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Publié par Edouard Boulogne

Présidentielle : pourquoi Macron ne sera pas au second tour, par Alexis Vintray.

A la mi mars j'écrivais ici même les lignes suivantes :

« Contrairement à ce que croient peut-être certains lecteurs, je ne suis pas filloniste.

Être « filloniste » signifierait une allégeance totale et inconditionnelle à la personne de Fillon, et le soutien à ses idées sans conditions et sans lucidité aucune aux propos, faits et projets, même contradictoires ( il y en a, et d'ailleurs c'est le propre de l'action politique pour tous; compte tenu de l'invraisemblable versatilité du corps social, de puis toujours et partout, allant de ci, delà, au gré des mouvements du vent, et des …. humeurs ) de son discours ( en campagne électorale, ce qui est tout dire ! ). Cette inconditionnalité n'est pas le genre de la maison scrutatrice, et n'est pas digne du "philosophe" que j'essaye d'être, avec mes défauts, et insuffisances inévitables.

Or il n'en est rien. Si je défends Fillon, avec fougue, et continuité, envers et contre tous les coups bas qui pleuvent sur lui, surtout sur ce qu'il représente, où représentait il y a peu, ( la campagne diffamatoire n'a d'ailleurs que ce but, disqualifier ce qui, peut-être pas beaucoup, mais un peu, tentait de s'appuyer sur une partie encore saine du peuple français qui refuse la dissolution de la France dans l'agglomérat obscène d'un monde marchand au service de la « Fortune anonyme et vagabonde », selon la célèbre formule du Duc d'Orléans en 1899.

( …. ) Et je concluais cet article ainsi ( « Oui, on choisit les candidats puis celui qui occupe la fonction suprême mais à la condition que ces candidats soient validés et pré-filtrés par le système lequel est le système financier et le lieu de pouvoir de ces 1% de la population qui possède plus de 99% de la richesse mondiale (8 personnes au monde possèdent même en patrimoine ce que possède la moitié de la population planétaire la plus pauvre cela donne le vertige et permet de comprendre que nos démocraties sont aujourd’hui des simulacres) .  

La désignation inattendue de Fillon par les électeurs de la primaire a coupé l’herbe sous le pied de ceux qui attendaient la désignation d’Alain Juppé, un candidat en tout point conforme aux désirs du système. Il était donc nécessaire de virer Fillon et nous assistons aujourd’hui à son assassinat politique pour que ce dernier n’accède pas à la fonction présidentielle. » http://www.lescrutateur.com/2017/03/elections-gauche-et-droite-sont-dans-la-gueule-du-systeme.html ).


 

Depuis lors bien des évènements se sont succédés, et les informations apportées par les sondages ( malgré la prudence qu'il faut observer à leur égard ) modifient les prédictions concernant les résultats de l'élection.

Au point que l'éditorialiste du site Contrepoint va jusqu'à prétendre que M. Macron pourrait bien ne pas être retenu dimanche ( samedi pour nous ) pour affronter le deuxième tour.

Bien entendu il importe de ne pas prendre ses désirs pour des réalités. Mais il ne faut pas non plus se laisser abuser par ce qui court sur les médias du monde financier. Ce qui est intéressant dans l'article d'Alexis Vintray c'est qu'il repose sur des analyses précises à partir des éléments de sociologie électorale, celle-ci pourtant n'étant pas une science exacte.


 

Le Scrutateur.

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Présidentielle : pourquoi Macron ne sera pas au second tour


( https://www.contrepoints.org/2017/04/17/286952-presidentielle-macron-ne-sera-second-tour?utm_source=Newsletter+Contrepoints&utm_campaign=64cabfa575-Newsletter_auto_Mailchimp&utm_medium=email&utm_term=0_865f2d37b0-64cabfa575-113984049&mc_cid=64cabfa575&mc_eid=73a2921d69 ).


 

By: Frédérique Voisin-Demery - CC BY 2.0

Nul ne peut prédire le résultat du premier tour de la présidentielle dimanche. Mais tout laisse à penser que Emmanuel Macron sera éliminé dès le premier tour.

Par Alexis Vintray.

