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Publié par Edouard Boulogne

1 ) Franck Betbeder en 1983. 2 ) Le même ... un peu plus tard. Le regard en biais ne signifie pas qu'il triche. Jamais il n'a copié sur ses voisins ( selon ce que j'en sais )!
1 ) Franck Betbeder en 1983. 2 ) Le même ... un peu plus tard. Le regard en biais ne signifie pas qu'il triche. Jamais il n'a copié sur ses voisins ( selon ce que j'en sais )!

1 ) Franck Betbeder en 1983. 2 ) Le même ... un peu plus tard. Le regard en biais ne signifie pas qu'il triche. Jamais il n'a copié sur ses voisins ( selon ce que j'en sais )!

Franck Betbeder fut mon élève en 1983. Ce qui en fait maintenant un honnête quinquagénaire, et moi … n'insistons pas! Il fréquentait aussi, le cercle de jeunes grands lycéens et étudiants appelé Cercle St-Exupéry.

Notre homme vit désormais en métropole, s'est marié, est père de famille.

  • Études : Management à EFAP

Mais il n'a, je le constate avec grand plaisir, rien perdu, au contact des « choses sérieuses » qui faisaient sourciller le petit prince ( de St-Ex ), de son « côté artiste ».

On le constate à la lecture de ce très beau poème qu'il m'adresse, que vous allez lire dans un instant, qui l'apparente selon moi aux genres du Rap, et ... des grands rhétoriqueurs des 14 ème et 15 ème siècles.

Nulle ironie dans mon propos. Le rap est un style musical issu des ghettos noirs américains. Si ce domaine artistique comporte de nombreux déchets, ( comme tout genre artistique ), il a permis l'éclosion de certaines productions subtiles, dans l'air du temps, et qui permet à de nombreux jeunes de créer dans un monde voué à la simple consommation, et de ce qu'il y a de pire.

Franck n'est pas issu des ghettos, mais il a su emprunter ( il me semble ) des éléments parmi les meilleurs du genre. Vous vous en rendrez compte en le lisant.

Mais le style en question a été développé ailleurs et en d'autres temps. Par exemple en France au 15 ème et au 16 ème siècle.

Les poètes qui s'y illustrèrent sont parfois célèbres dont Clément Marot. Je publie aussi, plus bas un poème de ce dernier, moins lyrique que celui de Franck, qui est, le sait-il, un disciple du Socrate du Banquet de Platon.

Moins lyrique, puisqu'il s'agit d'une supplique au roi de France pour solliciter ce que nous appellerons une subvention, ledit Marot ayant toujours été sur la dèche.

Mais non moins virtuose, et raffiné. C'était aussi à l'époque où se forgeait la langue française, un moyen de l'élever au-dessus du simple utilitarisme.

Je vous laisse juger de la pertinence ou de l'impertinence de mon jugement.

Mais bravo, cher Franck.

 

Le Scrutateur.

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( I ) ELLE EST PRESQU’ILE, IL EST PRESQU’ ELLE

Par Franck Betbeder.


 

Elle est presqu’île, il est presqu’elle
Elle rêve d’îles, il rêve d’elle
Il est singulier, elle est plurielle
Il est voyou, elle est voyelle
Il est sentiment, elle est sentinelle
Il est de ceux, elle est de celles
Il est seul, elle est celle
Elle est les cieux, il est son ciel

Elle est presqu’île, il est presqu’elle
Il est mèche, elle est étincelle
Il est printemps, elle est hirondelle
Elle est son idylle, il la trouve si belle
Il est tout ses sens, elle est son essentiel
Il sait qu’il gardera des séquelles
Il est son sel, elle est son miel
Elle a des cils qui battent comme des ailes

Elle est presqu’île, il est presqu’elle
Elle est voyage, il va vers elle
Il est fidèle, il est fou d’elle
Il est pluie, elle est arc en ciel
Il est encre de chine, elle est pastelle
Elle et ils sont violoncelle
Elle veut un fils, lui une fille d’elle
Il et elle dans l’escarcelle

Elle est presqu’île, il est presqu’elle
Il est rime, elle est rimmel
Il est charme, elle est charnelle
Il est caraïbe, elle est cannelle
Elle est le Nil, il est tour de Babel
Elle pour il, il pour elle
Il pense à elle et il se de demande si elle l’.

Elle est presqu’île, il est presqu’elle
Elle est fébrile, il est fait pour elle
Elle se faufile, il la rappelle
Il est sexy, elle est sexuelle
Elle l’excite, il excelle
Elle docile, il contre elle
Elle est son exil, il est son XXL

 

( II ) Petite épître au roi, par Clément Marot :

 

En m’ébattant je fais rondeaux en rime,
Et en rimant bien souvent, je m’enrime ;
Bref, c’est pitié d’entre nous rimailleurs,
Car vous trouvez assez de rime ailleurs,
Et quand vous plait, mieux que moi rimassez,
Des biens avez et de la rime assez :
Mais moi, à tout ma rime et ma rimaille,
Je ne soutiens, dont je suis marri, maille.
Or ce me dit un jour quelque rimart :
« Vien ça, Marot, trouves tu en rime art
Qui serve aux gens, toi qui as rimassé ?
Oui vraiment, réponds-je, Henry Macé ;
Car, vois-tu bien, la personne rimante
Qui au jardin de son sens la rime ente,
Si elle n’a des biens en rimoyant,
Elle prendra plaisir en rime oyant.
Et m’est avis, que si je ne rimois,
Mon pauvre corps ne serait nourri mois,
Ne demi-jour. Car la moindre rimette,
C’est le plaisir, où faut que mon ris mette. »
Si vous supplie, qu’à ce jeune rimeur
Fassiez avoir par sa rime heur,
Afin qu’on dise, en prose ou en rimant ;
« Ce rimailleur, qui s’allait enrimant,
Tant rimassa, rima et rimonna,
Qu’il a connu quel bien par rime on a. »

 

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