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Publié par Edouard Boulogne

Le cri du coeur d'André Quidal.

André Quidal est loin d'être le seul Guadeloupéen à ressentir ce qu'il exprime ci-dessous sur son site facebook. Mais il l'exprime, et là nous sommes moins nombreux. Il serait cependant utile de réagir contre une certaine subversion.

Je publie le court mais suggestif texte dont je viens de parler, et je le fais suivre d'un article que j'avais consacré à André lors de la publication de son livre Debout enfant de la Guadeloupe.

 

Le Scrutateur.

 

 

« La secrétaire d'État à la ville a déclaré que les jeunes de Guadeloupe se sentent dévalorisé s. Comment peut-il en être autrement si chaque année d'avril à juin on leur raconte qu'ils sont et qu'ils seront descendants d'esclaves donc esclaves jusqu'à la fin des temps. Pourquoi a-t-on mis dans un calendrier ce qui aurait dû rester dans un livre d'histoire? Peut-être parce ce que "En Guadeloupe on n'enseigne pas l'histoire, on se raconte des histoires " ou comme le dit Fanon, "on est esclave de l'esclavage. " »

André Quidal


 

17 Octobre 2015

Publié par Edouard Boulogne

Ce que LS n'aurait pas osé, André Quidal l'a fait, par E.Boulogne.

( http://www.lescrutateur.com/2015/10/ce-que-ls-n-aurait-pas-ose-andre-quidal-l-a-fait-par-e-boulogne.html )

 

17 Octobre 2015

Publié par Edouard Boulogne


 


 

Ce que LS n'aurait pas osé, André Quidal l'a fait, par E.Boulogne.

Ce que LS n'aurait pas osé, André Quidal l'a fait, par E.Boulogne.

Il y a 35 ans que nous nous connaissons, André Quidal et moi. Dans ces années 1980 à 85, marquées par le développement d'un terrorisme psychologique et physique, qui fit, on l'oublie trop souvent, des victimes : morts et mutilés à vie. Ces derniers font mémoire et leurs sentiments ne peuvent être que ce qu'ils sont devant l'incroyable publicité, positive, qui est faite à leurs impudents tortionnaires, aujourd'hui, sur des médias publics.

Je levai, alors, l'étendard de la résistance, notamment dans le magazine Guadeloupe 2000, ancêtre du Scrutateur.

André m'écrivit, souhaitant me rencontrer. Ce qui fut fait. Il rejoignit la cohorte des résistants, où il se battit, en toute liberté, avec courage, et talent, sans jamais se départir de cet humour à froid, surprenant, qui prend à contre-pieds, et peut désarçonner plus d'un qui s'aperçoivent trop tard de leur méprise sur le trait, pris au pied de la lettre, - et qui touche là où il faut -,- du facétieux archer.

Quidal, né dans l'année du premier centenaire de l'abolition de l'esclavage ( il me suit d'assez près ), a maintenant pris sa retraite de l'enseignement de l'histoire, mais il reste actif et vigilant sans rien perdre de sa faconde, et de son talent, comme le prouve le livre qu'il vient de publier, aux éditions Nestor, sous le titre prometteur Debout, enfants de la Guadeloupe, qui résonne comme un hymne à la vie et un chant d'espoir.

 

Le ton est donné dès le préambule : « De fin avril à début juin, ma tête me fait mal. Je suis enragé. Car de fin avril à début juin, la presse écrite, la radio, la télévision, Internet, tout ce que la France et la Guadeloupe comptent de médias, racontent à nos enfants qui n'ont jamais connu l'esclavage, ni eux ni leurs bisaïeuls, en tout cas ceux qu'ils ont eu la chance de connaître, qu'ils sont et qu'ils seront descendants d'esclaves donc esclaves et à s'en flatter jusqu'à la fin des temps.

