Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Pages

Publié par Edouard Boulogne

Photographie récente du dernier carré des SUFFISANTS.

Photographie récente du dernier carré des SUFFISANTS.

Ceux qui lisent régulièrement Le Scrutateur, savent que j'apprécie Philippe Bilger, son honnêteté, souvent sa lucidité, quitte à m'en séparer parfois, sur des points plus ou moins importants de la vie politique. En 2007, M. Bilger fut assez ardemment Sarkoziste. Je votai alors pour Sarkozy, au deuxième tour de cette élection, non sans restrictions mentales.

En 2012, il vota pour François Hollande, dès le premier tour. Là nous nous séparâmes. A l'impossible nul n'est tenu, et je ne n'aurais pas eu l'excuse de l'humeur qui résulte du constat de l'échec d'un grand « amour ».

Philippe Bilger semble, et comme on le comprend, n'avoir pas persévéré longtemps dans l'aberration de son choix de 2012. Comme le personnage de la tragédie cornélienne, très vite il clama sa détresse : «  Je vois, je sais, je crois, je suis désabusé ».

Pour cela il lui sera beaucoup pardonné. Qui, d'entre nous, moi parmi les autres, victime du péché d'Adam ( et d'Eve; respectons la parité ) n'a pas, parfois lourdement péché?

Sa méditation d'hier sur son blog « Justice au singulier », est la pénitence qui nous le rend pur, au service de la France et de la vérité.


 

Le Scrutateur.

______________________________________________________________


 

François Hollande se surestime..., par

 

J'avais lu vite le très long livre de Gérard Davet et de Fabrice Lhomme mais, après le deuxième débat des candidats à la primaire LR (BFMTV, i-Télé), j'ai eu envie de revenir sur un chapitre en particulier qui a pour titre : La comparaison, dans lequel le président de la République s'abandonne à un complexe de supériorité et se retrouve perfide et infiniment partial.

Il dénonce la droite, tourne en ridicule le premier débat, traite avec condescendance ses participants, caricature leur programme et expose, sans rien dissimuler, sa stratégie et sa ligne directrice pour battre sûrement celui qui sortira victorieux de cette primaire. Comme s'il pouvait se permettre, face à des adversaires si médiocres, de révéler par avance son argumentation.

La tonalité générale de cette "comparaison" - au comble de la politique "politicienne" - m'a frappé parce qu'elle est imprégnée d'une incroyable confiance en soi et même davantage, d'un sentiment d'absolue supériorité sur tous ceux qui, à droite comme à gauche, gravitent autour de lui. Il y a du mépris, une suffisance sans égale, et un tel aveu du regard impitoyable et pas toujours lucide qu'il porte sur les autres qu'on en est gêné. La seule douceur dans ce jeu de massacre se rapporte à Christiane Taubira comme s'il éprouvait le besoin, à toute force, de secourir une personnalité encore plus détestée que la sienne, sauf par quelques rares spécimens de la gauche se qualifiant de vraie.

Figarofr-francois-hollande-et-christiane-taubira__154233_

Le moins admissible est tout de même l'arrogance tranquille avec laquelle il traite la primaire des Républicains comme si l'exercice avait été indigne et pratiqué globalement par des médiocres. Cette appréciation mérite d'autant plus d'être combattue que certains - quelques politiques de droite et des critiques médiatiques - ont partagé sinon cette désastreuse impression du moins cette approche négative.

Je récuse cette tendance qui en permanence exige de la politique et des débats une excellence que le cadre médiatique ne permettrait pas, dans tous les cas, de susciter pleinement. L'insatisfaction est trop chronique pour ne pas représenter autre chose qu'un abandon à la morosité démocratique alors que dans les deux débats, sur un registre différent, les interventions ont été plus qu'honorables, la pluralité bien organisée et riche dans ses contradictions, les psychologies des concurrents mises en évidence avec des comportements évidemment plus libérés lors du deuxième débat.

