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Publié par Edouard Boulogne

Paranormal : C-G Jung, voyance et télépathie.
Paranormal : C-G Jung, voyance et télépathie.
Paranormal : C-G Jung, voyance et télépathie.

Le paranormal est ce domaine de l'activité humaine où les phénomènes physiques, biologiques, etc, semblent échapper aux lois admises des sciences consacrées et officielles : tables tournantes, fantômes, conversations avec les morts, rêves prémonitoires, télépathie, etc, etc.

FAUT-T-IL y croire?

Certainement pas. Le verbe falloir implique la notion d'un devoir moral, ou social ( Faut-il payer les impôts? Ou le denier de l'Eglise pour les croyants, ? etc ).

Mais s'il n'y a pas devoir « de croire » dans les sciences « parallèles » ( comme dit la science officielle, universitaire, celle qui distribue les prix, - Nobel – par exemple ) il est, en revanche, tout à fait admissible, sans être particulièrement crédule, ou malhonnête, de s'interroger sur la vraie nature de certains phénomènes avérés, que la science officielle refuse de prendre en considération, les considérant comme relevant de racontars, des observations mal faites, etc, voire du charlatanisme à des fins de manipulations de masses crédules.

Cette attitude fermée de scepticisme autoritaire est, elle-même, critiquable. Ce que l'on appelle LA science est toujours une recherche reposant sur certains postulats tendant à rendre compte du « réel », mais tendant aussi à exclure du réel ce qui échappe à ces postulats, et donc à mutiler le « réel » d'une partie de lui-même. Comme l'écrivait un grand spécialiste de l'esprit scientifique Emile Meyerson ( dans La déduction relativiste ) « La science n'a qu'un moyen d'expliquer ce qui ne vient pas d'elle ( ses principes et postulats, note du Scrutateur ) c'est de le réduire au néant »

Si vous postulez qu'il n'y a de science que du directement observable, du tangible, du mesurable, du divisible, etc, vous ne pouvez qu'aboutir, par exemple, à la conclusion d'un célèbre médecin du XIX ème siècle : « Je croirai en l'âme quand je l'aurai trouvée au bout de mon scalpel ».

 

Cette façon de penser, et de chercher est pourtant très contestable, et est d'ailleurs contestée par de nombreux esprits du premier rang.

Je ne veux pas être trop long sur ce sujet, ne l'ayant abordé que pour rendre acceptables et crédibles, en tout cas légitimes, les développements qui suivent, et qui me sont inspirés par la volonté de ne pas parler aujourd'hui de politique, et de proposer un article de culture générale, cette culture qui est dans la vocation aussi de ce blog du scrutateur.

 

( I ) Un phénomène de voyance :

 

Avant d'en venir au plat de résistance sur C-G Jung et le paranormal, évoquons cette curieuse expérience survenue au XVIII ème siècle à ce savant un peu marginal ( pour nous, aujourd'hui ) que fut Emmanuel Swedenborg ( Sur Swedenborg voir ce qu'en dit l'Encyclopédie Wikipédia : https://fr.wikipedia.org/wiki/Emanuel_Swedenborg ).

Voici l'expérience cité par Aimé Michel dans une oeuvre collective sur la psychologie moderne :

 

« Swedenborg se trouvait un jour à Goteborg, rentrant de Londres. Vers six heures de l'après-midi, alors qu'il était avec plusieurs personnes chez un ami, il montra soudain une vive émotion.

Qu'est-ce qui vous trouble ? lui demande-t-on.

Je vois un grand incendie qui, en ce moment, ravage Stockholm (à 400 km de Goteborg). Les flammes progressent rapidement vers ma maison.

Vers huit heures, après avoir donné de nombreux détails, Swedenborg s'écrie joyeusement : Le feu a cessé ! Cet incident surprenant tout le monde, Swedenborg est convoqué chez le gouverneur qui lui demande des explications. Il dit où le feu a pris, à quelle heure, dans quelles circonstances, le temps qu'il a duré, le nombre de maisons détruites, leur emplacement, le nombre des victimes, jusqu'où les flammes ont tout ravagé, comment et à quelle heure elles se sont éteintes. Deux jours plus tard, un courrier arrive de Stockholm chez le gouverneur avec un rapport complet sur l'incendie. La description de Swedenborg était exacte du premier au dernier mot. C'est le célèbre philosophe Emmanuel Kant, l'un des fondateurs du rationalisme moderne, qui rapporte l'épisode ».