Quand donc cela s'arrêtera-t-il ? Quand donc mon mal de tête annuel finira-t-il ? Quel espoir de voir de mon vivant les Guadeloupéens prendre conscience de cette perversion de l'esprit qui les pousse à se percevoir comme descendants d'esclaves, donc esclaves ? Car le descendant d'un cheval, c'est un cheval, n'est-ce pas ? Et le descendant d'un esclave, un esclave. Logique. Chaque année, la mode veut qu'une ville de métropole construise une stèle à la mémoire des descendants d'esclaves. L'an dernier une commune de la banlieue parisienne en a érigé une à la mémoire « des fils d'esclaves ». De descendants d'esclaves, nous voilà passés au statut de fils d'esclaves. A quand carrément une stèle aux esclaves ? ».

 

Plus loin il poursuit : « Pour information et pour mieux comprendre le mal de tête de ce Guadeloupéen, le 27 avril, on commémore l'abolition de l'esclavage à Mayotte, le 10 mai en métropole, le 22 mai en Martinique, le 27 en Guadeloupe et enfin le 10 juin en Guyane. Déjà que le 20 décembre, on l'avait déjà fait ou on le fera, à La Réunion. Faut-il se taire et se laisser chaque année traiter de descendants d'esclaves ? Se taire, ce serait faire offense à DELGRÈS qui, pour que nous soyons des hommes libres, s'est battu contre le rétablissement de l'esclavage. Pas pour que nous oppressions chaque année nos enfants avec l'idée qu'ils seront à jamais des descendants d'esclaves. « Lutter contre l'oppression, nous enjoignait-il, est un droit naturel. »

J'en ai fait ma devise. Pour justifier cette fièvre commémorative, dans Le Progrès Social du 30 août 2014, l'excellent Jocelyn Durizot convoque Elie Wiesel, rescapé de la Shoa et prix Nobel de la paix pour qui le bourreau tue toujours deux fois, la seconde fois par l'oubli. En Guadeloupe, nous ne courons aucun risque, surtout avec l'inauguration du mémorial ACTe, musée de l'esclavage bâti sur le site de l'ancienne sucrerie de Darboussier. Nous ne sommes pas prêts de nous en débarrasser ; c'est comme pour les trente-cinq heures ! Ce genre de mauvaises bonnes idées dont l'enfer est pavé. Mais le bâtiment a de l'allure. Espérons qu'il sera comme Gorée, un piège à touristes et que son entretien ne nous coûtera pas les yeux de la tête ».

J'aurai à revenir souvent sur ce livre, qui est une mine précieuse de souvenirs, et de munitions contre certains délires, parfois pathologiques, souvent malhonnêtes et surjoués.

Pour aujourd'hui je voudrais conclure sur la dédicace du livre, son incipit, en quelque sorte.

Elle s'adresse à Alain ( sans le patronyme ), que je publie en photographie ( la troisième ), sous le couvert de St-Exupéry, et de Charles Baudelaire. Alain était un ami commun, que j'ai vu pour la dernière fois, chez moi, fin janvier dernier, et qui a choisi, à l'âge de 49 ans, de se retirer de ce monde de granit.

J'observerai la même pudeur qu'André, à son égard, et les mêmes références littéraires, et la même amitié fidèle et désolée.

Mon deuxième renvoi photographique est à cet encart très bref que Quidal, dont le livre était déjà imprimé, a voulu y encarter, sur « l'affaire Morano ».

On peut ne pas nécessairement souscrire à certaines de ses inimitiés politiques, mais le personnage est là, tout entier, avec sa franchise drue, et son art du contrepied.

 

Edouard Boulogne.

 

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Livia 12/01/2017 14:14

André Quidal a raison, mais cette idée est entretenue par ceux qui font commerce de la sensibilité des uns et des autres pour leur compte, ils peuvent sûrement mieux manoeuvrer des gens déboussolés que des gens iians d'esprit comme Quidal et certains autres qui restent lucides!