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Publié par Edouard Boulogne

Du social au business : Omerta saint-martino-guadeloupéenne sous l’œil du pôle financier national.

 

SANS DOUTE CETTE INFO SERA-T-ELLE JUGEE SANS INTERÊT POUR CELLES ET CEUX QUI TIRENT PROFIT DE LA SITUATION.A QUAND LA SUITE OU ALORS QUI VOUDRA L' ECRIRE, MAINTENANT QUE LE PRINCIPAL INTERESSE EST AUSSI PATRON DE PRESSE!!!!!!

 

 

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Du social au business : Omerta saint-martino-guadeloupéenne sous l’œil du pôle financier national

 

Jean-Paul Fisher et Marie-Paule Benelus-Romana, ancien et actuelle dirigeante de la Semsamar, une société d’économie mixte à capital majoritairement saint-martinois et guadeloupéen, sont depuis le début du mois de juin mis en examen et placés sous contrôle judiciaire. Ils ont été mis en garde à vue pour répondre aux questions des enquêteurs du pôle financier national, avant d’être mis en liberté sous caution.
Ils sont soupçonnés de prise illégale d’intérêt, de favoritisme et de détournement de fonds publics. C’est lourd pour des personnes en théorie garante de l’intérêt général et dont l’un des coeurs de métiers est le logement social, celui qui concerne la partie la plus fragile de la population, celle qui a le plus de difficultés à boucler les fins de mois Ces deux personnes ont été libérées sous caution ( 100 000 euros à verser pour l’ex directeur , 150 000 euros pour la directrice en exercice) et l’enquête suit son cours.
En Guadeloupe une bonne partie de la population est dubitative :  » l’affaire sera enterrée comme d’hab… » Qui sait ? Certains se souviennent que Jean-Paul Fischer a déjà été mis en examen en 2000 avec la présidente de région de l’époque Mme Michaux-Chevry pour recel et détournement de fonds publics et l’affaire s’est enlisée. Mais puisqu’il faut bien se donner quelques espoirs, disons que c’était en des temps lointains, sous la présidence Chirac, une autre époque, presque un autre siècle avant l’affaire Cahuzac, l’affaire Fillon, le parquet financier national, créé en 2013 , n’existait pas. Alors peut-on, cette fois, espérer que la justice va suivre son cours ?
En 2017, à tant parler de « moralisation de la vie publique et politique » va-t-on enfin en voir les prémisses jusqu’en Guadeloupe ? Entre deux tours d’élections législatives caractérisées par une très faible mobilisation ( moins de 30% d’électeurs au premier tour) la question doit être posée : lorsque plus de 70% des électeurs potentiels se désintéressent d’un scrutin, c’est que la démocratie va mal.

Une entreprise hyperactive et omniprésente
Pour éclairer ces mises en examen, il n’est pas inutile de rappeler ce qu’est la Semsamar, ce qu’elle fait ou ne fait pas, qui compose son conseil d’administration et qui sont ses actionnaires.
« La Semsamar est l’une des plus importantes sociétés d’économie mixte de France » annonce fièrement le dossier de presse de l’institution.

