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Publié par Edouard Boulogne

Histrionisme pervers à la télévision française.
Histrionisme pervers à la télévision française.

Je lis ce matin le commentaire d’une amie facebook, sur un de ces faits divers gravissimes, dont est constellée notre vie quotidienne dans l’indifférence apparente des pouvoirs publics. L’amie commente de deux mots « France pourrie ». Je corrige en écrivant : «  non pas la France pourrie, mais l’intelligentsia pourrie, méthodiquement et sciemment coprophage  »

Cet article comporte deux parties d’illustration.

( I ) La première est la lecture d’un lien informatique(https://www.youtube.com/watch?v=RBq8QGKauuo ) mettant en scène quelques journalistes qui critiquent, ou taillent en pièces, la récente émission d’On n’est pas couché, où Christine Angot, la même « folle » furieuse  qui s’y prit comme on sait pour tenter de déstabiliser François Fillon pendant la récente campagne électorale présidentielle(https://www.youtube.com/watch?v=s526NgkbhvA ) crée un esclandre en pleine émission, faisant fondre en larmes Sandrine Rousseau, par l‘extrême violence de sa charge, avant de quitter le plateau avec violence sous les protestations vives d’un public écoeuré.

Je ne publie pas cette émission à cause de son supposé intérêt, mais parce qu’elle met en scène quelques membres de la faune qui s’y exprime et qui ayant l’air de se démarquer d’Angot et de son patron l’écoeurant Laurent Ruquier, l’homme qui jouit de lui-même à flux continu, n’y trouvent qu’un moyen de se mettre en valeur, tout en tapant sur la concurrence.

Mon intention est de MONTRER le milieu médiatique qui, le sachant/ne le sachant pas, contribue à pourrir les téléspectateurs par l’odieux qui caractérise la plupart des spectacles destinés au grand public, et particulièrement à la jeunesse.

Donc voici l’émission, que je présente comme une séances de travaux pratiques

La deuxième partie est une sorte de séance d’études de déontologie journalistique : (https://www.youtube.com/watch?v=RBq8QGKauuo ).

 

( II ) La démonstration par … Dostoïevski.

 

Notre société, occidentale, et pas seulement française est l’objet d’une tentative de destruction ( déconstruction, comme ils disent ) qui a commencé depuis longtemps, et même depuis la fin du XVIII ème siècle, en phases successives, avec périodes de rémission, suivies de rechutes très graves.

Ainsi en Russie, dans la deuxième partie du XIX ème siècle où des groupes de nihilistes préparent méthodiquement la Révolution comme ils disent avec un R majuscule.

Dostoievski, un immense écrivain a analysé cette méthode de destruction destinée à la préparation du Grand Soir, qui a débuté en 1917 pour ne terminer dans sa phase communiste qu’en 1991.

J’étais encore adolescent quand je lus le grand roman où il décrit la méthode. La traduction que je lus adoptait le titre des Possédés. Il vient d’en paraître une nouvelle, que j’achève, encore plus pertinente à mes yeux sous le titre Les Démons ( Livre de poche ).

Je ne résumerai pas ces 884 pages, laissant le soin au lecteur passionné ( il en reste certainement ) de le faire.

Je publie seulement ci-dessous deux extraits tout à fait suggestifs.

Une réunion des militants ( les démons ) a lieu. Le théoricien du groupe explique l’état de la société sapée à la base depuis des années par les « déconstructeurs ».

Le lecteur intéressé pourra comparer le projet, à l’étape où il en est du  sabordage de sa propre civilisation.

Il est presque impossible de ne pas noter la concordance de ce qu’il décrit avec l’état de la vie quotidienne en notre année 2017.

Je ne propose pas cette méditation pour décourager où pour le seul plaisir d’éveiller à la lucidité. Mon intention est celle d’un combattant qui méprise et hait le pessimisme, et ceux qui s’y complaisent.

 

Le Scrutateur.

 

( I ) « Tout à coup, il lui baisa la main. Stavroguine frissonna ; effrayé, il retira sa main. Ils s'arrêtèrent tous deux.

-  Il est fou ! chuchota Stavroguine.

-  Il se peut que j'aie le délire, reprit l'autre précipitamment, mais j'ai imaginé la première étape. Moi! Jamais Chigalev ne le pourrait! Il n'y a en Russie qu'un seul homme qui a su imaginer ce que devait être cette première étape et qui sait comment l'organiser. Je suis cet homme. Pourquoi me regardez-vous ? J'ai besoin de vous, vous m'êtes nécessaire, sans vous je suis un zéro. Sans vous, je suis pareil à une mouche, à une idée dans une cornue, à un Colomb sans Amérique.

Stavroguine, immobile, regardait fixement ses yeux déments.

