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Publié par Edouard Boulogne

Quand la discussion entre ministres et « collectif » guyanais prend un tour politique discutable.

Voici que surgissent au sein du « collectif » sensé être à l'origine des récentes ( et d'ailleurs inachevées ) manifestations sociales en Guyane, des « revendications » imprévues par beaucoup. Jusqu'ici les revendications étaient principalement centrées sur la demande d'aides financières plus importantes pour le développement de la grande région française d'Amérique. Voici que surgissent des perspectives politiques pour le moins discutables. Dernier cadeau du gouvernement socialiste dont le représentant à l'élection présidentielle, prend, il est vrai la Guyane pour une île ?

 

Le Scrutateur.

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Les négociations ont repris dimanche. Le gouvernement évoque « un projet d'évolution statutaire du territoire ».

 Les négociations marathons ont repris à Cayenne. Une délégation de quelques dizaines de personnes, moins fournie que les jours précédents, a retrouvé dimanche à la mi-journée la ministre des Outre-mer, Ericka Bareigts, à la préfecture. Cette dernière a remis aux collectifs un document de synthèse en cinq points qui reprend toutes les conclusions des discussions de la nuit de samedi à dimanche. Il porte notamment sur le plan d'urgence. Il acte aussi certaines avancées sur des accords sectoriels (santé, éducation, BTP…) et «le projet de pacte pour l'avenir de la Guyane fait aux élus par le gouvernement». Enfin, la ministre, qui entend ensuite soumettre toutes ces propositions en Conseil des ministres mercredi à Paris, ouvre une porte «pour un projet d'évolution statutaire ou institutionnelle» du territoire. Le collectif s'est retiré pour étudier le document. Il devait revenir à la table des négociations en début de soirée.

« Le gouvernement a entendu les aspirations et les demandes des Guyanais »
Matthias Fekl, le ministre de l'Intérieur

Samedi, avant de repartir pour la métropole, Matthias Fekl, le ministre de l'Intérieur, et Ericka Bareigts avaient pris une trentaine d'engagements au nom de l'État, pour plus d'un milliard d'euros, notamment dans l'éducation (400 millions d'euros) et la santé (85 millions d'euros) mais aussi la sécurité et la justice. «Le gouvernement a entendu les aspirations et les demandes des Guyanais», avait assuré le tout nouveau locataire de la Place Beauvau. Un peu plus tôt, il avait listé une série de «décisions fermes et sans appel» devant une délégation d'une cinquantaine de Guyanais et affirmé que les 428 revendications présentées par le collectif «Pou La Gwiyann dékolé», qui regroupe l'ensemble des mouvements protestataires, avaient été «passées en revue, expertisées». Puis, Ericka Bareigts, la ministre des Outre-mer, a pris le relais au cours d'une négociation marathon qui a duré de dix-huit heures trente au milieu de la nuit de samedi à dimanche. Le gouvernement s'est notamment engagé à créer de nouveaux centres hospitaliers, cinq lycées et dix collèges.

C'est durant ces négociations qu'un membre de l'Union des travailleurs guyanais (UTG), le principal syndicat, a demandé à Ericka Bareigts un «statut particulier» pour la Guyane. Cette question était incluse dans les centaines de revendications du collectif apportées jeudi aux deux ministres. Une mesure que défendent également les «socioprofessionnels», ces petits entrepreneurs très actifs durant une grève qui pénalise pourtant leurs intérêts à court terme. Sur le perron de la préfecture de Cayenne, Davy Rimane (également membre du syndicat UTG-énergie), a lancé qu'il fallait en finir avec un lien «trop centralisé et vertical avec Paris», qui empêche la Guyane «d'avancer». «Avec un autre système, on pourrait décider nous-mêmes de ce qui est bon pour nous», plutôt que de «demander des autorisations pour tout».

Pourtant, en 2010, les électeurs de Guyane avaient dit «non» à une large majorité (70 %) à l'autonomie accrue de leur département qui leur était proposée lors d'un référendum organisé à la demande d'une majorité de leurs élus locaux.

 

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Xam Cirederf 03/04/2017 14:59

Comprendre la Guyane est une chose à laquelle peu de résidents de l'hexagone et aussi des autres outre-mer sont habitué. Demander des fonds en importance sans définir les modalités et de mise en place et de délais d'intervention, reviendra à cataloguer la Guayane comme l'Etat Haïtien , à qui des milliards d'euros (ou de dollars) ont été "donnés" mais la question se pose de savoir à qui ces fonds ont été alloués et à quoi ont ils servis.
Le tort des gouvernements a été de vouloir faire de la "com" et des mises en scène, sans jamais s'assurer du bon déroulement des moyens définis avec intelligence et avec objectivité. Pour ceux qui ont connu l'époque RIVIEREZ, VIGNON, HEDER et la présence de vrais PREFETS, ( et de leurs collaborateurs tel Yves BONNET) savent que la Guyane a des capacités, à condition de ne pas laisser des apprentis sorciers (je n'ai pas dit des sorcières....) manipuler la population et réver de l'impossible.
Il y a des Hommes guyananais, capable de recadrer les choses, mais sans doute n'ont ils pas la "couleur" qu'il faut (politique ou de peau) aux yeux des actuels gouvernants de l'ère gouvernementale qui s'achève dans moins de 30 jours.
Evitons aussi de faire des amalgames ou des comparaisons qui parfois n'ont pas leur raison d'être. Par contre il faut regretter que les défauts gouvernementaux dénoncés en Guyane existent aussi ailleurs et en Guadeloupe en particulier. Mais il faut attendre un vrai changement et non un quinquennat bis qui conduirait à subir pendant 10 ans les mêmes erreurs .
L'outre mer vaut mieux que cela mais qui au sein de ces gouvernements successifs a été capable d'en faire la démonstration, autrement qu'avec des coups de mentons ou des fumisteries récurrentes? La politique et le développement sont des questions d'Hommes et pas de blablabla.

Antoine de Panou 03/04/2017 11:34

L'ennui avec les chasses d'eau, c'est que les enfants ont la fâcheuse habitude de jouer avec.

Deux milliards et demi ! Pourquoi pas deux milliards six cent trente-quatre et soixante-et-onze centimes ?

Claude Houel 03/04/2017 04:12

Il était évident depuis le début que ce statut était au cœur de la revendication, vu le nombre de drapeaux indépendantistes brandis dans les manifs.
La ministre elle même à mangé le morceau en parlant de peuple guyanais.
Les socialos seraient-ils en train de larguer les Dom avant de sombrer?
La Guyane a déjà fait évoluer son statut où est le résultat ?
Que deviendraient les sociaux professionnels si les salaires des fonctionnaires étaient payés par une collectivité sans ressources? Les employés territoriaux de St Martin pourraient éclairer le débat !

MOREL 04/04/2017 12:10

Et si pour une fois les politiques écoutaient et donnaient l'Indépendance à la Guyane? Ce serait plus rentable que de donner des milliards qu'on n'a pas et de laisser la patate chaude aux suivants.