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Publié par Edouard Boulogne

Hollande cunctator : Et si, finalement, il se représentait.

Aussitôt que François Hollande eut annoncé sa « décision » de ne pas se représenter à l'élection présidentielle, me vint l'idée que sa cote allait remonter dans les sondages.

Il y a dans le bon peuple des gens comme ça : la sentimentalité régit leur conscience. Immédiatement l'on vit surgir dans les médias sociaux, des commentaires du genre «  pauv boug, il a pas fait plus de mal que d'autres »

Et de fait la cote du « président » est remontée jusqu'à 19%. Oh, pas d'intentions de vote, mais de « sympathie ». Parodiant, à l'envers, Londres en d'autres temps, on pourrait s'exclamer : « les médiocres parlent aux médiocres ».

Que peut-il bien se passer dans le ciboulot du Françoué?

Et si avec sa clairvoyance habituelle il décidait de se représenter!

Mais si un tel possible n'est pas à écarter tout à fait avec une telle gouape, les spadassins du PS feront ce qu'il faut pour le dissoudre dans les nuées.

 

Philippe Bilger, lui, n'y croit pas. L'article qu'il consacre au gros petit homme, sous le titre de Hollande cunctator, est un constat lucide, désabusé, inspiré de l'antique car M. Bilger comme ceux de sa génération a fait du latin, et en a gardé des souvenirs historiques.

En le lisant, on voit que l'histoire, parfois, repasse les plats. Avec même un soupçon d'ironie.

Pourquoi « cunctator »? Parce que « cuntator » en latin signifie « temporisateur », « indécis ».

Or il y eut dans l'histoire romaine, un général qui temporisait sans cesse dans la lutte contre Hannibal, et cet officier s'appelait ….. Fabius! . Le fait est avéré par le De viris illustribus ( de grande mémoire collégienne ).

Et Clio pousse même l'ironie jusqu'à rappeler que Fabius était aussi surnommé « verrucosus » à cause d'une verrue qu'il portait sur les lèvres. Les familiers de l'iconographie hollandiste apprécieront.

 

Il est temps de passer au papier du jour de Philippe Bilger. Il est assez bien torché, quoique qu'un peu trop charitable à mon goût.

Vous connaissez mon goût pour la justice !

 

Le Scrutateur.

 

27 décembre 2016

Hollande Cunctator...

Analyser les raisons des succès est intéressant mais l'exercice est bien moins passionnant que de se pencher sur les motifs des abandons ou des défaites.

Talleyrand soutenait, lui qui était un spécialiste, que la trahison n'était qu'une affaire de dates. On pourrait soutenir que la politique en général ne relève que de la chronologie et du bon choix des séquences.

Je ne peux pas m'empêcher, depuis que le président de la République a annoncé son retrait, de m'attacher à tout ce qui aurait pu être autrement s'il avait été tactiquement mieux avisé.

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D'abord une faille de sa personnalité. Les hommes de pouvoir n'en sont pas dénués et il n'a pas été le seul à pâtir de cette faiblesse. Nicolas Sarkozy comme d'autres ont été victimes de cette surestimation de soi. Il est clair que François Hollande s'est vu trop beau, trop brillant, trop au-dessus du lot au sein d'un monde dont il méprisait la plupart des représentants de gauche comme de droite. Se croyant plus fort que les événements, il a été dominé par eux.

Ensuite les méfaits d'un mimétisme qui égare. François Hollande s'est imaginé qu'il suffisait de remettre ses pas dans ceux de François Mitterrand pour devenir presque mécaniquement un génie de de la stratégie et de la tactique comme son modèle. On a constaté au contraire qu'il nous a offert en dégradé et en médiocre les vertus du "tempo" et des calculs de François Mitterrand. L'attente est devenue hésitation et l'observation retard. Supposant imposer son rythme, François Hollande a été victime du rythme des autres.

Sa principale erreur qui paradoxalement démontrait qu'il demeurait encore chez lui une naïveté. Emmanuel Macron s'est déclaré candidat à la présidence de la République et celui qui estimait qu'il lui devait tout a été totalement surpris par une résolution dont il avait sous-estimé la profondeur et la constance. On ne peut même pas dire qu'Emmanuel Macron a caché son jeu. Il n'a cessé au contraire, carte après carte, de le montrer mais le président de la République, battu sur un terrain où il se jugeait indépassable, s'est laissé abuser, qualifiant de "bluff" cette ambition en marche.

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François Hollande déclarant sa candidature plus vite, plus tôt aurait rendu celle d'Emmanuel Macron difficile, voire inconcevable. Dans tous les cas il prenait l'initiative et cette énergie fondée sur l'incroyable optimisme dont il avait fait preuve au cours des déboires tragiques ou ridicules de sa présidence rassemblait autour de lui, coagulait des soutiens dispersés, redonnait vigueur à la gauche officielle et laissait une chance au combat à venir.

Sa candidature lui permettait alors d'accueillir comme un bonus et presque une légitimation les heureuses nouvelles qui, quoique tardives, embellissaient le présent et auguraient d'un futur plus satisfaisant. Trois mois de baisse du chômage : sur le marché du travail, on n'avait pas connu cela depuis 2008 ! François Hollande, déjà en lice, aurait été fondé à s'honorer de cette avancée alors que son désistement le conduit à n'éprouver que de la nostalgie et du regret pour ce qui est en train d'advenir et qui relève encore à peine de son bilan puisque symboliquement le président est proche de l'absence.

Rien ne démontre que s'il n'avait pas été ce Hollande piètrement et narcissiquement temporisateur, il se serait retrouvé au second tour. Qu'il n'aurait pas été mis sur la touche démocratique par François Fillon - "préparant son offensive pour 2017" (Le Figaro) - et par Marine Le Pen installée constamment dans la joute finale par les intentions de vote.

Mais l'issue de son quinquennat aurait eu une autre allure.

Hollande Cunctator ! Il se serait passé de cette référence à l'Antique.


 

 

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Loulou Ouhaitu 28/12/2016 15:53

Hé oui ! le sachant prêt à faire don de sa personne à la France...