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Publié par Edouard Boulogne

Emmanuel Macron n'a rien de droite, selon Laurent Vauquiez.

Je livre ici la dernière page d'une longue interview accordée à Valeurs Actuelles de cette semaine. Page avec laquelle je me sens en parfait accord.

Vauquiez s'il réussit dans son projet politique, sera-t-il en mesure de redresser la France sans faire de concessions fatales à ses adversaires, notamment à ceux de la « fausse droite »?

Ceux qui en doutent n'ont le choix qu'entre deux solutions :

 

1 ) Descendre dans l'arène et fonder un parti, de purs comme eux-mêmes. Je leur souhaite réussite, et … bien du plaisir.

 

2 ) S'enfermer dans un cloître de moines silencieux.

 

En ce qui me concerne, sans illusions, car tout est difficile en ce moment, c'est le projet Vauquiez qui m'agrée, et que je vais soutenir. En toute liberté comme toujours.

 

Le Scrutateur.

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( ….... ) Quel espace reste-t-il à la droite avec Macron à l'Elysée?

 

Emmanuel Macron n'est en rien de droite, fl peut porter ponctuellement des réformes qui avancent dans une direction que l'on peut soutenir, mais sa philosophie politique n'a rien de droite.

Voilà quelqu'un qui est mal à l'aise avec le mot "nation" : il nous a parlé de la nation start-up, puis de la nation européenne, mais jamais de la nation française. Il porte une vision foncière­ment multiculturelle, il est un apôtre de la mondialisation, n'a pas un mot sur les question de sécurité, a mon­tré tout le mépris dans lequel il tient l'armée par la manière dont il a traité le général Pierre de Villiers...

Son univers, ce sont les élites connec­tées à la mondialisation. Il ne connaît pas les classes moyennes que, nous, nous défendons, les appelle « ceux qui ne sont rien ». Son univers intellectuel n'est pas un univers de droite. Il y a donc un vrai besoin de droite en France, mais à condi­tion qu'on ne dise pas, comme certains, que pour que la droite reparle aux Fran­çais, il faut qu'elle mette le cap sur Macron. Ce serait une profonde erreur.

 

N'est-ce pas l'erreur dans laquelle est tombée la droite pendant la campagne des législatives, où l'on a pu croire que la droite n'était finalement que "Macron moins la CSG"?

 

Oui, je pense que cela a été l'un de nos handicaps. Nous avons fait une profonde erreur, après la présidentielle, en donnant le sentiment de mettre de l'eau dans notre vin. Les électeurs de François Fillon ne nous l'ont pas par­donné et sont partis.

C'est l'exemple même du piège que nous tend Emmanuel Macron : plus rien entre lui et les extrêmes. Pour lui, c'est la meilleure garantie de s'instal­ler durablement au pouvoir. Je ne le laisserai pas faire parce que je crois profondément que derrière lui il y a toute cette idéologie qui est celle des déconstructeurs.

 

Qui sont-ils?

 

Depuis 1968, on a expliqué à la France que pour qu'elle réussisse il fallait qu'elle se déconstruise, qu'elle renonce à ce qu'elle était, qu'elle renie ses valeurs fondatrices. C'est Michel Fou­cault, qui commence à disséquer les institutions disciplinaires; c'est Pierre Bourdieu, qui voit dans toute organi­sation de la société une violence sym­bolique; c'est enfin Derrida, théoricien de cette déconstruction si chère aux élites françaises selon lesquelles, pour réussir dans la mondialisation, il fau-

drait renoncer à ce qui fait l'ADN de notre pays.

Leurs avatars, récents et moins bril­lants, ont été très clairs : c'est Najat Vallaud-Belkacem et son approche de l'éducation nationale, sans aucune forme de transmission; c'est Jacques Attali, qui nous explique que l'arrivée des migrants est une chance ; c'est Emmanuel Macron, qui théorise le fait qu'il n'y a pas de culture française ; c'est Marlène Schiappa, qui dénonce la diffusion de la messe sur France Télé­visions, oubliant juste qu'on est le pro­duit de deux millénaires de construc­tion par le christianisme ; c'est enfin une députée de La France insoumise qui défend le droit de clamer «Nique la France », mais qui se trouve mal à l'aise à l'idée de dire "Vive la France" au micro d'une radio.

Rarement un pays dans l'histoire du monde a mis une telle rage à détruire tout ce qu'il avait construit. Voilà la déconstruction.

 

Vos adversaires se plaisent à faire de vous le chef de file d'une droite identitaire. N'est-ce pas la réalité?

 

Je trouve extraordinaire qu'on puisse considérer cela comme une attaque. Évidemment, je revendique de défendre l'identité française, le travail, l'effort, la transmission, l'assimilation répu­blicaine...

 

Que répondez-vous à Macron, qui pense que Wauquiez à la tête des Républicains, c'est son « assurance réélection » en 2022?

 

Il y a chez Emmanuel Macron beau­coup d'orgueil, de mépris et d'arro­gance. Nous allons lui montrer que la droite est en vie, qu'elle a de l'énergie, qu'une nouvelle génération arrive. C'est une mauvaise nouvelle pour lui, mais une bonne nouvelle pour la France. •

 

Propos recueillis par Geoffroy Lejeune, Raphaël Stainville, Louis de Raguenel, Patricia de Sagazan, Pierre Dumazeau et Bastien Lejeune

 

2l septembre 2017 —

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Xam Cirederf 25/09/2017 02:55

Oh oui j'ai beaucoup apprécié cet interview et ce que je crains, c'est qu'encore des électrons libres et jaloux, ne viennent une fois encore troubler le jeu politique et ramener le chaos dans la droite qui doit et devra sans désemparer se donner tous les moyens de faire une politique , une vraie, de DROITE. Je me reconnais pleinement dans ses objectifs et espère qu'il réussira.