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Publié par Edouard Boulogne

Ce que Nicolas Sarkozy a dit aux juges.

( Je n'ai jamais été "sarkozyste", bien qu'ayant voté pour lui aux seconds tours des élections présidentielles en 2007 et 2012. Des réticences légitimes sur certains aspects de sa politique ne m'empêchent pas d'être scandalisé par les INJUSTICES, et l'acharnement dont il est victime, du fait d'adversaires qui redoutent son redoutable talent politique, et aussi parce qu'ils sont, souvent, les représentants, magistrats ou non, qui s'acharnent sur  ce qui peut être utile à la France. Je ne mentionne pas les médiocres, à tous les niveaux, que l'incarnation d'un talent offusque parce qu'il les renvoie à leur nullité. Je ferai une exception pour le dénommé Frédéric Lefèvre, ancien député RPR, dont la déclaration au journal télévisé d'hier a suscité un mépris total et justifié, même pour les adversaires de l'ancien président de la République. Frédéric Lefèvre avait été tenu à l'écart de l'équipe de campagne de Sarkozy. Pour incompétence.

D'où la bave du crapaud.

Le Scrutateur

Ce que Nicolas Sarkozy a dit aux juges

 

( http://premium.lefigaro.fr/politique/2018/03/22/01002-20180322ARTFIG00014-ce-que-nicolas-sarkozy-a-dit-aux-juges.php ).

 

EXCLUSIF - Voici ce que Nicolas Sarkozy a dit aux magistrats mercredi soir lors de sa comparution à l'issue de sa garde à vue.

«Dans l'énoncé des faits que vous envisagez de retenir à mon endroit, vous avez indiqué que j'avais travaillé en vue de favoriser les intérêts de l'État libyen.

Comment peut-on dire que j'ai favorisé les intérêts de l'État libyen?

C'est moi qui ai obtenu le mandat de l'ONU pour frapper l'État libyen de Kadhafi. Sans mon engagement politique, ce régime serait sans doute encore en place.

Le Colonel Kadhafi lui-même ne s'y est pas trompé, puisque je vous rappelle qu'entre 2007 et le 10 mars 2011, il n'y a aucune espèce d'allusion au prétendu financement de la campagne.

Les déclarations M. Kadhafi, de sa famille et de sa bande n'ont commencé que le 11 mars 2011, c'est-à-dire le lendemain de la réception à l'Élysée du CNT, c'est-à-dire les opposants à Kadhafi. C'est à ce moment-là et jamais avant que la campagne de calomnies a commencé.

Je suis accusé sans aucune preuve matérielle par les déclarations de M. Kadhafi, de son fils, de son neveu, de son cousin, de son porte-parole, de son ancien premier ministre et par les déclarations de M. Takieddine dont il est avéré à de multiples reprises qu'il a touché de l'argent de l'État libyen. Je dirais qu'il a pillé l'État libyen. À propos de M. Takieddine, je voudrais vous rappeler qu'il ne justifie durant cette période 2005-2011 d'aucun rendez-vous avec moi.

Mieux, dans une autre procédure où vous avez eu accès à l'intégralité de mon agenda 2007 - L'Express l'a publié - jamais personne n'a fait état d'un quelconque rendez-vous avec M. Takieddine. Et pour cause, il n'a jamais existé durant toutes ces années de 2004 à aujourd'hui.

Durant ma garde à vue, j'ai démontré un mensonge de M. Takieddine.

M. Takieddine aurait vu le fils Kadhafi le 4 mars 2011.

Il ne peut pas y avoir d'erreur sur cette date puisque c'est le lendemain que M. Takieddine a été arrêté au Bourget avec une importante somme en liquide.

Or en relatant cet entretien, M. Takieddine dit: «J'ai demandé au fils de Kadhafi si ce qu'il avait dit à Euronews concernant le financement de la campagne de Nicolas Sarkozy était vrai».

