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Publié par Edouard Boulogne

2 ) Oscar Wilde.  3 ) Gabriel Marcel. 4 Un vivant, un viveur ?
2 ) Oscar Wilde.  3 ) Gabriel Marcel. 4 Un vivant, un viveur ?
2 ) Oscar Wilde.  3 ) Gabriel Marcel. 4 Un vivant, un viveur ?
2 ) Oscar Wilde.  3 ) Gabriel Marcel. 4 Un vivant, un viveur ?

2 ) Oscar Wilde. 3 ) Gabriel Marcel. 4 Un vivant, un viveur ?

Je fais défiler, tout à l'heure, quelques messages du jour sur facebook, et tout à coup l'un d'entre eux attire l'attention de l'ancien professeur, qui, il y a encore dix ans, n'eut pas manqué d'organiser un petit débat philosophique d'une heure sur la question qu'il pose.

Présentée sous la forme d'une carte postale : une pensée attribuée à Oscar Wilde qui, telle quelle, me laisse assez dubitatif.

Telle quelle. Car il ne faut pas négliger la possibilité d'un tronquage par l'auteur du cliché internet.

« Vivre, aurait écrit l'auteur du De profundis, c'est la chose la plus rare au monde. La plupart des gens ne font qu'exister ».

Certes Oscar n'était pas un philosophe de profession, il était cependant un écrivain remarquablement intelligent, et un homme d'esprit, peut-être un peu trop snob; mais il y a de pires défauts.

A la lecture, je sursaute. S'impose à moi une observation de Gabriel Marcel, dans l'un des volumes de son journal métaphysique ( Être et avoir ) en date du 28 novembre 1932 :

« Une phrase est montée à mes lèvres comme je regardais un chien couché devant une boutique : « Il y a une chose qui s'appelle vivre, il y a quelque chose qui s'appelle exister : j'ai choisi d'exister ». ».

Il y a dix ans j'avais de quoi fournir mon débat du jour avec mes jeunes Théétète, Charmide ( célèbres jeunes disciples de Socrate ) et aujourd'hui Sophie, ou Farida.

Qu'eus-je souhaité de cet échange?

Non une conclusion unanime déduite à la façon d'un théorème sur un sujet complexe, mais une prise de conscience qu'il n'y a pas sur les problèmes du quotidien de réponse ( ou de silence ) valable sans une scrutation attentive du langage, des mots qui sont les géniteurs et la nourriture de l'esprit.

Oscar Wilde nous parle de la vie qu'il porte au pinacle de son ambition, et qu'il privilégie par rapport à l'existence.

Fort bien. Mais qu'est-ce que cette « vie » dont je présuppose qu'elle ne désigne pas pour lui la simple organisation cellulaire qu'étudient les biologistes.

Ni celle qu'évoquent nos adolescents parfois, en querelle avec l'autorité des parents qui s'opposent à tel de leur projet sensé déraisonnable: «  je veux viiiiivre, vous m'emm.. ! ». Nous avons connu cela d'un bord ou de l'autre de l'échiquier, à des âges différents.

L'existence pour l'auteur du Portrait de Dorian Gray, ne serait plus dès lors que le simple fait d'être quelque chose, comme on parle de l'existence de scorpions dans une grotte, ou de vaisselle dans la cuisine.

 

Gabriel Marcel pense tout le contraire. Lui, assimile la vie à l'inconscience baveuse d'un chien qui dort à la porte d'une pâtisserie.

Son coeur, ou bien plus précisément son intelligence a du penchant pour l'existence.

Et mon âme de scrutateur incline vers ce point de vue.

 

Pourquoi? D'abord parce que le mot « existence » a une étymologie qui éclaire sur le sens du mot. Ah! Qui dira les torts de la politique d'abandon de l'étude du langage et de la rhétorique dans l'éducation, particulièrement à l'école.

«  Existence » étymologiquement vient du préfixe « ex » hors de, et du verbe latin « sistere » se tenir, être dans un certain état ».

Il y a donc dans l'existence une vie de l'esprit, un effort de dépassement, une activité qui suppose la conscience psychologique. Ce pouvoir que n'a pas un tissu vivant, un organisme, ou le chien de Gabriel Marcel. Au fond la vie n'existe que pour une conscience, plus ou moins aigüe.

Un être humain vivant existe, plus ou moins selon le degré de culture et d'exigence intellectuelle de son « moi ».

Peut-être pourrait-on concilier Wilde et Marcel en interprétant le mot « vie » au sens littérairement suggestif, mais plus vague sur le plan philosophique, que lui donnait Rimbaud affirmant que « la vraie vie est absente »

Mais qu'est-ce que la vraie vie? La vérité en question renvoie à la découverte de moi comme existant, par une fonction spécifiquement humaine qui est « la raison » susceptible de dégager le sens de la vie, de pouvoir déterminer les conditions d'une vie optimale, valables pour l'humanité à laquelle j'appartiens. La réussite de ma vie dépendant de la libre mise en action du meilleur, ou si l'on préfère de l'idéal.

Sinon, le flou du langage laisse ouvertes toutes les portes de la fantaisie, des actes les plus fins ( mais pour quelles consciences ? ) et généreux, aux plus vulgaires, grossiers et abjects.

 

Je disais que le mot d'existence suppose l'esprit, l'activité de l'esprit qui seule  peut discerner et même me découvrir  ce que je suis REELLEMENT, par delà les impressions immédiates, ou suggérées par autrui, pas toujours pour mon bien.

