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Publié par Edouard Boulogne

En Guadeloupe : Pas un jour sans un mort (ou deux ).

Ce titre « Pas un jour sans un mort », n'est pas un impératif, seulement le morne constat de notre actualité.

France-Antilles, ce matin 14 septembre, titre : Un lycéen poignardé à mort à Lacroix (V.D. Lundi 12 Septembre 2016 – 20h00 ) Le quotidien précise : « Yohann (15 ans), élève de 2de au LPO de Baimbridge, a été tué à la sortie des cours, en fin d'après-midi ce mardi, alors qu'il attendait son bus. Un meurtre a priori crapuleux.

http://www.guadeloupe.franceantilles.fr/actualite/faits-divers/un-lyceen-poignarde-a-mort-a-lacroix-392896.php Il s'appelait Yohann et il avait 15 ans. Il est mort en fin d'après-midi ce mardi, à la sortie des cours, alors qu'il attendait le bus qui allait le ramener chez lui à Saint-François.
Yohann a été poignardé à mort. Il a reçu plusieurs coups de couteau ou de ciseaux dont un au niveau du cou. Les secours, appelés vers 17 h 30, ont tout tenté pour le sauver.
Malheureusement, l'adolescent est décédé. Tué par un ou plusieurs individus en fuite et activement recherché ce soir par la police, par ailleurs déployée sur la scène de crime, à Lacroix.
La victime — élève de 2de électronique au LPO Chevalier de Saint-Georges — a été agressée à deux pas de la médiathèque Roger Toumson. A priori, elle se trouvait avec d'autres jeunes.
Il semble qu'ils aient été victimes d'un un ou plusieurs individus qui voulaient les détrousser, notamment de leurs téléphones. Yohann a-t-il résisté ?
L'enquête, qui débute ce mardi soir, le déterminera. Les premiers témoins sont en cours d'audition. Plus d'informations dans notre édition de mercredi »
.

Chaque jour qui passe, ou presque, laisse sa cicatrice lugubre, mais qui peu à peu devint banale et morne.

Attention à l'habituation.

Oui, attention à l'accoutumance, car on s'habitue à tout. C'est un des visages du mal.

On continue encore à s'exclamer, à témoigner à la TV de sa peine. On organise des marches blanches, on s'indigne.

Parmi tous ces messages on cherche en vain l'originalité. « Plus jamais çà »?

Le propos a tant et tant été proféré, l'actualité tant de fois souligné la vanité de l'incantation que les politiciens doivent chercher autre chose pour continuer à faire semblant d'être utile à quelque chose.

L'un d'eux aujourd'hui s'indigne ( la belle affaire ! ). Il EXIGE la venue immédiate du ministre de l'intérieur pour prendre les mesures qui s'imposent.

On sait que je n'ai pas beaucoup d'estime pour nos hommes du pouvoir, mais enfin que ferait de plus que la présence du préfet de la Guadeloupe ( un homme de bonne volonté d'ailleurs semble-t-il ) représentant du ministre, et du gouvernement, et des présidents des assemblées locales, pour résoudre le problème redoutable de l'insécurité.?

Ledit ministre M. Cazeneuve aurait beau jeu d'ailleurs, de répliquer qu'il a les mêmes problèmes à régler aujourd'hui à Marseille, à Bordeaux, à Toulouse, à Strasbourg, en Seine St-Denis, et ailleurs, et qu'il ne peut pas être partout ce qui est parfaitement exact.

Car les mêmes causes produisent les mêmes effets.

Certes il faut pratiquer une autre politique que celle de son gouvernement, et ajoutons de tout autre gouvernement ( y compris dans l'hypothèse d'un éventuel gouvernement de M. Sarkozy, ou Juppé, ou Le Maire ) pour agir positivement dans un monde où les principes actuels de désintégration du lien social doivent être radicalement remis en question.

Ces « principes », si j'ose dire, sont le laisser faire n'importe quoi, le laisser dire n'importe quoi ( au non du relativisme ambiant, et de la tolérance ), le laisser aller au nom de la liberté et des principes « républicains » ( dont personne ne sait ce qu'ils peuvent bien vouloir dire )

Ce gouvernement ( mais ceux qui le remettent en question ne proposent pas tellement autre chose, sauf du point de vue des « paroles verbales », comme on dit chez nous ) ne fait pas grand chose pour remédier à la crise de la famille, « cette cellule de la société » comme on enseignait encore aux jeunes des années 1960, même à ceux, dont je fus, qui faisaient leurs classes pour obtenir un sursis d'incorporation au service militaire en vue d'une continuation de leurs études supérieures.

Un service militaire d'ailleurs supprimé depuis, sous une présidence Chirac, et dont on commence à reconnaître l'utilité.

La famille pour toute la gauche d'inspiration marxiste, fut, et demeure une « institution bourgeoise ». D'où sa mauvaise presse auprès de ces messieurs et dames. Sauf le « mariage » homosexuel ( cette mauvaise caricature ) qui a été la seule « réussite » du quinquennat Hollande sous la direction de la Sainte de cette religion dérisoire Christiane Taubira.