Or ce fait est matériellement impossible puisque l'interview à Euronews de Saïf Al Islam n'a eu lieu que 12 jours plus tard, soit le 16 mars.

Comment peut-on interroger quelqu'un sur une émission qui n'a pas eu lieu et sur des propos qui n'avaient donc pas encore été tenus?

C'est un mensonge!

M. Takieddine ment lorsqu'il affirme sans aucune preuve qu'il pouvait pénétrer place Beauvau sans justifier du moindre rendez-vous, simplement en déposant son nom. On ne rentre pas place Beauvau sans indiquer avec qui on a rendez-vous!

C'est un mensonge!

Troisième mensonge: il se trompe sur la prétendue description des lieux du ministère de l'Intérieur quand il indique que le bureau de Claude Guéant était au premier étage à côté de l'appartement du ministre de l'Intérieur. C'est faux! Le bureau du directeur de cabinet, Claude Guéant ou un autre, a toujours été au rez-de-chaussée, et au premier étage il n'y a aucun autre bureau que celui du ministre. C'est très facilement vérifiable.

Enfin, il indique être passé au ministère de l'Intérieur aux alentours du 27 janvier 2007 précisant qu'il n'avait pas rendez-vous avec Claude Guéant. Mais il n'avait pas non plus rendez-vous avec moi: mon agenda en portera témoignage.

Fort heureusement alors qu'il était porteur d'une mallette, dit-il, contenant 1,5 million d'euros, il dit m'avoir croisé par hasard. Qu'aurait-il fait de cette mallette s'il ne m'avait pas croisé?

Toutes les investigations montrent que je n'ai jamais été un proche de M. Takieddine. Lui-même a déclaré que je ne l'avais jamais reçu à l'Élysée.

Compte tenu de leur absence de crédibilité, les propos de M. Takieddine ne peuvent en aucun cas constituer des indices graves et concordants quand on connaît son passé judiciaire et les multiples déclarations contradictoires qu'il a proférées.

La guerre menée par la coalition internationale en 2011 s'est étalée entre mars et octobre 2011 et elle a duré 7 mois. Durant ces 7 mois M. Kadhafi était en vie, rien ne l'empêchait de livrer les documents, photos, enregistrements, virements que lui-même et ses proches ont indiqués tout au long de ces sept dernières années posséder sans qu'à aucun moment, d'aucune façon, on en voit le début du commencement.

Enfin il me faut terminer par le document MEDIAPART, comble de la manipulation.

Durant ma garde à vue, j'ai versé au dossier le rapport des enquêteurs sur ce document dans le cadre de l'instruction de M. Cros.

Je cite les trois dernières phrases: «La réunion évoquée par cet écrit n'a pas pu se tenir à la date indiquée, ce qui semble confirmer que le contenu pourrait être mensonger. Il existe donc une forte probabilité pour que le document produit par MEDIAPART soit un faux».

Ce n'est pas moi qui le dis, ce sont les enquêteurs dans le cadre d'une procédure parallèle à la vôtre sur une plainte que j'avais moi-même déposée.

Pendant les 24 heures de ma garde à vue, j'ai essayé avec toute la force de conviction qui est la mienne de montrer que les indices graves et concordants qui sont la condition de la mise en examen n'existaient pas compte tenu de la fragilité du document ayant fait l'objet d'une enquête judiciaire et compte tenu des caractéristiques hautement suspectes et du passé lourdement chargé de M.Takieddine.

S'agissant du financement illégal de la campagne 2007, j'ignorais qu'il existât un réquisitoire supplétif du chef de ce délit, y compris au début de ma garde à vue, puisque quand les enquêteurs m'ont présenté les motifs de la garde à vue, ce délit n'y figurait pas.

J'ai fourni aux policiers qui m'ont interrogé une décision de non-lieu définitive sur le chef du délit de financement illégal de parti politique comme de financement illégal de campagne électorale puisque votre collègue M. Gentil avait longuement enquêté sur la campagne 2007, non pas pour savoir si elle avait été financée par les Libyens, mais par Mme Bettencourt.

