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Publié par Edouard Boulogne

Dans Atlantico : ( « débat » ) : Le Tsunami ravageur qu'a déclenché François Hollande.

Je ne m'acharnerai plus sur Hollande ( à moins que cet « esprit » tordu par quelques coups de Jarnac ne fasse trop de bêtises durant les six derniers mois ( ? ) de sa vie politique.

Mais la politique n'est pas un sport pour enfants de Marie. Il faut toujours dans ce monde grouillant d'experts en perfidies, en dissimulations, en coups bas, garder la tête froide.

S'ils nous promettent pour demain, grâce à leurs talents, à leur bonté, à leur honnêteté un monde parfait pour demain ( c'est la chanson de tous, et surtout des extrêmistes : le national socialisme, le communisme, l'extrême gauche ) c'est alors qu'il faut tendre l'oreille et se méfier.

D'une certaine façon c'est ce qu'avait promis Hollande en 2012 ( moi président , etc ).

Plusieurs analystes compétents et lucides analysent le quinquennat qui s'achève ( sur le site modéré Atlantico ).

Ecoutons leur diagnostic sur une situation particulièrement délabrée.

 

Le Scrutateur.

 

 

Belle alliance populaire et bis repetita ? Toutes ces raisons pour lesquelles l'échec du quinquennat est bien plus grave que la déroute personnelle de François Hollande
 

( http://www.atlantico.fr/decryptage/belle-alliance-populaire-et-bis-repetita-toutes-ces-raisons-pour-lesquelles-echec-quinquennat-est-bien-plus-grave-que-deroute-2897608.html#EA5oam1fd6yk29iD.99 ).

 

Si certains peuvent être tentés de réduire l'échec politique du quinquennat à la seule personne de François Hollande, c'est la gauche dans son ensemble qui en est responsable.
 

Atlantico : Alors que François Hollande a annoncé ce jeudi soir sa décision de ne pas briguer un second mandat présidentiel, certains à gauche semblent vouloir personnaliser le bilan du quinquennat. Pour autant, peut-on réduire l'échec du quinquennat à la seule personne de François Hollande ?

Jean Petaux : En tout premier lieu il conviendrait de faire le plus équitablement possible le bilan du quinquennat. Vous parlez d’échec dans votre question, c’est une réponse possible mais elle n’est pas la seule. À tout le moins il me semble parfaitement prématuré de qualifier le quinquennat qui d’ailleurs même pas terminé puisqu’il reste six mois à courir et qu’il peut se passer nombre d’événements pendant ces six mois. Pour ma part je me garderai bien de faire, aujourd’hui, un bilan des cinq années de "présidence Hollande".


 


 

Employer le mot "échec" me semble à tout le moins imprudent, d’un point de vue analytique, et surtout plus que caricatural. Je suis, au contraire, à peu près certain que la présidence de François Hollande va être considérablement réévaluée (y compris par ses détracteurs actuels se situant à gauche) dans les années à venir. C’est une constante politique (pour ne pas parler de "loi" mais c’est une "quasi-loi") : avec le temps et le recul ce qui a été voué aux gémonies peut être totalement réhabilité quand ce n’est pas adulé.

Quant à la question du rôle et du "poids" du chef de l’Etat aujourd’hui dans le déroulement de tel ou tel quinquennat, c’est une évidence là aussi de la Vème République depuis sa fondation le 4 octobre 1958 et constamment renforcée depuis, hors période de cohabitation (il y en a eu trois depuis la première en 1986) : le président de la République étant la clé de voute des institutions et étant celui vers qui tout converge, son importance est de plus en plus forte et il a de plus en plus tendance à "gouverner" et pas seulement à "présider". Lorsque le "président gouverne" il s’expose à un risque structurel majeur. C’est celui auquel s’est exposé François Hollande dès 2012. Il est  devenu le chef de la majorité parlementaire (ce qui est normalement la fonction du Premier ministre) et n’a plus eu de "fusible" en période de surtension ou de menace de court-circuit. Ce changement de status, au sens quasi-sociologique du mot, est très problématique car il braque les projecteurs de la défaite potentielle sur le président de la République et l’affaiblit donc corrélativement.

