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Publié par Edouard Boulogne

Une Nation sans héros ne peut pas survivre, par Marc Rousset.
Une Nation sans héros ne peut pas survivre, par Marc Rousset.
Une Nation sans héros ne peut pas survivre, par Marc Rousset.

Je remercie vivement le lecteur qui, ayant très bien compris le but poursuivi dans ce blog par le Scrutateur, et son esprit, m'a envoyé cet article de monsieur Marc Rousset, au contenu duquel je souscris très largement.

Il importe toutefois de noter que le héros, personnalité d'exception, capable de sacrifier sa vie, ce bien si précieux, doit aussi être jugé en fonction de l'idéal qui l'anime. Le héros, est l'homme du coeur, comme le Cid de Pierre Corneille : « Rodrigue as-tu du coeur »?

Mais l'histoire, y compris la plus récente, démontre qu'il peut y avoir des dévoiements du coeur.

Qui oserait, dans l'intimité d'une recherche intérieure honnête, refuser de convenir qu'il y eut des héros parmi les troupes de jeunes communistes, ou de jeunes nazis, au cours des dernières guerres mondiales, dans les armées concernées, ou dans celles des francos, anglos, américains, ou chez les Kamikazes japonais dans la guerre du pacifique?

Que d'énergie farouche, de maîtrise dans l'action, de dépassement de soi, chez tant et tant, qui furent dévoyés par des doctrines perverses. Et l'on pourrait en dire autant, dans cette guerre déclarée par un certain islamisme, par Daesh, où tous les kamikazes ne sont pas seulement des brutes sombres, mais peuvent être aussi, parfois, des âmes affolées par un certain vide spirituel, et jouent le tout pour le tout au service d'une cause ( à leurs yeux salvatrice ), dans les excès qui nous frappent durement.

Ce qui, bien évidemment, est exécrable, ce n'est pas leur héroïsme éventuel, mais le dévoiement de leur générosité.

Il est dès lors très clair que c'est à l'intelligence et à la culture qu'il appartient d'éclairer le courage pour l'empêcher de se dévoyer.

C'est la raison pour laquelle il convient de marier, d'une part, la culture, la culture philosophique, la vraie, et d'autre part, le courage.

C'est leur divorce qui a entraîné le surgissement, et la croissance progressive de cette société d'individus uniquement soucieux d'eux-mêmes, et de leur petits bien être ( déjà annoncée dès le milieu du XIX ème siècle par Alexis de Tocqueville ), ,cette société où l'homme meurt de soif.

Il arrive que les maux qui frappent une société, la réveillent quand sa source vitale n'est pas encore exténuée. Aussi faut-il espérer que ce sera le résultat que les ennemis de notre civilisation atteindront.

Le courage, la générosité ne sont pas encore éteints. Ils ont besoin d'être guidés par l'intelligence.

Qui ne voit dès lors, l'urgence d'arracher l'école à ceux qui désirent la contrôler pour assouvir leurs ambitions de conquêtes et de dictature nihiliste.

 

Le Scrutateur.

 

( Vous trouverez, après la lecture de l'article, une brève recension des images que j'ai choisies pour illustrer notre propos. Les héros choisis ne sont pas tous des militaires.

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 Une Nation sans héros ne peut pas survivre

Chronique ci-dessous  de Marc Rousset dans le numéro 113-Hiver 2016 de la revue ASAF de  l'Armée Française

 http://marcrousset.over-blog.com/2016/12/une-nation-sans-heros-ne-peut-pas-survivre.html


 

 « Ainsi périrent plusieurs civilisations du passé, lorsque leurs défenseurs naturels renoncèrent à la lutte et à l’effort. Ce ne fut jamais l’abaissement de l’intelligence qui causa la ruine des peuples, mais celui de leur caractère »

G. le Bon-Psychologie du Socialisme- Paris-Alcan-1899

 

« La force de la Cité n’est pas dans ses remparts ni dans ses vaisseaux, mais dans le caractère de ses hommes »

Thucydide

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Au début du XXI° siècle dans les sociétés occidentales, les héros sont une race  en voie de disparition. Nous vivons l’époque du remplacement du militaire par l’humanitaire, du héros par la victime, de la conviction par la compassion, du courage par l’art de plaire, de la virilité par la féminité.