Autrefois, peut-être cela se fait-il encore, on enseignait aux jeunes catholiques avant leur première communion, c'est-à-dire avant l'âge de sept ans, à pratiquer « l'examen de conscience », c'est-à-dire l'introspection. Je peux témoigner de la valeur de cet exercice ( et des fortes tentations des gamins, dont je fus, à ruser comme des sioux pour dissimuler au « maître », souvent sa mère, où un aîné ( plus souvent des filles que des garçons ) les « choses » peu avouables ( peccadilles à cet âge ). Mais je peux témoigner aussi de la valeur de cet exercice pour la connaissance de soi et d'autrui.

C'est lui qui me permit bien plus tard de comprendre des pensées comme celle-ci du philosophe Louis Lavelle, un ami de G. Marcel sur l'originalité de la méthode philosophique qui permet de nous désenclaver du marais humide et ténébreux « du tout fait », des fausses évidences, que nous appelons « la vie », pour accéder vraiment à l'existence.

« Le moi, disait Lavelle, refuse d'être confondu avec tout ce qui en lui est déjà fixé ou déterminé, avec ses états d'âme qui ne cessent de changer et de s'abolir, avec cette réalité plus stable formée par son caractère, ses tendances, ses habitudes, qui pourtant fait corps avec lui, et à laquelle il se réduit dés que son activité commence à fléchir. Le moi réside dans ce point sans dimension où il prononce un acte de consen­tement ou de refus à l'égard de ce qui lui est proposé, et, sans jamais rompre le contact avec aucune des forces qui le pressent o« aucune des situations où il est placé, n'accepte jamais" de se laisser contrain­dre par aucune d'elles ».

 

Que l'on se rassure je ne commenterai pas ce texte, ayant conscience d'avoir peut-être abusé du temps de mes lecteurs qui ne sont pas mes élèves.

Et je remercie très fort, ceux qui ont eu la patience de me lire jusqu'à ces lignes d'excuses.

Mais après tout la vie n'est qu'une longue patience, dans laquelle il faut tenter d'exister.

 

Le Scrutateur.

La pensée du jour : Voulez vous vivre? Ou exister?
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moi électeur 08/10/2016 19:27

les phantasmes d'un Rembrandt ?! pardonnez moi scrutateur de ne pas être à la hauteur de cet aura! même anonyme ,je participe, et je crois que c'est ce qui nous manque dans cette société de "l'immobilisme." mais croyez moi, cher scrutateur, je rêve pour notre Guadeloupe d'une société apaisée, tournée vers le développement et qui n'a pas besoin du pseudo angélisme du gouvernement socialiste hollandais.
Pardonnez mes petits écarts, c'est juste mon côté taquin qui veut aussi exister. hi hi..!

Edouard Boulogne 08/10/2016 19:48

Nous sommes d'accord pour la société apaisée.

moi électeur 08/10/2016 18:13

il n'y a pas matière à polémiquer, juste à rappeler à la "bien pensance" (le mot n'est pas de moi) que "qui veut faire l'ange" fini par" faire la bête "
et puis ne sommes nous pas des "anges déchus tombés du ciel? "
je suis de ceux qui pensent que l'image du CINEMA colle beaucoup plus aux réalités que les mots abstraits d'un livre qui déforme notre représentation du réel. pour en finir je préfère la REALITE d'une photographie aux RËVES ET AUX PHANTASMES d'un Rembrandt en mal d'un "je ne sais quoi." bonne journée scrutateur.

Edouard Boulogne 08/10/2016 18:43

J'eusse souhaité pour vous, lecteur anonyme ( mais que je crois connaître ) que vous ayiez les "phantasmes" de Rembrandt.

moi électeur! 08/10/2016 17:18

Ma référence n'est pas un oscar Wilde écrivain mais bien un Sylvester Stallone (guerrier) dans "Rambo 3"qui réplique à un "bien pensant" de la paix à tout prix que " mourir pour une cause vaut mieux que vivre pour rien." çà c'est fort!

Edouard Boulogne 08/10/2016 17:25

J'espère, cher lecteur, que vous ne confondez pas le Scrutateur et Oscar Wilde. Ou alors votre lecture de l'article où il est question de Wilde a été bien rapide, et devrait être refaite. Quand à Rambo, je peux comprendre qu'il intéresse au CINEMA. Mais le remède que nous cherchons à nos troubles socio politique est politique, et je ne souhaite à notre pays aucun Ranmbo, ni Rambête, pour parler le langage un peu polémique que vous avez adopté.

castets 08/10/2016 07:12

Bonjour Mr Boulogne,
Lorsqu'il m'arrive de me poser cette question, sans analyse aucune, je me remémore ce qu'à été la vie de mes grands parents, une technologie effrénée, deux guerres mondiales, des conflits inépuisables sur le Globe et la vision de leur paisible retraite. Un couple à l'écoute, de l'amour à revendre, des jeux de société, de la quiétude et de la lecture !
Donc une vie auprès de sa blonde...
Aujourdh'ui, si les stats sont bonnes, 1,4 Mds d'individus vivent par procuration H24 auprès de leur smartphone en ignorant majoritairement leur partenaire, c'est observable tous les jours ...
Vivre ou exister ? bien malin celui qui pourra définir les contours de la formule, la question reste entière malgré vos pistes de réflexion que je digère avec plaisir !
Bonne journée, cordialement Cjj