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Publié par Edouard Boulogne

SOS EDUCATION et l'élection présidentielle.

Nos lecteurs réguliers connaissent SOS-Education, cette organisation spécialisée sur l'école, et préoccupée de réagir contre la situation inquiétante dans laquelle elle se débat celle-ci au détriment de la jeunesse de France, et donc de notre avenir.

Sa présidente, madame Claire Polin nous adresse la lettre suivante.

 

Le Scrutateur.

 

Chère amie, cher ami,

J'ai reçu hier soir un appel téléphonique d'Emmanuel Macron.


Heureuse surprise !

Je pensais en effet qu'il s'agissait enfin d'une réponse aux nombreuses demandes d'interviews que nous lui avons adressées dans le cadre du « Grand Oral Présidentiel SOS Éducation ».

Seuls deux des principaux candidats, en effet, n'ont pas jugé utile d'échanger avec la plus grande association indépendante rassemblant parents et professeurs pour sauver l'École : Jean-Luc Mélenchon et Emmanuel Macron.

Je commençais justement à me demander quelle était au juste l'idée qu'ils se faisaient du débat démocratique... quand mon téléphone s'est mis à sonner !

En fait, il s'agissait d'un message préenregistré où Emmanuel Macron m'invitait à voter pour lui et rappelait quelques mesures de son programme.

Apparemment, plusieurs millions de Français ont reçu le même message que moi.

Malgré toute la sympathie que l'on peut porter à ce jeune homme, je trouve cette pratique assez intrusive, pour ne pas dire indélicate.

J'ai lu ici que cette campagne d'appels téléphoniques non sollicités lui valait un rappel à l'ordre de la CNIL.

Parallèlement, les boîtes aux lettres électroniques des permanents de SOS Éducation, de nombreux amis, et la vôtre peut-être, ont été inondées d'un courriel émanant soi-disant du compte email d'Emmanuel Macron.

Ce contenu, assez drôle, intitulé
"10 raisons de ne pas voter pour moi", tourne visiblement beaucoup sur Internet.

Vous ne devez pas être dupe ! Il s'agit très probablement de la créativité des équipes de campagne de Marine Le Pen, François Fillon ou Jean-Luc Mélenchon qui sont annoncés par les sondages comme étant au coude à coude ce dimanche.

Ce message est visiblement basé sur une séries d'articles documentés qui sont intensément partagés sur Facebook :

info24.fr/10-bonnes-raisons-de-ne-voter-emmanuel-macron/

blogs.mediapart.fr/jberman/blog/040417/pour-qui-roule-macron

etc.

Bref, nous sommes en pleine guerre informationnelle de propagande et d'intoxication...

... alors vérifiez bien la qualité des sources d'information que vous lisez pour vous forger une conviction qui repose sur des faits.

Le jour du vote, il ne faut pas jouer aux dés, il en va de l'avenir même de notre pays.

En tant que sympathisant ou sympathisante de SOS Éducation, je vous invite donc à la plus grande prudence dans la lecture des messages que vous recevez en cette fin de campagne électorale.

Il est plus important que jamais de s'appuyer sur des ressources indépendantes et fiables, comme celles de SOS Éducation sur les thématiques liées à l'école.

C'est ainsi que je me permettrai de vous envoyer dans les heures qui viennent les résultats d'un sondage que SOS Éducation a commandé à l'IFOP sur les vraies réformes attendues par les enseignants.

Les résultats de ce sondage exclusif sont tout simplement incroyables.

En attendant, je vous rappelle que nous ne prétendons aucunement avoir une quelconque expertise sur d'autres sujets.

Et je vous invite à transférer cet avertissement à tout votre carnet d'adresses.



 

Claire Polin
Présidente de SOS Éducation



PS. Finalement, ni Jean-Luc Mélenchon, ni Emmanuel Macron n'ont répondu à nos sollicitations... ce qui montre le peu de cas qu'ils font de nos 60 000 membres et nos 200 000 sympathisants.

Malgré tout, nous avons fait un très gros travail d'analyse pour étudier en détail les programmes des candidats à la présidentielle. Le comparatif que nous en avons tiré est consultable ici. Sans compter l'énorme travail de fond réalisé en amont pour tenter d'insuffler les mesures qui nous semblent essentielles afin de redresser l'école.


Merci de transférer ce message autour de vous.

 

 

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Ch. Etzol 21/04/2017 20:32

Quelques points relevés par Mme Polin, illustrent le ras-le-bol des enseignants et le rejet des dernières "réformes", imposées à l'école et au collège :

Chère amie, cher ami,

En commandant ce sondage auprès de plus de 1000 professeurs à l'institut IFOP pour le publier dans Le Figaro, je ne m'attendais pas à des résultats aussi violents.
Quel terrible désaveu pour les derniers gouvernements !

En 2012, vous vous souvenez certainement que François Hollande avait déclaré faire de l’École la priorité de son mandat.
5 ans après, le jugement des enseignants, qui l’avaient massivement soutenu lors de la précédente élection présidentielle, est sans appel : ils réclament l’abrogation de la réforme des rythmes scolaires à 77%, et de celle du collège à 83%.
Les deux mesures phares du quinquennat en matière éducative sont ainsi presque unanimement dénoncées.
Même les enseignants se déclarant proches des centrales syndicales ayant défendu ces réformes (SGEN et UNSA) se montrent massivement hostiles à leur maintien, de 69 à 80%.


En revanche, plusieurs propositions récentes émises dans le cadre du débat électoral recueillent un large assentiment dans le corps professoral :
. la mise en place d’un service public du soutien scolaire ou d'accompagnement dirigé, proposée notamment par Benoît Hamon et François Fillon, recueille 84% d'opinions favorables
. la concentration du temps scolaire en Primaire sur les enseignements fondamentaux, défendue par Emmanuel Macron, François Fillon, Nicolas Dupont-Aignan et Marine Le Pen : 86% !
. L’instauration de la scolarité obligatoire avant l’âge de 6 ans (Mélenchon, Hamon, Fillon) est aussi approuvée par 75% des enseignants.

. La réécriture des programmes d’histoire dans le sens d’un récit national, dont François Fillon a fait son cheval de bataille, suscite également une large adhésion (59% des professeurs interrogés, contre 26% qui s’y déclarent hostiles).

On note par ailleurs que la suppression progressive du collège unique rencontre désormais une forte adhésion chez les enseignants (74%), presque à la hauteur de l’ensemble des Français (75%), et que la question de la rémunération au mérite n’est plus un tabou pour une large majorité de professeurs (63%).

Même si, comme le dit elle-même Mme Polin, ces chiffres doivent être pris avec beaucoup de précaution, l'obsession de "l'innovation" permanente et le rejet des connaissances au profit des "compétences", ont conduit le système scolaire dans une impasse, une absurdité que ressent la majorité des professeurs...et des français