Donc, concrètement, si d’aucuns considèrent que le président Hollande a échoué pendant son quinquennat c’est le mode de fonctionnement même de la Vème République qui fait que le président est celui qui se trouve chargé, en plus des fautes et maladresses qu’il a pu commettre, de celles commises par les autres. L’échec dont vous parlez, si tant est qu’il soit avéré, n’est donc pas imputable qu’au seul président sortant. Mais selon la formule consacrée : il est au sommet donc c’est lui qui sert de paratonnerre et c’est lui qui est susceptible de recevoir la foudre (du suffrage universel… et depuis peu.. des électeurs qui se déplacent pour voter aux primaires) ! 


 

Jean-François Kahn : S'il y a échec, on ne peut pas le réduire à une seule personne. Il y a un gouvernement, une majorité, un parti… Posons-nous déjà la question de savoir s'il s'agit d'un échec total. Toute la gauche de la gauche (frondeurs, écologistes, Jean-Luc Mélenchon, etc.) assure que ce quinquennat est un échec. Mais pourquoi est-ce un échec à leurs yeux ? Ils considèrent que c'est un échec car une politique de droite a été menée. De son côté, la droite parle aussi d'échec. Mais le fait-elle également en raison de la politique de droite qui a été menée ? Non, bien évidemment, elle considère que la politique menée était de gauche ! Comment peut-on donc dire de ce quinquennat qu'il a été un échec à cause de sa politique de droite et à cause de sa politique de gauche ? Peut-être que, justement, l'échec résulte du fait que les deux raisons sont valables simultanément…

En matière économique et sociale, la politique de François Hollande a été effectivement plutôt libérale, de centre-droit. Mais en même temps, d'un point de vue sociétal la politique menée était de gauche. Or, quel est l'état de l'opinion populaire, sur laquelle compte la gauche même si elle l'a perdue ? Cette population rejette d'un côté les dégâts des politiques dites néolibérales, et de l'autre le penchant gauchisto-soixante-huitard en matière sociétale. Dans la mesure où François Hollande a mené à la fois une politique néo-libérale sur le plan socio-économique et une politique de gauche sur le plan sociétal, il était en contradiction totale avec une grande partie de l'électorat populaire et de l'électorat de gauche. L'échec provient de là.

Au-delà de cet élément, l'échec de ce quinquennat tient au fait que François Hollande n'a jamais su incarner une dynamique, un projet, une direction, ce que De Gaulle appelait "un grand dessein". François Hollande est un gestionnaire au jour le jour (pas catastrophique d'ailleurs), alors que les Français avaient besoin de quelque chose qui les mobilise, qui leur montre où ils vont et pourquoi ils y vont.

Ne s'agit-il pas d'un échec général de la gauche ?

Jean-François Kahn : Ce n'est jamais l'échec d'un seul homme : c'est l'échec de tous ceux qui se reconnaissaient dans François Hollande ou qui le soutenaient. En revanche, on ne peut dire que c'est l'échec de ceux qui depuis trois ans à gauche le condamnent et le critiquent. Mais on peut effectivement parler d'échec collectif. Il y a un véritable échec de la gauche, qui n'a pas su s'incarner dans un projet.

Le fait de savoir si la politique menée par François Hollande est bonne ou mauvaise est secondaire par rapport au constat qu'il a fait une autre politique que celle sur laquelle il a été élu. C'est aussi cela l'échec, cette impression très forte de trahison. Dans certains domaines, il a même fait la politique inverse que celle sur laquelle il a été élu.


 

Quelles sont selon vous, les principales erreurs politiques commises lors de ce quinquennat ?

Jean Petaux : J’en vois essentiellement 4.

  • Une absence d’état des lieux. Il aurait fallu, bien plus cela n’a été fait, faire l’audit complet de la présidentce Sarkozy tant au plan de la situation des comptes publics que du contexte économique français et européen. Et dire aux Français : "voilà le vrai bilan de dix années de politique libérale en économie et plutôt autoritaire en matière sociale et politique". A vous de juger désormais avec ce que nous allons faire.

  • Un manque de liaison entre le gouvernement et la majorité parlementaire qui n’a pas été structurée par F.Hollande mais par sa rivale de primaires en 2011, Martine Aubry, alors 1ère Secrétaire du PS. La maire de Lille a littéralement "trusté" les investitures législatives et distribué plus d’une à ses amis futurs "Frondeurs" (de Jean-Marc Germain à Christian Paul en passant par François Lamy). Sans parler de cet accord surréaliste entre Aubry et Duflot, en juin 2011, où le PS a "réservé" à certains leaders écologistes des circonscriptions "imperdables"  en retirant ses propres candidats face aux Ecolos. Ce manque de liaison entre l’Elysée/Matignon et le groupe PS au Palais-Bourbon a  tenu aussi à la faiblesse structurelle du président du groupe socialiste à l’Assemblée nationale : Bruno Leroux qu’un cruel lapsus du Porte-parole du gouvernement, Le Foll, a  baptisé un jour "Bruno Relou").

