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Publié par Edouard Boulogne

1 ) Fouché, de Stefan Sweig.  2 ) Molotov et Ribbentrop à la signature du traité d'allianc entre la Russie communiste, et l'Allemagne nazie.
1 ) Fouché, de Stefan Sweig.  2 ) Molotov et Ribbentrop à la signature du traité d'allianc entre la Russie communiste, et l'Allemagne nazie.

1 ) Fouché, de Stefan Sweig. 2 ) Molotov et Ribbentrop à la signature du traité d'allianc entre la Russie communiste, et l'Allemagne nazie.

Mon intention n'est pas de décourager de s'intéresser à la politique. En soi, celle-ci est un art difficile, mais noble, et un service. Il en est qui parlent de vocation pour la pratique de la politique.

Evidemment il y a comme toujours une différence marquée entre l'idéal et la réalité.

Pour les politiques, et pour les politiciens, de même que, dans d'autres domaines, entre les professeurs « qui y croient », et ceux qui incapables de devenir milliardaires ont choisi, faute de mieux d'enseigner ( faute de mieux et sans y croire ) aux chères têtes blondes ou d'ébène.

De même encore pour les prêtres où le problème est du même ordre.

Dans l'enseignement, chacun le sait il y a un écart infini entre les instituteurs de la troisième république, en France, idéalisés par Charles Péguy qui les traitait de « hussards de la république », et, d'autre part, l'enseignant « moyen ». Je soupçonne Péguy d'avoir même un peu idéalisé ses hussards pour proposer à ses contemporains un modèle, un idéal auquel il faut tenter de se conformer si l'on veut éviter l'inévitable chaos qui suivrait l'oubli des modèles idéaux dont parlait Platon.

 

Il en va de même pour les politiques ( j'appelle « politiques » les hommes et les femmes qui, à un moment de leur vie au moins, tel le Créon de l'Antigone de Jean Anouilh, sacrifient leur bonheur au Bien commun  ), et politiciens … les autres.

Mais la pensée que j'ai choisie pour ce jour, qui est de Stéfan Sweig, dans sa très belle biographie de Fouché, met l'accent sur les hommes glacés de la politique. Notre auteur aurait pu choisir un autre « modèle » ( comme on dit pour un artiste peintre qui peint un modèle, beau ou laid ) en la personne de Talleyrand.

Ces « contre-modèles » sont inévitables. Il en est d'abjects, il en est qui ont pu être utiles, tel précisément M. de Talleyrand-Périgord, qui joua un rôle fort utile pour, entre autres choses, pour épargner à la France, en 1814 et 1815, aux deux congrès de Vienne, quand il s'agit de sauver la France des conséquences potentiellement catastrophiques de la désastreuse politique menée en Europe par Napoléon 1er dans la foulée de la politique révolutionnaire.

A Vienne, en 1815, il valait mieux être représenté par un subtil joueur, vénal et cynique, que par un jeune idéaliste, qui eut été le jouet des diplomates anglo-prusso-russes de la coalition anti-française.

On dira peut-être qu'il est regrettable que la politique soit confiée aux mains de tels cyniques.

A quoi l'on pourra répondre, qu'ils sont le reflet de la naïveté, de la paresse des hommes, de leurs vices, de l'absence d'idéal pensé et poursuivi au jour le jour par ceux que l'on désigne souvent comme membres de la « société civile ».

Voici donc le texte annoncé que, en cette double période électorale, en France et aux USA, je livre à votre méditation.

 

Le Scrutateur.

 

«  Chaque jour nous constatons encore que, dans le jeu ambigu et souvent criminel de la politique, auquel les peuples confient toujours avec crédulité leurs enfants et leur avenir, ce ne sont pas des hommes aux idées larges et morales, aux convictions inébranlables qui l'emportent, mais ces joueurs professionnels que nous appelons diplomates – ces artistes aux mains prestes, aux mots vides, et aux nerfs glacés ».

 

Stefan Sweig.

Une pensée pour ce 17 octobre : Politiciens aux nerfs glacés.

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