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Publié par Edouard Boulogne

Miss Noire? Miss Blanche, Miss Kako, et autres « maux » du perversement correct. André Quidal enfourche son destrier.

Sous le titre De la condescendance, André Quidal sourit narquoisement, comme toujours. Lisez l'article que j'ai trouvé hier soir sur facebook, et que je reproduis à votre intention. Si « la vérité seule est révolutionnaire » alors l'ami André est l'un des rares révolutionnaires en Guadeloupe.

Pour vous permettre de mieux le connaître, je réédite un premier article sur lui que j'avais publié dans Le Scrutateur, à l'occasion de la sortie de son livre « Debout, enfants de la Guadeloupe ».

 

Le Scrutateur.

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( I ) DE LA CONDESCENDANCE ( I )


Le Petit Larousse illustré définit la condescendance : attitude hautaine et plus ou moins méprisante d’une personne qui accorde une faveur en faisant sentir qu’elle pourrait la refuser. Dans un autre usage, le mot condescendant aura le sens de consentir à quelque chose, pour faire plaisir à quelqu’un ; lui accorder une faveur qui ne prête pas à conséquence, histoire de ne pas lui faire de la peine, parce qu’il ne comprendrait pas qu’on la lui refuse.
C’est en ce sens qu’il faut comprendre la caution que porte Yves Coppens à L Thuram dans son livre « Mes étoiles noires » alors que dans Le Point, il tient des propos fort différents. Dans un article récent paru dans le journal Le Point, il est dit: "il y a cinquante mille ans, que les néandertaliens ont croisé la route de nos ancêtres sortis d’Afrique. Donc l’homme moderne serait un métis comme nous. Il avait donc des hommes ailleurs qu’en Afrique.
C’est comme cela qu’il faut comprendre le soutien à Serge Letchimy de certains députés métropolitains. Sa réaction puérile et excessive après les propos de C. Guéant, témoigne d’un complexe d’infériorité hérité d’une histoire mal connue. Ce complexe d’infériorité qu’avait théorisé Alfred Adler, le disciple dissident de Freud provoque chez certains individus une sur-réaction et une tentation de dévalorisation de l’autre.
C’est pour me faire plaisir et que je n’aie pas de la peine que le touriste métropolitain de la plage de Sainte Anne me présenta des excuses que je ne lui avais pas demandées. Parce que pour lui quand Claude Guéant s’imagine des civilisations inférieures, il pense forcément aux Antillais. Il est curieux de constater que lorsque Guéant bégaya pour s’excuser qu’il faisait allusion aux civilisations qui ne respectent pas les femmes, suivez son regard, personne ne se sentit visé, mais cela n’arrêta pas les jérémiades de S. Letchimy.
La condescendance des antiracistes. Dans un vieux film, « Devine qui vient diner » Sydney Poitier dans le rôle d’un médecin noir, la subissait de la part de son beau-père blanc. Si au lieu d’être un médecin noir, il s’était agi d’un solide travailleur agricole haïtien, son beau-père l’aurait-il accepté vu la façon dont il a tiqué quand sa fille le lui a présenté ? L’antiracisme ne se décrète pas, il s’éprouve.
C’est la condescendance qui pousse les Européens à s’adjuger le malheur des immigrants africains et syriens recueillis en mer Méditerranée et à en exonérer les dictateurs et les mafieux du coin. Les Africains, surtout s'ils sont noirs ne sont pas assez grands pour être responsables de leur malheur, tels des enfants, de grands enfants.
C’est en ce sens aussi qu’il faut comprendre la tolérance envers ces improbables concours de Miss beauté noire ou Miss beauté indienne. Ce sont des concours raciaux, racistes et immoraux, à moins que ce ne soient amoraux. Raciaux car réservés à un genre de personnes en raison de leur type et racistes car interdits à une certaine catégorie de personnes en raison de leur couleur. On atteignit un jour le comble du ridicule lorsqu’une jeune fille à la peau blanche remporta le concours de miss beauté noire. Devant les protestations du public, elle dut produire sa grand-mère noire. La communauté indienne a compris l’erreur et miss beauté indienne fut transformée en miss Sari. Pour une fois je me range aux côtés de C. Ribbe : les filles du pays « des Aristocrates » (du grec aristos, les meilleurs), la Guadeloupe, n’ont pas à rougir de la comparaison avec leurs compatriotes métropolitaines. N’ont-elles pas remporté plusieurs fois le concours de miss France ? Et même une fois de super mamie en la personne de Mme Viviane Mélyon? Enfin que ne dirait-on pas s’il était organisé un concours réservé aux jeunes filles blanches, un concours de Miss beauté blanche. J’entends d’ici les cris d’orfraie. Les mêmes cris d’orfraie contre le projet d’installer une stèle à Saint-Rose à l’endroit du débarquement des premiers colons. Stèle qui fut d'ailleurs cassée à coup de bulldozer. Comment n’ont-ils pas compris qu’en tant qu’homme, nous ne pouvons pas nous permettre ce que nous condamnons chez les autres ? « La morale, disait Alain, n’est jamais pour le voisin » et Kant dans ses "Fondements de la métaphysique des mœurs" approuverait : « Agis uniquement d’après la maxime qui fait que tu peux vouloir en même temps qu’elle devienne une loi universelle. » Universelle. Tout est là. (A suivre).

