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Publié par Edouard Boulogne

En Guadeloupe à partir du 04 octobre, Jean-Frédéric Poisson l'inconnu de la primaire de la droite.
En Guadeloupe à partir du 04 octobre, Jean-Frédéric Poisson l'inconnu de la primaire de la droite.

Le climat politique en France en ce moment n'est pas au beau fixe.

Le moment du choix n'est pas encore venu, sauf pour les militants des partis.

Encore faut-il se tenir au courant. Surtout en ce qui concerne les « petits » candidats. C'est bien à tort que certains se désintéressent d'eux sous le prétexte qu'ils n'auraient aucune chance d'être élus.

 

Or pour ceux qui ne sont pleinement satisfaits par aucun des « grands », ils représentent une opportunité de faire entendre leurs avis, leurs convictions, leurs programme. Et en les choisissant les électeurs un peu « marginaux », et de plus en plus nombreux, peuvent leurs donner les moyens d'infléchir les courbes des leaders, au moment où ces derniers appelleront à l'aide pour arbitrer face à leurs adversaires.

J'ai souvent évoqué ces candidats hors système. L'un d'entre eux, non le plus négligeable, Jean-Frédéric Poisson sera en Guadeloupe pour deux jours.

 

Le Scrutateur vous offre un portrait du président national du PCD.

 

Le Scrutateur.

 

Portrait

Jean-Frédéric Poisson, l’inconnu de la primaire

( http://www.lavie.fr/actualite/portraits/jean-frederic-poisson-l-inconnu-de-la-primaire-28-09-2016-76477_63.php ).

 

Alors que la campagne se cristallise autour des ténors de la droite, il entend peser dans le débat. Mais qui est vraiment le successeur de Christine Boutin ? 


 

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L’homme ne manque pas d’humour. Le 1er avril 2013, il a présenté une proposition de loi « visant à protéger les députés de la République portant un nom de genre, d’espèce ou d’animal aquatique ou subaquatique de toute discrimination en raison de leur nom ». Depuis qu’il est petit, Jean-Frédéric ­Poisson a appris à se moquer de son nom de famille. Il en joue jusque dans l’hémicycle où il est… comme un poisson dans l’eau, très apprécié de ses collègues à droite, comme à gauche. « Tout devrait nous opposer, reconnaît le député Régis Juanico, porte-parole de Benoît Hamon. Nous sommes devenus amis. Il est d’une grande rigueur et d’une grande ouverture d’esprit. »

Il ne fait pas de la mousseIl n’est pas dans le slogan et ne court pas après les faits divers.

Député des Yvelines, rattaché au groupe Les Républicains, il a succédé à Christine Boutin à la tête du parti chrétien-démocrate. Mais l’ancien maire de Rambouillet peine à s’imposer dans la primaire de la droite. « Il n’y a pas de corrélation entre le travail de terrain et la progression de la notoriété, note Frédéric Dabi, de l’Ifop. La primaire est un moment d’accélération fort, avec des débats télévisés qui vont lui permettre de se faire connaître. »

Son défi ? Transformer cette visibilité en votes. Pas gagné. Malgré des positions qui peuvent plaire à certains chrétiens (il est pour l’abrogation du mariage pour tous, pour des mesures visant à la baisse du nombre d’avortements…), il n’a pas engrangé les soutiens de la Manif pour tous ni des jeunes du mouvement Sens commun, qui se sont ralliés à ­François Fillon début septembre. 

Discret, il n’a pas les saillies de Christine Boutin. Fumeur de pipe, amateur d’Americano, il ne déblatère jamais en off, ne cherche pas les feux des projecteurs. « Il n’appartient à aucune cour », remarque Gérard Larcher, président du Sénat, dont il fut l’adjoint à Rambouillet. « Il ne fait pas de la mousse, renchérit Joseph Thouvenel, vice-président de la CFTC. Il n’est pas dans le slogan et ne court pas après les faits divers. » 

Un ovni dans la primaire

Cet homme à la jeunesse chaotique mérite d’être connu. Il a vu ses parents divorcer après que son père a perdu son emploi de technicien supérieur en 1973. Une déchirure qui l’affecte encore. Aîné d’une fratrie de quatre, il vit en HLM pendant 15 ans, à Villeneuve-la-Garenne (Hauts-de-Seine), « élevé à la bagarre de rue ». Décrocheur scolaire, il accumule les petits boulots, de vendeur de tapis à livreur de fleurs, jusqu’à ce qu’il découvre la philosophie en terminale. Une révélation qui conduira ce lecteur boulimique à soutenir une thèse en 2001 : « Bioéthique, éthique et humanisme : les lois françaises de 1994 ». 