Le chroniqueur médiéval italien, Giovanni Villani, écrivait déjà : « L’Empire romain entra dans sa décadence quand, comme une ruine, le nom de César tomba sur la Cité » précisant encore : « La Cour impériale accueillait les hommes vils au lieu des forts, les flatteurs au lieu des hommes d’action, et le passage des gouvernements aux mains des plus mauvais entraîna peu à peu la ruine de l’Empire »

Si l’intérêt personnel individualiste est le seul fondement du pacte social, on ne voit pas ce qui interdirait à chacun d’en profiter au mieux de ses intérêts et de ses appétits, de se servir au lieu de servir. Cela d’autant plus que le discours de la société marchande, par le truchement de la publicité, fait à chacun l’obligation de jouir, plus exactement de n’exister que pour jouir.

 

La fin de l’exemple du courage et de l’héroïsme dans l’enseignement de l’histoire

 

L’homme européen ne peut vivre sans mythes et se contenter d’une forme de pensée technicienne, aride, froide, sèche. Les héros des anciens livres d’histoire représentaient des « surmoi » propres à éveiller le courage. Au moins jusqu’à 1963, ils formèrent en France des hommes d’une vaillance très supérieure à la mollesse de nos contemporains, nonobstant l ‘appât du gain. A partir de cette date, les réformes successives de l’enseignement de l’histoire  ont chassé les figures chevaleresques. La Nation France est démâtée, emportée dans la dérive des continents par « l’histoire connectée » qui étudie les interactions et les interdépendances. On n’enseigne plus que la Révolution française, version les droits de l’homme oublieux du citoyen, et la Shoah ! Le patriotisme est devenu ringard ; l’histoire est remplacée par la morale. L’erreur est de tout démythifier  dans un monde froid, aseptisé, hors-sol, pacifiste, technologique et numérique.

Les Français se souviennent de la façon dont la III° République  tenta de façonner une conscience républicaine, laïque, égalitariste en droits. Elle le fit « en racontant des histoires » aux enfants du peuple. Le manuel, partout le même en France et dans les colonies, de l’école primaire  présentait une trentaine d’images  fortement « marquées » idéologiquement et accompagnées d’un court récit qui méritait pleinement le qualificatif de « mythique ». De « Nos ancêtres les Gaulois » au  « regard fixé sur la ligne bleue des Vosges », en passant par Bouvines, le panache blanc d’Henri IV, la prise de la Bastille….tout concourait à présenter l’image idéale, quasi divine, de la Nation jacobine. Dans une école sans épopée, la disparition de Bayard appelle bien au contraire  le triomphe des terroristes et des loubards.

 

La fin du dépassement de soi, d’un idéal  et de l’esprit de sacrifice

 

La plupart des Occidentaux n’ont pas vraiment de conscience nationale : Peu importe ce qui se passe dans mon pays tant que ma vie personnelle n’est pas affectée.

 « Toute collectivité sans cohésion sacrificielle, si efficace qu’en soit l’organisation, n’est qu’un agrégat sans volonté commune, anonyme et sans responsabilité » [L’Académicien et poète français Pierre Emmanuel (1916-1984) ].

L’homme ne peut accepter de donner sa vie que pour sa famille, une collectivité, une nation, une culture, une civilisation, une foi, une croyance, un idéal… On ne meurt pas pour des sociétés individualistes et matérialistes qui n’ont rien d’autre à offrir à leur jeunesse que le sexe et l’argent. L’histoire apprend que riches ou pas, puissants ou pas, orgueilleux ou pas, les nations, les empires et les civilisations disparaissent inévitablement sous les coups de bien moins puissants, bien moins armés, mais animés de la foi dans leur projet, fut-il- criminel. Avec un idéal et la foi chevillée au corps  des hommes décidés  peuvent déstabiliser et  renverser  un Etat, un Royaume, un Empire !

 

Courage et héroïsme : la véritable richesse d’un pays

 

Les jeunes de 20 ans qui offrent leur vie quand la République le leur demande, méritent reconnaissance, respect et considération, même s’ils ne font pas fortune! Ces  jeunes constituent la plus précieuse des richesses de la Nation, car elle est  faite d’humanité, d’idéal, de dépassement de soi, et surtout  de chair et de sang ! 