    • Un manque chronique de pédagogie pour expliquer politiquement les choses aux Français et une vraie incapacité à défendre ce qui a été fait et bien fait et dont les résultats auraient pu être mis au crédit du chef de l’Etat, du Premier ministre et  du gouvernement.

    • Une valse-hésitation (sans mauvais jeu de mots) permanente entre l’audace de la réforme et des réformes audacieuses. Des effets d’annonce suivis de longues séquences où il ne se passait rien. L’exemple le plus évident est tout ce qui a été fait en matière de réforme territoriale où l’on est passé du "grand dessein du projet" au "petit dessin sur la carte". Tout cela générant chez les "Français spectateurs" un lourd ressentiment résumable ainsi : "Qu’est-ce qu’ils font tous ces incapables ?". Surtout quand les adversaires du gouvernement multiplient les "Y’a ka" et les "Faut qu’on", un peu comme certains commentaires des lecteurs d’Atlantico dont la profondeur de la réflexion est telle que celui qui les lit a pied tout le temps… et ne risque guère la noyade dans de tels flots d’intelligence.

    Jean-François Kahn : La première trahison de François Hollande est d'avoir dit qu'il irait à la rencontre d'Angela Merkel pour renégocier le pacte de stabilité et d'être revenu sans avoir rien renégocié du tout. Tout commence avec cette trahison dont d'une certaine manière il ne s'est jamais remis. Quant à sa politique européenne, elle a été la même que celle qu'ont fait les gouvernements précédents et que feront ceux d'après.

    Objectivement – et je dis bien objectivement, car ce mot-là est interdit dans ce pays –, demandons-nous ce qui va moins bien et ce qui va mieux depuis qu'il a pris le pouvoir.

    Le chômage : même si les chiffres récents ont montré un début d'amélioration, il y a aujourd'hui plus de chômeurs qu'il n'y en avait en 2012. C'est donc un échec incontestable, d'autant plus que la conjoncture économique est plutôt favorable.

    La croissance : encore une fois, malgré une conjoncture favorable, malgré le Pacte de responsabilité, le CICE, etc., nous avons une croissance extrêmement faible.

    Les déficits : ici en revanche, les déficits sont incontestablement inférieurs (3,3 - 3,4% environ aujourd'hui) à ce qu'ils étaient quand François Hollande a pris ses fonctions (5% environ). De la même façon,  l'endettement sous Nicolas Sarkozy avait augmenté de 600 milliards d'euros, or l'augmentation est moins forte aujourd'hui. Il y a donc une certaine stabilité. Ce n'est pas une franche réussite, mais ce n'est pas non plus un échec.

    Les comptes sociaux : ils ne sont pas du tout à l'équilibre comme le prétend le gouvernement, mais ils sont moins déficitaires qu'il y a cinq ans. On peut donc le créditer ici d'une demi-réussite.


     

    Et enfin, pour ce qui est de sa politique étrangère, je considère, alors qu'il est de bon ton de dire qu'il a malgré tout réussi sa politique étrangère, que c'est un échec total. La France ne joue plus un rôle important, s'est isolée, a rompu avec la Russie, s'est alignée sur l'Arabie Saoudite, a soutenu pendant longtemps des islamistes en Syrie…

    Comment expliquer l'état actuel de division et d'affrontement du Parti socialiste ?

    Jean-François Kahn : Premièrement, quand on est en situation d'échec, les affrontements sont toujours beaucoup plus vifs que quand on est en situation de réussite.

    Deuxièmement, quand le chef du parti, c’est-à-dire François Hollande, ne porte pas de message, de dynamique, de projet et ne montre pas une direction - même si c'est un bon gestionnaire -, rien ne permet de fédérer un camp où il y a des sensibilités différentes. Cela donne forcément lieu à une exacerbation des tensions.