Écoutez, nous commencerons par provoquer des troubles, dit précipitamment  Verkhovensky,  saisissant  à  chaque instant la manche de Stavroguine. Je vous l'ai déjà dit : nous pénétrerons au plus profond du peuple. Savez-vous que nous sommes terriblement forts? Les nôtres, ce ne sont pas seulement ceux qui brûlent et égorgent. Ceux-là ne font que nous gêner. Je ne conçois rien sans discipline. Je suis un gredin et non un socialiste, ha-ha! Écoutez, je les ai tous dénombrés : le maître d'école qui rit avec les enfants de leur Dieu et de leur berceau est des nôtres. L'avocat, qui défend un assassin instruit en disant qu'il est plus cultivé que ses victimes et ne pouvait faire autrement que de tuer pour se procurer de l'argent, est des nôtres. Les écoliers, qui ont tué un paysan pour éprouver les sensations qu'apporte le meurtre, sont des nôtres. Les jurés, qui acquittent les criminels, sont des nôtres.

Ajoutez à cela les administrateurs, les écrivains, et ils sont nombreux. D'autre part, l'obéissance des écoliers et des nigauds est absolue ; les éducateurs sont gonflés de fiel ; partout règne une vanité démesurée, un appétit bestial... Savez seulement de quelle aide nous seront les idées toutes faites? Lorsque je partis d'ici, la thèse de Littré, d'après laquelle tout crime est une anomalie mentale, faisait rage ; je reviens et je vois que le crime n'est plus une anomalie, mais l'expression même 'du bon sens, presque un devoir, tout au moins une noble façon de protester. « Comment un homme cultivé ne tuerait-il pas s'il a besoin d'argent? » Mais ce n'est encore qu'un début. Le Dieu russe avoue déjà son impuissance devant l'eau-de-vie à bon marché. Le peuple est soûl, les mères sont soûles, comme les enfants, les églises restent vides et l'on entend dans les tribunaux : « Tu auras deux cents coups de verge ou alors apporte un seau de vodka. » Laissez donc cette génération grandir. Dommage qu'on ne puisse pas attendre qu'ils soient tous encore un peu plus ivres.

— Il  est  dommage  aussi  que  nous  soyons  devenus   bêtes, murmura Stavroguine.

— Écoutez, j'ai vu un enfant de six ans ramener à la maison sa mère ivre qui lui lançait des injures. Croyez-vous que je m'en réjouisse? Quand ils seront entre nos mains, peut-être les guérirons-nous... Mais une ou deux générations de débauchés nous sont indispensables ; une corruption inouïe qui transforme l'homme en un déchet ignoble, peureux, cruel et égoïste : voilà ce qu'il nous faut. Et encore un peu de « sang frais », pour qu'il s'y habitue. Pourquoi riez-vous? Je ne me contredis pas. Je ne contredis que les philanthropes et la Chigalevstchina, et non pas moi-même! Je suis un filou et non un socialiste. Ha-ha-ha! Dommage seulement que nous ayons si peu de temps. J'ai promis à Karmazinov de commencer en mai et de finir pour octobre. Ha-ha! Savez-vous ce que je vous dirai, Stavroguine? Jusqu'à présent, le cynisme a toujours été étranger au peuple russe, malgré ses jurons grossiers. Savez-vous que le serf se respectait davantage que ne se respecte un Karmazinov ? On le battait, mais il défendait son Dieu.              j

—  Verkhovensky, c'est la première fois que je vous écoute, et je le fais avec surprise, dit Nikolaï Vsévolodovitch, vous ne seriez donc pas socialiste, mais quelque... politicien ambitieux?

—  Un filou, un filou. Vous cherchez à savoir qui je  suis? Je vous le dirai, c'est à cela que je veux en venir! Ce n'est pas pour rien que j'ai baisé votre main ». ( ….. ).