C’est en plein cours de philosophie, le 30 janvier 1982 à 9h15, qu’il se convertit au catholicisme. « Ce jour-là, ni apparition, ni illumination, j’ai juste eu la conviction d’être aimé de Dieu, j’ai éprouvé une grande sérénité », raconte-t-il en touchant le dizainier autour de son poignet gauche. Dans sa famille, agnostique, c’est la stupéfaction. Le jeune Poisson se met à fréquenter assidûment l’église et à partir en retraite à l’abbaye de Fontgombault (Indre).

L’homme ne craint pas de nager à contre-courant. Au sein des Républicains, il fut ainsi le seul à ne pas voter la reconduction de l’état d’urgence ni le traité budgétaire européen. Parmi les propositions qui le distinguent : l’instauration d’un septennat unique, l’inscription des racines chrétiennes dans la Constitution, la création d’un service national universel et la mise en place d’un revenu universel. 

Il n’est ainsi libéral ni sur les questions sociétales, ni sur les ­problématiques sociales, ce qui en fait un ovni dans cette primaire où les candidats ont tous poussé les feux sur un programme économique libéral. « À l’Assemblée, c’est l’un des rares députés qui connaisse vraiment le monde du travail, admire Joseph Thouvenel. Il est très inspiré par la doctrine sociale de l’Église. »

Je ne suis pas juste un candidat “pro-life”, je porte une vision de la France.

Sur les questions régaliennes, il insiste sur l’autorité et la souveraineté. Ainsi réclame-t-il une sortie de l’Europe de Maastricht et du commandement intégré de l’Otan. Ce qui lui fait dire : « Je ne suis pas juste un candidat “pro-life”, je porte une vision de la France. » À l’opposé de celle issue de Mai 68. « Moi, je me limitais à une cohérence sur les sujets sociétaux, explique ­Christine Boutin, lucide. Lui, il apporte en plus une dimension économique et internationale. »

Pour Erwann Binet, député PS, qui fut rapporteur de la loi sur le mariage pour tous, « il représente une France qui n’existe plus vraiment. » « Sur un certain nombre de points comme la politique familiale ou le respect de la vie, je me sens plus proche de Marion Le Pen que de NKM, admet tranquillement Jean-Frédéric Poisson. Mais je suis absolument opposé à l’idée de préférence nationale. Toute forme de racisme ou d’homophobie est inacceptable pour moi. »

Il se rend tout autant au rassemblement de la droite « hors les murs », organisé à Béziers par Robert Ménard, qu’à la Fête de l’Humanité ou à un débat de la CGT à Rouen sur le dialogue social. Erwann Binet résume ainsi ce collègue inclassable : « Poisson est perturbant parce qu’il y a un décalage entre ses idées réactionnaires et un personnage humainement très agréable. » Lui dirait simplement qu’il tient sa ligne.
 

Pas de parti chrétien en France
Le parti chrétien-démocrate (PCD), fondé en 2009 par Christine Boutin, revendique 10.000 adhérents, 80 délégations départementales et 500 élus en France, dont un seul député, rattaché aux Républicains à l’Assemblée. Contrairement à la CDU en Allemagne ou à la démocratie chrétienne en Italie, aucun parti, en France, ne prétend rassembler les chrétiens. « À partir de la Révolution, le clivage se structure entre républicains et antirépublicains, souligne Laurent Bouvet, professeur de théorie politique à l’université de Paris-Saclay. Les chrétiens sont divisés face à la République. Ils se trouvent autant à droite qu’à gauche de l’échiquier. » Seule tentative après la Seconde Guerre mondiale : le Mouvement républicain populaire, issu de la Libération et inspiré des valeurs chrétiennes, qui sera vite étouffé par le gaullisme.

> Bio express :

Janvier 1963 Naissance à Belfort (90).
Janvier 1982 Conversion au christianisme.
2001 Soutenance de sa thèse de philosophie.
2004-2007 Maire de Rambouillet.
2007-2010 et depuis 2012 Député des Yvelines.
Depuis 2013 Président du PCD.
2016 Candidat à la primaire de la droite.