    Il existe aujourd'hui trois droites : une droite qui vote Front national ou Dupont-Aignan, une droite qui est plutôt centriste et une droite plus classique qui se retrouve aujourd'hui dans François Fillon. Avec une dynamique, une grande partie de ces trois droites peuvent être fédérées. De la même façon, il existe trois gauches : un centre-gauche qui se retrouve dans Emmanuel Macron, une gauche plus radicale qui se retrouve dans Jean-Luc Mélenchon, et une gauche sociale-démocrate qui ne se retrouve dans rien (car elle-même était découragée par François Hollande). Sans discours fort, mobilisateur, fédérateur, les tensions et rivalités sont inévitablement exacerbées. C'est là le principal échec de François Hollande : avoir été incapable d'incarner une dynamique, de porter un projet, d'indiquer une direction.

    Jean Petaux : Par le "bal des égos" et le "carrousel des ambitieux" doublé d’une absence totale de travail pendant les 10 ans, de 2002 à 2012 où le PS a été dans l’opposition. Il s’en est suivi une impréparation chronique sur les grands dossiers à traiter et les grands projets à porter une fois de retour aux responsabilités à l’inverse de la situation vécue avec François Mitterrand entre 1971 et 1981. Autrement dit, le PS, surtout de 2006 à 2012 n’a eu aucune ligne directrice et aucune direction programmatique. Comme ce n’est pas quand un parti est au pouvoir qu’il se renforce tant doctrinalement que numériquement, les cinq dernières années n’ont fait qu’ajouter aux décombres des dix précédentes. Dans un tel contexte d’inanité idéologique, la réalité devient vite fatalité : l’hypertrophie des émois tient lieu de projet et les projets se réduisent aux "pro-Je" de tel ou tel. En politique là encore la règle est simple : moins il y a d’idées collectivement travaillées et partagées, plus y a d’ambitions personnelles. Le PS et la gauche toute entière sont désormais le cadre de ces luttes pour la conquête individuelle du trophée. Et, qu’on ne s’y trompe pas, ce mal endémique touche aussi bien un Mélenchon qu’un Montebourg, un Valls qu’un Jadot ou une Pinel. Et encore ne parle-t-on pas (encore) de toutes les battues ou de tous les battus aux "micro-primaires" réalisées jusqu’à aujourd’hui.


    Des personnalités diverses, de Razzy Hammadi à Jacques Attali appellent à l'unité de la gauche. Alors que le rejet de François Hollande permettait de maintenir un semblant de cohésion, l’unité peut-elle vraiment être de mise aujourd'hui ?

     

    Jean-François Kahn : Leur intérêt serait de faire l'unité mais cela semble impossible.

    Il n'y a pas non plus d'unité de la droite : il est impossible pour la droite de se réunifier entre le Front national et Les Républicains. De la même façon qu'il y a des droites irréductibles que l'on ne peut réconcilier, il y a des gauches que l'on ne peut réconcilier.

    Simplement, la droite a 60% à se partager alors que la gauche n'a que 38% à se partager.

    Dans la mesure où il n'y a pas eu de discours mobilisateur portant une direction, rien ne permet de transcender, de dépasser ces contradictions, qui sont aujourd'hui exacerbées. Il me semble d'autant plus difficile d'unifier les gauches, qu'il n'y a plus de leader : il y avait un leader qui était incapable d'assumer son rôle, mais aujourd'hui il n'y a plus rien du tout. Les deux fois où la gauche a été capable de s'unifier derrière un candidat unique, c'était autour de François Mitterrand, qui était un leader.


     

    Jean Petaux : Votre question est parfaitement pertinente, même si elle semble paradoxale désormais. Celui qui était sans doute le mieux à même de réaliser une "synthèse vertébrale" entre les composantes de la gauche était, jusqu’à hier soir, en effet, François Hollande. Mais cette position était plus "idéelle" que "réelle". Pour que la cohésion prenne une allure de réalité il faut que les parties concernées s’accordent sur un certain nombre de critères minimalement partagés et convergents. Et cet accord doit aussi se faire sur la ou les personnes qui vont incarner la cohésion. Or, si sur le plan des idées et des choix politiques, François Hollande était peut-être celui qui était au "centre de gravité" des différentes lignes politiques de la gauche en faisant la synthèse des questions politiques, économiques, sociales, militaires, culturelles, environnementales, pour ce qui concerne "l’incarnation", force était bien de constater que sa personne, sa "figure" était tellement démonétisée, tellement décriée parce que décrédibilisée, qu’il n’était plus en mesure de réunir les différents courant de la gauche. Il n’a pas dit autre chose d’ailleurs dans son "discours de renoncement" hier soir au 20h.

