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Publié par Edouard Boulogne

Faute de trouver sur Internet une photographie satisfaisante de M. Georges Trésor j'ai choisi de publier, en tête d'article, cette affiche sur Victorinos. Il s'agirait, si j'en crois certains, du premier logo du Macte, considéré par ses concepteurs comme la quatrième des grandes pyramides. Les trois autres se trouvant, comme on sait en Egypte. Sur l'image on peut même, à droite, et en bas distinguer une image du pharaon Victorinos, grand monarque, assez dépensier, dont on a trouvé le sarcophage vide, sans qu'on puisse déterminer si ce vide s'explique par une tentative de vol par des pillards, ou d'une effraction par le supposé défunt qui aurait pu être en état de catalepsie, au moment de son inhumation.  Au dernier moment en 2015, au moment de l'inauguration par le grand Hollande 1er, on a changé le logo, et l'a remplacé par de vulgaires photographies que tout le monde connait.  Je crois en vérité que le document VICTORINOS pourrait être une forgerie de certains graphistes facécieux. L'histoire ( avec un « e » minuscule ), nous dira peut-être ce qu'il en est.
Faute de trouver sur Internet une photographie satisfaisante de M. Georges Trésor j'ai choisi de publier, en tête d'article, cette affiche sur Victorinos. Il s'agirait, si j'en crois certains, du premier logo du Macte, considéré par ses concepteurs comme la quatrième des grandes pyramides. Les trois autres se trouvant, comme on sait en Egypte. Sur l'image on peut même, à droite, et en bas distinguer une image du pharaon Victorinos, grand monarque, assez dépensier, dont on a trouvé le sarcophage vide, sans qu'on puisse déterminer si ce vide s'explique par une tentative de vol par des pillards, ou d'une effraction par le supposé défunt qui aurait pu être en état de catalepsie, au moment de son inhumation.  Au dernier moment en 2015, au moment de l'inauguration par le grand Hollande 1er, on a changé le logo, et l'a remplacé par de vulgaires photographies que tout le monde connait.  Je crois en vérité que le document VICTORINOS pourrait être une forgerie de certains graphistes facécieux. L'histoire ( avec un « e » minuscule ), nous dira peut-être ce qu'il en est.

Faute de trouver sur Internet une photographie satisfaisante de M. Georges Trésor j'ai choisi de publier, en tête d'article, cette affiche sur Victorinos. Il s'agirait, si j'en crois certains, du premier logo du Macte, considéré par ses concepteurs comme la quatrième des grandes pyramides. Les trois autres se trouvant, comme on sait en Egypte. Sur l'image on peut même, à droite, et en bas distinguer une image du pharaon Victorinos, grand monarque, assez dépensier, dont on a trouvé le sarcophage vide, sans qu'on puisse déterminer si ce vide s'explique par une tentative de vol par des pillards, ou d'une effraction par le supposé défunt qui aurait pu être en état de catalepsie, au moment de son inhumation. Au dernier moment en 2015, au moment de l'inauguration par le grand Hollande 1er, on a changé le logo, et l'a remplacé par de vulgaires photographies que tout le monde connait. Je crois en vérité que le document VICTORINOS pourrait être une forgerie de certains graphistes facécieux. L'histoire ( avec un « e » minuscule ), nous dira peut-être ce qu'il en est.

J'ai peu connu monsieur Georges Trésor, guadeloupéen, historien, universitaire, qui a fait la majeure partie de sa carrière universitaire en métropole.

Je me souviens de lui, au début des années 80, quand il voguait encore dans les eaux du communisme et de l'indépendantisme. Notamment à cette époque ou un piège, tendu dans une salle du lycée de Baimbridge, à celui qui ne signait pas encore Le Scrutateur avait lamentablement échoué. On ne séquestre pas comme çà un scrutateur. J'avais noté l'attitude plus que réservée de M. Trésor, face aux « arguments » fallacieux, du « tribunal révolutionnaire, et y avait vu l'amorce d'une prise de conscience.

Georges Trésor a en effet évolué, sans renier sa vision intérieure, alors déviée.

J'en avais eu confirmation à la publication par lui, en 2009, d'une plaquette Guadeloupe : l'enferment identitaire, aux éditions dérades ( photo ) dont je ne contresignerais pas chaque ligne, chaque pensée, mais que je trouve digne d'attention au sens fort de l'expression.