 

Voici un deuxième exemple de voyance télépathique évoqué en 1919 par le philosophe Henri Bergson au chapitre Fantômes de vivant et recherche psychique de son livre l'Energie spirituelle pp 865 et ss ) :

 

« Je retrouve le même sentiment, le même dédain du concret, au fond des objections qu'on élève contre telle ou telle de vos conclusions. Je n'en citerai qu'un exemple. Il y a quelque temps, dans une réunion mondaine à laquelle j'assistais, la conversation tomba sur les phé­nomènes dont vous vous occupez. Un de nos grands médecins était là, qui fut un de nos grands savants. Après avoir écouté attentivement, il prit la parole et s'exprima à peu près en ces termes : « Tout ce que vous dites m'intéresse beaucoup, mais je vous demande de réfléchir avant de tirer une conclusion. Je connais, moi aussi, un fait extraordinaire. Et ce fait, j'en garantis l'authenticité, car il m'a été raconté par une dame fort intelligente, dont la parole m'inspire une confiance absolue. Le mari de cette dame était officier. Il fut tué au cours d'un engagement. Or, au moment même où le mari tombait, la femme eut la vision de la scène, vision précise, de tous points conforme à la réalité. Vous conclurez peut-être de là, comme elle concluait elle-même, qu'il y avait eu clairvoyance, télépathie, etc. ? Vous n'oublierez qu'une chose : c'est qu'il est arrivé à bien des femmes de rêver que leur mari était mort ou mourant, alors qu'il se portait fort bien. On remarque les cas où la vision tombe juste, on ne tient pas compte des autres. Si l'on faisait le relevé, on verrait que la coïncidence est l'œuvre du hasard. ».

 

Quelques jours après le rêve de cette dame dont parle Bergson, elle reçut par la voie officielle et par la personne d'un visiteur, officier, la confirmation de son rêve dans le moindre détail. Voilà qui est troublant. ( Sur Henri Bergson, lire : https://fr.wikipedia.org/wiki/Henri_Bergson ). Ceux qui en auront le goût et la patience pourront lire, les 4 ème et 5 ème photos reproduites en bas d'article, ou Bergson critique philosophiquement le raisonnement du médecin évoqué.

 

( II ) Paranormal et télépathie chez le psychanalyste Karl-Gustav Jung :

 

J'ai déjà eu l'occasion d'évoquer les Mémoires de Jung, ici même sur Le Scrutateur.

Jung, médecin psychiatre d'abord évolua vers la psychanalyse alors à ses débuts au tout début du XX ème siècle, sous l'influence de Freüd, avant de s'en séparer assez vite en désaccord sur des questions de fond.

Elève en terminale, je fus en 1961 un mordu de la pensée de Jung, que j'avais d'abord découverte par un article d'un brillant journal de l'époque ARTS, fondé et animé par l'écrivain Marcel Aymé.

Ayant lu les Problèmes de l'âme moderne, j'en parlai à mon professeur de philo, qui m'incita à faire un exposé pour la classe, sur la « Psychologie analytique et la poésie » ( la psychanalyse dans sa version jungienne appliquée à la question de l'art ).

Je ne ferai pas ce travail aujourd'hui dans cet article beaucoup plus modeste dans ses intentions qui sont essentiellement de montrer qu'un grand esprit de notre temps, novateur, et honnête, peut s'intéresser aux phénomènes paranormaux, à des fins gnoséologiques, et anthropologiques et non pour se créer à bon compte une clientèle de personnes crédules à la recherche d'un merveilleux de pacotille.

D'où ces citations qui vont constituer la suite de cet exposé.

 

A ) Naissance d'un intérêt pour les phénomènes paranormaux : ( pp 124 et 126 )

 

Au cours de ces pages, Jung évoque le « côté n° 2 » de sa mère. Celle-ci était une femme de caractère, mais normale. Elle avait cependant, à de certains moments des comportements étranges, et un intérêt très vif pour l'aspect étrange, « paranormal »de monde. C'était son « côté n° 2 » .

