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Publié par Edouard Boulogne

Jeannette Bougrab.

Jeannette Bougrab.

Merci au lecteur qui me communique cet article et cet entretien publiés dans la dernière édition du Figaro. En deuxième partie de ce dossier on s'instruira utilement en regardant le film relatant le massacre de Mélouza par les forces du FLN islamique. ( LS ) .

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VOX
Vox Societe

Par Alexandre Devecchio
Mis à jour le 02/10/2017 à 21h04 | Publié le 02/10/2017 à 19h14

FIGAROVOX/ENTRETIEN - Le modus operandi du terroriste présumé qui a
tué deux jeunes femmes à Marseille est particulièrement inquiétant,
juge l'essayiste*.

LE FIGARO. - Un attentat a eu lieu, dimanche, à la gare Saint-Charles
à Marseille. Deux femmes ont été tuées…

Jeannette BOUGRAB. - L'horreur à l'état brut! Viser les femmes par
égorgement et éventration, comme dans les montagnes de Blida, en
Algérie, dans les années 1990, n'est pas anodin. Cela a une
signification politique. Selon Ali Harb, un philosophe libanais, la
violence dans l'islam est démultipliée parce que sa doxa religieuse se
structure autour de deux notions: la pureté et la souillure. Dans
l'islam, les femmes sont considérées comme impures. S'attaquer aux
femmes, c'est répondre à une lecture littérale du Coran. Lorsque la
communauté internationale s'est indignée des viols commis par l'État
islamique, leurs dirigeants ont objecté qu'ils répondaient à une
prescription: «Chacun doit se rappeler que réduire en esclavage les
familles kuffars et prendre leurs femmes comme concubines est un
aspect fermement établi par la charia. Et qu'en le niant ou le
moquant, on nierait ou on moquerait les versets du Coran.» Même une
femme musulmane n'existe pas seule. Mariée, on la soupçonne d'exciter
les instincts masculins. Aussi doit-elle se cacher sous des voiles
plus ou moins intégraux. Quant à l'égalité à laquelle le droit
français nous a habitués, elle n'existe pas dans les pays musulmans.
La femme est par nature inférieure. Le plus inouï, c'est qu'il y a des
féministes françaises pour le justifier. Comment leur prose peut-elle
être publiée dans des journaux qui hissent la cause des femmes comme
étendard?

On mesure le degré de civilisation d'un pays à son respect des femmes.
Or, on assiste en France à une escalade: des femmes sont chassées des
rues et des cafés et désormais égorgées et éventrées. Ce qui me glace
le sang au lendemain de cette boucherie de Marseille, c'est le
tournant symbolique très important que cela amorce. On pensait que
cette barbarie s'arrêterait aux frontières de l'Algérie, de l'Irak ou
de la Syrie. Aujourd'hui, elle touche la France. Demain d'autres
femmes se feront assassiner dans des conditions atroces. Il faudrait
descendre dans la rue pour crier que meurtrir les femmes, c'est
meurtrier le corps même de la France.

«Ce qui me glace le sang au lendemain de cette boucherie de Marseille,
c'est le tournant symbolique très important que cela amorce»

Jeannette Bougrab

Depuis 2015, on ne compte plus ce type d'attentats. Assiste-t-on à une
banalisation? Une résignation?

Il suffisait de regarder dimanche les chaînes d'information: cette
barbarie inouïe était reléguée au second plan par rapport à la
Catalogne. Plus que de la résignation ou de la banalisation, il faut
parler de déni. On n'ose pas nommer le mal de peur d'être accusé de
racisme ou d'«islamophobie». L'égorgement et l'éventration de ces
femmes me rappelle le début des violences du FIS en Algérie à la fin
des années 1980 et le discours de François Mitterrand qui expliquait
ces violences par l'absence de processus démocratique dans ce pays. À
l'époque, les élites françaises n'ont pas voulu voir la réalité dans
sa monstruosité. Cela s'est soldé par 300.000 morts en 10 ans. De
même, après les émeutes de banlieue en 2005, on expliquait qu'à
Marseille, il y avait un modèle d'intégration qui fonctionnait, un
vouloir vivre ensemble à travers l'identité marseillaise. Et on se
rend compte aujourd'hui qu'aucune partie du territoire national n'est
protégée de la barbarie islamiste.

Dans votre nouveau livre, vous faites un parallèle avec la guerre
d'Algérie. Pourquoi?