Le soubassement de toutes ces élucubrations post soixante-huitardes est un matérialisme forcené, tueur de tout idéal autre que la consommation sans limites, la satisfaction immédiate de toutes les pulsions excitées par une sous culture répandue par les moyens modernes de conditionnements des esprits, y compris les fameux « portables », où me dit-on, on peut « jouer » à tout, y compris au meurtre, par égorgements et tous autres moyens, tout en perdant, peu à peu, la conscience de la distinction du réel et de l'imaginaire. Et pour tel jeune tueur, il n'y a plus guère de différences entre la fiction assassinée sur l'écran et le gamin de son âge trucidé au sortir de l'école, à Baimbridge ou ailleurs.

Les personnes qui s'expriment sur les ondes, dans certaines fenêtres d'expression libres, qui déplorent que tant de jeune mères de 40 ans ou moins s'habillent, se nourrissent, se comportent comme des irresponsables, c'est-à-dire en GRAS, uniquement préoccupées de la mise en valeur de leur « avant-scène » ou de leur popotin, nullement de l'avenir de leur progéniture, n'ont pas tort. Mais en écoutant les voix de ces protestataires ( notons que ce sont surtout des voix de femmes ) on sait qu'elle viennent de milieux populaires, que dès lors elles ne seront pas prises au sérieux, et seront l'objet de moqueries ( Kiiip ! ) de la part de nos gens « évolués ».

Une voix plus « stylée », une écriture plus soignée ( comme celle, peut-être, du rédacteur de ces lignes ) sera délibérément méprisée, comme réactionnaire.

La néo-bourgeoisie, antillaise autant que métropolitaine qui prolifère sur la bouse pathogène qu'elle assimile au progrès et à la libération des « vieilles lunes » morales et/ou religieuses, crie et jacasse devant l'actualité dont elle est l'une des faces, pas plus glorieuse pas moins sanguinolentes que l'autre.

Elle ne le sait pas, mais se prépare lentement, en profondeur la vague, peut-être salutaire qui l'emportera.

Dans un autre contexte, au XIXème siècle, Proudhon avait averti « Ce n'est pas Catilina qui est à nos portes, c'est la mort ».

L'avertissement vaut toujours. Car une société ne meurt pas comme çà.

Je crois que de l'excès des uns, peut surgir la révolte, puis après les bouleversements, une période de renouveau et d'équilibre.

Encore faut-il être prêt le moment venu, intellectuellement, et moralement.

Lucidité, courage. Ce doivent être les mots de l'ordre du jour des gens de bien.

 

Le Scrutateur.

 

 


 

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castets 15/09/2016 07:34

Bonjour Mr Boulogne,

Certes, nous n'en faisons pas assez : nous, l'état, les institutions, la famille, les parents, les frères et les sœurs, mais d'un autre côté nous en faisons trop et pas dans le bons sens.

Nous laissons construire et se développer des villes inhumaines où l'individu disparaît dans la masse de l'anonymat... Exit la famille en surveillance rapprochée, disparue la collectivité d'un village qui a l’œil aux aguets, oublié l'ancien qui parlait de l'Histoire proche ou éloignée, nous obtenons maintenant la folie collective par le stress au travail, la course perpétuelle pour gagner quelques dixièmes de seconde pour attraper un bus, un métro, une place de parking tant convoitée, les gens sont sur les dents, énervés, violents car en limite de possibilité et de compétence, alors , l'éducation et la surveillance des enfants... en plus !

Non simplement, il faudrait réformer la vie se recentrer sur l'humain, la détente, l'amabilité, l'écoute... mais qui en a le temps !

Il faut avoir la tête solide pour résister aux tentations des pubs consuméristes, c'est en tous temps et en tous lieux, c'est du matraquage pour des tas d'offres inaccessibles, alors forcément, le besoin est crée, sans la monnaie pour le réaliser ; la jeunesse veut tout renverser, s'est son rôle, et peu importe les moyens si la bride est sur le cou .
La société est devenue violente.

Nous l'avons bien cherché, depuis le début des trente glorieuses la montée en puissance, aujourd'hui, plus beaucoup de moyens, une éducation en berne, une décadence morale en progrès, la barre sera difficile, non seulement à tenir mais à redresser.

Bon courage aux différents intervenants.

Bonne journée, cordialement Cjj

XAM CIREDERF 15/09/2016 00:12

Une fois de plus, il est regrettable que ce soit dans le malheur que nos élus et autres responsables se complaisent à évoquer "ce qu'il aurait fallu faire".
Je persiste à déclarer que nous sommes tous responsables oui, car il faudrait une plus grande vigilance dans le suivi des des annonces "de circonstances" que nous entendons ou lisons et la réalité de leur mise en œuvre réelle.Ces élus et responsables de toutes administrations sont eux aussi des planqués qui sont à l'abri durant au moins 5 ans ou 2 pour certains, de tout risque de contrôle de leurs actes et comme cela n'ont pas la peur de la sanction, comme celle qui pèse sur l'ouvrier qui oublie d'attacher son harnais avant de grimper à l'arbre.
mais c'est à nous à nous citoyens à devoir rappeler à chacun sa responsabilité.
Oui nous devons nous incliner et rendre un hommage digne à la famille de ce jeune, mais surtout arrêtons ceux qui veulent en faire un moyen de promotion personnelle. XC