    C’est faire beaucoup d’honneur à Razzy Hammadi, ex-permanent de l’UNEF, ex-petit chef du MJS, ex-créature de Benoit Hamon, que de le rapprocher de Jacques Attali, dont, quoi qu’on pense de lui, la stature intellectuelle n’est peut-être pas tout à fait comparable avec celle du "vieux" jeune député de Seine-Saint-Denis. Mais, pour autant, en dépit de cette différence de taille, la réflexion partagée de ces deux acteurs politiques montre bien que la conscience d’une défaite en rase campagne, dès le premier tour, est présente dans nombre d’esprits socialistes. Mais ce n’est pas parce que les individus, seuls ou en groupes, savent qu’ils courent vers le précipice ou vers l’abime qu’ils s’arrêtent de le faire. Sinon il n’y aurait jamais eu de Première guerre mondiale par exemple.

    Alors que les partis sociaux-démocrates européens connaissent de grandes difficultés (SPD en Allemagne, Labour en Grande-Bretagne, Pasok en Grèce), quelles sont selon vous les chances de survie du Parti socialiste français ?

    Jean-François Kahn : J'ai écrit un livre il y a quelques années qui s'appelait Pourquoi il faut dissoudre le Parti socialiste. Je continue à penser que la seule solution est de dissoudre le Parti socialiste. De façon générale, on constate un écroulement de la social-démocratie. La social-démocratie, à l'instar de l'orléanisme, a joué un rôle très positif sur le plan des progrès de civilisation, mais aujourd'hui, comme l'orléanisme, elle est morte et il faut trouver autre chose.

    On constate une poussée de partis populistes de droite, mais nous allons aussi assister à un regain très fort de gauche radicale : on l'a déjà vu en Espagne, en Grèce et même aux Etats-Unis avec Bernie Sanders, mais on le verra aussi en France. Une situation qui serait très inquiétante serait qu'il y ait d'un côté une droite forte et très radicalisée et de l'autre une fraction de la gauche qui se radicalise de plus en plus. 

    Jean Petaux : Faibles ! Le PS peut perdre les élections de 2017 de manière totalement humiliante et sans aucune indulgence de la part du corps électoral. Il est en potentialité de cumuler l’élimination dès le premier tour ; d’être dépassé par un Mélenchon et un Macron ; de faire un score éventuellement à 1 chiffre (moins de 10% des voix) comparable à celui de Gaston Defferre, candidat du "Nouveau Parti Socialiste" à la présidentielle de 1969 (5,1% des suffrages exprimés) et, last but not least, de connaitre la honte de législatives calamiteuses se voyant revenir à l’Assemblée avec moins d’une soixantaine de députés (comme en 1993). Alors si telle est l’issue de la séquence électorale de 2017, le PS ne pourra pas survivre sous cette appellation. Il se cassera en deux blocs entre d’une part les tenants d’une ligne "à gauche toute", qui trouvera peut-être en Montebourg son nouvel espoir et d’autre part les pro-Valls, ce dernier incarnant alors un "social-libéralisme" décomplexé. Mais là encore les choses ne seront pas simples et les "unions"demeureront des "combats". Montebourg aura en vis-à-vis, à sa gauche, un Mélenchon qui ne manquera pas une occasion de "rallier à lui" les "brebis de gauche perdues". Et Valls sera face à un Macron, plus à droite que lui, qui en remettra dans le libéralisme-ubérisé et "moderne". Pas besoin d’être grand clerc pour comprendre que même les morceaux d’un PS éclaté seront susceptibles de se fendre à leur tour. Décidément pour le PS les temps s’annoncent plus que durs : c’est peut-être un tsunami ravageur qu’à fait naitre François Hollande par son retrait volontaire du jeudi 1er décembre. Une vague qui va tout emporter de ce qui ressemble de près ou de loin au PS, sur les décombres de laquelle il faudra reconstruire une organisation nouvelle, un corps doctrinal nouveau, et surtout, produire de nouvelles "figures" à même d’incarner le nouvel édifice ainsi rebâtit. Autant dire que la droite aura du temps devant elle pour gouverner. A moins qu’elle ne fasse, elle-même, autant d’erreurs et de contresens que ses adversaires socialistes.

     

       

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