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Publié par Edouard Boulogne

Deux vues du Lycée Bellevue, à Fort-de-France.
Deux vues du Lycée Bellevue, à Fort-de-France.

Deux vues du Lycée Bellevue, à Fort-de-France.

Le journal LE MONDE avait dépêché, dans le cadre des articles et enquêtes consacrés à la commémoration de l'abolition de l'esclavage dans les anciennes colonies françaises, une journaliste : Annick Cojean, qui a passé des heures, au lycée Bellevue de Fort de France, et plus précisément dans une classe d'hypokhâgne ( en 1998 ), qui regroupe donc, censément des élèves brillants ayant dépassé le niveau du baccalauréat, et se préparant à l'entrée à l'Ecole Normale Supérieure.

L'enquête a été publiée dans Le Monde du 24 avril (1998). Les jeunes Guadeloupéens et Martiniquais qui y ont répondu ont de 18 à 19 ans, et, précise Le Monde incarnent l'avenir des Antilles. Leurs réponses ont paru intéressantes à la rédaction de Guadeloupe 2000, et nous en publions ci-dessous quelques extraits. Les sous-titres sont de la rédaction du Scrutateur.

 

Le Scrutateur.

 

(1)Trop de récupération politicienne.

*Steve:"Je ne suis pas contre la commémoration de quelques grandes dates. Il est important de connaître son histoire...L'ennui c'est qu'en Martinique le sujet de l'esclavage est complètement récupéré par les hommes politiques et n'est plus abordé que d'un point de vue idéologique. On ne se soucie pas de l'exactitude historique, on ne cherche même pas à étendre le champ de la connaissance sur les conditions précises de l'abolition. On tombe dans le discours de propagande.

*Magali: C'est la même chose en Guadeloupe. Les discours sur l'esclavage véhiculent les mêmes clichés, les mêmes outrances(....)Rien à faire, l'esclavage en 1998,est l'affaire des hommes politiques."

 

(2)Crime contre l'humanité ?

*Aline:"(....)Ce qui me choque,c'est qu'il n'y a jamais eu de condamnation(de l'esclavage)de jugement,de sanction.Pour la Shoah,on a recherché les criminels.Pour l'esclavage on n'a rien fait.

*Sarah:Ce n'est pas la même chose!La Shoah,c'était l'extermination des juifs.L'esclavage c'était un négoce.La nuance est de taille!Je trouve grave que les hommes politiques disent n'importe quoi.(....).

*Fabienne:L'esclavage était un crime contre l'humanité.Faire du commerce avec des êtres humains,c'est criminel!Il faut condamner,officiellement.Solennellement(....).

*Steve:Oui,ce fut un crime.Mais le fait de dénoncer,commémorer,discourir,ne va pas nous aider à nous en sortir.On nous rabache qu'on est les victimes de l'Histoire.Les stupides de l'Histoire.Pour redonner une identité à la Martinique,faudrait-il donner à son peuple un complexe?Il faut replacer l'esclavage dans l'Histoire,le situer dans un contexte,le mettre en perspective.Notre Histoire n'est pas pire que celle d'autres peuples.(....)

*oNicole:Si l'esclavage entre dans la catégorie des crimes contre humanité,alors c'est le monde entier qui se trouvera en accusation".

 

(3)Et les békés?

 

*Tatiana(...)Les Antillais se disent non racistes,mais ils mettent tous les békés dans le même sac,incapables de dépasser un jugement fondé sur la couleur de la peau!L'esclavage a bon dos pour excuser ce qui n'est ni plus ni moins que du racisme.

*Vanessa:Mais toute la structure économique est figée,héritée du système esclavagiste!Les conflits patrons-syndicats se résument à des conflits békés-Antillais.Remettre cet ordre en cause reviendrait à casser tout le système.Le Martiniquais est toujours sous le joug du béké.

*Catherine:L'esclavage est pratique pour expliquer la fainéantise du Martiniquais,qui préfère se morfondre et montrer du doigt le béké en se laissant ronger par la rancoeur plutôt que de réagir et de prendre en main son destin.(....)

*Fabrice:Je suis Guadeloupéen de Basse Terre.Et descendant d'esclaves.Je porte d'ailleurs le nom d'une terre.Mon grand père a fait des recherches généalogiques et nous en a parlé lors d'un déjeuner de famille.Cela m'a laissé parfaitement serein.Ce qui m'irrite,c'est l'utilisation des clichés.C'est toujours la faute à l'esclavage.L'endettement,la superstition...Relevons-nous!Les discours sont des prétextes.Il faut opérer une conversion de l'âme."

 

 

(4)En guise de conclusion.

 

*Martine:Je trouve dramatique que les indépendantistes s'emparent du cent cinquantenaire de l'abolition pour entretenir la confusion,raviver la haine des békés,parler de libération vis-à-vis de la métropole.C'est de la démagogie!Un pari sur le désespoir du peuple.

*Fabrice:L'esclavage ne doit pas servir à leurrer une nouvelle fois les gens.Sous prétexte d'un passé mythique,il leur faudrait accepter sciemment la perspective de conditions de vie largement dégradées?Car c'est ce qui nous attend avec l'indépendance"

 

Post scriptum du Scrutateur :On le voit la jeunesse de nos îles est loin d'être aussi perdue que se l'imaginent parfois ceux qui se laissent intoxiquer par les médias ( il est vrai de couleur rose-rouge,et de sympathie séparatiste en majorité,et un certain discours universitaire qui a été inculqué à nos "élites"par l'université métropolitaine des années 50 à 80.

 

 

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Marcel Detable 28/05/2018 14:32

La mise en avant permanente de l'esclavage est une insulte tout aussi permanente à la dignité des Martiniquais comme des Guadeloupéens et ne vise qu'à les infantiliser pour mieux les... asservir. Honte au "grand" Aimé Césaire qui a été le grand promoteur de la rancune des "intélektiels" et autres parasites qui exploitent à fond ce fonds de commerce comme jadis les négriers. Dans ce grand marché aux esclavages, il ne fait aucun doute que Césaire est le négrier fondamental, ce qui ne remet nullement en cause la qualité de sa plume. La traite des esprits a beau remplacer celle des personnes elles-mêmes, la servitude n'en est pas moins là et les chaines aussi.