 

Dans cette première citation, C-G Jung évoque les débuts de son intérêt pour les phénomènes étranges, qui vont contribuer à la formation de sa philosophie, mais aussi de sa démarche médicale envers les « malades mentaux ».

 

« A la fin de mon second semestre, je fis une découverte appelée à avoir d'importantes conséquences : je trouvai dans la bibliothèque du père d'un ami d'études, historien de l'art, un petit livre des années 70 sur les apparitions d'esprits. C'était un rapport sur les débuts du spiritisme, composé par un théolo­gien. Mes doutes du début se dissipèrent rapidement; je ne pouvais douter qu'il s'agissait en principe d'histoires sem­blables à celles que, depuis ma première enfance, j'avais toujours entendues à la campagne. Le matériel était indubitablement authentique. Mais la vraie question : « Ces histoires corres­pondent-elles à une réalité physique? » ne recevait encore aucune réponse claire. Quoi qu'il en soit, je pouvais constater qu'évidemment à toutes les époques et aux endroits les plus divers de la terre, on rapportait toujours les mêmes histoires. Il devait y avoir à cela une raison. En aucun cas elle ne pouvait résider dans des présuppositions religieuses identiques. Ce n'était évidemment pas le cas. Cela devait donc tenir au com­portement objectif de l'âme humaine. Mais, précisément sur ce problème essentiel de la nature objective de l'âme, on ne pouvait rien apprendre en dehors de ce que les philosophes en disaient.

Si étranges et suspectes que me parussent les observations des spirites, elles constituaient cependant pour moi les premières relations sur des phénomènes psychiques objectifs. Des noms comme ceux de Zoellner et de Crookes m'impressionnèrent et je lus, pour ainsi dire, toute la documentation alors acces­sible sur le spiritisme. Naturellement, j'en parlais aussi à mes camarades ; à mon grand étonnement ils réagirent soit en plai­santant, soit en restant incrédules, soit par un refus anxieux. Je m'étonnai de la sûreté avec laquelle ils pouvaient affirmer qu'il était impossible qu'il y eût des revenants, que l'on fît tourner les tables et que, par conséquent, c'était de la super­cherie. Je m'étonnai aussi de leur refus qui accusait leur carac­tère peureux. Certes, je n'étais pas non plus absolument certain de l'entière véracité des récits, mais enfin pourquoi n'y aurait-il pas des fantômes? Comment savions-nous d'une manière générale que quelque chose est « impossible »? Et surtout que pouvait signifier cette anxiété? Quant à moi, je trouvais « ces possibilités » intéressantes à l'extrême — et attirantes. Elles embellissaient mon existence dans une large mesure. Le monde y gagnait profondeur et arrière-plan. Les rêves, par exemple, auraient-ils aussi quelque rapport avec les esprits? Les Rêves d'un illuminé, de Kant, me tombèrent à propos sous la main et bientôt je découvris aussi Karl Duprel, qui avait utilisé ces idées du point de vue philosophique et psycholo­gique. Je déterrai Eschenmayer, Passavant, Justinus Kerner et Gorres et je lus sept volumes de Swedenborg.

Le numéro 2 de ma mère était bien d'accord avec mon \ enthousiasme, mais les autres personnes de mon entourage \ étaient décourageantes. Jusqu'alors je ne m'étais heurté qu'au bloc des idées traditionnelles ; maintenant je me heurtais à l'acier des préjugés, à une incapacité réelle de laisser valoir des possibilités non conventionnelles et cela chez mes amis les plus proches. Pour eux mon intérêt pour ces choses était encore plus suspect que mes préoccupations théologiques. J'avais le sentiment d'être repoussé aux limites de l'univers. Ce pour quoi je ressentais l'intérêt le plus ardent n'était pour les autres que poussières, nuages, voire raison d'anxiété.