La guerre d'Algérie a représenté un tournant car la terreur a été
semée délibérément dans la population civile. Les combattants du FLN
s'attaquaient aussi bien aux soldats qu'aux enfants et même aux femmes
enceintes. Le terrorisme contemporain puise pour partie ses origines
dans la guerre d'Algérie, plus précisément dans la dimension
religieuse de la lutte pour l'indépendance - dimension longtemps
occultée au profit de la seule dimension nationaliste à laquelle elle
ne se réduisait pourtant pas. En 2016, dans un livre courageux, Jean
Birnbaum, homme de gauche, a critiqué sa propre famille politique pour
ce qu'il appelle son «silence religieux». À ses yeux, la gauche refuse
d'admettre le fondement religieux des attentats frappant la France de
peur de susciter un amalgame entre islam et terrorisme qui pourrait
faire le jeu du Front national. Selon lui, ce réflexe quasi pavlovien
trouve son explication dans les non-dits de la guerre d'Algérie dont,
en particulier, l'occultation de la nature réelle du FLN, à savoir
l'enracinement de ce mouvement dans la foi islamique. «La révolution
algérienne est fondée et bâtie sur le respect des principes de
l'islam», proclamait à l'époque le FLN. Ce mouvement imposait à ses
combattants un rigorisme religieux: interdiction du tabac, de
l'alcool, des jeux d'argent et nez coupé à ceux qui étaient surpris en
train de fumer pendant le ramadan! De crainte de disqualifier ce
mouvement politico-militaire indépendantiste, la gauche a préféré
taire la dimension religieuse du nationalisme algérien. Pourtant une
violence qui s'exerce au nom de Dieu n'est pas n'importe quelle
violence. Elle est loin d'être anodine. Nous sommes les héritiers de
ce non-dit.

Que faire alors pour éviter que l'histoire ne se répète?

Il y a des choses très concrètes à faire au-delà des incantations.
Comment se fait-il qu'un jeune délinquant, qui a tenté à plusieurs
reprises d'aller en Syrie, soit remis en liberté avec un bracelet
électronique et qu'il puisse, sans être inquiété, aller égorger le
père Hamel dans une église? Que faisait sur le territoire le Tunisien
qui a assassiné ces deux jeunes femmes à Marseille? Non seulement il
était en situation irrégulière, mais également connu des services de
police! Ce genre de cas ne devrait pas exister. Il faut, au nom du
principe de précaution, pouvoir priver de liberté toute personne liée
de près ou de loin à une organisation terroriste. Nous devons réduire
le pouvoir d'appréciation des juges qui sont susceptibles de remettre
en liberté des individus radicalisés. Cela demande un changement de
mentalité de la part des magistrats. Par ailleurs, comme le juge
Trévidic lui-même le dit très bien, les textes juridiques ne sont plus
adaptés à la situation. Et ce qui est dramatique en France, c'est
qu'il y a toujours une explication pour justifier et dédouaner les
auteurs d'attentats ou les islamistes qui nourrissent le terrorisme.
Lorsque Danièle Obono, députée de Paris (Les Insoumis), explique qu'un
chauffeur RATP qui refuse de conduire un bus après une femme n'est pas
nécessairement radicalisé, mais peut être simplement «sexiste», elle
se fait l'idiote utile, pour ne pas dire la complice, des islamistes.
De même que les dix-neuf intellectuels supposés qui, dans Le Monde,
ont mené la charge contre Kamel Daoud, coupable d'avoir dénoncé la
misère sexuelle du monde musulman - intellectuels qui excusaient les
auteurs des agressions sexuelles de Cologne. Depuis Sartre, cette
«complicité» est propre à l'intellectuel de gauche de
Saint-Germain-des-Prés ou d'ailleurs. Jadis, Alain Badiou a salué
l'arrivée des Khmers rouges à Phnom Penh, qui ont causé la mort de
deux millions de personnes. Aujourd'hui, les intellectuels français
devraient s'instruire auprès des intellectuels de culture musulmane
qui ont subi l'horreur de la guerre civile en Algérie: Kamel Daoud,
mais aussi Boualem Sansal, qui malgré les menaces sur sa vie ne se
laisse impressionner ni par les imams qui appellent au meurtre, ni par
les meneurs d'une certaine gauche française qui a corrompu le
mouvement antiraciste pour en faire un outil d'oppression.

* Vient de publier «Lettre d'exil: la barbarie et nous» (Editions du
Cerf, 2017, 224 p., 18 €).

Cet article est publié dans l'édition du Figaro du 03/10/2017.

La rédaction vous conseille :

Fanatisme religieux: le coup de gueule d'un principal de collège
Kamel Daoud: «L'exploitation de la colonisation de l'Algérie doit cesser»
Jérôme Fourquet: la nouvelle guerre d'Algérie aura-t-elle lieu?

Alexandre Devecchio
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Journaliste au Figaro et responsable du FigaroVox. Me suivre sur
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( II ) Le massacre de Mélouza en Algérie.

 

Pour compléter le propos de Jeannette Bougrab, nous publions ce film relatant le massacre de Mélouza pendant la guerre d'Algérie, nous publionsce film sur le massacre de Mélouza pendant la guerre d'Algérie. On comprendra en regardant, écoeuré ces images terribles, pourquoi le propos d'Emmanuel Macron sur les crimes contre l'humanité perpétré par la France comme une sinistre manifestation d'humour noir de ce jeune homme qui, hélas, à l'époque n'était pas né. ( Le Scrutateur ).

 

 

http://memoireharkidenantes.weebly.com/massacre-melouza.html

2 et 3 ) L'égorgement rituel en Islam. 4 ) Cadavres de victimes du FLN, à Mélouza pandant la guerre d'Algérie.
2 et 3 ) L'égorgement rituel en Islam. 4 ) Cadavres de victimes du FLN, à Mélouza pandant la guerre d'Algérie.

2 et 3 ) L'égorgement rituel en Islam. 4 ) Cadavres de victimes du FLN, à Mélouza pandant la guerre d'Algérie.

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