 

 

( II ) Le cri du coeur d'André Quidal :

 

http://www.lescrutateur.com/2017/01/le-cri-du-coeur-d-andre-quidal.html

 

« La secrétaire d'État à la ville a déclaré que les jeunes de Guadeloupe se sentent dévalorisé s. Comment peut-il en être autrement si chaque année d'avril à juin on leur raconte qu'ils sont et qu'ils seront descendants d'esclaves donc esclaves jusqu'à la fin des temps. Pourquoi a-t-on mis dans un calendrier ce qui aurait dû rester dans un livre d'histoire? Peut-être parce ce que "En Guadeloupe on n'enseigne pas l'histoire, on se raconte des histoires " ou comme le dit Fanon, "on est esclave de l'esclavage. " »

André Quidal


 

17 Octobre 2015

Publié par Edouard Boulogne Ce que LS n'aurait pas osé, André Quidal l'a fait, par E.Boulogne.

( http://www.lescrutateur.com/2015/10/ce-que-ls-n-aurait-pas-ose-andre-quidal-l-a-fait-par-e-boulogne.html )

 

17 Octobre 2015

Publié par Edouard Boulogne


 


 

Ce que LS n'aurait pas osé, André Quidal l'a fait, par E.Boulogne.

Ce que LS n'aurait pas osé, André Quidal l'a fait, par E.Boulogne.

Il y a 35 ans que nous nous connaissons, André Quidal et moi. Dans ces années 1980 à 85, marquées par le développement d'un terrorisme psychologique et physique, qui fit, on l'oublie trop souvent, des victimes : morts et mutilés à vie. Ces derniers font mémoire et leurs sentiments ne peuvent être que ce qu'ils sont devant l'incroyable publicité, positive, qui est faite à leurs impudents tortionnaires, aujourd'hui, sur des médias publics.

Je levai, alors, l'étendard de la résistance, notamment dans le magazine Guadeloupe 2000, ancêtre du Scrutateur.

André m'écrivit, souhaitant me rencontrer. Ce qui fut fait. Il rejoignit la cohorte des résistants, où il se battit, en toute liberté, avec courage, et talent, sans jamais se départir de cet humour à froid, surprenant, qui prend à contre-pieds, et peut désarçonner plus d'un qui s'aperçoivent trop tard de leur méprise sur le trait, pris au pied de la lettre, - et qui touche là où il faut -,- du facétieux archer.

Quidal, né dans l'année du premier centenaire de l'abolition de l'esclavage ( il me suit d'assez près ), a maintenant pris sa retraite de l'enseignement de l'histoire, mais il reste actif et vigilant sans rien perdre de sa faconde, et de son talent, comme le prouve le livre qu'il vient de publier, aux éditions Nestor, sous le titre prometteur Debout, enfants de la Guadeloupe, qui résonne comme un hymne à la vie et un chant d'espoir.

 

Le ton est donné dès le préambule : « De fin avril à début juin, ma tête me fait mal. Je suis enragé. Car de fin avril à début juin, la presse écrite, la radio, la télévision, Internet, tout ce que la France et la Guadeloupe comptent de médias, racontent à nos enfants qui n'ont jamais connu l'esclavage, ni eux ni leurs bisaïeuls, en tout cas ceux qu'ils ont eu la chance de connaître, qu'ils sont et qu'ils seront descendants d'esclaves donc esclaves et à s'en flatter jusqu'à la fin des temps.