Disons le tout de suite, personne ne peut prédire avec certitude le résultat du premier tour de l’élection présidentielle de dimanche1. Aussi solides que soient les analyses des chiffres disponibles. Mais dur de ne pas voir les dernières tendances de fond…

Les sondages mettent déjà Fillon, Le Pen et Macron au même niveau

OpinionWay sort avec Les Échos et Radio Classique depuis plusieurs mois désormais un rolling, un sondage quotidien des intentions de vote des Français pour le premier tour de la présidentielle. En voici la dernière livraison : Macron et Le Pen continuent leur baisse ininterrompue, à 22%, et Fillon est en embuscade immédiatement derrière à 21%, alors qu’il y a eu jusqu’à 6% d’écart plus tôt dans la campagne (et près de 10% selon d’autres instituts) :

Plus intéressant encore, les tendances de long terme : baisse de Macron (depuis début avril) et de Le Pen (depuis mi-mars), remontée de Fillon (depuis début avril) et stabilisation de Mélenchon (depuis début avril) après un siphonnage des voix de Benoit Hamon :

Si l’on sort des variations quotidiennes et qu’on ne regarde que la tendance, la conclusion « graphique » est la suivante : 3 candidats à 21% le soir du premier tour pour un résultat imprévisible. Macron, Le Pen & Fillon peuvent tous accéder au deuxième tour, voire Mélenchon même si cela parait compliqué (mais dans les marges d’erreur). On est encore loin d’une absence de Macron au second tour me direz-vous à juste titre…

Les pronostics de victoire sont alignés avec ces variations : Macron en tête mais au plus bas depuis début mars, Fillon qui remonte à son niveau de début mars (17%) et Le Pen au plus bas (13%), au niveau de Mélenchon.


 

Pour les Français, l’issue de l’élection ne fait donc aucun doute, ce sera Macron qui l’emportera. Je suis convaincu, moi, qu’il ne sera même pas au second tour, comme je le disais déjà il y a une semaine. Pourquoi ?

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Pourquoi Macron peut encore baisser

Malgré sa baisse des dernières semaines, Emmanuel Macron peut encore baisser significativement. D’une part, les soutiens malheureux continuent à le fragiliser : entre un Hollande impopulaire qui le soutient de manière à peine voilée, les ministres du gouvernement socialiste, un BHL qui a officialisé son soutien ou une Nicole Notat qui s’est engagée aujourd’hui, toute la nomenklatura parisienne semble s’engager pour lui. Ce soutien des élites est tout sauf une bonne nouvelle pour l’ancien ministre de Hollande dans un monde post Brexit ou post Trump. Pire, ces soutiens, quasi-exclusivement de gauche, décrédibilisent le message centriste qu’il entend porter.

À l’inverse à droite, la remontée de Fillon a fait stopper net la fuite des cadres. Quand Aurore Bergé (ex-Juppé, ex-Fillon avant de finir (?) chez Macron) réussit à dégoter une dizaine de conseillers de droite prêts à s’engager pour Macron, aucun n’a eu de responsabilités depuis 2010, et aucun des noms n’est connu du grand public (voire du public averti !).

Enfin, même aujourd’hui, Macron est selon BVA le candidat le plus souvent choisi « par défaut », par 27% de ses électeurs potentiels contre 17-18% pour Le Pen, Fillon ou Mélenchon. Une grosse part de vote utile aussi, en particulier pour éviter Le Pen. Ça vous rappelle Juppé – Fillon ? C’est normal, et inquiétant pour Macron.

Présidentielle : pourquoi Macron ne sera pas au second tour

L’effritement des intentions de vote de Macron et le spectre de son élimination dès le premier tour affaiblissent en effet très nettement l’intérêt de voter pour l’ancien ministre socialiste, en particulier au centre droit pour qui le vote Fillon redevient une option. Une évolution visible sur les intentions de vote de second tour : face à Le Pen, Macron serait à 64%, Fillon à 60%. La différence est devenue minime là où elle était de 10 points il y a peu…

Pourquoi Fillon peut encore monter

À l’inverse, l’électorat de Fillon semble plus solide : le cœur de son électorat est chez les plus de 60 ans, qui se déplacent toujours massivement à l’isoloir. 61% de ceux qui disent vouloir voter pour lui le font pour son programme (contre 39% pour Emmanuel Macron). Une différence qui tient bien sûr en partie aux affaires, mais pas seulement.

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Les 10 pires aberrations du programme de Mélenchon

La montée de Mélenchon est également une aide singulière pour le camp Fillon : l’épouvantail de l’accession de l’extrême gauche au pouvoir est une arme efficace pour faire voter à droite, et plus précisément faire voter Fillon au lieu des petits candidats comme Nicolas Dupont-Aignant, Jean Lassale ou François Asselineau (5% cumulés).

Quid de Le Pen ou Mélenchon alors ? L’absence de la première au second tour semble improbable malgré sa fin de campagne calamiteuse : ses électeurs restent toujours aussi largement motivés. La présence de Mélenchon semble hautement improbable : le réservoir de voix Hamon est quasiment épuisé, les intentions de vote stagnent et surtout, à juste titre, le candidat fait peur pour ses propositions d’extrême gauche.

Rien n’est écrit pour dimanche, mais la présence d’Emmanuel Macron dans le duo de tête serait la vraie surprise, malgré ce qu’annoncent les médias depuis des mois.

  1. Et le titre de cet article est à prendre avec les pincettes nécessaires évidemment.

 

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