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Publié par Edouard Boulogne

Présidentielle ( 04 avril ) : Débat et foire d'empoigne.

En dépit de sa longueur, le débat des candidats à l'élection présidentielle ne pouvait permettre une analyse approfondie des programmes. Tel quel il aura permis à beaucoup de faire une meilleure approche des personnes qui se proposent pour diriger la France durant les cinq prochaines années.

 

( I ) Petits, petits, petits !

 

On s'y est moins ennuyé toutefois qu'on pouvait le craindre. Ceci grâce sans aucun doute aux « petits » candidats, qui avaient été éliminés par la télévision lors du premier débat, et qui ont su, certains du moins, par leurs facéties faire de cette émission qui pouvait tuer d'ennui, une sorte de foire d'empoigne qui, d'ailleurs est le propre de tant de « débats » politiciens ( et démocratiques ).

A cet égard la palme est méritée à coup sûr par le sympathique M. Lassalle, bien représentatif de la France populaire paysanne, à l'accent savoureux, nullement je crois, illusionné sur son score à venir, mais venu pour témoigner, s'amuser, et nous amuser. En ce qui me concerne il a réussi.

Infiniment moins drôle, la femme Artaud, trotskyste glaciale et fanatique, une de ces tricoteuses qui sévirent sous la Révolution en 1793, en égorgeant maints citoyens qui ne partageaient pas ses vues liberticides. C'est en l'écoutant que l'on mesure l'étendue de la perte de la regrettée Arlette Laguillier ( « travailleuses et travailleurs ». Ah, c'était l'bon temps ).

Que dire de Philippe Poutou? Même discours que celui de l'Artaud, mais d'où vient qu'on le reçoit autrement? Peut-être parce que ce garçon donne l'impression d'un certain « humour » prolétaire et qu'il tuerait avec moins de frénésie au cas d'un Grand Soir.

Peut-être aussi ce point commun avec … Macron : l'intérêt portée aux femmes âgées, dont cette virago qui trônait derrière lui, sombre visage aux traits émaciées, chevelure gris-bleutée, droit sortie de l'Enfer de Dante. Le Philippe semblait chercher ses directives, toujours de biais penchée vers elle, qui finit par s'endormir peut-être sous l'emprise d'une petite prise …

Il y avait aussi le sieur Cheminade, point bête, le premier des grands parmi les petits avec cependant quelques lacunes qui m'empêchent de regretter qu'il ne puisse prétendre à la Victoire.

En d'autres temps M. François Asselineau eut pu prétendre à des soutiens financiers, et politiques plus importants et prétendre à la victoire. Beaucoup d'idées et de principes qui m'agréent. Une réserve toutefois que je formulerai plus loin.

Même remarque pour Dupont-Aignan, qui, entre autres bonnes choses a posé de très bonnes et gênantes questions à François Macron que celui-ci a éludé adroitement sans que le maire d'Yerres insiste trop.

Paul Valéry avait raison : « entre loups, même jeunes, la lutte est toujours âpre, mais … il y a des accommodements ».

 

( II ) Qui deviendra « grand »?

 

Restent les autres.

 

L'inéffable Mélenchon, soignant son image de vieux sage, adversaire de l'Europe, mais dissimulant qu'il a jadis voté avec Mitterrand et les socialistes un « oui » à Maestritch. Un vieux roué de politiciens comme les autres dont émane cependant un certain charme dû sans doute à une culture devenant rares chez nos énarques. Lui ne penchait pas vers l'arrière sur une jeune  supportrice antillaise pourtant en extase permanente.

Tout d'même, tout d'même, tout d'même. !

 

Benoit Hamon : Le ranger parmi les grands peut sembler paradoxal. Mais Benoit est tout de même l'élu aux primaires du parti socialiste, qui le trahit comme on pouvait s'attendre d'un tel vivier d'arsouilles. ( le mot est de de Gaulle qui qualifia ainsi Mitterrand en 1944, à Paris ). Hamon a été ce soir moins gris que d'habitude. Mais son socialisme rebute même à gauche, par son côté vieillot, très époque des années 30.

 

François Macron. Moins à l'aise que ne l'auraient souhaité ses sponsors. Inquiet, aux aguets, le sourire crispé. Pauvre Bayrou. La déception de la soirée.

 

François Fillon. Sérieux, le flegme teinté d'ironie, qu'il doit sans doute à son épouse british.Très maître de son programme construit et rigoureux. Sauf l'Artaud, et Marine Le Pen, ses adversaires, même Poutou, malgré des propos désobligeants, semblaient admirer sa dignité sous le poids d'attaques aussi basses ( donc hollandistes ) que celles qu'il subit depuis des semaines; Chacun sait qu'il demeure dans la course, et que c'est lui qui pourrait bien hériter de la lourde charge d'hériter d'un pouvoir dévalué par qui l'on sait, avec la complicité d'Emmanuel.

 

Marine Le Pen enfin. Elle n'était pas dans un bon jour, et je lui reprocherais ses attaques trop virulentes contre Fillon. Marine devrait se poser la question des reports de voix au second tour au cas où pour notre malheur à tous, elle était opposée au petit Emmanuel Hollande.

Il n'est pas certain que sa prestation de ce soir ne lui aie pas coûté plus d'une voix de la droite classique.

 

On sait que je ne suis pas un partisan très chaud, non de l'Europe, mais de l'Europe de Maestritsh.

On peut envisager, et préférer une Europe des nations telle que voulue par de Gaulle, non une Europe supranationale ou fédérale. C'est d'ailleurs mon point de désaccord avec Asselineau, Dupont-Aignan, et François Fillon.

On peut envisager une sortie de cette Europe préparée durant la durée du quinquennat à venir.

Toute sortie immédiate poserait de gros problèmes, intérieurs et extérieurs. On imagine la difficulté pour un pays endetté à hauteur de deux mille milliards d'échapper aux exigences des grandes banques mondialisées pour réaliser trop vite un tel projet, nécessaire pourtant, sans une longue préparation.

« Nous ne paierons pas la dette » s'exclame Mélenchon, une rodomontade de plus du milliardaire rouge.

 

A nous de jouer, très bientôt, au premier tour de l'élection.

 

Le Scrutateur.

 

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Georges du Tarn 05/04/2017 12:03

On aura apprécié l'exposé sur la Guyane par les plus frustres - et finalement par les plus fourbes - des candidats qui nous ont clairement avoué qu'ils n'étaient au service ni de la vérité, ni de l'unité nationale et encore moins du bien commun. Pauvres perroquets malades de la peste qu'ils veulent à tout prix transmettre à la France entière. C'est la nuit qu'il est beau de croire à la lumière, et c'est devant pareilles épaves qu'il est héroïque de croire à la communion des saints.

Natalie de Vilmorin 05/04/2017 08:48

Coquille: ce n'est pas François Macron mais Emmanuel Macron

Bonne journée
NV

Edouard Boulogne 05/04/2017 12:42

Peut-être un acte manqué? !