Peur de quoi? Pourquoi? Je ne pouvais découvrir nulle explication. Après tout, dans l'idée que peut-être certains événements échappaient aux limitations du temps, de l'espace, de la causalité, il n'y avait rien qui puisse ébranler le monde, rien qui fut inouï. N'y avait-il pas des animaux qui pressen­taient l'orage et les tremblements de terre? Des rêves prémo­nitoires de la mort de personnes déterminées? Des horloges qui s'arrêtaient à l'instant de la mort? Des verres qui se bri­saient aux moments critiques? Toutes choses qui semblaient naturelles dans le monde que j'avais connu jusqu'alors. Et voilà que maintenant j'étais, semblait-il, le seul qui en ait cntendu parler. Très sérieusement, je me demandais dans quel monde j'étais tombé! C'était, de toute évidence, celui des villes qui ignorait tout de la campagne, du monde réel des montagnes, des forêts, et des rivières, des animaux et des idées divines (je veux dire plantes et cristaux). Je trouvai consolante cette explication, en tout cas elle augmenta tout d'abord l'estime que j'avais de moi-même en me faisant comprendre que le monde citadin, malgré le foisonnement de son docte savoir, était très borné. Cette constatation fut pour moi dangereuse, car elle me conduisit à des attitudes de supériorité et à une tentation abusive de critique et d'agressivité qui me valurent des antipathies méritées; par la suite ces dernières réveillè­rent les anciens doutes, les sentiments d'infériorité et les humeurs dépressives — cycle que je décidai d'interrompre à tout prix. Je ne voulais pas rester à l'écart du monde, ni acqué­rir la douteuse renommée d'être un « curieux personnage ».

 

( B ) Etranges phénomènes de synchronicité. ( Page 164. Mais il y en a d'autres ailleurs dans l'ouvrage. ).

 

( La synchronicité évoque ici la succession simultanée, spectaculaire, et inhabituelle de phénomènes dans l'espace et dans le temps, notamment le temps de consciences éloignées dans l'espace. ).

 

« A cette époque je devais faire une conférence à B. Vers minuit, je revins à l'hôtel. J'avais, après la conférence, soupé avec quelques amis et allai me coucher aussitôt. Mais longtemps le sommeil ne vint pas. Vers deux heures environ — je venais de m'endormir —, je me réveillai effrayé et persuadé que quel­qu'un était venu dans ma chambre; j'avais aussi l'impression que la porte avait été ouverte précipitamment. J'allumai aussitôt, mais il n'y avait rien. Je pensais que quelqu'un s'était trompé de porte; je regardais dans le corridor, silence de mort. « Etrange! pensai-je. Quelqu'un pourtant est venu dans ma chambre! » Je rappelai mes souvenirs et il me vint à l'esprit que je m'étais réveillé sous l'influence d'une douleur sourde, comme si quelque chose avait rebondi sur mon front et avait ensuite frappé la partie arrière de mon crâne. Le jour suivant je reçus un télégramme m'apprenant que ce malade s'était suicidé ( un jeune malade que Jung traitait à Zurich, et qui se suicida effectivement ce soir là après avoir rédigé une lettre à son médecin traitant. Note de LS ). Il s'était brûlé la cervelle. J'appris plus tard que la balle s'était arrêtée contre la partie arrière du crâne.

Dans cet événement il s'agissait d'un véritable phéno­mène de synchronicité, comme on en observe assez fréquemment en rapport avec une situation archétypique — ici, la mort. Vu la relativité du temps et de l'espace dans l'inconscient, il est possible que j'aie perçu ce qui se passait en réalité en un tout autre lieu. L'inconscient collectif est commun à tous les hommes ; il est le fondement de ce que l'antiquité appelait « la sympathie de toutes choses ». Dans le cas présent, mon inconscient connaissait l'état de mon malade. Toute la soirée, je m'étais senti d'une nervosité et d'une inquiétude étonnantes bien différentes de mon humeur ordinaire ».

 

( C ) Quelques exemples de rêves prémonitoires.

 

Pour gagner du temps, je reproduis deux des pages les plus intéressantes en photographies et en fin d'articles.

 

J'espère que cet article inspirera à certains lecteurs le désir de lire les Mémoires de Jung, ou certains autres de ses ouvrages.

Si au fil des années j'ai pris mes distances avec la mode de la psychanalyse, elle n'en demeure pas moins , à mes yeux, une recherche intéressante et excitante pour l'esprit.

Singulièrement la recherche jungienne qui rappelle, ou devrait le faire, le propos du personnages d'Hamlet, de Shakespeare : « il y a infiniment plus de choses au ciel et sur la terre, que n'en peut contenir toute la science, et toute la philosophie ».

 

Le Scrutateur.

 

Bergson 1 . Bergson 2 . Jung 3 . Jung 4 .
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