( II ) « J'ai déjà fait allusion à l'apparition chez nous de toute sorte de vilaines gens. Aux époques de troubles1 ou de transition, des vilaines gens surgissent toujours et partout. Je ne parle pas de ceux qu'on appelle « l'avant-garde », qui se hâtent toujours de devancer tous les autres (c'est là leur principal souci) et qui ont un but, très souvent on ne peut plus stupide mais tout de même plus ou moins défini. Non, je ne parle que de la racaille. En toute période de transition, on voit surgir cette racaille qui existe dans toute société et qui, elle, non seulement n'a aucun but mais est même dépourvue de toute trace d'idée et s'efforce uniquement d'exprimer l'inquiétude et l'impatience. Cependant, à son insu, cette canaille tombe presque toujours sous la coupe de la petite bande des « avancés » qui agissent dans un dessein déterminé, et c'est cette bande qui dirige toute cette poussière comme elle veut, pour peu qu'elle ne se compose pas elle-même de parfaits idiots ; ce qui au demeurant arrive aussi. On dit chez nous, maintenant que tout est passé, que Piotr Stépanovitch était aux ordres de l'Internationale, et Julie Mikhaïlovna aux ordres de Piotr Stépanovitch, Julie Mikhaïlovna à son tour dirigeant la racaille suivant les ins­tructions de celui-ci. Les plus solides de nos têtes s'étonnent aujourd'hui d'avoir subitement pu se montrer si peu à la hauteur alors. En quoi consistait chez nous la période troublée et vers quoi il y avait transition, je l'ignore et je pense d'ailleurs que personne ne le sait, sauf peut-être certains étrangers à notre ville qui séjournent ici. Et pourtant les individus les plus abjects avaient soudain pris le dessus, s'étaient mis à critiquer ouvertement tout ce qui est sacré, alors qu'auparavant ils n'osaient même pas ouvrir la bouche, et les personnages éminents, qui jusque-là tenaient si heureusement le haut du pavé,' se mirent soudain à les écouter tout en se taisant eux-mêmes ; tandis que certains riaient en approuvant de la manière la plus honteuse. Des Liamchine, des Teliatnikov, des propriétaires terriens Tentetnikov, de morveux Radichtchev du cru1, de petits juifs au sourire douloureux mais arrogant, des voyageurs grands rieurs, des poètes à tendance venus de la capitale, des poètes chez qui la blouse et les grosses bottes tenaient lieu de tendance et de talent, des majors et des colonels qui se moquaient de l'inanité de leur métier et, pour un rouble de plus, étaient prêts à dégrafer aussitôt leur épée et à filer pour se faire scribouillards aux chemins de fer ; des généraux passés avocats ; des intermédiaires évolués, des marchands en train d'évoluer, d'innombrables séminaristes, des femmes qui figuraient le problème féministe - tout cela avait soudain pris complètement le dessus chez nous, et sur qui donc ? Sur le club, sur des dignitaires, sur des généraux à jambe de bois, sur la société la plus collet monté et la plus inabordable de nos dames. Dès l'instant que Varvara Pétrovna elle-même, jusqu'à la catastrophe avec son fils, fut presque aux ordres de toute cette racaille, la folie d'autres de nos Minerve est en partie excusable. À présent, comme je l'ai déjà dit, on met tout sur le compte de l'Internationale. Cette idée s'est si bien ancrée que c'est ainsi qu'on explique les choses même aux gens du dehors (venus nombreux chez nous). Récemment encore, le conseiller Koubrikqv, un homme de soixante-deux ans, commandeur de Saint-Stanislas, se présenta sans aucune sollicitation aux autorités et d'une voix pénétrée déclara que, pendant trois bons mois, il avait sans aucun doute été sous l'influence de l'Internationale. Mais lorsque, avec tout le respect dû à son âge et à ses mérites, on l'invita à s'expliquer d'une façon plus satisfaisante, quoiqu'il ne pût présenter aucune preuve à l'appui de ses déclarations sauf à affirmer qu'il « l'avait senti par tous ses sens », il n'en maintint pas moins fermement ses dires, si bien qu'on cessa de l'interroger.

Je le répéterai encore une fois. Il restait chez nous" un petit nombre de gens prudents qui s'étaient dès le début tenus à l'écart et même enfermés à clef chez eux. Mais quelle serrure résisterait à une loi de la nature ? Dans les familles les plus prudentes, des jeunes filles n'en continuaient pas moins à grandir à qui la danse est indispensable. Et c'est ainsi que toutes ces personnes finirent par souscrire elles aussi au profit des institutrices. Le bal s'annonçait en effet si brillant, si inouï ; on en disait merveille ; le bruit courait qu'il y aurait des princes à lorgnette, dix ordonnateurs, tous jeunes cavaliers avec un nœud de rubans à l'épaule gauche, on ne sait quels animateurs de Pétersbourg ; on disait que Karmazinov, pour augmenter la recette, avait accepté de lire « Merci » en costume d'institutrice de notre province ; qu'il y aurait un « quadrille de la littérature », également tout en costumes, et que chaque costume figurerait une tendance. Enfin, en costume aussi, on danserait on ne sait quelle « honnête pensée russe » - ce qui à soi seul était une véritable nouveauté. Comment donc n'aurait-on pas souscrit ? Tout le monde souscrivit. ».

 

 

 

Histrionisme pervers à la télévision française.
Histrionisme pervers à la télévision française.
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castets 07/10/2017 07:01

Bonjour Mr Boulogne,
L'observation de la nature nous apprend beaucoup sur les prédateurs , Serre illustre parfaitement que l'Homme est un loup pour l'Homme.
http://serre-humour.com/local/cache-gd2/2d/092fc21d4429b763c273623a2db5c6.jpg?1292156035
Nos " Elites " du petit écran pourraient pour notre bonheur se porter volontaire comme passager expérimental dans la recherche spatiale, c'est mon côté écolo de la purification de l'air !
Belle démonstration de l'entreprise de démolition en cours.
Bonne journée, cdlt Cjj.