniers - Maastricht oblige -, pour les contrôles et seulement 11 inspecteurs de navigation de Saint-Malo à Saint-Nazaire.» Un élu rappelle que, «pour gagner du temps, les containers sont souvent arrimés en mer». «Ce qui est inacceptable.» Sylvie Meyer précise: «Lorsqu'un porte-containers est trop chargé, son centre de gravité est trop haut. En cas de tempête, c'est le drame. Dans la discussion, on nous explique qu'il arrive que, pour sauver les navires trop chargés prenant de la gîte, les containers sont sciemment détachés et jetés à l'eau!»
Les communistes proposent aussi que les transports de produits dangereux soient regroupés sur les mêmes navires et que chaque container soit équipé d'une balise satellite. «Techniquement, c'est possible, explique Daniel Maloisel, technicien à Thomson Brest. Une telle balise, fabriquée à grande échelle, coûterait entre 5.000 et 10.000 francs.» Tous s'accordent à dire que, devant le développement du transport maritime par containers, la législation européenne doit évoluer et que, si cela ne se fait pas très vite, on ira vers d'autres catastrophes avec les futurs porte-containers géants de 10.000 «boîtes». Un élu communiste s'indigne que les différents secrétaires d'Etat à la Mer, socialistes, comme Le Pensec, ou de droite, comme Ambroise Guellec, n'aient rien fait. Ce dernier est aujourd'hui président du Conservatoire national du littoral... Sur la plage de Tréguennec, interdite au public et où se rend ensuite la délégation. Pas un promeneur. La préfecture confirme que des appelés du contingent ratissent l'immense plage de 30 kilomètres. Mêlés aux paquets d'algues, des déchets de sacs plastiques ramenés par la tempête gisent à foison. «La dernière fois que j'ai vu la côte interdite, j'avais quatorze ans, c'était sous l'Occupation», s'exclame Jean Kervisson, secrétaire du comité du PCF.
A la mairie de Douarnenez, nouvelle rencontre avec les élus et la presse. Michel Mazéas, le maire communiste, commente la proposition du PCF sur le transport des matières dangereuses: «Leur déclaration n'est pas obligatoire. Il y a dix ans, un navire yougoslave, ayant heurté un cargo, avait fait escale à Douarnenez. Nous avions découvert, à l'occasion, que c'était une véritable bombe flottante: il ne transportait que des armes.»
Dernière étape: la préfecture de Quimper. La délégation dépose les dix propositions pour la protection du littoral que les communistes veulent voir très vite discutées à l'Assemblée nationale.
FRANÇOISE LANCELOT