Aucune machine ne pourra jamais faire le métier de soldat. Les hommes sont condamnés à rester l’instrument premier du combat. Mais en trouvera-t-on encore longtemps pour porter les armes ? Rien n’est moins sûr si la France continue d’ignorer l’histoire de ses héros. Une société « fabrique » des défenseurs en les honorant, en leur offrant une place et une reconnaissance particulière pour leurs mérites, leur utilité, leur esprit de sacrifice. Elle suscite alors des vocations de volontaires qui feront le choix du métier des armes malgré des contraintes exorbitantes. Le risque pour la France de ne plus en trouver parmi ses fils, si l’on songe à la fin de l’Empire romain, n’est pas nul.

 

Les sociétés hédonistes matérialistes et d’argent considèrent les soldats-héros comme des Idiots utiles

 

Une démocratie ne peut durer si elle devient un amas d’individus égoïstes qui souhaite être défendu par un corps militaire digne et loyal, dont l’efficience et la fidélité reposent sur le sens du devoir et du sacrifice. On exploiterait alors les nobles sentiments et l’impécuniosité des militaires pour préserver le confort d’une masse de riches égoïstes sans idéal. Sans un minimum d’élévation morale partagée, tout héros mort pour la patrie ressemblerait à un idiot qui se serait fait escroquer. Nos démocraties européennes décadentes actuelles, c’est à peu près cela !

Qui dit héros, dit gloire et modèle à imiter, dit multiplicateur d’énergies, dit capacité à se battre, à vaincre la peur, à s’imposer. En rendant un culte au héros, on favorise la cohésion et les chances de survie de la cité .

Qui dit victime, dit mise en cause, culpabilité et judiciarisation à outrance, dit aussi atrophie des énergies, des volontés et des intelligences, dit enfin méfiance et incapacité à se battre. Endosser le statut de victime pour des soldats morts en opérations, c’est prendre le risque à terme, de ne plus trouver quiconque pour exercer correctement ce métier.

Le service de la cité dans sa forme la plus exigeante qui est celle du métier des armes, mérite, non pas une émotion compassionnelle, ostentatoire et fugitive, mais une véritable, sincère, durable   et profonde reconnaissance empreinte de dignité et de respect. Autrement dit, doivent accéder au statut de héros, ceux qui, bravant la mort, ont fait honneur à leur pays.

Selon Henri Hude, directeur du cours d’éthique à Saint-Cyr : « Sans un minimum d’élévation morale partagée, tout héros mort pour la Patrie ressemble à un idiot qui se serait fait escroquer ». L’esprit héroïque holiste de sacrifice du citoyen au service de l’hédonisme individualiste du consommateur relève de la quadrature du cercle et n’a donc aucune chance de perdurer à terme.

 

                                                                                                                                                                 Marc Rousset*

 

*Ancien Directeur Général, Economiste, Géopoliticien, Ecrivain, Prix de l’Académie des Sciences Morales et Politiques

Auteur de « Adieu l’argent-roi ! Place aux héros européens !

                  Critique de la Civilisation de l’argent et Apologie de l’héroïsme «

500 pages - Editions Godefroy de Bouillon-2016.

 

( II ) De jeunes résistants, héros  antillais :

http://www.lescrutateur.com/2015/06/deux-antillais-aux-avant-gardes-de-la-resistance-durant-la-guerre-de-1940-1945-le-martiniquais-yves-goussard-et-deux-guadeloupeens-m


 

Dossier photographique :

1 ) Henri de la Tour d'Auvergne, Vicomte de Turenne, un héros français au XVII ème siècle.


 

2 ) Un bataillon sacré de 300 guerriers spartiates se sacrifia pour sauver la civilisation grecque de l'emprise des Perses. Son général s'appelait Léonidas, qui, sommé de se rendre face à une armée innombrable, et comme l'envoyé du roi des Perses, lui faisait remarquer que les archers étaient si nombreux, que les flèches obsurciraient le soleil, répondit : « tant mieux, ainsi nous combattrons à l'ombre ».


 

3 ) Bien des siècles après, une division française, fut encerclée pendant la guerre d'Indochine, et se battit jusqu'au bout. En image la Une d'un journal en cette triste année 1954.


 

4 ) L'abbé Pierre.


 

5 ) Mère Théresa de Calcutta.


 

6, 7 et 8 ) Photos de jeunes antillais de Guadeloupe et Martinique ( Tony Bloncourt et Yves Goussard ) qui sacrifièrent leurs jeunes vies au cours de la seconde guerre mondiale, pour la France, et pour la liberté.

Une Nation sans héros ne peut pas survivre, par Marc Rousset.
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