 

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Livia 03/10/2016 11:00

Ce sont des élections très énervantes car comment choisir entre cette multitude de candidats, dont certains nous ont déjà montrer leurs limites ?
Mais je ne vois aucun grand, et donc aucun petit!

Edmond Zémer-Veil 03/10/2016 05:22

Vote utile et vote inutile ! Contrairement à ce que pensent les niais qui prennent la soumission (à la propagande) pour du raisonnement, voter pour les majors, cela ne sert à rien. D'abord parce que les autres s'en chargent déjà, ensuite parce que ce n'est pas voter utile que de voter pour un candidat que l'on n'aime pas, avec qui on n'a rien en commun ou avec qui on est en profond désaccord, sous prétexte qu'ils sont adoubés par les structures du parti qui en font de papabilés. L'idée qu'on gaspille sa voix pour un petit candidat sous prétexte qu'il n'a aucune chance est de la pure bêtise. Premièrement parce que les "gros" candidats ont déjà bien assez de voix comme ça (pour nous répéter) et ensuite parce que priver les petits candidats de voix, c'est étouffer le débat en le laissant confisquer par des tête d'affiche qui n'ont rien d'autre dans la tête que des réflexes stéréotypés dictés par l'appétit du pouvoir sur un registre très étroit qui ne se différencie pas d'un postulant à un autre, quel que soit son camp d'ailleurs. Juppé ou Hollande, même scénario. Du reste entre Juppé et Hollande, quelqu'un qui pense à droite doit plutôt voter pour Hollande de manière à couper court à une imposture qui n'a que trop duré et que la victoire éventuelle de Juppé en 2017 continuerait à entretenir quelques jours jusqu'à ce que, confrontés à l'épreuve de la réalité ils comprennent assez vite qu'ils se sont fait avoir. L'avantage de Hollande, c'est qu'il est une catastrophe, mais lui au moins et peut tromperai décevoir personne. Pour en revenir aux petits candidats, et plus particulièrement à Jean-Frédéric Poisson, il y a au moins deux raisons de voter pour lui : la première, c'est la qualité de sa personne et sa deuxième, c'est la qualité de son engagement. Il est la voix de la France, la vraie, la France éternelle, fille aînée de l'Église et mère des arts des armes et des lois. Une France qui a besoin de redresser la tête après l'épreuve à laquelle l'ont soumise les socialos déclarés et les socialos de cœur que sont les Laids-Republicains, soi-disant gaullistes, soi-disant de droite et soi-disant différents des socialos dont ils copient de plus en plus la matière politique et dont ils ont volé l'âme depuis longtemps. On parle de 1974, voire de 1976 pour les plus indulgents. Non seulement il faut voter aux primaires LR, mais il faut voter pour le candidat qui aura montré qu'il ne fait pas de la retape mais qu'il sème de petits cailloux pour que la France retrouve son chemin. Donner sa voix, ce doit être donner de la voix. Et quand on donne sa voix à un Juppé, un Sarkozy ou un Fillon, on peut être sûr de n'a pas être entendu. Quant à la donner à NKM, comme dirait Talleyrand à La Fayette lors d'une cérémonie officielle où ils officiaient tous les deux avec la plus grande solennité :,"Par pitié, ne me faites pas rire". L'élection d'un président de la République est une affaire sérieuse, il faut donner de l'importance à ce qui est important, c'est-à-dire à un petit candidat qui a un grand projet pour la France, celui de la restaurer dans sa grandeur. Le seul moyen de se faire entendre des "gros" candidats, c'est de donner sa voix à un "petit" candidat dont l'engagement est fort et dont le message est clair. À part Jean-Frédéric Poisson, personnellement, je n'en vois pas d'autre. Alors, pour que ces primaires LR ne soient pas qu'une farce, il faut faire décoller Jean-Frederic Poisson, comme un avertissement qu'en verrait le pays réel au pays factice qu'incarnent des énarques qui nouent jouent la comédie du pouvoir et qui n'ignorent rien du pouvoir de la comédie quand on appartient au réseau des couches supérieures du pouvoir tel qu'il s'exerce en France aujourd'hui.