300 employés y travaillent répartis entre Saint-Martin, la Guyane, la Guadeloupe et la Martinique, 117 millions de chiffre d’affaire ont été réalisés en 2013. Une société mixte donc financée essentiellement par des chantiers et de l’argent public.
La spécificité de la Semsamar est d’être sur plusieurs territoires et sur plusieurs types d’activités, très lucratives et très éloignées les unes des autres.
Son activité principale reste la construction et la gestion de logements sociaux ( plus 10 000 logements sociaux en gestion – son fonds de commerce – et 700 constructions par an), mais la Semsamar est aussi promoteur immobilier pour le privé, concepteur et aménageur de marinas, aménageur portuaire, gestionnaire de zones nautiques, concepteur et gestionnaire d’Ehpad, établissements pour personnes âgées, un secteur devenu très convoité… etc. La société gère également dans la cadre de partenariat public-privé différents locaux et bâtiments,  » aux fonctions essentielles » , précise le site officiel de la société,  » tels que les douanes, la Poste, le Pôle emploi, la santé etc … ».
On mesure l’étendue de son champ d’intervention et l’importance des marchés qui lui sont ouverts. On pourrait ajouter à cette liste l’implication de la Semsamar dans l’aménagement d’infrastructures pour le stockage et le tri des déchets. Du logement social aux marinas en passant par l’hébergement de personnes âgées et le traitement des déchets, l’hyperactivité de cette société sur de si petits territoires en fait un acteur omniprésent, puissant et bénéficiant du soutien des politiques, puisque ce sont eux qui siègent majoritairement à son conseil d’administration. Jean-Paul Ficher est passé du règne de Mme Michaux-Chevry à celui de M Lurel sans difficulté, mais ce cycle peu vertueux est peut-être arrivé à son terme. Cette puissance confère à la Semsamar une certaine efficacité et professionnalisme, on peut le lui accorder, mais elle en a fait aussi un Etat dans l’Etat aux modes de fonctionnement peu transparent qui facilite les petits et grands arrangements. Le dossier est dans les mains de la justice.
Qui pilote cette structure tentaculaire qui donne l’impression d’être partout à la fois ?
Il suffit de se pencher sur la composition de son actionnariat pour le savoir , les collectivités et structures publiques sont majoritaires : 51,07% est détenu par la collectivité d’outre-mer de Saint-Martin, 14,47% par la région Guadeloupe, 5% par la ville de Basse-terre, 13,33% par la caisse des dépôts et consignation et 16,13% par des actionnaires privés. Est-ce à dire que si malversation il y a eu tout ce petit monde devait être au courant, il n’y a qu’un pas qu’on peut être tenté de franchir. Mais ce sera à la justice de clarifier les responsabilités.
Une entreprise largement publique aux activités multiples qui brasse des millions, commandent des chantiers et dont la gestion manque de transparence, tel est le contexte.

Des salaires à plus d’1 million d’euros par an ont attiré l’attention
Pourquoi et comment le parquet financier national est allé mettre son nez dans les affaires de la Semsamar. Selon tout évidence, il a été alerté par un rapport de la mission interministérielle d’inspection du logement (Miil) qui s’étonnait en 2012 du salaire de 1 200 000 d’euros par an de Mme Benelus-Romana. Le parquet de Basse-Terre a commencé à enquêté puis a passé la main au pôle financier mieux armé pour instruire ce dossier complexe et sensible, car mené à son terme il dévoilera le poids de l’omerta qui pèse sur la Guadeloupe.
On peut s’étonner de ce salaire de star débutante du foot-ball ou de grand patron du privé pour la directrice de ce qui n’est tout de même qu’une grosse PME publique oeuvrant de plus dans le « social ». Mme Benelus-Romana s’est défendue en déclarant qu’elle a hérité d’une situation en succédant à M Fischer et qu’elle a d’ailleurs réduit ce salaire des 2/3.
Une question vient à l’esprit comment et pourquoi dans les années qui ont précédé l’arrivée de Mme Bénélus-Romana à la direction, les actionnaires publics de la Semsamar ont accepté la rémunération exorbitante de M Fischer ? Et pourquoi la MIIL soudainement s’est mise à l’oeuvre après toutes ces années ? Le contribuable guadeloupéen qui n’a pas toujours l’eau courante au robinet et aimerait bénéficier de transports publics performants, espère que la justice apportera des réponses à ces questions.
Pour compléter la réflexion sur les petites manoeuvres entre amis qui sont à l’arrière-plan de ce dossier ajoutons le témoignage de Michel Girardy, candidat malheureux du GUSR aux municipales de Petit-Canal; encore malheureux d’ailleurs aux dernières législatives, qui évoque dans un texte qu’il a fait circuler sur les réseaux sociaux  » la somptuosité, l’opulence des uns alors que les Guadeloupéens peinent à boucler leurs fins de mois, à nourrir leurs familles, à trouver un emploi, une formation (…) que le projet d’incinérateur de traitement des déchets est dans la tourmente. »
Il écrit notamment à propos de Jean-Paul Fischer :  » à son départ à la retraite de la Semsamar, il a perçu une somptueuse indemnité de 440 000 euros.
Après toutes ces affaires et autres démêlés avec la justice, il hérite rubis sur ongle de la direction de la SEM Patrimoniale, la fameuse société créée en 2010 par la région Guadeloupe dont le but est de soutenir le développement économique du territoire.



 

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