Certaines de mes relations au Macte, m'ont même affirmé que Georges Trésor avait d'abord refusé d'aller visiter le mémorial ACTe, mais qu'il s'était ravisé, admirant la réalisation sur le plan architectural et artistique. Que par ailleurs sur le « Livre d’or » du Musée mémoriel, il aurait écrit que la scénographie et le contenu sont proprement manichéens, destinés à culpabiliser le public « blanc ». Et aussi, en tant qu’historien, que le fait que des noirs affranchis aient exploité des esclaves noirs en Guadeloupe, -et ailleurs-, est totalement occulté dans le cadre de ce Musée. Où encore qu'aucune référence à la participation active de tribus africaines pour vendre leurs propres captures et esclaves ne semble être évoquée. Pas plus que l’esclavage institutionnel en Méditerranée, organisé par le sultanat d’Alger, qui fit au cours des siècles beaucoup plus de ravages que la traite négrière, jusqu’en Irlande.

Si ces informations sont exactes, il semble que le bourrage de crane effectué consciencieusement, et quotidiennement, notamment sur certains médias relevant du service public ( un de mes amis facebook, faisait semblant de s'étonner, récemment, de que certaines TV ne passaient que des images ou films sur l'esclavage : Victoria ( en 7 ou 8 épisodes. Nous en étions hier au 6 ème, ou rediffusion du feuilleton américain Racines. ), que le bourrage de crane, donc, ne soit pas suffisant pour orienter « le sens de l'histoire ».

Ce sont les mêmes relations qui m'ont fait connaître le texte qui suit de Georges Trésor sur la question des réparations. J'y retrouve la pensée ouverte de l'historien que j'avais déjà considérée comme intéressante dans la plaquette que j'évoquais au début de cette présentation.

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 Le Scrutateur.

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 Le problème des réparations de l'esclavage.

 

La réparation répare quoi ?

 

L’idée de réparation est née aux États-Unis où des actions civiles ont été engagées par des associations de victimes pour obtenir réparation des préjudices de l’histoire sur des affaires les plus diverses. Mais depuis la fin de la Deuxième guerre mondiale et en lien avec l’Holocauste, l’idée a trouvé un nouveau support dans la notion de crime contre l’humanité.

Dès lors, la possibilité d’élargissement de cette notion à tous les crimes de l’histoire, dont l’esclavage et la colonisation, tombait logiquement sous le sens.

C’est sans doute parce qu’ils ont été confrontés à cette évidence que les parlementaires français ont voté à l’unanimité en mai 2001 la loi dite Taubira « tendant à la reconnaissance de la traite et de l’esclavage en tant que crime contre l’humanité ». Mais, contre toute attente, cette loi de reconnaissance va constituer une ressource juridique permettant à des descendants des victimes de l’esclavage et de la colonisation de faire valoir leur droit à réparation à cause des conséquences sur leur existence présente des préjudices subis par leurs ancêtres. C’est dans cette perspective que des Martiniquais et des Guadeloupéens vont se regrouper au sein du Mouvement International pour les Réparations (MIR) afin d’assigner l’État français.

Il faut y voir une manifestation, entre autres, d’une mobilisation des esprits autour d’un sujet qui ne cesse d’alimenter controverses et polémiques, mais qui n’est pas pour autant dénué de fondement. La demande de réparation de l’esclavage a une incontestable légitimité juridique et morale. Dans une première mouture, la loi Taubira envisageait d’ailleurs dans son article 2 d’instaurer « un comité de personnes qualifiées chargées de déterminer le préjudice subi et d’examiner les conditions de réparation dues au titre de ce crime ». L’article a été rejeté et la loi fut votée en tant que loi mémorielle, sans créer de norme juridique. Toutefois, le crime contre l’humanité étant imprescriptible, aucun obstacle juridique ne s’oppose à une assignation de l’État français. Quelles que soient leurs motivations, on ne peut donc reprocher aux partisans de la réparation de s’être engouffrés dans la brèche. D’autre part, on ne peut non plus dissocier l’idée d’une demande de réparation de l’actualité d’une souffrance morale vécue par de gens victimes de discriminations et de vexations parce qu’ils ont le tort d’avoir des ancêtres esclaves noirs.

