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Publié par Edouard Boulogne

On voudra bien me pardonner la pauvreté de l'iconographie, due aux ennuis techniques que connait actuellement notre blog.
On voudra bien me pardonner la pauvreté de l'iconographie, due aux ennuis techniques que connait actuellement notre blog.

On voudra bien me pardonner la pauvreté de l'iconographie, due aux ennuis techniques que connait actuellement notre blog.

Je vous adresse , chers lecteurs du Scrutateur tous mes vœux pour l'an neuf, dont une partie se trouve rassemblée dans le poème de notre compatriote Serge Denis, injustement oublié en un temps où la sagesse, au noble sens du terme, est persécutée par sophistes et mécréants.

Il se trouve encore, dans ces quartiers anciens du vieux Pointe-à-Pitre, abandonnés des « responsables » urbains, des lieux rares et privilégiés telle cette caverne d'Ali Baba, dont la gardienne, disons plutôt la fée, fait un lieu d'enchantement sis en la rue de Brissac. Cette petite rue lâ, même, tout près du port, où j'allais vers 1945/46, pour voir de vieux parents, d'origine Marie-Galantaise, ( tonton Bibi et son épouse ) qui y siégeaient en une grande et haute maison de bois à trois étages, surmontés d'un pigeonnier ( sans pigeons ) tout en vitres. A chaque visite, l'enfant demandait à ce qu'on le conduise en cet endroit mystérieux, un bric à brac peuplé d'objet magiques, d'où il pouvait contempler le port de la ville en son état d'alors.

La rue Brissac conserve encore, bien que fort défigurée, un charme étrange pour l'ancien enfant. Comme disait St-John-Perse : « Sinon l'enfance, qu'y avait-il alors qu'il n'y a plus ?

C'est dans la caverne de la fée, où je baguenaude de temps à autre, à la recherche de quelque perle, que j'ai trouvé il y a peu un vieil ouvrage publié en 1936, intitulé Nos Antilles, un recueil ( des Mélanges, comme on dit ) de textes historiques, littéraires, géographiques, philosophiques, etc.

C'est de cet ouvrage que j'extrais ce poème que vous allez lire, je l'espère, plein de sapience oubliée.

Auparavant vous aurez cliqué sur le lien Youtube qui vient. Il m'a intéressé essentiellement parce que dans une « liesse » très actuelle ( donc banale et quelconque ) on peut entendre le son grave d'une cloche. Ecoutez bien. C'est peut-être la dernière fois. Au nom d'un laïcisme forcené, on interdira, de même que les crèches de Noël, ces cloches patrimoniales. Pour ne pas offenser l’Ouïe de , …. , euuh ! de certaines catégories de la population. Je n'ai nommé personne, évitant ainsi la correctionnelle citoyenne.

 

Le Scrutateur.

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La nouvelle année en musique.

 

 

https://www.youtube.com/watch?v=oTDOZUZBmHE

 

 

 

PRIÈRE DU MATIN

Bénédiction du soleil, descendez sur la mer comme vous descendez dans mon cœur,

Sur la mer luisante et lisse de mon pays

Qui accueillit Colomb et ses caravelles,

Et ses hommes épuisés qui sentaient le goût du sel dans leur âme,

Ainsi qu’une fiancée aux longues nattes accueille son fiancé.

Devant moi sont les Isles, comme on disait autrefois,

Les Isles, jamais lasses d’être couchées dans l’océan, nuit et jour :

Celle-ciqui est si longue, vers l'orient

A nom Marie-la-Gracieusetelle que le Génoisla baptisa ;

Puis j'apperçois Les Saintes, toutes bossues,

Et le fidèle Pain de Sucre montant la garde devant elle ;

 

Derrière c’est la Dominique, riche en citrons,

Où, dans sa maison aux Abeilles, chante un grand poète créole.

Soleil, mon ami, bénissez ces choses;

Bénissez cette mer qui dit vos justes louanges,

Cette voile là-bas, lointaine comme un astre;

Bénissez cette terre des épices,

Ces montagnes qui regardent aux fenêtres du ciel,

Et ces fruits lourd-gonflés qui empêchent les petits enfants

noirs de mourir de faim.

Soleil, mon bon soleil,

Protégez les récoltes,

Les palmiers qui s’éventent comme de belles demoiselles,

Les cannes à sucre qui font vivre les planteurs,

Et ces arbres à pain providentiels

Dont la feuille ressemble à celle de l’acanthe,

De même que ce pays rappelle l’antiquité (1).

Soleil, mon cher Soleil,

Faites mûrir les choses humbles et saines qui poussent ici;

Ces bananes dociles,

Ces ignames rudes et tendres,

Ces pommes-lianes élastiques

Et les pensées qui poussent dans la tête de ce poète.

Soleil, médecin des pauvres,

Protégez-nous de la fièvre au teint jaune,

Des terreuses maladies,

Et des cierges qui brûlent en plein jour.

Eloignez de nous la jalousie,

Les mauvaises pensées,

Et tous maux du corps et de l’âme

Depuis cette heure où je vous vois

Jusqu’à celle de Midi le glorieux,

Jusqu'à celle où les lentes fumées du soir montent vers Vesper> comme de belles prières mauves!

 

Serge DENIS .

 

 

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Xam Cirederf 01/01/2018 13:34

Comme c'est agréable de lire ou relire ces vers qui sont la preuve de l'intelligence de ceux que l'on va maintenant appeler "les anciens", alors que moi je préfère "nos aînés".
Mais hélas, ceux qui se croient les "modernes" ou les "in" ne savant pas trouver le trésor dans la lecture de tels poèmes, car leur culture (???) les écarte du réel et du prodigieux, pour les entrainer vers l'illusoire et le bling bling.
Mais Cher Scrutateur BONNE ANNEE et que dure longtemps encore ce plaisir de te lire. Fidèle amitié.