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Publié par Edouard Boulogne

En Guyane la « pwofitation » sous les masques.
En Guyane la « pwofitation » sous les masques.

Ils s'avancent masqués. Tous ne sont pas nécessairement des pwofiteurs, mais il y en a.

En témoigne cet article de France-Guyane. ( LS ).

 

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II profite de ses connaissances à ta préfecture pour faire croire 'qu'il y travaille et propose, contre rémunération, de faire avancer le dossier de demande de titre de séjour.

 

 

CAYENNE. Transporteur, le prévenu était associé aux négociations qui se sont déroulées à la préfecture lors d'un mouvement de protestation. À cette occasion, il avait rencontré des fonctionnaires aussi, fort de ce « carnet d'adresse » , il laissait entendre qu'il pouvait intervenir pour faire avancer un dossier de demande de titre de séjour. Mardi dernier, Bertrand Moukin s'est retrouvé devant les juges pour répondre d'escroquerie. Une femme de nationalité brésilienne, lassée d'attendre ses papiers en échange des mille euros qu'elle lui avait donnés, s'était finalement rapprochée des services concernés. Interpellé à la suite de l'enquête ouverte, il avait reconnu en garde à vue avoir été sollicité pour plusieurs dossiers. Le bouche à oreille avait fonctionné et il s'était retrouvé débordé finissant par jeter une série de dossiers à la poubelle... Mais son avocate Me Isabelle Denis demande la nullité de la garde à vue, le droit au silence n'ayant pas été notifié. La victime avait révélé qu'elle avait été mise en relation avec le prévenu par un intermédiaire. Il s'était présenté comme travaillant à la préfecture et, devant elle, il avait fait semblant de téléphoner à un collègue pour demander d'activer son dossier. À la barre, il souligne avoir remboursé les mille euros à la victime, précisant qu'elle ne lui avait donné que 700 euros et qu'il avait bien pris rendez-vous pour elle à la préfecture. Pour le procureur, « l'escroquerie est caractérisée » d'autant plus que le prévenu avait fixé rendez-vous à la victime dans le hall de la préfecture pour la convaincre qu'il y travaillait : « II a mis en oeuvre tout un processus pour tromper une personne vulnérable. » Rappelant que le prévenu a deux condamnations antérieures, il requiert trois mois de prison ferme. « On ne le poursuit pas pour avoir usé de la fausse qualité d'agent de la préfecture » , souligne Me Denis qui estime que l'accusation ne démontre pas en quoi ses manoeuvres sont frauduleuses. « En quoi a-t-il ? Il connaît bien des fonctionnaires, il a pris rendez-vous. La femme n'a pas été trompée car elle savait que ce n'était pas la voie normale pour obtenir son document. L'escroquerie n'est pas constituée » . Elle demande la relaxe. Après délibérations, le tribunal constate la nullité de la garde à vue du fait de l'absence de la notification du droit au silence. Bertrand Moukin est relaxé de l'accusation d'escroquerie sur les victimes non identifiées. Pour les poursuites roncernant la plaignante, il est reconnu coupable. Il est condamné à quatre mois de prison ferme. Le président souligne que les faits ont été commis alors qu'il était durant une période de mise à l'épreuve. Il a dix jours pour aire appel de ce jugement.

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