Cela dit, malgré ces justifications, l’aboutissement positif d’une action civile en demande de réparation de l’esclavage nous paraît très improbable. En premier lieu, cette action s’appuie sur une loi mémorielle ayant une dimension performative et non normative : elle ne prévoit pas de mécanisme de sanction ou d’indemnisation au demeurant très complexe à évaluer quantitativement. En deuxième lieu, le fait incriminé est relativement éloigné dans le temps ; aussi bien les responsables que les victimes directs du crime contre l’humanité sont tous morts depuis très longtemps. Sans compter qu’en matière notamment de traite négrière et d’esclavage, il est très difficile de dégager une responsabilité unique. Ces considérations plus ou moins « techniques » ne visent pas à disqualifier une cause, mais force est de constater que c’est surtout autour d’elles que se cristallise un débat s’épuisant depuis des années dans d’interminables controverses sur la faisabilité ou non des réparations.

L’objet de ma réflexion n’est pas d’intervenir à ce niveau du débat. Ce qui m’intrigue, c’est pourquoi la demande en réparation de l’esclavage insiste à ce moment précis de notre histoire, comme si la dimension traumatique de notre passé qui la justifierait, s’était soudainement révélée à notre conscience ?

En fait, ce surinvestissement dans le passé ne traduit pas un état d’esprit propre aux descendants des victimes de l’esclavage. D’une certaine façon, il s’inscrit dans un mouvement plus large de ce qui ressemble à un glissement du genre humain vers une nouvelle représentation de l’histoire. Les hommes sont les seuls êtres dans ce monde à avoir pleinement conscience des trois dimensions du temps : passé, présent et avenir. Dans cette tripartition l’avenir est sans doute le lieu de l’espérance, de l’accomplissement. Le lieu d’une promesse d’émancipation collective longtemps portée par la croyance en une histoire « en train de se faire » dans le sens du progrès. Aujourd’hui, le surinvestissement dans le passé traduit un retournement. Il est la réponse à des formes d’angoisse collective liée à l’état actuel d’un monde dans lequel il est difficile de se projeter positivement dans le futur.

L’avenir est devenu un problème. Dans ce contexte, la demande en réparation de l’esclavage devant la justice insère d’une certaine façon le passé dans une fonction cathartique. Mais dans la mesure où il est impossible de faire comparaître devant une juridiction pénale des individus accusés d’un crime contre l’humanité déjà décédés, la punition comme objectif perd tout son sens dans la démarche. Cependant, la responsabilité trouvant son fondement dans la causalité, il y a un indéniable lien de causalité entre le préjudice subi dans leur existence par les descendants d’esclaves et la mise en esclavage de leurs ancêtres. Il s’agit donc, selon le principe de continuité de l’action publique, d’exiger la réparation symbolique et/ou matérielle de ce préjudice en rendant responsable l’État français pour avoir en son temps couvert de son autorité politique et juridique un crime contre l’humanité.

Mais dans ce type de procès, c’est sur la victime et non sur l’accusé que se concentrent les éléments du débat. C’est elle qui doit apporter la preuve du préjudice. Ce qu’elle fait généralement en mobilisant surtout les ressources d’une mémoire tragique, quitte parfois à tordre allègrement le cou à la connaissance historique. Mais au-delà de ces considérations, on se heurte à un paradoxe lorsqu’on s’en remet à une justice civile qui ne pourra statuer que sur la dimension matérielle d’une réparation, alors que le préjudice subi est profondément moral. D’une certaine façon, il est demandé à la justice de pallier les manquements de la politique, ce qui manifestement excède ses capacités.

La demande en réparation de l’esclavage est en fait une réponse à un problème politique lié à des situations d’injustices raciales vécues par des descendants d’esclaves et de colonisés.

Dans le cas des « Français d’Outre-mer », ces humiliations de la vie courante administrent la preuve de la difficulté pour eux d’être acceptés comme membre à part entière d’une communauté politique, ou tout simplement d’être reconnus dans leur dignité d’être humain.

Dans cette situation, il faut comprendre la demande de réparation de l’esclavage comme une action volontariste de « reconstruction », passant par le dépassement d’un passé traumatique. Ce que traduit d’une certaine manière le triptyque « reconnaissance, réparation, réconciliation ».