Je précise que ce n'est pas moi qui ai bénéficié d'un non-lieu pour ce délit puisque je n'avais pas été mis en examen pour cela. Mais ce délit a été écarté par le juge Gentil pour la campagne 2007.

J'ai également communiqué un article commentant ce non-lieu et indiquant qu'en tout état de cause, pour le parquet de Bordeaux, les faits étaient prescrits et ce dès 2013. S'ils étaient prescrits en 2013, que doit-on dire pour 2018?

Les faits dont on me suspecte sont graves, j'en ai conscience. Mais si comme je ne cesse de le proclamer avec la plus totale constance et la plus grande énergie, si c'est une manipulation du dictateur Kadhafi ou de sa bande, ou de de ses affidés, dont Takieddine fait à l'évidence partie, alors je demande aux magistrats que vous êtes de mesurer la profondeur, la gravité, la violence de l'injustice qui me serait faite.

J'ai déjà beaucoup payé pour cette affaire. Je m'en explique: j'ai perdu l'élection présidentielle de 2012 à 1,5%. La polémique lancée par Kadhafi et ses sbires m'a coûté ce point et demi. Le document MEDIAPART ayant été publié entre les deux tours le 28 avril 2012 alors que je me trouvais à Clermont-Ferrand en présence de Brice Hortefeux.

M. Takieddine a toujours affirmé ne m'avoir jamais remis de liquide jusqu'au mois de novembre 2016. Très exactement trois jours avant le plus important débat qui opposait les candidats de la droite à la primaire.

J'ai perdu la primaire et les déclarations de M. Takieddine n'y sont pas pour rien. Déclarations immédiatement postérieures à un article du Monde qui reprenait les déclarations de M. Senoussi devant la Cour pénale internationale, lequel M. Senoussi ne m'apparaît pas être un témoin de moralité s'agissant d'un homme qui a mis en œuvre l'attentat du DC10 d'UTA, qui a coûté la vie à des dizaines de nos compatriotes.

Depuis le 11 mars 2011, je vis l'enfer de cette calomnie.

À ma connaissance aucun élément tangible autre que les déclarations de la famille Kadhafi, du clan, des affidés n'est susceptible d'apporter le moindre crédit à leur propos.

Croyez-vous que si j'avais la moindre chose à me reprocher en la matière, j'aurais été assez bête, assez fou pour m'attaquer à celui qui m'aurait à ce point financé?

Pourquoi prendre ce risque?

Je ne suis pas un intime de Takieddine. J'ai été le chef de la coalition qui a détruit le système Kadhafi et j'ai d'ores et déjà payé un lourd tribut à cette campagne rarement égalée de boue, de calomnies et d'insanités.

Je vous demande avec toute la force de mon indignation de retenir des indices et non pas des indices graves et concordants.

Si dans le cadre de vos investigations ultérieures des éléments dirimants apparaissaient tels qu'ils ne sont pas apparus durant les sept dernières années, vous auriez naturellement toute liberté de revoir votre position.

Dans l'affaire Bettencourt, j'avais d'abord été mis sous le statut de témoin assisté puis mis en examen puis finalement j'ai eu un non-lieu.

Je pense que présenter la demande comme je le fais est quelque chose d'honnête, me paraît conforme à l'attitude que j'ai toujours eue à l'endroit de l'institution judiciaire et de vous-même M. le Président.

Je n'ai jamais cherché à me soustraire à mes obligations dans mes rapports avec mes amis, mes collègues et toutes les personnes citées dans la procédure, vous avez pu voir que je n'ai jamais cherché à influer sur leurs déclarations ou leurs jugements, y compris s'agissant de personnes qui sont mes plus proches collaborateurs encore aujourd'hui.

