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Publié par Edouard Boulogne

Vers les châteaux de l'âme, avec Paul Robeson .
Vers les châteaux de l'âme, avec Paul Robeson .

 

La musique adoucit les mœurs, dit-on souvent. A ce truisme j'objecte qu'elle agrandit l'âme.

La musique ? Cela n'est pas évident. Il suffit pour s'en convaincre d'écouter ce qui nous est offert sous cette étiquette par des esprits tortueux.

Je crois que le musicien n'élève que lorsqu'il est déjà logé en altitude. Et cette altitude se conquiert par un long et patient travail de soi sur soi pour passer du monde des passions et des pulsions obscènes où l'humanité naturelle se complaît, trop souvent ballotté entre des pulsions primitives. Pour cela il faut que nous ayions eu connaissance d'un minimum de principes religieux, spirituels, passés au crible d'une raison critique, ou si vous voulez philosophique. L'ensemble de ces révélations s'appelle l'éducation, un mot qui semble avoir perdu de son sens en ce début du troisième millénaire.

Le chanteur américain Paul Robeson a été éduqué. D'abord par le meilleur de la culture américaine, qui par ailleurs grouille trop souvent de déchets nausébonds. Robeson était pénétré à travers la tradition des negro-spirituels héritée du christianisme protestant d'un amour du beau et du bien.

Peu m'importe qu'à une certaine époque notre chanteur ait adhéré au parti communiste américain. Il n'était pas communiste, mais luttait dans les années 40 et 50 de l'ancien siècle pour la disparition de la ségrégation raciale aux USA, et ceci explique cela.

Par ailleurs Robeson était un artiste chanteur de première force. C'est à ce titre que je vous propose de l'écouter ce matin.

 

Le Scrutateur.

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1 ) Bien oubliée aujourd'hui cette belle musique, et cette voix superbe de basse profonde de Paul Robeson. Il conviendrait de faire connaître cette musique, aux gens en général, aux jeunes en particulier. La musique, la musique ( pas le bruit ) ce guide infaillible vers les châteaux de l'âme :

 

( https://www.youtube.com/watch?v=36hJeMk1PLg )

 

2 ) Cette interprétation n'est pas la meilleure que je connaisse de cet air célèbre. Cela ne tient pas à la voix de Robeson, si émouvante dans sa gravité et sa profondeur émouvante, mais me semble-t-il à cause du fait qu'il n'a pas été conçu par le compositeur pour le piano, mais pour un orchestre important, et pour s'intégrer au centre d'une chorale exaltée, et en allemand avec toute la « métaphysique » propre à cette culture germanique. A cet égard, une anecdote. J'ai eu ( in illo tempore ) comme maître à la Sorbonne le professeur, philosophe et... musicologue ( brillant pianiste aussi ) Vladimir Jankélévitch. Jankélévitch avait, avant la guerre de 1940, consacré une thèse de Philosophie à Schelling. C'était alors un grand germaniste. Vint la guerre. Il était juif, fut d'abord interdit d'enseignement, et dut se cacher pour survivre. Après la guerre, il refusa de continuer dans la filière germaniste. Il prétendait n'avoir plus lu un livre de philosophie allemand ( Heidegger, etc ) depuis la libération. Je l'entend encore nous dire, à propos de la neuvième symphonie " ce n'est pas de la musique, cela, mais de la mauvaise métaphysique". . Je me permis de ne pas le suivre sur ce point. Mais j'ai compris que le philosophe, donc, en principe, l'homme rationnel, avait droit à quelques excuses. Et puis, M. Jankélévitch, "Janké" comme l'appelaient ses étudiants, étaient un peu cabotin. Comme beaucoup de philosophes universitaires.

 

( https://www.youtube.com/watch?v=Lcz4TS51kXI )

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