Mais l’ambigüité qui pèse sur le sens de la reconnaissance qu’attendent les victimes ne fait en définitive que préciser la nature politique du problème posé par l’action civile en réparation. À première vue, on pourrait penser qu’il s’agit de reconnaître un crime contre l’humanité. C’est sans doute ce qu’ont fait symboliquement les parlementaires français en votant la loi Taubira. Dès lors, peut-on réparer un tel crime ? Peut-on lui trouver un équivalent financier qui l’effacerait ? Ce serait faire injure à la mémoire de nos ancêtres de le penser. Dans le fond, la reconnaissance dont il s’agit dans cette affaire renvoie tout simplement à des questions liées au regard porté sur des descendants d’esclaves dans une société. C’est une problématique de l’altérité : l’estime de soi vient de la reconnaissance par l’autre.

Toujours est-il que, parallèlement à l’ambigüité qui pèse sur le sens de la reconnaissance, la réparation considérée comme une étape dans la voie de la « réconciliation » n’ouvre pas les mêmes perspectives de dépassement pour tous. Pour les nationalistes en pointe dans ce combat, la réparation est consubstantielle à l’indépendance politique. La réconciliation prendrait alors la forme d’une relation de « peuple » à « peuple » reconnus dans leur égale dignité. Pour les « autres », et Dieu sait s’ils sont divers, la réparation inscrit sa finalité dans une problématique de la citoyenneté. S’inspirant des thèses de la pensée postcoloniale, les adeptes de ce courant en font un enjeu de société par lequel elle serait le point de départ d’un processus de reformulation de la vie en commun abolissant la racialisation des rapports sociaux. Pour certains, cela passe par une « décolonialité » des esprits atteignant aussi bien les descendants des victimes que ceux des colonisateurs. Un projet de déconstruction rendu nécessaire, parce qu’on aurait surtout retenu la violence politique et culturelle de la colonisation, sans prendre la mesure des conséquences sur les rapports inter-ethniques d’une violence épistémique portée par un discours et un savoir du colonisateur ayant ancré dans les imaginaires l’idée d’infériorité du colonisé.

Bref, deux visions du dépassement tout à fait respectables, mais qui paraissent contradictoires dans leur finalité politique. L’une s’inscrivant dans une logique de rupture, l’autre d’intégration. Mais les deux ont en commun de jeter la suspicion sur la générosité des valeurs humanistes et universelles de la République, disqualifiées par les faits. C’est sans doute à partir de cet élément qu’il faut comprendre que la demande de réparation de l’esclavage dans le flou qu’elle entretient, n’est qu’une réponse parmi d’autres, quelquefoistragiques, à une crise profonde de la politique à l’heure du capitalisme mondialisé.

 

Georges Trésor

 

 

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Cher Monsieur Boulogne,

Suite à la publication sur votre blog « le Scrutateur » d’informations que je vous avais fait parvenir, ainsi qu’à quelques amis, je viens apporter une petite correction sur l’attribution des propos que je vous ai relatés.

La portion de texte publiée est la suivante:

"Certaines de mes relations au Macte, m'ont même affirmé que Georges Trésor avait d'abord refusé d'aller visiter le mémorial ACTe, mais qu'il s'était ravisé, admirant la réalisation sur le plan architectural et artistique. Que par ailleurs sur le « Livre d’or » du Musée mémoriel, il aurait écrit que la scénographie et le contenu sont proprement manichéens, destinés à culpabiliser le public « blanc ». Et aussi, en tant qu’historien, que le fait que des noirs affranchis aient exploité des esclaves noirs en Guadeloupe, -et ailleurs-, est totalement occulté dans le cadre de ce Musée. Où encore qu'aucune référence à la participation active de tribus africaines pour vendre leurs propres captures et esclaves ne semble être évoquée. Pas plus que l’esclavage institutionnel en Méditerranée, organisé par le sultanat d’Alger, qui fit au cours des siècles beaucoup plus de ravages que la traite négrière, jusqu’en Irlande."


Je me suis mal exprimé, dans mon propos initial: ce n’est pas Monsieur Georges Trésor qui a libellé le Livre d’Or du Musée mémoriel, mais l’un de mes amis qui m’avait confié ce texte marquant sur « les réparations ». Cet Ami, guadeloupéen descendant d’esclaves, étant lui-même historien et autrefois enseignant à l’Université Antilles-Guyane. Dont je souhaite garder l’anonymat.

Avec mes remerciements pour vos publications, et mon admiration pour l’usage du « non politiquement correct » que vous pratiquez avec bonheur. Ainsi que pour vos sens de l’ouverture d’esprit et de la tolérance, n’hésitant pas à publier des textes écrits par des adversaires politiques d’autrefois.

Veuillez recevoir mes très cordiales salutations,
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