Et donc je vous demande de retenir, comme la loi vous en donne la possibilité, un autre statut que celui de mis en examen: celui de témoin assisté.

Je m'en remets à l'intime conviction qui est la vôtre sur la sincérité de mes propos et sur la force des arguments que j'ai essayé de présenter devant vous.»

 

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Raymond d'Alenvaire 22/03/2018 18:36

Il y a des précédents, dans l'histoire de la République. À commencer par le cas de Louis XVI, trahi par les "représentants du peuple" - ceux-là même qui, alors qu'ils représentaient déjà le "peuple" dans leur aventure constituante avaient déclaré l'inviolabilité de la personne du roi. La justice républicaine d'alors avait ensuite fait au malheureux Louis toutes les misères possibles en piétinant le droit et le principe même de la justice - et à plus forte injustice - tout droit à une défense quelconque étant donné la nécessité politique (attestée par tous les "Républicains" d'alors et d'aujourd'hui) de l'hallali. Les jours se suivent et se ressemblent. la sauvagerie reprend peu à peu ses droits par une sorte d'écologie politique qui veut que la loi de la jungle se substitue au droit naturel qui exclut de ses principes fondamentaux le faux témoignage, à l'inverse de la pratique la plus répandue en matière judiciaire, médiatique (ce qui revient plus ou moins au même aujourd'hui) sans oublier les us des réseaux socciaux qui pèchent plus par bêtise que par perversité, la perversité étant dans le système pas chez ses passagers plus bêtes que méchants la plupart du temps. Merci donc, cher Scrutateur de mettre à notre disposition "ce que Sarkozy a dit aux juges" et qui nous aide à mieux apprécier - à mieux discriminer, en tous cas - l'essence des accusateurs, qu'ils soient juges, concurrents ou simples faux-témoins. Il semble en tous cas - et sans qu'on sache très bien qui tire quelles ficelles - que l'on s'achemine de plus en plus vers une tournure ubuesque de l'existence, et que la bonne fortune des uns et des autres ne tient plus qu'à la chance ou à la solidité de réseaux sordides dont la pérennité n'est pas plus assurée que celle de la complaisance de la chance envers chacun. Nous prenons tous de l'âge. Toutes ces aventures nous aident à envisager de plus en plus sereinement l'ultime voyage qu'il nous reste à accomplir, le dégoût venant et nous aidant à nous détacher peu à peu des immondices du monde qui vont en croissant et en se multipliant, et en croassant de plus en plus fort sur l'air du son du cor, le soir au fond des bois. Compte tenu de la diligence des principaux acteurs du "bien commun" à chérir tout ce qui exhale le plus léger fumet de pourriture, on se dit qu'il va falloir à Sarkozy des nerfs d'aciers à défaut d'épée, et peut-être à tous ceux qui ont le malheur de déranger parce qu'ils dérogent - y compris sans le vouloir - à un certain ordo mundi, que d'aucuns pourraient appeler caca mundi sans le moindre risque de se tromper..

Xam Cirederf 22/03/2018 12:55

J'ai un grand respect pour l'Homme politique, qui a su redonner du punch en maintes occasions. Comme beaucoup de sa trempe, il a eu la faiblesse de laisser certains décider de questions administratives et cela a été une erreur. Nous en savons quelque chose outre mer et en Guadeloupe notamment. Mais inutile de donner des noms ou de réveiller des rancœurs qui ne serviraient à rien, sinon favoriser celles et ceux qui n'ont qu'une seule visée : détruire l'esprit de la droite démocrate et sociale, et surtout Attachée à la FRANCE . Je partage les émotions de tous ceux qui ont eu à subir ces actes incompris de la part de La Justice, mais ne désespère pas que nous pourrons avant la fin de ce quinquennat reconstituer une VRAIE valeur de droite républicaine et solidaire pour revenir aux affaires du pays.
Laissons alors les crapauds baver, et épargnons nous de les croiser.