Quand donc cela s'arrêtera-t-il ? Quand donc mon mal de tête annuel finira-t-il ? Quel espoir de voir de mon vivant les Guadeloupéens prendre conscience de cette perversion de l'esprit qui les pousse à se percevoir comme descendants d'esclaves, donc esclaves ? Car le descendant d'un cheval, c'est un cheval, n'est-ce pas ? Et le descendant d'un esclave, un esclave. Logique. Chaque année, la mode veut qu'une ville de métropole construise une stèle à la mémoire des descendants d'esclaves. L'an dernier une commune de la banlieue parisienne en a érigé une à la mémoire « des fils d'esclaves ». De descendants d'esclaves, nous voilà passés au statut de fils d'esclaves. A quand carrément une stèle aux esclaves ? ».

 

Plus loin il poursuit : « Pour information et pour mieux comprendre le mal de tête de ce Guadeloupéen, le 27 avril, on commémore l'abolition de l'esclavage à Mayotte, le 10 mai en métropole, le 22 mai en Martinique, le 27 en Guadeloupe et enfin le 10 juin en Guyane. Déjà que le 20 décembre, on l'avait déjà fait ou on le fera, à La Réunion. Faut-il se taire et se laisser chaque année traiter de descendants d'esclaves ? Se taire, ce serait faire offense à DELGRÈS qui, pour que nous soyons des hommes libres, s'est battu contre le rétablissement de l'esclavage. Pas pour que nous oppressions chaque année nos enfants avec l'idée qu'ils seront à jamais des descendants d'esclaves. « Lutter contre l'oppression, nous enjoignait-il, est un droit naturel. »

J'en ai fait ma devise. Pour justifier cette fièvre commémorative, dans Le Progrès Social du 30 août 2014, l'excellent Jocelyn Durizot convoque Elie Wiesel, rescapé de la Shoa et prix Nobel de la paix pour qui le bourreau tue toujours deux fois, la seconde fois par l'oubli. En Guadeloupe, nous ne courons aucun risque, surtout avec l'inauguration du mémorial ACTe, musée de l'esclavage bâti sur le site de l'ancienne sucrerie de Darboussier. Nous ne sommes pas prêts de nous en débarrasser ; c'est comme pour les trente-cinq heures ! Ce genre de mauvaises bonnes idées dont l'enfer est pavé. Mais le bâtiment a de l'allure. Espérons qu'il sera comme Gorée, un piège à touristes et que son entretien ne nous coûtera pas les yeux de la tête ».

J'aurai à revenir souvent sur ce livre, qui est une mine précieuse de souvenirs, et de munitions contre certains délires, parfois pathologiques, souvent malhonnêtes et surjoués.

Pour aujourd'hui je voudrais conclure sur la dédicace du livre, son incipit, en quelque sorte.

Elle s'adresse à Alain ( sans le patronyme ), que je publie en photographie ( la troisième ), sous le couvert de St-Exupéry, et de Charles Baudelaire. Alain était un ami commun, que j'ai vu pour la dernière fois, chez moi, fin janvier dernier, et qui a choisi, à l'âge de 49 ans, de se retirer de ce monde de granit.

J'observerai la même pudeur qu'André, à son égard, et les mêmes références littéraires, et la même amitié fidèle et désolée.

Mon deuxième renvoi photographique est à cet encart très bref que Quidal, dont le livre était déjà imprimé, a voulu y encarter, sur « l'affaire Morano ».

On peut ne pas nécessairement souscrire à certaines de ses inimitiés politiques, mais le personnage est là, tout entier, avec sa franchise drue, et son art du contrepied.

 

Edouard Boulogne.

 

 

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castets 07/08/2017 07:29

Bonjour Mr Boulogne,
Avec l'esclavage moderne, bien plus sournois et qui ne dit pas son nom, le monde se gargarise de Liberté et libre arbitre . Autour de moi, j'observe de moins en moins tous ces bienfaits promis !
Aux commémorations perpétuelles qui enferment, je préférerai des frontons où nous pourrions lire :
"Ni haine, ni oubli" et
" A tous les vivants déjà morts, il est encore temps, vivez bon sang ".
Bonne journée, cordialement cjj.