Il me semble qu'on a toujours tort de mépriser sans prendre la peine d'abord d'apprécier avec lucidité et objectivité. Je ne parle même pas de la manière dont François Hollande, préparant sa nouvelle campagne, a donné du socle commun aux projets de la droite et du centre une image déformée, sommaire et plus que conservatrice. Dénonçant une catastrophe sociale à venir alors qu'on est en plein dans la sienne.

Je fais plutôt allusion à la dépréciation rapide et désinvolte avec laquelle il appréhende les concurrents, notamment les principaux. S'il prétend à tout prix comparer le présent cette primaire LR avec celle socialiste à laquelle il sera contraint de participer au mois de janvier 2017, je peux gager dès maintenant que la seconde pâtira de cette confrontation avec la première. Il y aura l'indiscutable talent d'un Arnaud Montebourg pour la flamme mais à côté de lui un président acculé, un Benoît Hamon coincé et d'autres faisant nombre. Quel beau tableau !

5135464lpw-5135500-article-hamon-montebourg-hollande-jpg_3750669

François Hollande ne cesse pas d'être obsédé par François Mitterrand. Je le comprends même si la meilleure manière pour réussir son destin présidentiel n'est pas de cultiver un mimétisme dont on n'a pas les moyens. Il n'empêche que, quitte à se glisser sans cesse dans une posture nostalgique, le président de la République aurait dû s'abstenir de faire ce que son modèle n'aurait même jamais conçu. Une exposition débridée de soi alors que François Mitterrand, pour l'Etat, était secret, dissimulé et sans user de la moindre parole qui aurait expliqué ou justifié ce qui relevait de sa seule autorité, de la gestion d'un pouvoir qui répugnait aux commentaires.

Plus profondément, si on se penche sur les jugements que François Mitterrand a formulés sur les représentants de la droite, qu'il ait été président ou non, force est de relever, alors qu'il ne brillait pas par l'indulgence ni par un optimisme de principe, qu'il ne les a jamais sous-estimés, par tactique comme par intelligence. A l'évidence François Hollande n'a pas eu cette sagesse et le fond de ses perceptions sur le personnel politique n'est pas forcément pertinent.

Il y a bizarrement quelque chose qui relie encore Nicolas Sarkozy à François Hollande. Une même certitude qu'autrui est mauvais, voire nul. Chez l'un, cette conviction était exprimée ostensiblement, brutalement. Chez l'autre, elle emprunte des détours plus subtils, moins caricaturaux.

François Hollande se surestime. En regardant les autres, il ne devrait pas se consoler mais s'inquiéter.

 

( http://www.philippebilger.com/blog/2016/11/fran%C3%A7ois-hollande-se-surestime.html ).

Commenter cet article

Dissident 12/11/2016 00:24

Il se surestime peut-être, les cuistres osent tout c'est bien connu, en tout cas il est plus que temps que ce vil charlatan décampe de cette position qu'il usurpe lamentablement, car il nous a que trop humilié et que ca suffit comme ca à présent : Hollande ouste, dehors, de l'air par pitié, qu'il parte le plus loin possible, au diable vauvert, en Mongolie extérieure, en Terre Adélie où on pourrait le déporter avec son scooter, n'importe où, mais qu'il se tire enfin et définitivement ce foutu loser à 2 balles.

castets 11/11/2016 06:47

Bonjour Mr Boulogne,
Après la lecture de P.B et la journée de commémoration du sacrifice de nos anciens que l'on peut qualifier de Grand, me vient une réflexion que je n'avais pas noté lors du quinquennat précédent !
Depuis 2012 , tout ce qui est entrepris par le pouvoir est qualifié de grand : conférence, concertation , loi, enquête etc ! Après 4 ans, on peut aussi constater que le costume est lui aussi trop grand pour ce Président, sans compter sa désillusion qui se profile à l'horizon...
Mais sait-on jamais ce qui pourrait se produire, après la très grande illusion de la Droite à copier et développer une primaire étroite, bruyante et consternante ; nous pourrions nous acheminer et je le redoute vers une très grande perte de repères démocratiques .
Bonne commémoration de la valeur et du sacrifice de nos anciens que je ne souhaite pas inutile dans les analyses futures.
Bonne journée, cordialement Cjj